Comparaison entre les estimations de 20h et les résultats réels du vote

Dimanche soir à 20h, la France attendait fébrilement les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Or, à 20h, les résultats diffusés ne sont pas les résultats réels de l’élection mais des estimations fournies par les instituts de sondage. Ces estimations ne sont pas des sondages : elles ne se basent pas sur l’interrogation d’un échantillon représentatif pour déterminer les résultats du vote. Elles sont construites à partir des premiers résultats du vote, à savoir les 200 premiers bulletins dépouillés dans des bureaux de vote fermant à 18h. L’institut réalisant le dispositif reçoit ces résultats d’un échantillon de bureaux de vote, construit pour être représentatif du vote national. Tout au long de la soirée, les estimations seront affinées avec l’arrivée des résultats complets, c’est-à-dire l’ensemble des bulletins dépouillés (1).

Cette année, quatre instituts ont conduit des estimations pour différentes médias :

- TNS Sofres pour TF1, LCI et RTL
- Ipsos pour France télévisions, Radio France et Le Monde
- CSA pour BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
- Harris interactive pour M6

Ces estimations ont-elles été correctes et dans quelle mesure ? L’estimation d’Ipsos pour France télévisions fait notamment parler : à 20h, l’institut a annoncé Marine Le Pen à 20,0%, un seuil symbolique que la candidate a été pourtant assez loin d’atteindre, les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur attribuant 17,9% des suffrages à la candidate du Front national.

Voici un résumé des estimations données à 20h par les différents instituts, classés par justesse (2). Harris interactive est l’institut qui se rapproche le plus, à 20h des résultats finaux, suivi de la TNS Sofres, puis de CSA. Ipsos est, de loin, l’institut qui présente les écarts les plus grands avec les résultats réels du scrutin.

Tous les instituts ont, à 20h, surrestimé Marine Le Pen, de manière plus ou moins importante (l’écart maximal étant donc de 2,1 points pour Ipsos). Néanmoins, comme le montre ce tableau, les écarts restent réduits et l’ordre d’arrivée des candidats a bien été estimé par tous les instituts. Revenons en détail sur leurs estimations :

L’estimation Harris interactive

L’estimation des résultats à 20h par Harris interactive ont donc été les plus proches du résultat réel. Voici les différentes estimations que l’institut a présenté tout au long de la soirée électorale :

Petit nouveau dans le monde des études d’opinion et donc dans les estimations électorales, l’institut Harris interactive a réalisé une très bonne estimation pour la chaîne M6. L’écart le plus grand concerne Marine Le Pen, dont, comme tous les instituts, Harris interactive va surestimer le score en début de soiré. Mais l’écart reste réduit (18,5% à 20 heures, soit 0,6 point d’écart avec son score réel). Pour les autres candidats les écarts ne dépasseront pas 0,4 point.

Tout au long de la soirée, l’institut va se rapprocher des scores finaux et notamment gommer la légère surestimation de Marine Le Pen

L’estimation TNS Sofres

TNS Sofres se targue d’avoir fourni les estimations les plus correctes. C’est effectivement le cas pour ces estimations affinées à 22h, indéniablement très performantes : aucun écart avec les résultats réels ne dépasse 0,2 point.

En revanche, comme nous l’avons vu, à 20h, TNS Sofres fait légèrement moins bien qu’Harris interactive. Cependant, l’estimation de cet institut se révèle aussi très fiable. L’écart le plus grand avec la réalité concerne Marine Le Pen, estimée à 19% en début de soirée (soit 1,1 points d’écart avec son résultat réel). Les autres écarts sont au maximum de 0,3 point.

L’estimation CSA

A 20h, CSA annonce sur Canal +, I-télé et BFM TV un écart relativement important entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : les deux favoris seraient séparés de plus de 3 points. Cet écart est surestimé par deux phénomènes : le score du candidat en tête est légèrement plus important que la réalité et celui du candidat en deuxième position est sous-estimé. Ainsi, le candidat socialiste est crédité de 29,3% des voix (0,7 point de plus que son score réel) et le candidat de l’UMP de 26,0% (1,2 points de moins). L’écart se réduira au cours de la soirée. Il ne sera plus que de 2,2 points dans l’estimation affinée de 22h, soit encore faiblement supérieur à celui qu’il est en réalité (1,5 points).

Sur les autres candidats, les écarts entre l’estimation de 20h et le résultat réel sont minimes. Remarquons notamment que c’est CSA qui estime le plus justement le score de Marine Le Pen à 20h (0,3 point d’écart). Les autres écarts sont de moins de 0,2 point.

Étrangement, les écarts avec la réalité sont un peu plus forts dans l’estimation de 22h, notamment pour Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, mais ils demeurent faibles (0,6 point au plus pour Marine Le Pen).

L’estimation Ipsos

Ipsos a produit les estimations les plus éloignées de la réalité. Le plus fort écart entre score effectif et estimation de 20h sera de 2,1 points pour la candidate du Front national, ce qui demeure somme toute relativement réduit, mais constitue une erreur remarquée et la plus importante de la soirée. Celle-ci n’a modifié en rien la hiérarchie d’arrivée, la candidate du Front national disposant, par chance, d’un score éloigné de ces adversaires.

L’écart le plus important va donc à Marine Le Pen, annoncée à 20,0% en début de soirée, un score symbolique encore gravé dans beaucoup d’esprits.Tout au long de la soirée, l’estimation d’Ipsos va s’affiner pour la candidate du Front national et, à 21h45, l’institut annonce 18,5% pour la candidate du Front national (soit toujours 0,6 point d’écart avec son score réel).

En parallèle, Ipsos sous-estime Nicolas Sarkozy de 1,7 points. Annoncé à 25,5% à 20h, puis 25,8% à 21h30 et 26,1% à 21h45, le président sortant rassembla en réalité 27,2% des suffrages.

Enfin, nous relèverons deux autres écarts, qui apparaissent également élevé eu égard à la performance des autres instituts : l’un concerne François Bayrou, sous-estimé de 0,6 points ; et l’autre Jean-Luc Mélenchon, surestimé dans les mêmes proportions.

Pour les autres candidats, les écarts seront au plus de 0,3 point entre l’estimation de 20h et le score réel.

(1) : Pour une explication plus complète de la méthodologie des estimations, cf notamment ce très bon article sur le site de TNS Sofres : http://www.lelab2012.com/interview.php?id=778
(2) : Nous avons mesuré cette justesse en faisant la somme des écarts (en valeur absolue) aux résultats définitifs.

Les instituts de sondage se sont-ils trompés ?

Maintenant que nous disposons des résultats réels de l’élection, nous pouvons conduire une comparaison entre les dernières intentions de vote et les résultats réels du scrutin.

Hier soir, les sondages ont été beaucoup critiqués, parce que les premières estimations laissaient entrevoir un Front national pouvant recueillir environ 19% des voix et que les commentaires se sont très naturellement beaucoup attachés à ce score historiquement haut du parti d’extrême-droite. Les résultats réels montrent que Marine Le Pen a obtenu 17,9% des suffrages et l’écart entre les sondages et le résultat du scrutin n’est donc pas si important que décrié.

Nous vous présentons ci-dessous une comparaison entre la moyenne des dernières études réalisées par les instituts avant le scrutin et les résultats définitifs (hors Français de l’étranger) dont nous disposons ce matin :

Ce tableau montre que globalement, les dernières études se rapprochaient fortement du résultat obtenu dimanche et que les écarts sont minces. Si naturellement, certains instituts ont été plus proches du résultat réel que d’autres, la profession des sondeurs ne semble pas devoir mériter les accusations faciles qui ont plu sur elle hier. La correspondance n’est évidemment pas parfaite mais cela reste inhérent à l’outil : les sondages ne sont pas une science exacte et la mesure reste complexe, soumise aux marges d’erreurs, et des mouvement mineurs peuvent se produire dans l’électorat la veille et l’avant-veille du scrutin (les sondages ont été réalisés entre lundi et vendredi dernier). Malgré ces nombreuses difficultés, les sondages se révèlent très proches du vote des Français.

Il faut néanmoins noter quelques différences :

- C’est le score de Jean-Luc Mélenchon qui est le plus éloigné de la moyenne des instituts et pas celui de Marine Le Pen. Le candidat du Front de gauche a été sur-estimé de 1 à 5 points par les différents instituts (en moyenne 3 points d’écart). C’est Harris interactive qui a livré dans sa dernière étude le résultat le plus proche du score réel de Jean-Luc Mélenchon (12%). OpinionWay et TNS Sofres lui avait accordé 13%. A l’inverse, les plus forts écarts entre la réalité et les scores des sondages concernent LH2 (15%) et CSA (14,5%).

- Marine Le Pen a été, pour sa part, sous-estimée par tous les instituts. En moyenne, l’écart reste néanmoins faible (2 points). Notons que dans sa dernière étude, TNS Sofres avait placé Marine Le Pen à 17% et que la plupart des instituts l’avaient placé à 16%. Les instituts les plus éloignés de la réalité sont BVA (14%, qui plaçait donc Marine Le Pen à égalité avec Jean-Luc Mélenchon) et dans une moindre mesure LH2 (15,5%).

- Enfin, autres différences avec la moyenne des instituts mais beaucoup moins fortes et entrant dans les marges d’erreur, François Bayrou a été sur-estimé d’environ 1 point et Nicolas Sarkozy sous-estimé dans les mêmes proportions. Pour les autres candidats, les écarts sont de l’ordre de 0,5 points ou moins, et donc ne prêtent pas le flanc à la critique.

 

NB : Par le jeu des arrondis, le total ne fait pas 100 pour la colonne “moyenne”.

Les dernières intentions de vote des différents instituts à l’heure des résultats

Alors que les premières estimations ont été données à 20h, et en attendant les résultats définitifs du Ministère de l’Intérieur, voici pour rappel les dernières études d’intentions de vote des instituts (clic pour agrandir) :

Nous analyserons l’écart entre les chiffres des sondages pré-électoraux quand les résultats officiels auront été publiés mais trois conclusions s’imposent :

- Il n’y a pas de "surprise" dans le sens où les dernières intentions de vote avaient prédit l’ordre d’arrivée, et que pour la plupart des candidats, le score réel est assez proche des résultats obtenus dans les dernières enquêtes.

- Néanmoins, les instituts de sondage ont toujours des difficultés à estimer le score du Front national : après l’avoir sous-estimé en 2002 et sur-estimé en 2007, l’écart est encore important : de l’ordre de 3 à 5 points en dessous du score effectif de Marine Le Pen.

- Jean-Luc Mélenchon réalise un score notablement inférieur à celui donné dans les dernières études d’intention de vote.

 

NB : Par le jeu des arrondis, le total ne fait pas 100 pour la colonne "moyenne".

J-1 : Récapitulatif des dernières études d’intentions de vote de premier tour

Un jour avant le scrutin, les instituts de sondage ne peuvent plus publier aucune étude d’intentions de vote. Hier, tous les principaux instituts ont donc rendu publique la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée généralement les mercredi 18 et jeudi 19 avril.

Que montrent ces différentes études ? D’abord, que l’ordre d’arrivée des deux favoris est incertain. Si l’on reprend les résultats des huit instituts ayant publié des intentions de vote, trois placent Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour (TNS Sofres, l’Ifop et OpinionWay) et cinq accordent la première place à François Hollande (Ipsos, CSA, BVA, Harris interactive et LH2). La comparaison entre les différents instituts montre donc un rapport de force au premier tour favorable au candidat socialiste mais la prudence doit rester de mise : l’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Ensuite, pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Enfin, si les instituts présentent des résultats qui divergent légèrement parfois, globalement, ils retracent les mêmes tendances lourdes et les scores en valeur attribués aux différents candidats varient peu selon l’institut, comme le montre le tableau récapitulatif en fin d’article.

Revenons sur les dernières intentions de vote des cinq principaux instituts.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

Ifop : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) plaçait jusqu’à jeudi soir Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Dans la dernière livraison de ce baromètre, les deux favoris sont placés à égalité avec 27% des suffrages.

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré selon l’Ifop. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et, avec 16% des suffrages, possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 13% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-2 et dernières intentions de vote : l’ordre d’arrivée des deux favoris interroge

Nous sommes aujourd’hui le vendredi précédent le premier tour, dernier jour où la publication des sondages d"intentions de vote est possible. Tous les principaux instituts nous ont livré ce matin la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée hier et avant-hier (18 et 19 avril).

A trois jours du premier tour, l’ordre d’arrivée des deux favoris est plus incertain que jamais et les instituts donnent des résultats dont les tendances peuvent légèrement diverger, mais globalement comparables (cf. notamment le tableau récapitulatif en fin de cet article). L’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Passons en revue des dernières intentions de vote disponibles pour ce premier tour de scrutin.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) place Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Le candidat de l’UMP obtient 28% d’intentions de vote et devance donc François Hollande de deux points (26%).

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée. Néanmoins, l’Ifop prend à contrepied les tendances enregistrées par les autres instituts et ne montre ainsi aucune tendance à la baisse pour le président sortant. Il faut néanmoins rappeler, pour être tout à fait exact, que les dates de terrain diffèrent légèrement des autres études présentées ci dessous et réalisées les 18 et 19 avril : le terrain de l’Ifop s’étale en effet du 16 au 19 avril. La dernière vague d’enquête de l’Ifop sera présentée ce soir à 18h.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote. Le candidat du MoDem semble néanmoins voir se dessiner une légère progression ces derniers jours, mais nous l’avons vu, celle-ci n’est confirmée par aucun autre institut.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

 

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-4 : Quel est le rapport de force au premier tour ?

Nous sommes désormais à quatre jours du scrutin. Les intentions de vote se succèdent mais ne se ressemblent pas toujours. Deux études parues ce matin, l’une de l’institut CSA, l’autre de BVA, montre des tendances assez divergentes même si elles s’accordent sur la hiérarchie d’arrivée.

A l’heure actuelle, que montrent les principaux instituts pour le premier tour de l’élection ?

CSA : François Hollande creuse l’écart avec Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen repasse devant Jean-Luc Mélenchon

Ce matin, CSA nous a livré sa dernière étude d’intentions de vote, réalisée les 16 et 17 avril, et celle-ci montre des évolutions significatives du rapport au force au premier tour. D’abord, François Hollande regagne du terrain (29%, +2 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 10 et 11 avril). Cette progression permet au candidat socialiste de retrouver son niveau moyen depuis le début de l’année. Le président sortant connaît un mouvement inverse : il perd deux points par rapport à la semaine dernière et avec 24% d’intentions de vote, il réalise son plus bas score depuis le début de l’année ! En deux semaines, Nicolas Sarkozy perd six points dans les intentions de vote de l’institut CSA. Tout le crédit lentement accumulé depuis son entrée en campagne est reperdu.

En outre, les intentions de vote au second tour dessinent un desserrement significatif entre les deux candidats : 58%-42% en faveur du candidat socialiste cette semaine, 57%-43% la semaine dernière, 54%-46% il y a deux semaines. La tendance dessinée par l’institut CSA est clairement celle d’un effondrement de Nicolas Sarkozy. François Hollande dispose d’une avance solide, au premier comme au second tour.

Ainsi, cette étude pose un rapport de force clairement en faveur de François Hollande, notamment au premier tour. Néanmoins, cette tendance est loin d’être celle affichée par tous les instituts comme le montre la suite de cet article.

Concernant le match pour la troisième place, CSA plaçait Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. Cette nouvelle enquête voit les courbes se croiser de nouveau : Marine Le Pen repasse devant le candidat du Front de gauche (17% contre 15%). Elle gagne deux points quand Jean-Luc Mélenchon en perd deux. L’institut CSA donne désormais un ordre d’arrivée partagé par tous les autres instituts (hormis TNS Sofres qui place les deux candidats au même niveau). Pour autant, la prudence s’impose, l’écart restant compris dans la marge d’erreur.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

L’autre étude publiée ce matin et également réalisée les 16 et 17 avril, mais par l’institut BVA, livre des enseignements assez différents. Certes, la hiérarchie reste la même au premier tour : François Hollande puis Nicolas Sarkozy, puis Marine Le Pen, puis Jean-Luc Mélenchon. Néanmoins, les tendances et les écarts ne sont pas les mêmes.

Selon BVA, François Hollande recueille 29,5% d’intentions de vote au premier tour, soit un score relativement comparable à celui de l’institut CSA (29%). Comme CSA, BVA montre une certaine stabilité dans le niveau des intentions de vote pour le candidat socialiste sur les dernières semaines. En revanche, quand on observe les scores de Nicolas Sarkozy, des différences apparaissent : dans le baromètre de BVA, le candidat sortant reste, comme François Hollande, à des niveaux très stables sur ces dernières semaines. Selon cet institut (et rappelons qu’il est le seul à avoir annoncé de tels résultats), le candidat de l’UMP n’a jamais pris la tête du premier tour dans les intentions de vote. Le score recueilli par Nicolas Sarkozy dans l’étude BVA se révèle cependant notablement plus élevé que dans l’étude CSA (27,5% contre 24%). Par conséquent, l’écart entre les deux favoris est nettement plus réduit que dans l’étude de CSA : BVA annonce deux points d’écart quand CSA en annonce cinq. Si ces différences peuvent naturellement s’expliquer par la marge d’erreur, elles méritent néanmoins d’être relevées. Avec cet écart de deux points et donc l’annonce d’un rapport de force serré, BVA colle davantage aux résultats des autres instituts. Il ne confirme pas la diminution de Nicolas Sarkozy annoncée par CSA et montre au contraire que le candidat de l’UMP reste plutôt dans des niveaux d’intentions de vote plus élevés qu’au début de l’année.

Au second tour, et en cohérence avec les résultats du premier tour, BVA annonce également un rapport de force stable et un écart en faveur de François Hollande, certes important, mais plus réduit que l’institut CSA : 56% d’intentions de vote pour François Hollande, 44% pour Sarkozy, des scores inchangés la toute fin du mois de mars.

Pour la troisième place, BVA montre que les jeux sont largement ouverts. Les trois candidats y prétendant recueillent des scores assez serrés et donc contenus dans la marge d’erreur. Selon cette dernière étude, l’écart entre eux sembleraient même se resserrer : Marine Le Pen obtient 14% d’intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon 13% et François Bayrou 12%.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) montre que l’écart entre les deux favoris est très réduit. Ces derniers jours, ils ont été successivement en tête des intentions de vote du premier tour.

Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy dominait les intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), lundi, François Hollande a repris symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Hier, Nicolas Sarkozy repassait symboliquement en première place avec 27,5% d’intentions de vote contre 26,5% pour François Hollande.

Ces croisements répétitifs et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré entre les deux principaux candidats. Si le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées, aujourd’hui, la plus grande incertitude existe quant à l’ordre d’arrivée dans le baromètre de l’Ifop. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur et la tendance dessinée par les dernières vagues d’enquête n’est pas claire, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos a été réalisée les 13 et 14 avril, soit trois jours avant les précédentes. Elle livre les résultats suivants :

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude par TNS Sofres et réalisée les 11 et 12 avril,  François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Le candidat socialiste reste ainsi stable à un niveau faible. Nicolas Sarkozy, quant à lui, subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude dans toutes les études (hormis celle de CSA). Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur. Les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur et affiche des niveaux d’intentions de vote globalement stables. Si dans la plupart des études, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien creuser l’écart au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche, l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur pour décrocher la troisième place.

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-5 : Grande incertitude sur la tête du premier tour et l’identité du "troisième homme"

Le premier tour se rapproche. A cinq jours du scrutin, les intentions de vote montrent au premier tour un rapprochement des courbes entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, traduisant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux favoris. Au second tour, les études montrent que l’avance du candidat socialiste s’accroît encore et rendent l’hypothèse d’une réélection du président sortant toujours plus improbable.

Les parutions des instituts de sondage sont toujours plus nombreuses et rapprochées. Ce matin est parue la dernière étude d’intentions de vote d’Ipsos. Nous actualisons donc notre récapitulatif des principaux baromètres avec cette dernière enquête.

Que montrent donc les principaux instituts  dans leurs études d’intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle ?

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, publiée ce matin, a été réalisée les 13 et 14 avril et confirme assez largement les tendances montrées par les autres instituts.

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes lundi soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi dernier, l’institut CSA a été le premier à annoncer, pour le premier tour, le nouveau croisement des courbes en faveur du candidat socialiste  : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi de la semaine dernière, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

 

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. L’étude Ipsos confirme également l’érosion du candidat socialiste. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande devance de nouveau le président sortant, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien en progression au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-6 : Hollande reprend-t-il la tête au premier tour ?

Dans ses intentions de vote quotidiennes (rolling), l’Ifop vient d’annoncer un nouveau croisement des courbes à moins d’une semaine du premier tour : François Hollande repasse symboliquement en tête devant Nicolas Sarkozy. CSA et TNS Sofres avaient annoncé un tel croisement en fin de semaine dernière. Le même jour, BVA avait également publié un sondage montrant que l’écart se recreusait au premier tour en faveur du candidat socialiste

On parle beaucoup ces derniers jours d’une montée de François Hollande. Qu’en est-il vraiment et que montrent les intentions de vote des instituts les plus relayés dans les médias ?

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes ce soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi matin, l’institut CSA a annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi dernier, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril (soit une semaine avant les précédentes),  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande repasse en tête, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, le candidat socialiste semble bien en progression au second tour, même si à l’heure actuelle, ceci n’est pas confirmé par tous les instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Trois instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-9 : le retour en force de François Hollande ?

Depuis quelques jours, les articles sur une remontée de François Hollande dans les intentions de vote se multiplient. Les commentaires s’appuient sur les études de plusieurs instituts, notamment de CSA, qui ce matin, dans sa dernière enquête a annoncé un nouveau croisement des courbes : au premier tour, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy, qui en avait pourtant pris la tête depuis la mi-mars. Une autre enquête de l’institut BVA, parue également ce matin, montre elle aussi une progression pour le candidat socialiste au premier tour (+2 points par rapport à une précédente étude réalisée les 30 et 31 mars). Enfin, TNS Sofres, dans un sondage paru en fin d’après-midi, a également annoncé un croisement des courbes, avec François Hollande repassant en tête suite à une baisse des intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy.

Au second tour, le candidat socialiste continue de nettement dominer les intentions de vote (le rapport le plus défavorable enregistré étant de 53%-47%) et l’étude CSA de ce matin montre même une nette progression (+3 points par rapport à la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril, établissant des intentions de votes à 57% pour François Hollande et 43% pour Nicolas Sarkozy). Néanmoins, aucune autre étude n’a montré une semblable évolution du rapport de force au second tour (y compris l’étude BVA publiée ce matin).

L’augmentation de François Hollande au premier tour n’est pas corroborée par tous les instituts. Ainsi, l’Ifop, pour l’heure, ne montre aucune tendance à l’augmentation du potentiel électoral du candidat socialiste dans ses intentions de vote quotidiennes. A neuf jours du scrutin, le rapport de force au premier tour maintient un réel suspense sur le candidat qui arrivera en tête, mais également sur le "troisième homme". Qui de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen arrivera en troisième position ?

Sur toutes ces questions, que montrent réellement les différents instituts de sondage pour le premier tour du scrutin ?

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Ce matin, l’institut CSA a donc annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée ce matin (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

TNS Sofres publie ce soir une étude réalisée les 11 et 12 avril qui confirme en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ifop : une grande stabilité depuis fin mars : Nicolas Sarkozy est en tête du premier tour et Marine Le Pen en troisième place

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) ne montre aucune évolution significative des intentions de vote depuis la fin mars, et ne confirme donc pas les tendances données par BVA et CSA. Ainsi, Nicolas Sarkozy reste en tête du premier tour depuis le 20 mars, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points). Cet écart entre donc dans la marge d’erreur mais la tendance montre, selon cet institut, le candidat UMP en tête du premier tour.

Au second tour, la stabilité est également de mise selon l’Ifop, et François Hollande domine toujours nettement le candidat UMP.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas non plus d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril,  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces études divergentes ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, les différentes études apportent des réponses différenciées à ces questions. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Le fait que certains instituts donnent un candidat en tête, et d’autre l’autre, démontre que les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche au premier tour.

2. Parler d’une progression de François Hollande peut apparaître prématuré, dans le sens où tous les instituts ne corroborent pas cette hypothèse. En outre, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans l’étude TNS Sofres, François Hollande repasse en tête, cela n’est du qu’à une chute de Nicolas Sarkozy. La prudence doit donc rester de mise et seules les études à venir nous diront si le rapport de force évolue vraiment et si François Hollande renforce son capital au premier tour.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Deux instituts annoncent même aujourd’hui une baisse significative des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Que feront les électeurs de Marine Le Pen au second tour ?

Les intentions de vote montrent aujourd’hui que Nicolas Sarkozy et François Hollande seront, à moins d’une énorme surprise (et qui sait ce que peut nous réserver une campagne présidentielle ?), les candidats sélectionnés pour le second tour. Depuis le début de la campagne, François Hollande apparaît nettement en tête des intentions de vote de second tour, et aujourd’hui, les instituts n’ont pas encore annoncé de rapport de force plus défavorable qu’un 53% en faveur du candidat socialiste contre un 47% pour le président sortant. Le candidat du PS, s’il dispose toujours pour l’heure d’une avance favorable, a néanmoins vu le candidat de l’UMP se rapprocher de lui. Alors que,  pour le second tour de l’élection, les intentions de vote pour Nicolas Sarkozy oscillaient, durant le mois de février, entre 55% et 58% (selon les instituts et les vagues d’enquête), aujourd’hui l’écart s’est significativement resserré. Les dernières études montrent que les résultats pour l’actuel président de la République se situent désormais entre 53% et 55% (toujours en fonction des instituts).

Les intentions de vote pour Nicolas Sarkozy ont également augmenté pour le premier tour (entre 24% et 27% en février, entre 27% et 30% dans les dernières études), alors que dans le même temps, le candidat socialiste subit un léger effritement de son capital électoral. Cette progression du candidat UMP au premier tour s’explique notamment par le resserrement de l’offre à droite (Hervé Morin, Frédéric Nihous, Corinne Lepage et Dominique de Villepin ont abandonné la compétition présidentielle). En outre, l"entrée en campagne du candidat et l’intensification des débats a certainement entraîné une remobilisation des électeurs de droite. Si cette remobilisation peut également expliquer la progression de Nicolas Sarkozy au second tour, sa progression est également le fait d’un meilleur report des voix du centre, mais surtout de l’extrême droite sur sa candidature.

Dans sa dernière étude d’intentions de vote, Ipsos* nous montre l’évolution du comportement des électeurs potentiels de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection :

Depuis octobre, les intentions de vote des personnes déclarant avoir l’intention de voter pour Marine Le Pen au premier tour se modifient singulièrement : fin octobre, mais également encore mi-janvier, ces électeurs se répartissent en trois camps d’égale importance : ceux qui ont l’intention de s’abstenir/qui n’expriment pas d’intentions de vote, ceux qui déclarent qu’ils voteront pour Nicolas Sarkozy, et ceux qui se reportent vers le candidat socialiste. A partir de mi janvier, le candidat de l’UMP s’impose plus largement et le candidat socialiste voit les reports de voix des électeurs du Front national s’amenuiser : ainsi, mi-février, 19% des personnes déclarant avoir l’intention de voter Front national au premier tour s’orientent, au second tour, vers François Hollande et 35% vers Nicolas Sarkozy. Entre fin février et mi-mars, alors que le candidat UMP vient de rentrer en campagne, François Hollande regagne légèrement du crédit auprès des électeurs potentiels du Front national, mais reste devancé par Nicolas Sarkozy au sein de cette population.

Depuis mi-mars, ce qui correspond à la période à partir de laquelle Nicolas Sarkozy voit sa courbe dans les sondages progresser, au premier comme au second tour, le candidat UMP distance nettement François Hollande dans les reports de voix. Un électeur de Marine Le Pen sur deux déclare désormais avoir l’intention de voter pour l’actuel président de la République au second tour (contre seulement un peu plus d’un tiers jusqu’à la fin mars). Cette progression se fait au détriment de François Hollande, qui recule, mais également grâce à une diminution significative des électeurs qui refusaient d’exprimer une intention de vote au second tour.

Il demeure aujourd’hui un tiers des électeurs potentiels de Marine Le Pen au premier tour qui refusent d’exprimer un choix au second. Est-ce que ceux-ci finiront par se tourner vers le candidat UMP comme veulent le croire certains conseillers du président de la République ? Cela ne serait-il pas un peu vite oublier le rejet parfois profond que suscite le président de la République, la déception qu’il a pu faire naître chez ces électeurs depuis 2007 ? En outre, les études dessinent une abstention en augmentation par rapport à  la précédente élection présidentielle, et la tentation de ne pas se rendre aux urnes pourrait particulièrement toucher un électorat souvent désabusé par le politique et qui ne croit plus en son pouvoir de changer les choses.

* Sondage Ipsos en partenariat avec Logica Business Consulting pour Radio France, France télévisions et Le Monde, réalisé par téléphone les 6 et 7 avril 2012 auprès d’un échantillon de 955 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les questions d’intentions de vote ne portent que sur les personnes inscrites sur les listes électorales et certaines d’aller voter.