Eva Joly dans les choux ?

La candidate d’Europe Ecologie – Les Verts fait pâle figure dans les sondages d’intentions de vote à trois mois du premier tour de la présidentielle. Critiquée dans son propre camp, décrite comme manquant de sens politique, peu audible sur la scène médiatique, Eva Joly peine à séduire les Français. Son image est-elle si catastrophique dans l’opinion publique ?

Eva Joly, faible dans les intentions de vote, après une perte de vitesse en décembre

Actuellement, les sondages d’intentions de vote accordent entre 2% et 4% d’intentions de vote à la candidate écologiste. Ce score place Eva Joly loin derrière le candidat socialiste, François Hollande, crédité de 28% à 30% des voix, alors même qu’EELV avait réussi à quasiment égaler le résultat du parti socialiste lors des élections européennes de 2009 (16,28% contre 16,48% pour le PS) et avait recueilli près de 12% des suffrages lors des élections régionales de 2010 (contre 29% pour le PS). Avec ce résultat, EELV, loin de venir concurrencer au parti socialiste le titre de première force de gauche, est même rétrogradé au troisième rang, derrière le Front de gauche emmené par Jean-Luc Mélenchon, qui recueille 8% ou 9% d’intentions de vote selon les derniers sondages. Par conséquent, chez Europe Ecologie – Les Verts, la candidate et la stratégie de campagne sont largement critiquées. Certaines voix, notamment celle de Daniel Cohn-Bendit, se sont fait entendre pour dire qu’EELV n’aurait pas du présenter de candidat à l’élection présidentielle, traditionnellement peu favorable aux écologistes, d’autant plus que le parti a conclu un accord de législature avec le parti socialiste. Un faible score d’Eva Joly à l’élection présidentielle pourrait affaiblir Europe Ecologie – Les Verts face au parti socialiste, et ce dernier pourrait être tenté de réviser l’accord en la défaveur de son allié écologiste.

Néanmoins, le score d’Eva Joly, pour faible qu’il soit, demeure supérieur à celui obtenu lors de la précédente élection présidentielle par Dominique Voynet (1,57%).

Si l’on observe l’évolution par rapport au début du mois d’octobre, date à laquelle l’offre électorale pour l’élection présidentielle s’est stabilisée, avec notamment le retrait de la candidature de Jean-Louis Borloo, il apparaît qu’Eva Joly a perdu une bonne partie des intentions de vote qui se portaient sur elle à l’époque. Ainsi, en octobre, la candidate était créditée au minimum de 3% des votes (CSA, 17 octobre) et au maximum de 6% (Ipsos, 28 et 29 octobre), des niveaux qui sont maintenus en novembre, pour chuter au mois de décembre, comme le montre le graphique ci-dessous, présentant toutes les mesures d’intentions de vote réalisées depuis début octobre. Au cours du dernier mois de l’année 2011, la candidate écologiste perd trois points dans les mesures d’Ipsos et de LH2 (de 6% à 3%), deux points chez OpinionWay (de 5% à 3%) et CSA (de 4% à 2%) et un point s’agissant de l’Ifop (de 4% à 3%). La tendance n’est pas présente dans le baromètre de BVA.

Ipsos, dans son baromètre « Présidoscopie » (1) analyse les mouvements entre les différents électorats. Cette étude nous apprend que la chute de trois points d’Eva Joly entre décembre et janvier se décompose entre des électeurs qui préfèrent désormais envisager l’abstention (1%) et ceux qui se tournent vers d’autres candidats (2%), de gauche et du centre : Jean-Luc Mélenchon (0,5%), François Hollande (1%) et François Bayrou (0,5%).

Une image peu favorable, qui s’effrite

Parmi tous les candidats à l’élection présidentielle, Eva Joly est celle, après Christine Boutin, qui bénéficie de la plus mauvaise image auprès des électeurs. Ainsi, aujourd’hui, seuls 21% des Français déclarent avoir une bonne opinion de la candidate d’EELV et 72% une mauvaise image. Avec près de trois quarts des électeurs qui font part d’une opinion négative à l’égard de la représentante d’Europe Ecologie, on peut parler d’un véritable rejet de l’opinion publique. Aucun candidat, (hormis Christine Boutin) ne recueille une aussi mauvaise image. Eva Joly parvient ainsi à être moins aimée que Marine Le Pen, la représentante d’une aile politique qui suscite traditionnellement des réactions très antipathiques. En outre, l’image de la candidate d’Europe Ecologie – Les Verts ne cesse de se dégrader et la candidate perd encore trois points par rapport au moins de décembre.

Eva Joly disposait pourtant d’une bonne image dans l’opinion avant son entrée en campagne pour l’élection présidentielle. Ainsi, par exemple, en avril 2011, 48% des Français déclaraient en avoir une bonne opinion et seulement 34% une mauvaise (17% ne connaissant alors pas assez Eva Joly pour se prononcer et 1% refusant de répondre) (2). Le solde d’image de la candidate était alors nettement positif (c’est-à-dire qu’il y avait davantage de personnes disposant d’une image positive que de personnes disposant d’une image négative d’Eva Joly). En six mois, la candidate perd près la moitié des opinions favorables qui sont portées sur elle, et surtout augmente considérablement le camp des personnes qui disposent d’une image négative de sa personne, par des prises de positions incomprises (proposition de supprimer le défilé militaire du 14 juillet), par une personnalité perçue comme froide et sévère, par le barrage relatif que peut constituer un accent prononcé et une naissance norvégienne dans certaines franges de la population, par un refus certain du jeu politicien (son refus de dire qu’elle appellerait à voter François Hollande au second tour avant de se raviser, son "éclipse" après la suppression d’un article de l’accord EELV-PS par François Hollande) et par un discours peu centré sur l’environnement, qui peut dérouter de la part de ce qu’attendent la plupart des électeurs d’une candidate écologiste.

Le graphique ci-dessous montre combien le désamour envers Eva Joly a très fortement augmenté depuis sa désignation comme candidate d’EELV à l’élection présidentielle.

En outre, ses prises de positions récentes sont souvent incomprises (ajout de deux nouveaux jours fériés pour les juifs et les musulmans, accord de désistement incluant François Bayrou…) alors qu’elle reste peu audible sur les sujets préoccupant le plus les Français (chômage, dette, pouvoir d’achat, retraites), ce qui ne lui permet de remonter ni en termes d’image, ni en termes d’intentions de vote. La candidate ne parvient pas à redresser la barre : entre décembre et janvier, 73% des Français déclarent que les actions et déclarations d’Eva Joly leur ont déplu, le score le plus élevé parmi les principaux candidats. A titre de comparaison, Marine Le Pen, malgré la controverse qu’elle peut susciter, déplaît à 56% des personnes interrogées lors de la même période, et le candidat le plus en faveur François Bayrou, à seulement 33% d’entre eux.

Dans le détail, en termes d’image, quel que soit l’aspect testé, Eva Joly apparaît généralement en net retrait par rapport aux autres candidats à l’élection présidentielle. Aucune qualité reconnue à la candidate ne lui permet d’acquérir du crédit et de combler des points plus faibles. A la fois sur ses compétences et sa personnalité, Eva Joly est plus mal jugée que les autres candidats. En outre, aucun point n’est épargné par la détérioration continue de son image depuis l’automne.

Son atypisme explique sans doute en partie son plus grand handicap : sa iincapacité perçue à endosser l’habit présidentiel : seuls 9% des Français estiment qu’elle a la stature d’une présidente de la République (1). Ce chiffre se comprend également au regard de la faible compétence attribuée à la candidate : seuls 22% des Français estiment qu’Eva Joly est compétente. Ces deux scores sont les plus faibles, et de loin, parmi ceux obtenus par les principaux candidats à l’élection (François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon).

Concernant la proximité avec les Français, Eva Joly obtient également le score le plus faible par rapport à ses adversaires, seuls 22% des Français estimant qu’elle comprend les problèmes des gens comme eux, un résultat assez semblable à celui de Nicolas Sarkozy (24%) mais près de 20 points inférieur à celui des autres candidats.

Enfin, autre facteur de rejet de la candidate dans l’opinion : sa personnalité. Seuls 25% des Français la trouvent sympathique et 28% dynamique (là encore, les plus faibles scores enregistrés comparativement aux autres principaux candidats). Pire, 37% déclarent qu’Eva Joly les inquiète, un score important pour une affirmation aussi forte (même si Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen suscitent nettement plus d’appréhension dans l’électorat).

Pour autant, la personnalité hors norme de la candidate possède une capacité de séduction, mais celle-ci ne joue qu’auprès du noyau restreint des électeurs écologistes "purs et durs". N’oublions d’ailleurs pas qu’Eva Joly a largement remporté les primaires auprès des militants et coopérateurs d’Europe Ecologie – Les Verts face à Nicolas Hulot. Parmi les 3% des Français déclarant avoir l’intention de voter pour elle à la prochaine élection présidentielle en janvier, 43% citent sa personnalité comme motivation à ce choix, un score plus élevé que pour n’importe lequel des autres principaux candidats (25% en moyenne). La première motivation de ses électeurs demeure néanmoins ses propositions et ses idées  (78%), un résultat également significativement plus élevé que la moyenne (64%), que seul Jean-Luc Mélenchon égale (79%). Ainsi, auprès du noyau dur de l’électorat d’Eva Joly, le programme d’EELV séduit, ce qui est bien naturel, mais la personnalité de la candidate très largement également, et cette personnalité joue plus que pour les autres candidats, démontrant ainsi que si l’atypisme d’Eva Joly est un handicap certain auprès de l’électorat dans son ensemble, la candidate reste en phase avec les attentes des écologistes les plus convaincus.

Revenons à l’image de la candidate auprès de l’ensemble des électeurs et considérons maintenant la capacité perçue de la candidate à offrir des solutions efficaces aux problèmes qui se présentent au pays. Et là, Eva Joly ne fait pas le poids non plus aux yeux des électeurs. Comparativement aux autres candidats, sa crédibilité n’est reconnue dans aucun des domaines testés (capacité à comprendre les problèmes du quotidien, chômage, pouvoir d’achat, éducation, immigration, dette publique). Eva Joly arrive systématiquement en dernière place quand il s’agit de désigner le candidat le plus apte à apporter des réponses à ces enjeux (3).

Si l’on s’attache désormais aux points forts, ou plutôt aux points les moins faibles de la candidate, ceux-ci sont relatifs d’abord à son engagement : une majorité des Français (59%) estime qu’Eva Joly a des convictions. Ce score majoritaire est néanmoins à relativiser, puisqu’il s’agit du plus faible de ceux obtenus par les principaux candidats. Par ailleurs, près d’un Français sur deux la juge sincère (46%), un score dans la moyenne des candidats. Enfin, 49% des Français la trouvent honnête, ce qui constitue là encore une performance plutôt moyenne comparativement aux autres prétendants à l’Elysée et alors qu’Eva Joly peut se prévaloir de son statut d’ancienne juge d’instruction.

Conclusion : Un contexte de crise peu favorable aux écologistes ?

Il est souvent dit que le contexte de crise économique, qui met au premier plan des préoccupations des Français le chômage et le pouvoir d’achat, est peu favorable au vote écologiste. Et en effet, les sujets environnementaux, qui demeurent ceux où les écologistes sont les plus crédibles et les plus entendus, sont relégués au deuxième plan, voire au troisième, des attentes des Français. Ainsi, un sondage OpinionWay (4) démontre bien que l’environnement ne tient qu’une place faible dans les préoccupations des électeurs. Avec 10% de mentions, il est loin derrière les sujets économiques et sociaux : l’emploi (46%), la protection sociale (44%), le pouvoir d’achat (42%), la dette publique (33%), les inégalités sociales (24%). L’environnement est également jugé moins important que l’éducation (18%), l’immigration (17%) et la sécurité (17%).

L’environnement n’est donc clairement pas un enjeu de la campagne actuelle, malgré les nombreux débats sur le nucléaire, sauf pour l’électorat écologiste traditionnel. En effet, les sympathisants d’Europe Ecologie – Les Verts déclarent majoritairement (55%) que l’environnement comptera pour eux au moment du choix à l’élection. Mais, même si cet enjeu reste le premier cité par les sympathisants du parti écologiste, il reste que 45% d’entre eux ne mentionnent pas ce sujet central pour l’écologie politique, signe évident de la faible présence de cette problématique au sein de la campagne électorale. Et si EELV porte évidemment un projet au-delà des questions environnementales, c’est toujours sur ces sujets que la candidate d’Europe Ecologie – Les Verts reste la plus crédible et la plus audible auprès de l’ensemble de la population.

Néanmoins, si le contexte n’est pas favorable à l’écologie politique et si l’élection présidentielle n’a jamais été le rendez-vous électoral le plus réussi des écologistes (Noël Mamère ayant obtenu le meilleur score en 2002 avec 5,25% des suffrages), Eva Joly souffre d’une image très négative au sein de l’opinion, qui révèle un véritable rejet de la candidate, de sa personnalité et de ses compétences. En outre, cette image négative ne fait que progresser et il semble désormais très compliqué pour la candidate d’inverser la tendance et de pouvoir espérer faire un score important au premier tour de l’élection présidentielle. Ceci posera naturellement dans un avenir proche la question de la place des écologistes au sein de la gauche. En outre, la faiblesse d’EELV et la quasi-absence des sujets environnementaux de la campagne présidentielle posent plus globalement une interrogation sur la place de l’écologie dans le débat politique français en temps de crise économique.

(1) Sondage Ipsos pour Le Monde, le CEVIPOF, la Fondapol et la Fondation Jean Jaurès, réalisé par internet du 12 au 23 janvier 2012 auprès d’un échantillon de 4910 personnes inscrites sur les listes électorales constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

(2) Sondage Ifop pour Paris Match, réalisé par téléphone les 7 et 8 avril 2011, auprès d’un échantillon  de 957 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

(3) Sondage CSA pour BFM TV, 20 minutes et RMC, réalisé par téléphone les 12 et 13 décembre 2011, auprès d’un échantillon de 1006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont ont été extraites 859 personnes inscrites sur les listes électorales en France.

(4) Sondage OpinionWay et Fiducial pour Le Figaro et LCI, réalisé par internet du 23 au 25 janvier 2012 auprès d’un échantillon de 1087 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1206 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Evolution des intentions de vote d’octobre à aujourd’hui

Depuis l’année dernière, les instituts de sondages multiplient les mesures d’intentions de vote pour l’élection présidentielle à venir. Dans les médias, la vision offerte de ces baromètres est souvent parcellaire, en se limitant au derniers résultats avec les évolution par rapport à la précédente enquête. Or, il est également précieux d’analyser les tendances qui se dégagent après plusieurs mesures.

Pour cet article, nous nous appuierons sur les intentions de vote de l’intention BVA, puisque c’est cet institut qui nous offre la mesure la plus récente. Les différents instituts donnent des résultats relativement proches mais nous jugeons préférable de ne pas dresser d’évolutions entre des intentions de vote provenant de plusieurs instituts de sondage, ceux-ci utilisant parfois des méthodologies différentes. Nous tenons ensuite à préciser que si des mesures antérieures à octobre existent, elles ne sont ici pas prises en compte, l’offre politique étant alors très incertaine. Depuis cette date, les instituts utilisent une liste de candidats stable. Auparavant, par exemple, était testé Jean-Louis Borloo, dont la présence à un niveau de l’ordre de 5% peut influer de manière non négligeable sur les scores de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre de l’Ecologie a retiré sa candidature au début du mois d’octobre. A l’inverse, d’autres petits candidats n’étaient pas encore testés, et bien que leur poids reste marginal, l’addition des voix qui se reporte sur eux peut faire varier à la baisse le score des "gros" candidats, surtout à droite et au centre (Christine Boutin, Corinne Lepage, Frédéric Nihous, Hervé Morin, Nicolas Dupont Aignan, Jean-Pierre Chevènement).

Les intentions pour François Hollande au plus bas en janvier, bien qu’il reste largement en tête

Juste après sa désignation aux primaires socialistes, François Hollande plafonne dans les intentions de vote en recueillant 39% des suffrages selon BVA. Il devance alors le chef de l’Etat, qui arrive en deuxième position, de 16 points. Puis, les intentions de vote pour le candidat du PS diminuent assez régulièrement et atteignent leur plus bas niveau au début du mois de janvier (28%). La dernière vague du baromètre, mi-janvier, montre une légère progression (+2 points), qui reste à confirmer par les études à venir. L’impact du discours du Bourget devra notamment être analysé.

Malgré une perte de l’ordre de dix points en deux mois, François Hollande demeure largement en tête des intentions de vote du premier tour, avec 7 points d’avance sur Nicolas Sarkozy. En outre, cette diminution doit être relativisée par ce qu’on peut désigner comme "l’effet primaires". Avec le processus de désignation, le candidat Hollande a effectivement bénéficié d’un fort éclairage médiatique. De plus, le succès du processus même des primaires ouvertes à l’ensemble des électeurs de gauche a également sans doute rejailli en partie sur le candidat. La diminution des scores du candidat après cette séquence apparaissent plus comme un rééquilibrage que comme une véritable désaffection à  son égard.

Il est intéressant de noter que ce qui a été présenté comme des "cafouillages" à répétition, notamment autour de l’accord EELV-PS, du quotient familial ou des 60 000 postes d’enseignants, semble ne pas avoir eu d’influence sur les scores du candidat.

Les intentions de vote à venir devront être scrutées avec la plus grande attention, le candidat entrant en effet dans une phase décisive de sa campagne avec la présentation de son programme complet à la fin de semaine, après l’annonce de certaines mesures lors de son discours au Bourget hier.

Une grande stabilité dans les intentions de vote de Nicolas Sarkozy

Sur la longue période, les intentions de vote pour le président sortant varient peu, avec une amplitude constatée de 4 points. Après avoir progressé d’octobre à novembre, en passant de 23% à 27%, il se maintient depuis à un score d’environ 24% avec néanmoins une tendance qui semble être à la diminution. Cette stabilité se traduit notamment par un écart stable avec Marine Le Pen (4 points début octobre, 5 points mi-janvier).

Le Président de la République n’a pas bénéficié de la forte séquence européenne de la fin de l’année qui a débouché sur un accord le 9 décembre dernier. L’annonce d’un deuxième plan de rigueur début novembre semble avoir joué légèrement en sa faveur (il atteint son plus haut niveau, 27% dans la mesure de mi-novembre), mais cet effet a été très vite dissipé, les intentions de vote retrouvant leur niveau d’avant l’annonce des mesures dès début décembre.

Le socle électoral de Nicolas Sarkozy résiste largement à l’ascension continue de François Bayrou depuis novembre. En outre, le président profite de la diminution des intentions de vote pour le candidat socialiste, bien que l’écart atteigne toujours 7 points lors de la dernière enquête. Il demeure pour autant loin des 31% des voix qu’il avait obtenues en 2007 lors du premier tour.

Un socle solide qui se maintient pour Marine Le Pen

Depuis octobre dernier, Marine Le Pen jouit d’un score stable (amplitude de 2 points) à un haut niveau (18% en moyenne), comme si sa campagne ou les événements extérieurs n’avaient pas d’influence sur son socle électoral. Elle demeure à la troisième place sans parvenir à se rapprocher du couple en tête. Ce niveau d’intention de vote demeure exceptionnel pour la candidate du Front national, bien au-delà du score obtenu par son père en 2007.

François Bayrou, une percée flagrante

En deux mois, François Bayrou double son score auprès des électeurs, en passant de 7% d’intentions de vote à la mi-novembre à 13% à la mi-janvier. Il s’agit sans doute de l’évolution la plus intéressante en ce début de campagne. Les prochaines enquêtes permettront de savoir si ce mouvement se poursuivra et si le candidat centriste parvient encore à élargir son audience. La marge de progression jusqu’à son score réel en 2007 (18,56%) reste forte.

Jean-Luc Mélenchon, une faible progression

La tendance est également à la hausse pour Jean-Luc Mélenchon, mais de manière plus modeste. En octobre et novembre, le candidat du Front de gauche obtient de 5% à 6% d’intentions de vote : en décembre et janvier de 7% à 8%. Seul candidat de l’extrême-gauche à arriver à percer dans les études d’opinion, Jean-Luc Mélenchon reste néanmoins loin des scores qu’a pu obtenir la gauche radicale lors de l’élection présidentielle de 2002.

La candidature d’Eva Joly ne décolle pas

Depuis octobre, la candidat d’Europe Ecologie – les Verts reste relativement stable dans ces enquêtes d’intentions de vote, avec un score autour de 4%. Traditionnellement peu performants aux élections présidentielles (Dominique Voynet avait obtenu 1,57% des voix en 2007), les écologistes sont très loin des scores obtenus lors des dernières élections (régionales et européennes).

Les intentions de vote de BVA sont disponibles sur le site internet de l’institut www.bva.fr.