François Hollande débute son mandat avec une popularité limitée

Les sondages de popularité rythmeront le quinquennat de François Hollande, comme ils ont accompagné celui de Nicolas Sarkozy. Depuis l’élection du nouveau président de la République et la nomination du Premier ministre il y a trois mois, les mesures de popularité des différents instituts se succèdent.

Comme pour les sondages d’intentions de vote, il n’est pas toujours facile d’y voir clair dans l’historique de ces indicateurs, les mesures des différents instituts s’entremêlant avec leur évolution mensuelle respective. Dans le cas des baromètres de popularité, une difficulté vient s’ajouter, tenant à la nature même de l’indicateur. Si dans les sondages d’intentions de vote, tous les instituts mesurent la même chose (l’intention de vote), les baromètres de popularité apportent des indicateurs variés (confiance, satisfaction, image…) avec des échelles de réponses et des modes d’administration qui ne sont pas identiques, et donc parfois des chiffres assez différents.

Que nous disent ces différents indicateurs de la popularité du nouveau président ? Le tableau ci-dessous récapitule les dernières mesures de popularité de François Hollande (réalisées au cours du mois de juillet) et leur évolution par rapport au mois précédent :

Le président dispose donc de jugements favorables de la part d’une majorité des Français sur les trois types d’indicateurs :

  • Confiance (CSA et TNS Sofres) : les deux instituts donnent des mesures très proches (mais réalisées à trois semaines d’écart : début juillet pour TNS Sofres, fin du mois pour CSA). Les Français déclarant faire confiance à François Hollande sont majoritaires (54%-55%) tandis que quatre Français sur dix déclarent à l’inverse ne pas faire confiance au nouveau Président.
  • Satisfaction (Ifop) : 56% des Français se déclarent satisfaits de François Hollande comme président de la République, 44% insatisfaits. Le niveau de satisfaction apporté au président de la République rejoint donc le niveau de confiance, les résultats des deux indicateurs étant très proches.
  • Jugement sur l’action (Ipsos) : une majorité des Français (55%) juge favorablement l’action de François Hollande comme président tandis que 37% la considèrent défavorablement. Les résultats sont donc également similaires à ceux des deux autres types d’indicateurs s’agissant des jugements positifs. Les avis négatifs sont légèrement moins nombreux du fait d’une proportion plus importante de personnes ne se prononçant pas dans le baromètre Ipsos (qui peut tenir de la formulation de la question qui interroge sur « l’action » alors que celle-ci reste encore limitée après trois mois de fonction, mais aussi de l’administration du sondage – moins d’insistance de l’enquêteur pour que la personne interrogée se prononce ?).

Les dernières mesures réalisées (CSA et Ipsos) montrent une légère augmentation de la popularité de François Hollande, alors que ceux réalisés avant le 20 juillet confirmaient une chute progressive observée depuis le début du mandat (se traduisant avant tout par un renforcement des opinions négatives, plus que par une diminution des opinions positives, les personnes ne se prononçant pas en début de mandat s’étant davantage orientée vers un jugement négatif que positif).

Somme toute, les résultats obtenus par le président de la République sont globalement positifs, ce qui est assez naturel après une scrutin où une majorité électorale a voté pour lui. Néanmoins, et cela a été souligné à de nombreuses reprises, François Hollande ne jouit d’aucun « état de grâce ». Si son électorat lui apporte son soutien, le président n’arrive guère à convaincre au-delà de celui-ci. Ses résultats de popularité apparaissent donc en net retrait par rapport à celles qu’obtenait Nicolas Sarkozy en juillet 2007, comme le montre le tableau ci-après :

Alors que Nicolas Sarkozy pouvait se prévaloir du soutien des deux tiers des Français en juillet 2007, François Hollande recueille des scores de 10 points inférieurs, et ce, depuis son élection. Reste à savoir si ce socle plus restreint lui restera fidèle plus longtemps, Nicolas Sarkozy ayant perdu près de 30 points de satisfaction entre juillet 2007 et juillet 2008…

Dernières estimations des instituts pour la future assemblée

A un peu plus de 22h, voici les dernières estimations de la future Assemblée selon les trois instituts ayant conduit une opération électorale ce soir :

 

Au cours de la soirée, les estimations ont peu varié :

- EELV ne devrait pas obtenir les 20 députés annoncés à 20h mais de 17 à 19.

- A l’inverse, les résultats ont été revus à la hausse pour le Front national, l’extrême-droite devrait en effet obtenir trois députés (Jacques Bompard pour la Ligue du Sud et Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen pour le FN), soit en moyenne un de plus que le nombre annoncé à 20h.

- Les deux députés du MoDem sont confirmés.

- Le nombre de députés accordé aux deux grands partis varie peu : la variation maximale entre les estimations de 20h et de 22h étant de 2 sièges pour TNS Sofres et CSA ; Ipsos a davantage ajusté son estimation puisque cet institut accorde désormais 8 députés de plus à la gauche parlementaire et 7 de moins à la droite parlementaire.

- Enfin, les députés du centre-droit ne sont pas assurés de constituer un groupe, Ipsos leur accordant 14 sièges et TNS Sofres 15.

 

Si l’on s’intéresse aux différences entre les estimations des instituts, on remarquera que celles-ci sont assez minimes. CSA donne légèrement plus de députés pour la gauche et donc moins pour la droite que les autres instituts, et particulièrement que TNS Sofres. Remarquons également qu’Ipsos accorde 13 sièges au Front de gauche quand les autres instituts ne lui en donnent que 10. Enfin, TNS Sofres donne deux députés écologistes de moins dans la future Assemblée que CSA et Ipsos.

Les différentes estimations de 20h pour le second tour des élections législatives

Trois instituts ont réalisé des estimations ce soir pour le second tour des élections législatives. Elles diffèrent légèrement entre elles, en voici un récapitulatif :

Si les chiffres ne sont pas exactement les mêmes selon les instituts, toutes les estimations s’accordent sur les principaux résultats de ces élections :

- le PS dispose de la majorité absolue (289 sièges), ce qui pourra le dispenser du soutien d’Europe Ecologie Les Verts et du Front de gauche, voire même de ses alliés directs le PRG et le MRC.
- la droite parlementaire dispose d’un nombre de sièges qui correspond à celui obtenu par la gauche en 2007.
- EELV disposera d’un groupe à l’Assemblée nationale alors que le Front de gauche n’atteint pas le seuil des 15 députés. A droite, les centristes ne sont pas assurés de disposer d’un groupe (14 à 15 députés).
- le MoDem dispose d’une présence dans l’hémicycle (2 sièges), tout comme le Front national.

 

Les dernières estimations des instituts pour le premier tour des élections législatives

Ipsos et CSA ont affinés leurs estimations données à 20h. Les variations son assez faibles : le PS et l’UMP perdent tous deux environ 0,5% des suffrages, qui se reportent sur des plus petits partis : le Front national gagne de 0,3% à 0,5% des voix par rapport aux estimations de 20h, Europe Ecologie les Verts de 0,3% à 0,4%, et 0,2% pour le MoDem dans l’estimation d’Ipsos.

Voici en détail les résultats des différentes estimations (en suffrages exprimés) :

Seul Ipsos a modifié sa projection en siège suite à ces nouvelles estimations :

Les estimations à 20h des instituts pour les élections législatives

Les premières estimations donnent la gauche parlementaire en tête des élections législatives avec de l’ordre de 47% des voix (35% pour le PS, le PRG et les divers gauche, 5% pour EELV et 7% pour le Front de gauche). La droite parlementaire recueille environ 35% des voix selon ces mêmes premiers résultats. Le Front national réalise un score nettement inférieur à celui obtenu lors de l’élection présidentielle (environ 13,5%).

Voici en détail les estimations de 20h des différents instituts au niveau national (en % des suffrages exprimés) :

A ces résultats correspondent ces estimations en sièges (en fourchette) :

Ainsi, le PS pourrait obtenir la majorité absolue (qui s’établit à 289 sièges), tandis que la droite parlementaire peut espérer jusqu’à 260 sièges environ. EELV n’est pas assuré de pouvoir constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée (ce qui requiert 15 sièges). Le MoDem et le Front national n’ont pas la certitude de disposer de sièges au palais Bourbon.

 

 

Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage "jour du vote" de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.

Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :

Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.

Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.

En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.

Les estimations des instituts à 20h : justes à quelques décimales près…

Maintenant que les résultats réels sont connus, l’heure est à la confrontation des scores donnés par les instituts dans leurs estimations avec les résultats réels du vote.

Ci-dessous, figurent deux tableaux qui conduisent cette comparaison : le premier présente les estimations fournies à 20h et le deuxième les estimations affinées fournies plus tard dans la soirée (entre 21h et 22h) :

Les estimations des instituts à 20h étaient globalement justes à quelques décimales près. L’institut CSA est celui qui se rapprochait le plus du score final avec 51,8% pour François Hollande et 48,2% pour Nicolas Sarkozy, soit seulement 0,2 point d’écart. Ipsos et Harris interactive ont fourni les mêmes estimations avec 51,9% pour le candidat socialiste et 48,1% pour le président sortant, soit un écart de 0,3 point aux résultats réels. Enfin, TNS Sofres s’éloignait le plus du résultat final, avec 52% pour François Hollande et 48% pour Nicolas Sarkozy.

Ainsi, globalement, les estimations étaient très proches des résultats effectifs du scrutin. Tous les instituts ont surestimé de quelques décimales le score du candidat socialiste (et donc sous-estimé d’autant celui de son rival), mais l’écart est très faible.

En outre, au cours de la soirée, Harris interactive et Ipsos ont diffusé des résultats affinés qui collaient à 0,1 point près avec les résultats réels connus ce matin.

Second tour de la présidentielle : les différentes estimations à 20h

Les instituts de sondage produisant des estimations donnent tous des chiffres très proches à 20h, accordant entre 51,8% et 52,0% à François Hollande et 48,0% et 48,2% pour Nicolas Sarkozy.

Pour rappel, les estimations précédentes sont diffusés dans les médias suivants :

- TNS Sofres : TF1, LCI et RTL
- Ipsos : France télévisions, Radio France et Le Monde
- CSA : BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
- Harris interactive : M6

J-2 et dernières intentions de vote : l’ordre d’arrivée des deux favoris interroge

Nous sommes aujourd’hui le vendredi précédent le premier tour, dernier jour où la publication des sondages d"intentions de vote est possible. Tous les principaux instituts nous ont livré ce matin la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée hier et avant-hier (18 et 19 avril).

A trois jours du premier tour, l’ordre d’arrivée des deux favoris est plus incertain que jamais et les instituts donnent des résultats dont les tendances peuvent légèrement diverger, mais globalement comparables (cf. notamment le tableau récapitulatif en fin de cet article). L’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Passons en revue des dernières intentions de vote disponibles pour ce premier tour de scrutin.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) place Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Le candidat de l’UMP obtient 28% d’intentions de vote et devance donc François Hollande de deux points (26%).

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée. Néanmoins, l’Ifop prend à contrepied les tendances enregistrées par les autres instituts et ne montre ainsi aucune tendance à la baisse pour le président sortant. Il faut néanmoins rappeler, pour être tout à fait exact, que les dates de terrain diffèrent légèrement des autres études présentées ci dessous et réalisées les 18 et 19 avril : le terrain de l’Ifop s’étale en effet du 16 au 19 avril. La dernière vague d’enquête de l’Ifop sera présentée ce soir à 18h.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote. Le candidat du MoDem semble néanmoins voir se dessiner une légère progression ces derniers jours, mais nous l’avons vu, celle-ci n’est confirmée par aucun autre institut.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

 

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-6 : Hollande reprend-t-il la tête au premier tour ?

Dans ses intentions de vote quotidiennes (rolling), l’Ifop vient d’annoncer un nouveau croisement des courbes à moins d’une semaine du premier tour : François Hollande repasse symboliquement en tête devant Nicolas Sarkozy. CSA et TNS Sofres avaient annoncé un tel croisement en fin de semaine dernière. Le même jour, BVA avait également publié un sondage montrant que l’écart se recreusait au premier tour en faveur du candidat socialiste

On parle beaucoup ces derniers jours d’une montée de François Hollande. Qu’en est-il vraiment et que montrent les intentions de vote des instituts les plus relayés dans les médias ?

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes ce soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi matin, l’institut CSA a annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi dernier, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril (soit une semaine avant les précédentes),  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande repasse en tête, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, le candidat socialiste semble bien en progression au second tour, même si à l’heure actuelle, ceci n’est pas confirmé par tous les instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Trois instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.