Les intentions de vote pour les élections législatives par circonscription

A quelques jours du premier tour des élections législatives, des sondages d’intention de vote dans les différentes circonscriptions sont parus dans la presse. Nous vous en proposons un récapitulatif.

A ce jour, nous avons recensé des sondages relatifs aux circonscriptions suivantes (la couleur désignant la force politique donnée victorieuse par les sondages, avec en violet les circonscriptions incertaines) :

Note préalable : ces sondages électoraux sont généralement réalisés sur des échantillons relativement réduits (de l’ordre de 500 à 600 personnes). En conséquence, la marge d’erreur est assez élevée (de l’ordre de 4 points quand le pourcentage est proche de 50%), ce qui implique de prendre tous ces résultats avec grande prudence. Nous rappelons en outre qu’un sondage donne le rapport de force à l’instant de sa réalisation et que celui-ci peut évoluer jusqu’au dernier moment.

 

Aisne (02)

- 2ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 552 personnes.
A noter : circonscription de Xavier Bertrand

Au premier tour, l’ancien ministre et député de la circonscription, Xavier Bertrand, arrive nettement en tête des intentions de vote (41%). Anne Ferreira, la candidate du PS, recueille 30% des suffrages. Le Front national, représenté par Yannick Lejeune, réalise un bon score (17%) et pourrait parvenir à se maintenir au second tour. Hormis Guy Fontaine, se présentant sous l’étiquette du Front de gauche et obtenant 6% des intentions de vote, aucun autre candidat ne recueille plus de 2% au premier tour.

Xavier Bertrand arrive en tête des intentions de vote de second tour, que celui-ci prenne la forme d’un duel – dans cette hypothèse, le score du candidat UMP s’établit à 52% contre 48% pour Anne Ferreira, soit une avance relativement faible surtout si l’on considère la marge d’erreur -, ou d’une triangulaire – Xavier Bertrand obtient alors 44% des intentions de vote, Anne Ferreira 38% et Yannick Lejeune 18%.

 

Alpes-Maritimes (06)

- 1ère circonscription : sondage OpinionWay.
A noter : circonscription d’Eric Ciotti et Jacques Peyrat

La première circonscription des Alpes-Maritimes est composée d’une partie de Nice, ville fortement ancrée à droite. Le député sortant de l’ancienne première circonscription (elle est désormais agrandie suite au redécoupage électoral de 2010) ne devrait aucun mal à se faire réélire à l’Assemblée nationale.

Ainsi, le député de la droite populaire approche de la majorité absolue au premier tour en recueillant 46% des intentions de vote dans ce sondage OpinionWay. En outre, il ne souffre pas trop de la concurrence du Front national : avec 12% d’intentions de vote en sa faveur, l’ancien maire de Nice, Jacques Peyrat, est totalement distancé et n’apparaît pas en position de concourir au second tour. A gauche, Patrick Allemand, le candidat du Parti socialiste recueille 25% des voix et le Front de gauche 9%.

Sans surprise, cette étude montre qu’Eric Ciotti l’emporte largement au second tour, avec 62% des intentions de vote contre 38% pour Patrick Allemand.

 

Bouches-du-Rhône (13)

- 5ème circonscription : sondage Ifop
A noter : circonscription de la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti et Renaud Muselier

La cinquième circonscription est porteuse de forts enjeux pour ses deux principaux candidats : non réélu, Renaud Muselier apparaîtrait fortement handicapé pour prendre le relai de Jean-Claude Gaudin à la mairie de la cité phocéenne ; non élue, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapée devrait abandonner son portefeuille, en vertu des règles édictées par François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Le sondage Ifop réalisé dans cette circonscription annonce un basculement à gauche et donc le maintien au gouvernement de Marie-Arlette Carlotti. Celle-ci recueille en effet 54% des voix au second tour contre 46% à Renaud Muselier. Les deux candidats arrivent nettement en tête au premier tour (36% d’intentions de vote pour le candidat de l’UMP, 34% pour la candidate socialiste). Le Front national, représenté par Jean-Pierre Baumann obtient 13,5% d’intentions de vote, ce qui écarte l’hypothèse d’une triangulaire.  Frédéric Dutoit, le candidat du Front de gauche, rassemble 8,5% des intentions de vote des électeurs.

 

Charentes-Maritime (17)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 25 au 29 mai auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de Ségolène Royal

Dans cette circonscription ancrée à gauche, Ségolène Royal arrive en tête des intentions de vote au premier tour avec 33% des suffrages. Elle devance d’une tête le candidat socialiste dissident Olivier Falorni (26%), fortement implanté localement et qui a présenté sa candidature contre ce qu’il considère comme un parachutage. La candidate de l’UMP, Sally Chadjaa, recueille 19,5% des intentions de vote au premier tour. Le Front national, représenté par Marie-Françoise de Lacoste Lareymondie, obtient 9% des voix, et n’apparaît donc pas aujourd’hui à même de se maintenir au second tour.

Bizarrement, l’Ifop n’a pas publié d’intentions de vote de second tour.

 

Corse-du-Sud (2A)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 502 personnes.

D’après ce sondage de l’Ifop, cette circonscription basculerait au soir du second tour des élections législatives, le député de gauche sortant, Simon Renucci, étant donné battu par le candidat UMP Laurent Marcangeli.

Simon Renucci est devancé dès le premier tour : il recueille 26% d’intentions de vote contre 32% pour son rival de l’UMP. Les voix de gauche au premier tour vont également à Paul-Antoine Luciani, le candidat du Front de gauche, qui recueille 9% des voix dans ce sondage. Le Front national recueille 11,5% des intentions de vote. Les nationalistes corses se présentent en ordre dispersés dans cette circonscription : Romain Colonna, pour Femu a Corsica obtient 13% des intentions de vote, Paul-Mathieu Leonetti, candidat nationaliste de Corsica libera, 4,5%. Les nationalistes ne devraient donc pas provoquer de triangulaire dans cette circonscription.

Au second tour, le candidat de l’UMP l’emporte selon ce sondage, avec 51,5%, une avance donc relativement limitée et comprise dans la marge d’erreur.

 

Haute-Corse (2B)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 500 personnes.

Ce sondage montre que le candidat de l’UMP, Sauveur Gandolfi-Scheit conserverait son mandat de député que les nationalistes corses se maintiennent ou non au second tour. Au premier tour, le député sortant domine largement avec 32% d’intentions de vote. Jean Zucarelli, le candidat du PRG soutenu par le PS, arrive au coude-à-coude avec Gilles Simeoni, le candidat de Femu a Corsica (respectivement 22,5% et 21,5% d’intentions de vote). Le Front de gauche réalise un score important (10,5%) et devance légèrement le Front national (9%).

En cas de triangulaire, Sauveur Gandolfi-Scheit l’emporterait avec 38,5% des voix, devant le candidat socialiste (34,5%), le représentant du parti nationaliste arrivant en troisième position (27%). En cas de duel “classique” entre la gauche et la droite, le député sortant l’emporte assez largement devant Jean Zucarelli (54% contre 46%)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 504 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, le député sortant devrait également conserver son siège. Paul Giacobbi, candidat du PRG soutenu par le PS, l’emporte en effet au second tour sur la candidate UMP, Stéphanie Grimaldi, avec 54% des intentions de vote contre 46%. Cette victoire de la gauche s’explique notamment par le fort niveau obtenu dès le premier tour par le député sortant (32%), ainsi que par la force relative du Front de gauche (7,5%). Paul Giacobbi profite également de la division des nationalistes (11% pour Saveriu Luciani, candidat de Femu a Corsica et 9% pour Petru Antone Tomasi, candidat de Corsica Libera), qui désunis, n’apparaissent pas en mesure d’accéder au second tour. Notons enfin les 10% recueillis par la candidate Front national, Estelle Massoni, dans cette étude d’intentions de vote.

Pas-de-Calais (62)

- 11ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 15 au 17 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
A noter : circonscription de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen

La onzième circonscription du Pas-de-Calais est sans doute la circonscription la plus scrutée de ces élections législatives puisqu’elle voit s’affronter deux candidats à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Au premier tour, Marine Le Pen arriverait en tête. Bien implantée à Hénin-Beaumont, elle recueille un tiers des intentions de vote (34%). Le candidat du Front de gauche en obtient 29% et distance donc Philippe Kemel (18%), le candidat du parti socialiste, parti enfoncé dans les “affaires” dans cette région. Jean Urbaniak, le candidat du MoDem et soutenu par l’UMP arrive en quatrième position dans cette étude (16%). Ce dernier ne semble donc vraiment pas assuré d’obtenir les 12,5% des inscrits nécessaires pour se maintenir au second tour.

Par conséquent, cette étude laisse se profiler un second tour entre les deux “fronts”, le candidat du PS, bien qu’en capacité d’atteindre le seuil de sélection, devrait en effet respecter la règle du désistement en faveur du plus fort candidat à gauche. Dans cette hypothèse, Jean-Luc Mélenchon l’emporte au second tour sur Marine Le Pen, assez nettement (55% contre 45%). Il apparaît également vainqueur dans l’hypothèse, assez improbable au regard de ce sondage, où Jean Urbaniak, le candidat MoDem/UMP, arrivait à accéder au second tour. Jean-Luc Mélenchon obtient alors 44% des intentions de vote, Marine Le Pen 36% et Jean Urbaniak 20%.

 

Pyrénées atlantiques (64)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 22 et 23 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
+ sondage OpinionWay réalisé les 22 et 23 mai auprès d’un échantillon de 530 personnes.
A noter : circonscription de François Bayrou

La circonscription du président du MoDem attire les projecteurs et deux sondages ont été réalisés dans cette circonscription. Tous deux donnent François Bayrou perdant si les candidats UMP et PS refusent de se désister en sa faveur au second tour.

Le sondage Ifop donne la candidate socialiste, Nathalie Chabanne, en tête du premier tour, avec 31% des intentions de vote.  Elle devance légèrement François Bayrou, qui avec 29% d’intentions de vote, fait 10 points de plus que son score à la présidentielle dans la circonscription (le sondage OpinionWay diffère notablement en lui accordant 24%). Eric Saubatte, le candidat UMP, obtient 23% des voix et devrait donc certainement accéder au second tour. De cette triangulaire, la candidate socialiste sort en tête avec 41% des intentions de vote. François Bayrou en recueille 33% et le candidat UMP 26% (respectivement 44%, 28% et 28% dans l’étude OpinionWay). Si le candidat UMP ne parvenait pas à se maintenir au second tour, François Bayrou est également donné perdant, mais l’écart avec la candidate socialiste est très réduit dans l’étude Ifop (et donc compris dans la marge d’erreur de +/- 4 points) : 49,5% contre 50,5%. Néanmoins, le sondage OpinionWay confirme cette défaite, et l’annonce plus cuisante (55%-45%).

 

Pyrénées orientales (66)

- 3ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 25 et 26 mai auprès d’un échantillon de 606 personnes.

Au premier tour, la candidate du parti socialiste, Ségolène Neuville arrive en tête (32%) talonnée par le candidat UMP Jean Castex (30%). Représenté par Bruno Lemaire, le Front national fait un score important (19%) et semble pouvoir se maintenir au second tour.

La candidate socialiste l’emporterait en cas de duel ou de triangulaire, portée par un fort socle de gauche (au premier tour, le Front de gauche recueille 12% d’intentions de vote, EELV 4%, le NPA 1% et le MRC 1%). Opposée seulement au candidat UMP, Ségolène Neuville recueille 54% des intentions de vote. En cas de triangulaire, elle frôle la majorité absolue (49%), tandis que les deux autres candidats n’augmentent que très peu, voire pas du tout, leur score de premier tour (32% pour Jean Castex de l’UMP et 19% pour Bruno Lemaire du Front national).

- 4ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 23 et 24 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.

La quatrième circonscription des Pyrénées orientales devrait participer au basculement de l’Assemblée nationale à gauche si celle-ci devait l’emporter. En effet, dans cette circonscription, la députée UMP sortante, Jacqueline Irlès, est donnée nettement battue par le candidat socialiste, Pierre Aylagas, au second tour (44% contre 56%) en cas de duel. En outre, avec 19% d’intentions de vote au premier tour, la candidate du FN, Marie-Thérèse Costa-Fesenback, impose de considérer l’hypothèse d’une triangulaire, où le candidat socialiste l’emporterait par 49% des voix, contre 33% à Jacqueline Irlès et 17% au parti d’extrême-droite.

Relevons le fort score obtenu par le Front de gauche dans cette circonscription au premier tour : Nicolas Garcia cumule en effet 14% des intentions de vote.

 

Sarthe (72)

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 25 et 26 mai auprès d’un échantillon de 505 personnes.
A noter : circonscription du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Ancienne circonscription de François Fillon

En se présentant dans l’ancienne circonscription de François Fillon, Stéphane Le Foll ne joue pas la partition la plus facile. Ce sondage montre néanmoins que le ministre de l’agriculture dispose d’un rapport de force favorable dans la Sarthe. Il arrive en tête du premier tour avec 38% des intentions de vote, contre 34% à son rival de l’UMP, Marc Joulaud. Aucun autre candidat ne semble pouvoir atteindre le seuil de 12,5% des inscrits, le Front national recueillant 13% des voix. Le Front de gauche rassemble 7% des intentions de vote et EELV 3%

Au second tour, le ministre de l’Agriculture obtient 53% des intentions de vote, contre 47% au candidat de l’UMP.

 

Seine-et-Marne (77)

- 6ème circonscription : sondage BVA réalisé les 30 et 31 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.
A noter : circonscription de Jean-François Copé

Ce sondage BVA démontre que Jean-François Copé ne devrait pas avoir de mal à retrouver son siège de député lors des prochaines élections législatives. Néanmoins, alors qu’il avait été élu avec la majorité absolue dès le premier tour en 2007, il pourrait cette fois-ci être mis en ballotage dans cette circonscription qui a subi le redécoupage électoral de 2010.

Au premier tour, le secrétaire général de l’UMP s’impose nettement et recueille 47% des intentions de vote. Il devance  Caroline Pinet (26%), la candidate d’Europe Ecologie les Verts, soutenue par le PS. Le Front national, représenté par Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti, obtient 14% et ne devrait donc pas être présent au second tour. Seuls deux autres candidats dépassent les 1% au premier tour : Guillaume Quercy pour le Front de gauche (8,5%) et Victor Manuel Niubo Andreu pour le MoDem (3%).

Au second tour, dans l’hypothèse d’un duel qui semble de loin la plus probable au regard de ce sondage, Jean-François Copé l’emporterait très nettement sur la candidate écologiste (60% contre 40%). L’hypothèse d’une triangulaire avec le FN ne ferait pas chuter le secrétaire général de l’UMP, qui obtient alors 48% des intentions de vote, Caroline Pinet 38% et Marie-Christine Arnautu 14% (soit le même score qu’au premier tour).

 

Var (83)

- 8ème circonscription : sondage OpinionWay

Le Var est l’un des départements où le Front national a effectué ses meilleurs scores à l’élection présidentielle (25% sur l’ensemble du département). Ce sondage OpinionWay montre que le parti devrait également réaliser une belle performance au premier tour de l’élection législative dans la 8ème circonscription, mais demeure loin de l’emporter au second.

Au premier tour, le candidat UMP Olivier Audibert-Troin arrive en tête des intentions de vote (30%). Il devance assez nettement Bernard Clap, le candidat du parti socialiste (22%). Geneviève Blanc, la candidate du Front nationale, recueille autant d’intentions de vote que le candidat de la majorité présidentielle (22%). Joëlle Mecagni, représentante du Front de Gauche, avec 8% d’intentions de vote, réalise un score très honorable sur cette terre de droite.

En toute vraisemblance, la 8ème circonscription du Var devrait donc connaître une triangulaire au second tour. Celle-ci ne devrait pas faire perdre de siège à la droite mais l’écart entre les deux principaux candidats est realtivement serré. En effet, Olivier Audibert-Troin obtient 39% des intentions de vote dans cette hypothèse, devant le candidat du PS (36%), tandis que les reports de voix se révèlent très défavorables pour la candidate du Front national, qui n’augmente que très faiblement son score du premier tour (25%).

 

Essonne (91)

- 4ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 21 au 23 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
A noter : circonscription de Nathalie Kosciusko-Morizet

L’ancienne ministre de l’Environnement n’est pas assurée de retrouver son siège de députée dans quelques semaines. Ce sondage Ifop donne en effet Nathalie Kosciusko-Morizet au coude-à-coude avec son adversaire socialiste Olivier Thomas au second tour (50%-50%).

Au premier tour, la candidate de l’UMP arrive pourtant largement en tête, avec 41% des intentions de vote, profitant de la faiblesse relative de l’extrême-droite dans cette circonscription (Brigitte Dupin, la candidate du SIEL soutenue par le Front national obtient 8,5%, et le candidat du parti de la France 0,5%). Distancé avec tout de même 33% des voix, le candidat socialiste profite notamment des reports du Front de gauche (7,5% des intentions de vote au premier tour) et d’EELV (3%).

 

Hauts-de-Seine (92)

- 2ème circonscription : sondage Ifop
A noter : circonscription de Rama Yade

Rama Yade se présente dans la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine sous l’étiquette du parti radical. L’UMP présente un candidat contre l’ancienne secrétaire d’Etat, en l’occurrence Manuel Aeschlimann, député sortant. Et ce combat au sein de la droite est largement remporté par ce dernier. Au premier tour, il obtient 29% d’intentions de vote et Rama Yade 19%. Elle pourrait donc ne pas franchir le seuil de 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour.

Le candidat du parti socialiste, Sébastien Pietrasant, arrive en tête du premier tour, avec 36% des intentions de vote. Il l’emporterait également au second, que Rama Yade se maintienne ou non. Dans la première hypothèse, ce sondage le crédite de 54% des voix contre 46% à Manuel Aeschlimann. En cas de triangulaire, le candidat PS atteind presque la majorité absolue avec 48% des intentions de vote, le député sortant en obtenant 33% et Rama Yade 19% – soit son score de premier tour, ce qui indique qu’elle ne bénéficierait d’aucun report de voix, notamment du fait de l’absence de candidat MoDem.

- 9ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 14 et 15 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.
A noter : circonscription de Claude Guéant

Candidat dans une circonscription fortement ancré à droite, Claude Guéant ne devrait avoir aucun problème à obtenir son premier mandat d’élu. Au second tour, celui-ci est crédité de 57% des intentions de vote, contre 43% à son adversaire socialiste Martine Even.

Thierry Solère, le candidat de droite dissident, exclu de l’UMP pour avoir refusé de retirer sa candidature face au “parachutage” de Claude Guéant, est nettement devancé au premier tour : il recueille 15% des intentions de vote contre 41% pour l’ancien ministre de l’Intérieur.

 

Français de l’étranger

- 1ère circonscription (Amérique du Nord) : sondage CSA auprès d’un échantillon de 1717 personnes (dates de réalisation non précisées).
A noter : circonscription de Frédéric Lefebvre

La candidate de la majorité présidentielle Corinne Narassiguin, soutenue par le parti socialiste et Europe Ecologie Les Verts domine nettement au premier tour (35%) dans une circonscription où se présentent 18 candidats. Elle profite du peu d’audience des autres candidats de gauche : à part le Front de gauche, qui recueille 3% d’intentions de vote, aucun autre candidat ne dépasse 1%.

A droite, l’ancien Secrétaire d’Etat Frédéric Lefebvre, candidat officiel de l’UMP se détache, avec 19% d’intentions de vote, et devrait donc affronter Corinne Narassiguin au second tour. D’autres candidats divers droite réalisent des scores notables : Julien Balkany, le frère de Patrick (9%), Emile Servan-Schreiber, fils de Jean-Jacques (7%) et Antoine Treuille (6%).

Aucune hypothèse de second tour n’a été réalisée dans cette circonscription a priori favorable à la droite mais où l’abstention sera sans doute très forte.

L’analyse sociologique du vote au second tour : quels clivages socio-économiques ?

Après avoir analysé le vote en fonction de l’âge et du sexe, nous nous intéressons désormais aux caractéristiques socio-économiques : quels candidats ont choisi les Français au second tour de l’élection présidentielle selon leur position face à l’emploi ?

Des inactifs qui ont voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy et des actifs majoritairement pour François Hollande

La première différence à remarquer est celle qui oppose actifs et inactifs : les premiers votent plus que la moyenne pour François Hollande et lui ont accordé 54% de leurs voix (soit deux points de plus que la moyenne nationale) tandis que les inactifs placent en tête Nicolas Sarkozy, avec 51% des voix contre 49% seulement à son adversaire.

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon le statut professionnel (sondage OpinionWay)

Cette constatation rejoint naturellement le clivage par âge que nous avions remarqué dans notre article précédent : les inactifs sont majoritairement composés de retraités, donc de la frange la plus âgée de la population, une des seules à avoir voté majoritairement pour le candidat sortant. L’analyse du détail par catégorie d’inactifs rejoint effectivement largement les constats effectués par âge :

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon la catégorie d’inactifs (sondage OpinionWay)

Les retraités ont voté à 53% pour Nicolas Sarkozy, soit une sur-performance de 5 points par rapport à l’ensemble de la population pour le président sortant. Les personnes au foyer se prononcent presqu’autant pour le candidat de l’UMP (52%), qu’elles favorisent donc nettement. Cette catégorie étant composée de personnes de tous âges, nous observons donc que le clivage actif/inactif dépasse la question de la date de naissance.

Si l’on compare ces résultats par rapport à ceux de 2007, il apparaît que la progression de la gauche est importante dans ces deux catégories de population acquises à droite et plus particulièrement chez les retraités. Ainsi, lors du précédent scrutin présidentiel, 55% des personnes au foyer avaient voté pour Nicolas Sarkozy (soit trois points de plus qu’aujourd’hui) et surtout 64% des retraités avaient voté pour le candidat de l’UMP. Celui a donc perdu 11 points auprès de cette catégorie en cinq ans.

Enfin, les lycéens et étudiants ont choisi à l’inverse très massivement le candidat socialiste (59%, soit sept points de plus que sa moyenne nationale), un score identique à celui que lui accorde les 18-24 ans dans leur ensemble selon ce même sondage. La comparaison avec les données de 2007 s’avère également sévère pour le chef de l’Etat, qui perd onze points parmi cette catégorie par rapport à la précédente élection présidentielle : en 2007, les étudiants et lycéens avaient voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy (52%).

Parmi les actifs, les cadres et les professions intermédiaires ont davantage voté pour François Hollande que les catégories modestes

Si l’on s’intéresse désormais aux actifs, qui se sont donc prononcés à 54% pour François Hollande, des différences apparaissent selon les catégories socioprofessionnelles mais elles sont moins marquées que celles qui prévalent parmi les inactifs.

Un premier regard nous apprend que les catégories socioprofessionnelles supérieures ont un vote qui ne se distingue pas de celui des catégories socioprofessionnelles modestes. Elles votent en effet à 54% pour François Hollande et 46% pour Nicolas Sarkozy les unes comme les autres. Néanmoins, ceci cache des clivages plus fins.

Si parmi les catégories modestes, il n’y a pas de différence entre le vote des ouvriers (54% pour François Hollande et 46% pour Nicolas Sarkozy) et celui des employés (idem), qui favorisent donc légèrement le candidat de gauche comme l’ensemble des actifs, en revanche parmi les catégories plus aisées, un clivage net se dessine entre d’une part les professions intermédiaires et les cadres, et d’autre part les artisans, commerçants et chefs d’entreprise.

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon la catégorie socioprofessionnelle (CSP) des actifs (sondage OpinionWay)

Ainsi, comme traditionnellement, les artisans, commerçants et chefs d’entreprises se distinguent par un vote clairement plus à droite que la moyenne : 58% d’entre eux déclarent avoir voté pour Nicolas Sarkozy, un score supérieur de 10 points à sa moyenne nationale.

A l’inverse, les cadres supérieurs et les professions intellectuelles votent plus à gauche que l’ensemble de la population et des actifs (57%), comme les professions intermédiaires (56%). Ainsi, par rapport à 2007, le rapport s’inverse. Il y a cinq ans, les cadres avaient voté davantage que les classes populaires pour Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, les ouvriers et les employés ont voté plus à droite que les catégories socioprofessionnelles supérieures. Ainsi, c’est parmi les cadres et les professions intellectuelles que le chef de l’Etat a le plus reculé par rapport à 2007 et moins parmi les ouvriers et les employés qui votaient déjà majoritairement contre lui il y a cinq ans.

Les chômeurs ont très majoritairement voté pour François Hollande

La catégorie socioprofessionnelle constitue donc toujours un clivage remarquable dans l’analyse sociologique du vote. Mais il ne faut s’arrêter à ce critère car d’autres facteurs de différenciation face à l’emploi jouent également fortement. Ainsi, le vote varie également nettement selon le statut professionnel :

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon le statut professionnel des actifs (sondage OpinionWay)

Les personnes travaillant à leur compte ont voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy (54%, soit 6 points de plus que sa moyenne nationale), ce que laissait déjà apercevoir le vote massif des artisans, commerçants et chefs d’entreprise en sa faveur. Les salariés, qui constituent la grande majorité des actifs, votent à 54% pour François Hollande. Enfin, dernière catégorie d’actifs qui n’avait pas encore été distinguée jusqu’alors, les chômeurs (bien désignés comme actifs selon les catégories de l’INSEE puisqu’ils sont sur le marché du travail), se sont prononcés massivement pour le candidat socialiste : pratiquement les deux tiers d’entre eux (64%) ont choisi le candidat élu.

La sécurité face à l’emploi, un clivage déterminant

Alors que le nombre de précaires ne cesse d’augmenter dans la société, la sécurité face à l’emploi constitue de plus en plus un critère déterminant de l’analyse sociologique. Le comportement électoral des salariés se distingue en effet fortement selon leur type de contrat. Plus le contrat est précaire, plus le vote s’affirme à gauche.

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon le type de contrat (actifs seulement) (sondage OpinionWay)

Ainsi, les salariés en CDI ont voté à 53% pour François Hollande, ceux en CDD à 57% et ceux en intérim à 60%. Si ce critère recoupe en partie les clivages d’âge puisque les jeunes sont surreprésentés parmi les contrats précaires, le vote de la “France des petits boulots”, qui apparaît comme particulièrement critique à l’égard du pouvoir politique, devra être suivi car cette partie de la population pourrait rapidement retirer son soutien à François Hollande si la politique de celui-ci n’obtenait pas de résultats rapides et significatifs pour elle. Rappelons d’ailleurs que la dimension “protestataire” du vote de cette catégorie de population s’était largement révélée au premier tour : ainsi, les salariés en intérim ont placé Marine Le Pen en tête de leur vote le 22 avril avec 38% de leurs suffrages (20 points de plus que sa moyenne nationale), et dans une moindre mesure, les salariés en CDD ont voté plus massivement pour la candidate du Front national que la moyenne (24%), en la plaçant en seconde position de leur vote après François Hollande (29%). Parmi ces précaires, le candidat sortant a obtenu au premier tour des scores incroyablement faibles : seulement 11% des intérimaires ont voté pour lui (16 points de moins que sa moyenne nationale, ce qui le plaçait en quatrième position après Marine Le Pen, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon) et 16% des salariés en CDD (11 points de moins que son résultat d’ensemble, en troisième position ex-æquo avec Jean-Luc Mélenchon).

Enfin, critère d’analyse plus classique, la différence entre les salariés du secteur public et du secteur privé est toujours importante face aux urnes. Conformément aux résultats classiques de sociologie politique, les salariés du public ont voté très majoritairement à gauche, tandis que ceux du privé votent presqu’à égalité pour les deux candidats (51% pour François Hollande et 49% pour Nicolas Sarkozy). Ces derniers ont donc légèrement davantage porté de bulletins Sarkozy dans l’urne que l’ensemble de la population.

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon le secteur professionnel (public/privé) (sondage OpinionWay)

Par rapport à 2007, les salariés du secteur privé ont donc “changé de cheval”, puisqu’ils avaient alors voté à 51% pour le candidat UMP et à 49% pour Ségolène Royal. Chez les salariés du public, qui avaient pourtant majoritairement voté pour la candidate socialiste en 2007, le gain de François Hollande est très fort (10 points). Le parti socialiste retrouve donc une catégorie de population qui lui est habituellement très favorable.

Conclusion : le candidat des pauvres contre le candidat des riches ?

L’analyse du vote par niveau de revenus du foyer montre une progression linéaire entre celui-ci et le vote pour la droite : plus les revenus sont élevés, plus la propension à voter pour Nicolas Sarkozy est importante.

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon le niveau de revenus mensuel du foyer (sondage OpinionWay)

Néanmoins, cet article montre que cette analyse, pour juste qu’elle soit, apparaît légèrement réductrice car des logiques plus fines sont à l’œuvre dont nous retiendrons les enseignements suivants :

1. Le clivage entre actifs et inactifs demeure particulièrement important, comme celui entre patrons, salariés dans l’emploi et salariés hors de l’emploi.

2. Les catégories socioprofessionnelles supérieures et les professions intermédiaires ont davantage voté pour François Hollande que les employés et les ouvrier, preuve que la gauche peine toujours à séduire les classes populaires, même si celles-ci ont voté majoritairement pour elle.

3. Le vote des personnes en contrat précaire s’est majoritairement tourné vers la gauche mais il comporte une forte dimension protestataire et pourrait davantage relever d’un rejet du sortant que d’une adhésion au discours de François Hollande. Celui-ci devra obtenir des résultats probants pour garder leur soutien.

 

Les résultats analysés pour les résultats du second tour de l’élection présidentielle sont tirés d’un sondage OpinionWay pour le Figaro, réalisé par internet le 6 mai 2012 auprès d’un échantillon de 9582 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales, ayant voté au second tour de l’élection présidentielle.
Parmi les nombreux sondages d’analyse d’électorat du second tour conduits, nous avons préféré celui d’OpinionWay car il offre la plus grande taille d’échantillon, et semble donc le plus fiable pour conduire une analyse par sous-catégories.

Les résultats du premier tour proviennent du sondage OpinionWay pour le Figaro, réalisé par internet le 22 avril 2012 auprès d’un échantillon de 10 418 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales, ayant voté au premier tour de l’élection présidentielle.

Les résultats pour l’élection présidentielle de 2007 sont tirés du “Panel électoral français 2007″, enquête Ifop pour le CEVIPOF, réalisée par téléphone auprès d’un échantillon de 1 846 personnes inscrites sur les listes
électorales.

Que disent les premières études d’intentions de vote pour les élections législatives ?

Les élections législatives auront lieu dans un mois et demi. Les premiers sondages d’intentions de vote pour ces élections ont été publiés le soir-même du second tour de l’élection présidentielle. Ceux-ci permettent d’appréhender le rapport de force national entre les différents partis, même si naturellement, les élections législatives, qui se déroulent circonscription par circonscription, dépendent assez largement d’éléments locaux (implantation des candidats et notoriété, enjeux locaux, sociologie électorale dans la circonscription, etc.). Et en tout état de cause, ces sondages ne permettent pas de déterminer le nombre de députés qu’obtiendra chacun des partis. Ils renseignent sur le pourcentage de voix que chaque formation obtiendrait au premier tour auprès de l’ensemble des Français, deux mois après l’élection nationale par excellence qu’est l’élection présidentielle. Cette information a évidemment une importance cruciale, notamment pour appréhender le poids de partis qui ne seront sans doute pas ou symboliquement représentés à l’Assemblée nationale du fait du mode de scrutin majoritaire.

Beaucoup d’interrogations surgissent à quelques semaines de cette élection : la victoire de François Hollande sera-t-elle confirmée par une victoire de la gauche aux élections législatives et si oui, de quelle ampleur serait cette confirmation qui s’est, pour l’heure, toujours produite sous la Cinquième République ? Quel score pour la droite après la défaite de Nicolas Sarkozy alors qu’en 2007, la droite parlementaire avait raflé près de la moitié des suffrages (45,6%) ? Comment le Front national résistera-t-il à une élection traditionnellement moins favorable à cette formation (il avait obtenu 4,3% des suffrages en 2007 après en avoir obtenu 10,44% à l’élection présidentielle) ? Quel avenir pour le Front de gauche après son score à deux chiffres à l’élection présidentielle ? Saura-t-il profiter de l’implantation des élus communistes ou le vote pour Jean-Luc Mélenchon revêtait-il une forte dimension personnelle ? Les électeurs de gauche voteront-ils “utile” dès le premier tour des élections législatives ? Quel score pour Europe Ecologie les Verts en tant que formation alors qu’elle se présente unie avec le PS dans certaines circonscriptions ? La dégringolade du MoDem se poursuivra-t-elle ?

Autant de questions auxquelles les sondages permettent d’apporter un début de réponse. Un début, car nous le rappelons encore, ces sondages donnent le rapport de force à la date de leur réalisation et ne prédisent pas les résultats du scrutin de juin. En un peu plus d’un mois, les lignes peuvent encore bouger, surtout en un contexte politique dense, marqué par les premiers pas du nouveau président.

1. Les deux principaux partis, l’UMP et le PS, au coude-à-coude, dominent largement

Les premiers sondages d’intentions de vote montrent une nette domination des deux principaux partis, qui sont par ailleurs les deux gagnants du mode de scrutin majoritaire qui prévaut lors de ces élections législatives.

La majorité des études placent l’UMP (associée à ses alliés le Nouveau Centre et le parti radical)  légèrement devant le Parti socialiste (et le parti radical de gauche). En moyenne, les six études conduites jusqu’à aujourd’hui placent le PS à 30% d’intentions de vote et l’UMP à 32%, soit pour ces deux partis, un score significativement supérieur à celui qu’ils ont obtenu au premier tour de l’élection présidentielle.

Les premiers sondages d’intentions de vote pour les élections législatives de 2012

Le parti du nouveau président obtient, dans l’étude la plus pessimiste 26% des voix (Harris interactive mais notons que cet institut propose un item “candidat divers gauche”, placé ici dans notre tableau dans le “autres”, non proposé par les autres instituts et qui explique en partie pourquoi le score du PS est nettement inférieur à celui mesuré par les autres instituts, mais en partie seulement car si on ajoutait ces deux scores, la somme ne serait que de 28%). Le score le plus favorable (32%) est enregistré dans la dernière étude de CSA. Notons également que dans sa précédente enquête, CSA avait placé le PS symboliquement au-dessus de l’UMP (31% contre 30%), ce qu’aucune autre étude n’a confirmé.

Quant à l’UMP, son score s’échelonne entre 30% et 33% selon ces mêmes études. Par ailleurs, CSA montre une progression de trois points en faveur du parti de droite entre ses deux enquêtes, ce que l’institut BVA, qui a réalisé ses deux enquêtes aux mêmes dates, ne confirme pas, montrant un score stable (33% puis 32,5%). Il est encore évidemment trop tôt pour savoir quelles dynamiques sont à l’oeuvre, et seules de nouvelles études peuvent nous permettre de les dessiner. En outre, nous remarquerons que les études conduites le jour du vote, du fait de leur réalisation rapide (en quelques heures) présentent, à nos yeux, une fiabilité plus faible que des études “classiques” réalisées en deux jours. En outre, certaines ont été réalisées avant la connaissance des résultats du premier tour (Ifop), et d’autres en pleine soirée électorale (BVA, CSA et Harris interactive) ce qui peut également avoir une influence non négligeable sur les résultats.Une grande prudence s’impose donc concernant les conclusions que nous pouvons en tirer.

2. Le Front de gauche en dessous de son score de l’élection présidentielle, EELV au-dessus

En moyenne le Front de gauche recueille 9% d’intentions de vote, soit un score légèrement inférieur à celui de Jean-Luc Mélenchon le 22 avril (11,1%). Le score du rassemblement de la gauche radicale varie assez fortement selon les instituts (de 7% pour Harris interactive à 10,5% pour BVA), ce qui nous rappelle par ailleurs que le score de Jean-Luc Mélenchon avait posé difficulté aux instituts de sondage lors du premier tour de l’élection présidentielle puisqu’il avait été estimé en moyenne à 14% trois jours avant le scrutin, soit le plus fort écart constaté pour un candidat entre les sondages réalisés juste avant le scrutin et les résultats réels. Si les instituts en ont évidemment pris acte, ce précédent incite à prendre avec d’autant plus de prudence le score du Front de gauche.

Après les 2,31% d’Eva Joly, EELV obtient en moyenne 4,5% d’intentions de vote (entre 4% et 5% selon les instituts), soit un score quasiment doublé. Ceci ne parait guère surprenant car les écologistes réalisent habituellement de meilleurs scores aux élections législatives qu’à l’élection présidentielle (ainsi en 2007, ils avaient obtenu 3,25% des voix contre 1,57% à l’élection présidentielle) et profitent, de surcroît, de leur accord avec le PS qui leur réserve certaines circonscriptions. Pour autant, EELV reste très en-deça des scores obtenus lors des élections européennes de 2009 (16%) ou des élections régionales de 201%0 (12%) et pâtissent de la force du PS et de la gauche radicale.

3. Le Front national en troisième position dans les intentions de vote

Au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a rassemblé un nombre de suffrages que le Front national n’avait encore jamais atteint. Le parti d’extrême-droite semble donc en mesure, si ce n’est d’envoyer des députés à l’Assemblée nationale, de largement perturber le jeu électoral en provoquant de nombreuses triangulaires. Au niveau national, les études d’intentions de vote ne montrent, pour l’heure, qu’un faible essoufflement du Front national dans une élection qui ne lui est pourtant pas la plus favorable. En moyenne, le Front national recueille un score de 16% dans les intentions de vote, oscillant entre 12% (dernière étude CSA) et 18% (Ifop).

L’amplitude est donc forte entre les instituts, pour un parti toujours difficile à estimer précisément par les sondages. Et si BVA et surtout CSA semblent dessiner une chute de ce score dans les derniers jours, il convient d’attendre les prochaines études avant de savoir s’il s’agit là d’une réelle tendance. Cependant, un score plus faible semble parfaitement envisageable pour le FN, notamment du fait d’un taux de participation habituellement plus réduit aux élections législatives, qui pourrait jouer en défaveur du parti de Marine Le Pen.

4. Le MoDem en grande difficulté ?

Avec en moyenne 5% des voix (entre 4% et 6% selon les études), le MoDem obtient pratiquement deux fois moins d’intentions de vote que son score à l’élection présidentielle (9,1%). Le parti de François Bayrou, qui avait déjà subi un net effondrement entre les élections présidentielle et législatives en 2007 (passant de 18,6% à 7,6%), semble en passe de rejouer ce mauvais scénario, avec des scores moindres. Les élections législatives, qui favorisent par leur mode de scrutin l’UMP et le PS, apparaissent particulièrement difficiles pour le parti centriste.

L’analyse sociologique du vote au second tour : selon l’âge et le sexe

Les résultats définitifs du second tour sont désormais connus : 51,62% pour François Hollande et 48,38% pour Nicolas Sarkozy. Sous ce résultat d’ensemble, des disparités fortes se cachent selon les catégories de population. Comment les Français ont-ils voté au second tour selon leurs caractéristiques socio-démographiques ?

Le vote selon l’âge : plus complexe que la formule “les jeunes pour Hollande, les plus âgés pour Sarkozy”

L’âge apparaît comme un facteur assez discriminant lors du vote. Il est d’ailleurs bien établi en sociologie électorale que les jeunes sont davantage portés à voter à gauche, tandis que les personnes les plus âgées tendent plus vers la droite. Néanmoins, l’analyse du vote lors de ce second tour apporte des nuances importante à l’idée que plus on serait âge, plus on voterait à droite.

Vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon les tranches d’âge (sondage OpinionWay)

Comme le montre ce graphique, les Français les plus jeunes votent largement plus que la moyenne pour François Hollande (59% contre 51,62% chez l’ensemble de la population), néanmoins, les 50-59 ans ont tout autant voire légèrement davantage voté pour le candidat socialiste (60%). Faut-il y percevoir un vote catégoriel pour l’avenir des retraites de la part de ceux qui vont y entrer dans les prochaines années ?

Hormis cette classe d’âge, la règle “plus on est âgé, plus on vote à droite” est respectée. Les Français âgés de plus de 60 ans votent majoritairement pour le candidat de l’UMP (54%), et le sondage OpinonWay sur lequel nous appuyons notre analyse montre également que Nicolas Sarkozy arrive à l’emporter chez les 35-49 ans (51%). Quant aux 25-34 ans, ils votent majoritairement pour François Hollande (55%).

Le vote selon le sexe : plus de différence entre les hommes et les femmes ?

Alors que les enseignements de la sociologie politique traditionnels montrent que les femmes sont légèrement plus portées à droite que la moyenne, le sondage OpinionWay réalisé le jour du vote montre que cette différence n’est plus prégnante pour le second tour de l’élection présidentielle de 2012 : hommes et femmes ont voté dans les mêmes proportions pour les deux candidats.

Vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon les tranches d’âge (sondage OpinionWay)

Le vote des femmes perdrait-il de sa spécificité et l’émancipation féminine gommerait-elle enfin son faible penchant conservateur ? Il convient de ne pas tirer trop vite cette conclusion. Cette absence de différence entre les sexes lors du scrutin, étonnante au regard des constats dressés lors des élections précédentes, n’est confirmée par aucune autre étude de sociologie de l’électorat à ce jour. Les autres instituts de sondage relèvent une légère prime au candidat de l’UMP parmi les femmes. Ainsi, selon CSA, 50% d’entre elles auraient voté pour le candidat sortant, 49% pour TNS Sofres et l’Ifop.

 

Sondage OpinionWay pour le Figaro, réalisé par internet le 6 mai 2012 auprès d’un échantillon de 9582 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales, ayant voté au second tour de l’élection présidentielle.
Parmi les nombreux sondages d’analyse d’électorat du second tour conduits, nous avons préféré celui d’OpinionWay car il offre la plus grande taille d’échantillon, et semble donc le plus fiable pour conduire une analyse par sous-catégories.

Les autres études mentionnées dans cet article sont les suivantes :

- TNS Sofres en partenariat avec Sopra Group pour Sciences Po Bordeaux, Grenoble et Paris : étude réalisée le 6 mai par téléphone auprès d’un échantillon de  1521 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.
- CSA pour BFM TV, 20 minutes et RMC : étude réalisée le 6 mai par internet auprès d’un échantillon de  2612 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.
- Ifop en partenariat avec Fiducial pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat : étude réalisée le 6 mai par internet auprès d’un échantillon de  1968 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.


Resserrement des courbes au second tour mais Hollande toujours nettement en tête

Aujourd’hui paraissent les derniers sondages d’intention de vote avant la période d’interdiction de ceux-ci. Tous, sans exception, montrent un resserrement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Voici un récapitulatif des derniers sondages parus avant le second tour (clic pour agrandir) :


Ainsi, en moyenne, les instituts donnent le rapport de force suivant : 53% pour François Hollande et 47% pour Nicolas Sarkozy. Les scores varient très peu entre les différents instituts : entre 52% et 53,3% pour le candidat socialiste et entre 46,5% et 48% pour le président sortant.

La tendance sur ces derniers jours montre que l’avance du candidat socialiste s’effrite légèrement :  le 1er mai, la moyenne des derniers sondages publiés donnait 54% pour François Hollande et 46% Nicolas Sarkozy. En quelques jours, l’écart s’est donc resserré de deux points entre les deux candidats. Faut-il pour autant en déduire que tout est possible et que Nicolas Sarkozy pourrait l’emporter le jour du scrutin ?

Si l’écart est désormais compris dans la marge d’erreur, il faut bien comprendre que la répétition de mesures donnant François Hollande en tête avec environ 53% des voix rend très fortement improbable que le rapport de force actuel soit très éloigné de ces chiffres. Il n’y a qu’une infime probabilité que la marge d’erreur des sondages, qui ne doit évidemment pas être négligée, joue toujours dans le même sens (c’est-à-dire qu’elle donne uniquement des mesures autour de 53%-47% plusieurs fois de suite alors que le rapport réel est de 50%-50%).

En outre, le niveau de certitude de l’électorat est fort, comme traditionnellement au second tour d’une élection, le choix étant plus aisé quand il est resserré. 92% des électeurs se déclarent sûrs de leur choix pour le second tour selon le dernier sondage de TNS Sofres (les autres instituts donnant des résultats comparables). Si évidemment ces 8% d’indécis peuvent numériquement faire changer le rapport de force, il faudrait que pratiquement tous ceux-ci se reportent sur Nicolas Sarkozy. Or, les études montrent que ces indécis ne se comportent pas très différemment du reste du corps électoral : ils ne présentent pas une propension à voter plus pour l’un ou l’autre candidat et devraient donc se répartir assez équitablement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sans en favoriser un de manière décisive.

Plus que dans la marge d’erreur ou dans la proportion d’indécis, c’est dans les mouvements qui pourraient se produire dans l’électorat dans les derniers jours que peut résider l’incertitude. La mobilisation des Français inscrits sur les listes électorales constitue toujours un des éléments les plus difficiles à apprécier dans un sondage. Le niveau de participation global et la mobilisation différenciée entre différents électorats pourrait influer sur le résultat final, même s’il y a très peu de chance qu’ils arrivent à bousculer le rapport de force actuel. En outre, il faut toujours rappeler qu’un sondage donne le rapport de force au moment de sa réalisation et n’est pas une prédiction. Ainsi, des événements de campagne intervenant après les dates d’interrogation de l’échantillon peuvent venir faire bouger les lignes (il faudra notamment voir si la position annoncée de François Bayrou incitera davantage son électorat à se reporter sur François Hollande), mais seul un événement majeur semble aujourd’hui à même de renverser la vapeur.

En conclusion, si les sondages ne peuvent naturellement pas nous donner avec une certitude absolue le nom du vainqueur le 6 mai, au regard de ces différentes études, la victoire de Nicolas Sarkozy apparaît très fortement improbable.

Comment la campagne de l’entre-deux tours modifie-t-elle le rapport de force ?

Après le moment-phare de l’entre-deux tours que représente le débat entre les deux candidats restant en lice, et à quelques jours du scrutin, il est intéressant de s’interroger sur les mouvements de l’électorat entre le premier et le second tour de l’élection. Pour conclure le fameux débat, le candidat Nicolas Sarkozy a fait un clair appel du pied aux électeurs du Front national, mais également à ceux de François Bayrou et aux abstentionnistes. Les prises de position récentes du chef de l’Etat, notamment avec sa proposition d’une présomption de légitime défense pour les policiers – présente dans le programme du Front national – et un discours recentré sur les craintes de l’électorat frontiste en matière d’immigration et de mondialisation, ont déclenché de nombreuses réactions à gauche.

De son côté, le candidat socialiste rappelle qu’il tient à s’adresser à tous les Français, et notamment aux électeurs de Marine Le Pen. Il ne dévie pour autant pas de sa ligne, et semble davantage capitaliser sur son avance et sur le rejet et la déception que peut susciter Nicolas Sarkozy au sein de la population.

Dans quelle mesure cette “drague” des électeurs du Front national fonctionne-t-elle ? Permet-elle au président sortant de réduire l’écart avec le candidat socialiste ? Comment réagissent les 9% d’électeurs de François Bayrou face à cette campagne ? Autant de questions auxquelles permettent de répondre l’analyse des sondages d’intentions de vote pour le second tour.

 

Les 19% d’électeurs de Marine Le Pen : une population stratégique mais ancrée dans ses choix

Nicolas Sarkozy et ses soutiens ont largement défendu l’idée que les cartes seraient rebattues à l’orée de l’entre-deux tours et que l’avance du candidat socialiste au second tour, indiscutable dans les sondages d’intentions de vote  conduits avant le 22 avril, s’effacerait rapidement. Or, dans la réalité, l’électorat qui était déjà très déterminé sur son choix de second tour, choix par définition plus simple car l’offre est resserrée, maintient largement les positions déjà arrêtées. Les différents sondages réalisés avant le débat montre une grande constance des reports de voix, notamment ceux des électeurs du Front national, en dépit des efforts des deux candidats pour attirer à eux cet électorat stratégique.

L’évolution donnée par l’Ifop dans ses intentions de vote quotidiennes démontre cette stabilité. Ces reports de voix, à prendre avec grande prudence car ils portent sur une partie seulement de l’échantillon et donc sur des effectifs assez faibles (de l’ordre de 200 personnes), évoluent de la manière suivante depuis le 22 avril :

On le voit, les évolutions sont peu importantes : près d’un électeur sur deux (environ 45%) ayant mis un bulletin Marine Le Pen dans l’urne au premier tour, votera pour Nicolas Sarkozy au second. L’évolution au cours de l’entre-deux tours n’est pas significative au regard de la taille du sous-échantillon.

Quatre électeurs de Marine Le Pen sur dix ne se prononcent pas, déclarent qu’ils s’abstiendront ou voteront blanc ou nul. Les effets de la déclaration de la candidate lors du 1er mai, faisant part de sa décision de voter blanc à titre personnel, s’ils existent, ne seraient sans doute pas encore visibles dans les dernières vagues d’enquête. Il conviendra de regarder si davantage d’électeurs décident d’adopter la posture de leur présidente, mais cela semble relativement peu probable, eu égard à la proportion déjà forte de personnes ne choisissant aucun des candidats, et à la posture de Marine Le Pen, refusant de dicter un choix à ses électeurs. Néanmoins, un mouvement n’est pas à exclure.

Enfin, seule une faible proportion des électeurs de Marine Le Pen se tourne vers François Hollande au second tour. Elle représente toutefois près d’un de ses électeurs sur cinq. Une tendance à un léger reflux du report de voix sur le candidat socialiste apparaît, par ailleurs confirmé par les études de CSA (de 27% le 22 avril, les reports pour le candidat socialiste diminuent à 23%) et d’Ipsos (de 18% à 14%). Celle-ci semble s’effectuer davantage au profit de l’abstention et du vote blanc que du vote en faveur de Nicolas Sarkozy.

 

Les 9% d’électeurs de François Bayrou : de plus en plus séduits par Nicolas Sarkozy ?

Moins important en taille, l’électorat de François Bayrou n’en est pas moins stratégique pour les deux candidats, même s’il est apparu moins courtisé. Parmi les 9% d’électeurs du candidat du MoDem, certaines évolutions semblent se dessiner dans cette campagne d’entre-deux tours.

L’outil barométrique de l’Ifop dessine les tendances suivantes (à prendre avec encore plus de précautions que celles portant sur l’électorat de Marine Le Pen, les effectifs étant deux fois moindres) :

- En premier lieu, l’abstention et votes blanc et nul gagnent du terrain dans les intentions des électeurs. L’Ifop montre que la proportion de personnes refusant de choisir entre les deux candidats double. Néanmoins, ce résultat doit être pris avec des pincettes : les instituts CSA et Ipsos qui livrent également le report de voix de ces électeurs, infirment cette tendance.

- Ensuite, parmi l’électorat centriste, Nicolas Sarkozy semble reprendre le dessus sur François Hollande. Les résultats de l’Ifop montrent que cette inversion est plutôt à imputer à une diminution du report des voix vers le candidat socialiste qu’à un gain du candidat de l’UMP. Ipsos, qui enregistre lui aussi que Nicolas Sarkozy repasse en tête parmi l’électorat de François Bayrou, l’impute à une augmentation du report en faveur du président sortant. Quant à CSA, il démontre également cette légère poussée de Nicolas Sarkozy mais dans la dernière vague d’enquête de cet institut, François Hollande séduit toujours davantage cet électorat que Nicolas Sarkozy : dans son enquête du soir du premier tour, les électeurs de François Bayrou sont 40% à se prononcer pour le candidat socialiste et 25% pour le candidat UMP ; dans le sondage réalisé les 24 et 25 avril, ces scores passent respectivement de 42% (+2 points) pour François Hollande et à 36% (+11 points) pour Nicolas Sarkozy.

 

Conclusion : l’écart se resserre légèrement mais reste important

Au global, les intentions de vote pour les deux candidats varient peu depuis le 22 avril. Un léger resserrement est enregistré par la plupart des instituts mais le candidat socialiste reste largement en tête. Les scores les plus favorables le créditent de 53% des voix contre 47% à son adversaire.

Les derniers sondages ne nous montrent pas encore l’effet du débat d’entre-deux tours, mais l’histoire nous montre que celui-ci n’a jamais eu un effet significatif, et l’écart entre les deux candidats est tel (de l’ordre de 6 à 8 huit points selon les études), qu’on voit mal comment pourrait se retourner un rapport de force si favorable à François Hollande, d’autant plus que le candidat de droite, s’il n’a pas failli, n’a pas non plus ébloui mercredi soir.

Le léger resserrement des courbes observé ces derniers jours peut notamment être imputé à un report des voix des électeurs de François Bayrou qui devient plus favorable à Nicolas Sarkozy. Mais la faiblesse relative de cet électorat et l’évolution somme toute réduite qui s’y produit ne semble pas pouvoir annoncer un renversement de tendance entre les deux candidats. Les effets de mobilisation du corps électoral auront également une importance capitale : dans quelle mesure les électorats des candidats non qualifiés pour le second tour se mobiliseront-ils ? Et combien d’électeurs n’ayant pas participé au premier tour viendront voter au second ? L’histoire des scrutins montre que la participation est toujours plus forte au second tour : à quel candidat cette mobilisation profitera-t-elle ?

Quoiqu’il en soit, plus le second tour se rapproche, plus les études se succèdent, plus l’hypothèse d’un croisement des courbes apparaît improbable.

 

Le vote selon les médias d’information

Les sondages réalisés auprès des Français dans le contexte du premier tour de l’élection présidentielle nous donnent l’occasion d’analyser la sociologie de l’électorat. L’Ifop a notamment publié une étude permettant de connaître le vote selon les moyens d’information utilisés, que ce soit le JT télévisé, la radio d’information, ou les quotidiens et hebdomadaires lus. Ce sondage met en lumière que les publics des médias étudiés se comportent bien différemment quand ils se présentent devant les urnes.

Le vote selon le JT du soir habituel

Les habitués des différents JT du soir votent très différemment les uns des autres comme le montre le graphique ci-dessous (clic pour agrandir) :

Ce sont les choix électoraux des téléspectateurs du premier JT de France qui apparaissent les plus atypiques : les habitués du journal de TF1 votent largement plus que la moyenne pour Nicolas Sarkozy (38% contre 27% en moyenne nationale). Le président sortant arrive en première position de leur vote, devant Marine Le Pen, qui trouve également proportionnellement plus d’électeurs chez les téléspectateurs du JT de TF1 que chez la moyenne de la population (27% contre 18% en moyenne). De fait, les spectateurs de TF1 favorisent nettement la droite au premier tour (57% contre 47% en moyenne nationale) et réservent de faibles scores à la gauche : 17% pour François Hollande (contre 28% chez l’ensemble des Français), seulement en troisième position, et 6% pour Jean-Luc Mélenchon (11% en moyenne nationale).

Dans une moindre mesure, les spectateurs du 19.45 de M6 apparaissent également plus à droite que la moyenne nationale : 52% d’entre eux se prononcent pour un candidat à la droite de l’échiquier politique. Ils votent presqu’autant que les téléspectateurs du JT de TF1 pour Marine Le Pen (25%) mais ne choisissent pas plus que la moyenne Nicolas Sarkozy (25%). Ils placent donc ces deux candidats à égalité, légèrement devant François Hollande (22%).

A l’inverse, les téléspectateurs des chaînes publiques votent plus à gauche : 31% des téléspectateurs du JT de France 3 et même 36% de ceux du JT de France 2 accordent leur voix à François Hollande. En conséquence, ils mettent moins dans l’urne des bulletins de droite. Ainsi, les téléspectateurs du JT de France 2 votent moins que la moyenne nationale pour Nicolas Sarkozy (-3 points) mais surtout pour Marine Le Pen (-6 points). Les téléspectateurs de France 3 se caractérisent par une propension élevée à voter pour Marine Le Pen, qui en recueillant 22% des voix, réalise un score supérieur à sa moyenne nationale et se place en deuxième position de leurs suffrages, devant Nicolas Sarkozy (17%).

Les téléspectateurs du Grand journal de Canal + se révèlent encore plus marqués à gauche : 38% choisissent le candidat du PS au premier tour. Par ailleurs, ils donnent également plus que la moyenne leur suffrage à Jean-Luc Mélenchon (14%), Eva Joly (5%) et François Bayrou (11%), tandis que Nicolas Sarkozy (20%) et Marine Le Pen (9%) réalisent des scores bien inférieurs à leur moyenne nationale parmi les assidus de l’émission de Michel Denisot.

Enfin, remarquons que les personnes ne regardant généralement pas de journal télévisé le soir apparaissent plus à gauche que l’ensemble du corps électoral mais se caractérisent surtout par les scores qu’elles attribuent aux plus “petits” candidats de gauche et du centre : Jean-Luc Mélenchon y recueille 14% des suffrages (11% en moyenne nationale), François Bayrou 13% (contre 9%), Eva Joly 5% (contre 2%), Poutou 2% (contre 1%) et Nathalie Arthaud 1% (contre 0,5%).

Le vote selon la station de radio la plus utilisée pour s’informer

Concernant les radios, les auditeurs de France inter apparaissent clairement ancrés à gauche : près d’un sur deux (48%) déclare voter pour le candidat socialiste, soit 20 points de plus que son score national ! Les auditeurs de la radio publique votent également plus que la moyenne pour Jean-Luc Mélenchon (17%, +6 points par rapport à sa moyenne nationale) et Eva Joly (5%, +3 points). Nicolas Sarkozy (13%, -14 points) et Marine Le Pen (6%, -12 points) recueillent de très faibles scores.

Dans une moindre mesure, les auditeurs de France Info apparaissent également légèrement plus à gauche que la moyenne nationale.

A l’opposé, trois radios disposent d’un public plus à droite que la moyenne. D’abord RTL : 42% des personnes déclarant utiliser cette radio pour s’informer ont accordé leur voix au président sortant au premier tour, soit 15 points de plus que la moyenne nationale. Ensuite, BFM Radio, qui se distingue également par des auditeurs votant davantage pour Nicolas Sarkozy (36%, +9 points par rapport au score national). Enfin, France Bleu, mais de manière moins significative : ses auditeurs votent moins que l’ensemble de l’électorat pour François Hollande (23%) et plus pour la candidate du Front national (22%), qui fait donc jeu égal avec le candidat socialiste parmi les auditeurs de la radio de proximité.

Les personnes utilisant NRJ pour s’informer placent Marine Le Pen en tête de leurs suffrages (33%), devant François Hollande (27%).

Les auditeurs de RMC et les personnes n’utilisant pas la radio pour s’informer se distinguent peu de la moyenne nationale dans leurs comportements électoraux.

Le vote selon les quotidiens lus régulièrement

Plus marqués politiquement que les grandes radios et les chaînes de télévision, les journaux disposent de lectorat très politiquement différenciés.

Ainsi, l’Humanité, le journal historiquement lié au Parti communiste , dispose d’un lectorat qui se tourne très massivement vers l’extrême-gauche de l’échiquier politique : 62% des lecteurs de l’Huma déclarent avoir déposé un bulletin Jean-Luc Mélenchon dans l’urne le 22 avril et 6% ont voté pour la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud (0,5% au niveau national). En revanche, ils ne votent guère plus que la moyenne pour Philippe Poutou (2% contre 1% au niveau national), ce qui s’explique par un clivage fort au sein de l’extrême-gauche,  le candidat du NPA se revendiquant d’une tradition libertaire assez éloignée de la culture politique communiste. Les lecteurs de l’Humanité ne sont que 11% à voter pour François Hollande. Ils sont autant à avoir choisi Marine Le Pen (12%). Nicolas Sarkozy ne recueille que 2% des suffrages parmi ce lectorat très marqué à gauche.

Quotidien de gauche modérée, Libération voit ses lecteurs massivement se prononcer en faveur du candidat socialiste (59%). De surcroît, près de deux sur dix ont voté pour Jean-Luc Mélenchon (18%) et Eva Joly recueille également un score supérieur à sa moyenne nationale parmi les lecteurs de Libération (4%). En revanche, les électeurs de François Bayrou (4%) et surtout de Nicolas Sarkozy (9%) et de Marine Le Pen (5%) sont très peu représentés au sein de son lectorat.

Le Monde, le quotidien de référence souvent présenté comme de centre-droit, possède un lectorat s’étant majoritairement prononcé pour la gauche au premier tour : 45% de ses lecteurs ont voté François Hollande, 13% Jean-Luc Mélenchon et 5% Eva Joly. Le vote pour le candidat centriste François Bayrou est conforme à la moyenne nationale (8%). Nicolas Sarkozy est choisi par un lecteur sur cinq (21%), soit un score significativement inférieur à sa moyenne nationale, et Marine Le Pen par seulement 7%.

Le Figaro, le journal étiqueté à droite, possède, sans grande surprise, un lectorat qui a largement choisi le candidat de l’UMP : 61% des lecteurs du Figaro ont voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour. Tous les autres candidats réalisent des scores inférieurs à leur moyenne nationale : 14% ont choisi Marine Le Pen, 12% François Hollande, 6%  François Bayrou et 5% Jean-Luc Mélenchon.

Les lecteurs des Echos sont également très à droite comparativement à la moyenne nationale : 50% ont voté pour Nicolas Sarkozy, mais près d’un sur quatre a tout de même porté un bulletin François Hollande dans l’urne (22%). Les lecteurs du quotidien économique versent peu dans les extrêmes : seuls 8% se sont prononcés pour Marine Le Pen et 6% pour Jean-Luc Mélenchon.

Enfin, la Croix dispose d’un lectorat de centre-droit. Au sein de celui-ci, c’est Nicolas Sarkozy qui arrive en tête, mais le président sortant ne réalise pas un score si éloigné de sa moyenne nationale (32%, +5 points). Ce qui caractérise avant tout le lectorat du journal catholique, c’est sa propension à voter pour François Bayrou, qui recueille 29% de leurs suffrages. François Hollande arrive en troisième position avec 21% et Marine Le Pen ne recueille que 11% des voix des lecteurs de la Croix.

Le vote des lecteurs du Parisien / Aujourd’hui en France ne s’éloigne pas significativement du vote national.

Le vote selon les hebdomadaires lus régulièrement

De la même manière, les grands hebdomadaires disposent de lectorats assez marqués politiquement.

Remarquons d’abord que les lecteurs d’hebdomadaires d’information sont peu portés vers l’extrême-droite, qui recueille des scores inférieurs à la moyenne parmi les lectorats étudiés par l’Ifop (hormis Paris-Match mais ce titre se distingue par une vocation plus “people” donc plus populaire).

Quatre hebdomadaires sont lus avant tout par des électeurs de droite : d’abord Valeurs actuelles (dont 73% des lecteurs se sont prononcés pour Nicolas Sarkozy), puis le Figaro Magazine (63%), Le Point (51%) et l’Express (41%). A l’inverse, un lecteur sur deux (52%) du Nouvel Observateur et de Marianne ont choisi le candidat socialiste au premier tour. Ces deux lectorats présentent également un plus fort attrait pour le candidat du Front de gauche que la moyenne.

 

Sondage Ifop pour Marianne, réalisé par internet du 21 au 23 avril auprès d’un échantillon de 6210 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales. Le terrain de cette étude a donc été réalisé en partie avant le premier tour, et porte à la fois sur le vote réel et des intentions de vote (toutefois bien ancrées puisque mesurées la veille ou le jour même du scrutin).
Les questions posées pour connaître les différents médias d’information étaient les suivantes : “Quel journal télévisé regardez-vous généralement le soir ?”, “Pour vous informer, quelle radio écoutez-vous le plus souvent ?”, “Quel journal ou quels journaux lisez-vous régulièrement ?”, “Quel hebdomadaire ou quels hebdomadaires lisez-vous régulièrement ?”.

Que disent les sondages pour le second tour de l’élection ?

Depuis le début de la campagne présidentielle, les sondages donnent invariablement François Hollande nettement gagnant du second tour de l’élection. A quelques jours de celui-ci, que montrent véritablement les études d’intentions de vote des différents instituts ? La partie est-elle pliée pour le candidat socialiste ?

Deux grands enseignements peuvent être tirés de l’étude des différents résultats donnés par les instituts :

1. François Hollande est largement et indiscutablement en tête des intentions de vote du second tour, et ce, depuis le début de la campagne

Tous les instituts s’accordent sur ce constat, même si les différents baromètres d’intentions de vote  donnent des chiffres qui peuvent varier, comme le montre le tableau ci-dessous, qui reprend les dernières études des différents instituts (clic pour agrandir) :

En moyenne, les intentions de vote donnent 54% d’intentions de vote pour François Hollande et 46% pour Nicolas Sarkozy. L’écart entre les différents instituts (naturel, du fait de l’existence d’une marge d’erreur de l’ordre de 3 points, de par l’utilisation de méthodologies qui peuvent différer et de dates de terrain qui ne sont pas identiques) reste très contenu entre les différents instituts. Pour le candidat socialiste, le score oscille entre 53% et 55% ; pour le candidat de l’UMP entre 45% et 47%.

La similarité de ces mesures et leur répétition dans le temps incite largement à conclure que la partie est gagnée pour François Hollande. L’écart moyen entre les candidats est, de surcroît, plus important que la marge d’erreur. Naturellement, il reste encore une semaine de campagne et un retournement de situation n’est pas à exclure. Il semble pour autant très improbable, et le débat de l’entre-deux tours n’a historiquement jamais permis une telle inversion des courbes.

2. La tendance montre un écart entre les deux favoris qui se resserre, sans que cela ne remette en cause le rapport de force

L’analyse des évolutions des intentions de vote de second tour montre un léger resserrement des courbes depuis l’annonce des résultats du premier tour, mesuré par la plupart des instituts de sondage, mais pas par tous.

Lors de l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le 15 février, le rapport de force était très largement défavorable au candidat sortant. En moyenne, il était crédité de 43% des voix pour 57% pour le candidat du parti socialiste. Juste avant le second tour, l’écart s’était resserré sans pour autant que le candidat de l’UMP ne puisse venir disputer la première place à François Hollande : les dernières intentions de vote publiées avant le 22 avril donnaient en moyenne, pour le second tour, 54,5% à François Hollande et 45,5% pour Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, l’écart moyen s’est encore légèrement resserré (54%-46%). Les intentions de vote de l’Ifop, quotidiennes, montrent bien ce resserrement : ainsi, juste après le premier tour, l’Ifop créditait François Hollande de 55% des voix et Nicolas Sarkozy de 45%. La dernière vague d’enquête parue le 1er mai indique que le rapport de force est désormais de 53,5% contre 46,5%.

Ce resserrement des courbes est également accrédité par Ipsos (54%-46% le soir du 22 avril et 53%-47% les 27 et 28 avril), CSA (56%-44% le soir du 22 avril et 54%-46% les 24 et 25 avril). Néanmoins, pour ces instituts, le resserrement des courbes s’effectue dès la première semaine de l’entre-deux tours, alors que pour l’Ifop, il n’intervient que durant le week-end et en début de deuxième semaine. En outre, LH2 et OpinionWay, qui n’ont pour l’heure réalisé qu’une mesure d’entre-deux tours, montrent également que les courbes se resserrent par rapport aux mesures faites juste avant le premier tour.

En revanche, les résultats de l”institut BVA annoncent au contraire un renforcement de l’avance de François Hollande. Alors que le candidat socialiste recueillait 53% d’intentions de vote pour le second tour au soir du 22 avril selon cet institut, dans sa dernière étude (réalisée les 24 et 25 avril), il obtient 54,5% des suffrages. Harris interactive montre une tendance similaire : de 54%-46% le soir du 22 avril, l’écart passe à 55%-45% dans leur dernière étude réalisée les 25 et 26 avril.

Enfin, TNS Sofres montre une stabilité du rapport de force avec 55% pour François Hollande et 45% pour Nicolas Sarkozy  (étude menée les 24-25 avril), soit exactement les chiffres mesurés juste avant le premier tour.

Ces évolutions légèrement différentes permettent néanmoins de dresser deux constats : le rapport de force varie finalement peu et si la tendance globale semble plutôt au resserrement, la marge d’erreur doit inciter à la plus grande prudence concernant ces évolutions. C’est d’ailleurs sans doute celle-ci qui explique pourquoi les tendances divergent entre les instituts, les évolutions n’excédant jamais 2 points (alors que la marge d’erreur est de l’ordre de trois points). Deuxièmement, quelle que soit l’évolution, aucun basculement ne se produit : François Hollande reste nettement en tête du second tour dans les sondages d’intentions de vote.

J-1 : Récapitulatif des dernières études d’intentions de vote de premier tour

Un jour avant le scrutin, les instituts de sondage ne peuvent plus publier aucune étude d’intentions de vote. Hier, tous les principaux instituts ont donc rendu publique la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée généralement les mercredi 18 et jeudi 19 avril.

Que montrent ces différentes études ? D’abord, que l’ordre d’arrivée des deux favoris est incertain. Si l’on reprend les résultats des huit instituts ayant publié des intentions de vote, trois placent Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour (TNS Sofres, l’Ifop et OpinionWay) et cinq accordent la première place à François Hollande (Ipsos, CSA, BVA, Harris interactive et LH2). La comparaison entre les différents instituts montre donc un rapport de force au premier tour favorable au candidat socialiste mais la prudence doit rester de mise : l’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Ensuite, pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Enfin, si les instituts présentent des résultats qui divergent légèrement parfois, globalement, ils retracent les mêmes tendances lourdes et les scores en valeur attribués aux différents candidats varient peu selon l’institut, comme le montre le tableau récapitulatif en fin d’article.

Revenons sur les dernières intentions de vote des cinq principaux instituts.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

Ifop : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le “rolling” de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) plaçait jusqu’à jeudi soir Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Dans la dernière livraison de ce baromètre, les deux favoris sont placés à égalité avec 27% des suffrages.

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré selon l’Ifop. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et, avec 16% des suffrages, possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 13% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-2 et dernières intentions de vote : l’ordre d’arrivée des deux favoris interroge

Nous sommes aujourd’hui le vendredi précédent le premier tour, dernier jour où la publication des sondages d”intentions de vote est possible. Tous les principaux instituts nous ont livré ce matin la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée hier et avant-hier (18 et 19 avril).

A trois jours du premier tour, l’ordre d’arrivée des deux favoris est plus incertain que jamais et les instituts donnent des résultats dont les tendances peuvent légèrement diverger, mais globalement comparables (cf. notamment le tableau récapitulatif en fin de cet article). L’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Passons en revue des dernières intentions de vote disponibles pour ce premier tour de scrutin.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le “rolling” de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) place Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Le candidat de l’UMP obtient 28% d’intentions de vote et devance donc François Hollande de deux points (26%).

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée. Néanmoins, l’Ifop prend à contrepied les tendances enregistrées par les autres instituts et ne montre ainsi aucune tendance à la baisse pour le président sortant. Il faut néanmoins rappeler, pour être tout à fait exact, que les dates de terrain diffèrent légèrement des autres études présentées ci dessous et réalisées les 18 et 19 avril : le terrain de l’Ifop s’étale en effet du 16 au 19 avril. La dernière vague d’enquête de l’Ifop sera présentée ce soir à 18h.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote. Le candidat du MoDem semble néanmoins voir se dessiner une légère progression ces derniers jours, mais nous l’avons vu, celle-ci n’est confirmée par aucun autre institut.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

 

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.