La cote de popularité de François Hollande repart à la hausse

Après des mois de chute puis de stagnation, la cote de popularité du chef de l’Etat amorce une remontée dans le dernier sondage Ifop/Paris Match (terrain les 31 janvier et 1er février). 43% des Français approuvent désormais l’action du chef de l’Etat, soit une augmentation de 6 points par rapport au mois précédent. Néanmoins, la part des opinions négatives reste toujours plus forte (57%).

Cote de popularité de François Hollande (Ifop / Paris Match)

Cote de popularité de François Hollande (Ifop / Paris Match)

Cette embellie est significative. Néanmoins, elle n’a pas été relevée dans tous les autres baromètres de popularité à ce jour. Parmi les deux réalisés ces derniers jours, l’augmentation est visible dans l’un, et pas dans l’autre (mais les questions ont des formulations différentes) :

- dans le dernier baromètre TNS Sofres, réalisé du 24 au 28 janvier, la cote de confiance de François Hollande stagne (35% de confiants) depuis novembre dernier.

- dans le baromètre BVA (24-25 janvier), l’amélioration de l’image du président est sensible : 44% des Français déclarent avoir une bonne opinion de François Hollande en tant que président de la République, soit une hausse de 4 points par rapport au mois de décembre.

Comment expliquer cette hausse ?

Le conflit engagé au Mali constitue la première explication avancée partout pour expliquer cette hausse de la popularité de François Hollande. Le baromètre Ifop/Paris Match, qui détaille l’évolution de différents aspects d’image montre bien cet effet de l’engagement des forces armées sur le continent africain. Parmi toutes les dimensions testées, seul l’item "défend bien les intérêts de la France à l’étranger" progresse, et de manière très notable (+9 points) :

Evolution des traits d'image de François Hollande

Evolution des traits d’image de François Hollande

Sur les autres dimensions, l’image de François Hollande reste inchangée et parfois sévère, surtout concernant la politique économique.

Qui François Hollande reconquiert-il ?

Le gain de popularité de François Hollande ne concerne que certaines catégories de population. Ainsi, alors qu’il gagne 6 points dans l’ensemble de la population, il n’en gagne aucun parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy au premier tour (7% d’approbation) ou chez les électeurs de Marine Le Pen (10%, -2 points). Il reconquiert une partie du centre (43%, +12 points parmi les électeurs de François Bayrou) et de sa gauche (56%, +13 points parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon). Sur son cœur d’électorat, l’effet est nul. Il faut dire que ses électeurs de premier tour le soutiennent toujours massivement (85%, -1 point).

Les catégories modestes et François Hollande : une défiance qui s’accroît

François Hollande connaît une chute significative de sa popularité depuis son élection. Cette chute cache des disparités fortes selon les catégories de population. Si l’on s’intéresse aux plus modestes d’entre elles, qui ont largement contribué à l’élection du président de la République (en votant pour lui à 60% au second tour selon un sondage CSA*), il apparaît que le désamour est plus rapide parmi les employés et les ouvriers que dans d’autres catégories de la population.

Selon le baromètre politique de TNS Sofres, en septembre, 50% des Français déclarent faire confiance à François Hollande pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement, soit un recul de cinq points par rapport au mois de juin. Auprès des catégories populaires, ce recul est nettement plus marqué, comme le montrent les graphiques ci-dessous, qui retracent l’évolution de la confiance accordée au président spécifiquement parmi les ouvriers (premier graphique) et les employés (second graphique). Les traits en pointillés rappellent l’évolution chez l’ensemble de la population française.

 

Evolution de la confiance de ouvriers à l’égard de François Hollande (TNS Sofres)

Evolution de la confiance de employés à l’égard de François Hollande (TNS Sofres)

 

Encore aujourd’hui, les catégories modestes accordent davantage leur confiance à François Hollande que l’ensemble de la population (52% des ouvriers et 56% des employés contre 50% en moyenne), ce qui n’apparaît pas aberrant puisque ces populations ont davantage voté pour le président que la moyenne. Néanmoins, leur confiance s’érode plus vite que celle de l’ensemble des Français. Accordant un très fort soutien à François Hollande en son début de mandat, en juin, la diminution des "confiants" parmi les ouvriers s’établit à -11 points, contre -5 points dans la population totale. Parmi les employés, le recul est légèrement plus faible mais toujours bien supérieur à ce qui prévaut parmi l’ensemble de la population (-9 points).

L’évolution apparaît encore tout aussi flagrante quand on s’intéresse à la proportion de personnes déclarant ne pas avoir confiance dans le président de la République. Entre juin et septembre, elle passe de 31% à 44% parmi les ouvriers (soit +13 points) et de 26% à 39% parmi les employés (+13 points également). Parmi l’ensemble de la population, la progression est de +8 points (de 37% à 45%).

Ainsi, très majoritairement confiantes à l’égard du nouveau président en juin, les catégories modestes ont depuis nettement modifié leur jugement, marquant une déception vis-à-vis des premiers mois de la présidence de François Hollande plus forte que la moyenne. A l’aune des premières mesures du gouvernement, elles retirent plus massivement la confiance qu’elles accordent au président pour mener une bonne politique à l’avenir.

 

Les indicateurs de popularité des autres instituts confirment cette tendance. Ainsi, CSA, qui mesure également la confiance à l’égard du chef de l’Etat, mais a réalisé sa mesure deux semaines après celle de TNS Sofres, semble montrer que cette évolution est même en train de s’accentuer chez les ouvriers (alors que la confiance ne diminue que très légèrement parmi les employés). Dans leur dernière enquête, seuls 35% des ouvriers se déclarent confiants à l’égard de François Hollande, soit 8 points de moins que la moyenne nationale, et surtout un recul de 21 points par rapport à leur précédente enquête conduite fin août.

 

Quand on s’intéresse à l’indicateur de l’Ifop, qui mesure une notion un peu différente, l’approbation à l’égard de l’action, si la chute est forte, les catégories modestes ne se distinguent pas par un plus fort pessimisme. Ainsi, 44% des ouvriers déclarent approuver l’action de François Hollande (-11 points par rapport à juin) et 46% des employés (-18 points). Parmi l’ensemble de la population, la chute est aussi sévère (-16 points), l’approbation passant de 63% à 47%.

Les ouvriers apparaissent donc même moins déçus, la diminution de l’approbation étant moins rapide chez eux (mais elle était plus faible au départ : 55% contre 63% en moyenne en juin). Ce résultat n’est pas contradictoire avec une chute de la confiance envers le président de la République plus ancrée chez les catégories modestes mesurée par les autres instituts. Il faut en effet bien faire la différence entre ces deux indicateurs, la confiance étant orientée vers le futur de l’action gouvernementale, tandis que l’approbation de l’action est davantage tournée vers le bilan des politiques déjà mises en œuvre. Ce qu’il faut retirer de tous ces résultats, c’est que les catégories populaires approuvent moins aujourd’hui la politique gouvernementale, marquant bien une déception qui s’accroît à l’égard de la politique menée, mais pas plus forte que les autres catégories de population. Cependant, elles font montre de plus en plus de pessimisme sur l’action future du gouvernement. Les mesures gouvernementales, parfois insuffisantes et "mieux que rien" ne les satisfont pas plus pas moins que les autres, mais leur espoir que la politique à venir améliore la situation sur le long terme s’efface plus vite, semblant augurer une défiance plus forte à l’égard du pouvoir. Ce ressort est particulièrement fort chez les ouvriers et doit se comprendre au regard d’un plus grand scepticisme à l’égard du politique en général, qui se traduit notamment par une plus forte propension à se tourner vers le vote frontiste.

 

Ce pessimisme des ouvriers envers l’action du pouvoir socialiste est flagrant quand on regarde la confiance qu’ils accordent aux promesses faites par le président de la République lors de sa dernière intervention télévisée. Bien que la défiance l’emporte chez l’ensemble des Français, elle est encore plus importante parmi les ouvriers, confirmant le diagnostic de leur retour plus brutal à un fort pessimisme, qui caractérise cette frange de la population. Seuls 29% d’entre eux considèrent que les déficits seront réduits d’ici 2013 (39% de l’ensemble de la population), 30% que les chiffres de l’emploi seront meilleurs dans deux ans (contre 40%), 30% que leur situation personnelle se sera améliorée à l’issue de ces deux années (contre 36%) et 34% la situation du pays (contre 41%)**.

 

* "Le vote auprès des catégories populaires" : sondage CSA pour l’Humanité réalisé par internet le 6 mai 2012 auprès d’un échantillon de 797 personnes issues des "catégories populaires" (ouvriers et employés, en activité ou retraités), issu d’un échantillon de 2612 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

** "L’observatoire politique Septembre 2012" : sondage CSA pour Les Echos réalisé par téléphone les 11 et 12 septembre 2012 auprès d’un échantillon de 1013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Une exceptionnelle chute de popularité de l’exécutif ?

Chaque nouveau sondage de popularité semble annoncer une nouvelle diminution des cotes de l’exécutif et les médias se font largement l’écho du désamour grandissant entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault d’une part, et l’opinion publique d’autre part. Après être passé il y a quelques semaines sous le seuil symbolique des 50% de popularité, l’exécutif enchaîne des sondages où les avis négatifs l’emportent sur les positifs.

 

Cette faible popularité est particulièrement flagrante pour François Hollande. Comparé, comme il est naturel, avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président socialiste apparaît à la traîne dans les études d’opinion. Les principaux indicateurs que nous reprenons ci-dessous montrent que François Hollande accuse de 10 à 15 points d’écart avec son prédécesseur à la même période. Comme nous l’avions noté dans l’un de nos articles précédents, cet écart existait déjà en début de mandat. Ainsi, en juillet, il était environ de 10 points.

Cette comparaison fait apparaître que la chute de popularité de l’exécutif dans les premiers mois d’exercice n’est pas une spécificité du nouvel exécutif. Nicolas Sarkozy et François Fillon l’avaient également connue en 2007. Celle de François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne semble pas forcément bien plus forte, mais il est remarquable que celle-ci intervienne alors même que l’exécutif disposait dès le départ d’une moins grande confiance de l’opinion publique.

Récapitulatif des principaux indicateurs de popularité de François Hollande
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NB : On pourra s’étonner que les deux indicateurs de "confiance" (CSA et TNS Sofres) présentent des résultats significativement différents. Il faut noter que les deux instituts ont effectué leurs mesures à deux semaines d’intervalle (fin août pour TNS Sofres, mi-septembre pour CSA) dans un contexte de chute de popularité de l’exécutif  soutenue.

Tous les indicateurs de popularité (confiance, jugement sur l’action ou opinion) sont clairement orientés à la baisse, et celle-ci apparaît particulièrement forte en cette rentrée. L’intervention télévisée de François Hollande sur TF1, où il a rappelé les actions entreprises par le gouvernement et précisé le calendrier des mesures, ne semble, pour l’heure, n’avoir aucun effet de ralentissement sur l’érosion des courbes. Ainsi, CSA, seul institut ayant réalisé son sondage après cette intervention, annonce toujours un résultat en diminution pour l’exécutif.

Pour autant, la comparaison avec les premiers sondages de popularité relativise l’idée d’une diminution de popularité forte et continue (juin a été choisi comme premier point de comparaison, tous les instituts n’ayant pas réalisé de mesure dès mai). Celle-ci montre que l’érosion de rentrée a été exceptionnellement plus forte que celle des premiers mois (hormis pour l’approbation de l’action de l’Ifop). Les cotes de popularité du nouvel exécutif n’avaient encore jamais enregistré de chute de l’ordre de six à 11 points, comme celle observée à la fin de l’été. Certains sondages avaient même montré une embellie de quelques points en juillet. Cette forte diminution quelques mois après la prise de fonction semble bien indiquer que de nombreux Français qui résidaient dans une position favorable et attentiste à l’égard du nouveau pouvoir élu, ont basculé dans l’insatisfaction.

 

Les indicateurs de Jean-Marc apportent globalement les mêmes enseignements.

Récapitulatif des principaux indicateurs de popularité de Jean-Marc Ayrault
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Quelques différences doivent néanmoins êtres soulignées :

- la comparaison avec François Fillon est moins offensante que celle entre les deux présidents. Si dans l’indicateur de confiance de CSA, Jean-Marc Ayrault marque la pas par rapport au précédent occupant de l’hôtel de Matignon, l’écart est bien moins grand que celui qui prévaut entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, notamment concernant les indicateurs orientés sur l’action. L’approbation de l’action mesurée par l’Ifop montre même que Jean-Marc Ayrault bénéficie d’un meilleur score que François Fillon à la même époque en 2007. Ceci ne s’explique pas tant par une performance supérieure du Premier ministre sur le président de la République dans les indicateurs d’opinion (hormis concernant l’approbation sur l’action une fois encore), mais par le fait que François Fillon disposait d’une popularité plus faible que celle de son président en début de mandat.

- Jean-Marc Ayrault se distingue par une très forte cote d’opinion (question posée : "Pour chacune des personnalités suivantes, dites-moi si vous en avez une excellente opinion, une bonne opinion, une mauvaise opinion, une très mauvaise opinion ou si vous ne la connaissez pas suffisamment ?") ; les deux tiers des Français déclarent avoir une opinion positive du Premier ministre. Si cet indicateur est également le meilleur dont jouit François Hollande, le président (60%) apparaît moins apprécié que son discret Premier ministre. De la même manière, l’approbation de l’action du Premier ministre (56%) est significativement plus élevée que celle du président (47%). Sur les autres indicateurs, les résultats des deux hommes se tiennent. Nous sommes tentés de voir ici un biais méthodologique propre au faible taux de réponse obtenu par l’Ifop (certainement du à des "relances" plus intensives de la part des enquêteurs auprès des personnes interrogées par cet institut). En effet, les indicateurs des autres instituts ne donnent à voir aucune différence significative entre les deux têtes de l’exécutif pour l’instant mais un bien plus fort taux de non-réponses concernant Jean-Marc Ayrault. Tout se passe comme si les personnes au jugement encore faiblement formé sur Jean-Marc Ayrault – encore assez nombreuses vu sa faible popularité à sa nomination et sa relative discrétion médiatique -, plus fortement incitées à répondre par l’Ifop, lui accordaient un a priori positif.

 

En conclusion, la baisse de popularité de l’exécutif si commentée n’apparaît pas si surprenante dans le sens où Nicolas Sarkozy et François Fillon avant eux avaient connu une chute conséquente dans leur popularité dans leurs premiers mois d’exercice du pouvoir (et encore avant eux Jacques Chirac et Alain Juppé en 1995). Ce qui apparaît le plus étonnant est sans doute l’assez faible soutien dont est l’objet l’exécutif à peine élu. Ainsi, pour s’en tenir au président de la République, la première mesure de TNS Sofres montre que seuls 55% des Français faisaient confiance à François Hollande quelques jours après son élection. Ce score est l’un des plus faibles enregistrés pour un nouveau président. Si Jacques Chirac quand il a été réélu en 2002 face à Jean-Marie Le Pen affichait un score plus faible (50%), François Hollande apparaît loin des 63% de Nicolas Sarkozy, des 64% de Jacques Chirac en 1995 et surtout des 74% de François Mitterrand en 1981 (et 63% en 1988). C’est fatalement ces quelques points de moins au départ qui assurent à François Hollande des chiffres aussi défavorables quatre mois après sa présidence, et pas une inédite et fulgurante baisse de popularité de l’exécutif.

L’analyse sociologique du vote au second tour : selon l’âge et le sexe

Les résultats définitifs du second tour sont désormais connus : 51,62% pour François Hollande et 48,38% pour Nicolas Sarkozy. Sous ce résultat d’ensemble, des disparités fortes se cachent selon les catégories de population. Comment les Français ont-ils voté au second tour selon leurs caractéristiques socio-démographiques ?

Le vote selon l’âge : plus complexe que la formule "les jeunes pour Hollande, les plus âgés pour Sarkozy"

L’âge apparaît comme un facteur assez discriminant lors du vote. Il est d’ailleurs bien établi en sociologie électorale que les jeunes sont davantage portés à voter à gauche, tandis que les personnes les plus âgées tendent plus vers la droite. Néanmoins, l’analyse du vote lors de ce second tour apporte des nuances importante à l’idée que plus on serait âge, plus on voterait à droite.

Vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon les tranches d’âge (sondage OpinionWay)

Comme le montre ce graphique, les Français les plus jeunes votent largement plus que la moyenne pour François Hollande (59% contre 51,62% chez l’ensemble de la population), néanmoins, les 50-59 ans ont tout autant voire légèrement davantage voté pour le candidat socialiste (60%). Faut-il y percevoir un vote catégoriel pour l’avenir des retraites de la part de ceux qui vont y entrer dans les prochaines années ?

Hormis cette classe d’âge, la règle "plus on est âgé, plus on vote à droite" est respectée. Les Français âgés de plus de 60 ans votent majoritairement pour le candidat de l’UMP (54%), et le sondage OpinonWay sur lequel nous appuyons notre analyse montre également que Nicolas Sarkozy arrive à l’emporter chez les 35-49 ans (51%). Quant aux 25-34 ans, ils votent majoritairement pour François Hollande (55%).

Le vote selon le sexe : plus de différence entre les hommes et les femmes ?

Alors que les enseignements de la sociologie politique traditionnels montrent que les femmes sont légèrement plus portées à droite que la moyenne, le sondage OpinionWay réalisé le jour du vote montre que cette différence n’est plus prégnante pour le second tour de l’élection présidentielle de 2012 : hommes et femmes ont voté dans les mêmes proportions pour les deux candidats.

Vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon les tranches d’âge (sondage OpinionWay)

Le vote des femmes perdrait-il de sa spécificité et l’émancipation féminine gommerait-elle enfin son faible penchant conservateur ? Il convient de ne pas tirer trop vite cette conclusion. Cette absence de différence entre les sexes lors du scrutin, étonnante au regard des constats dressés lors des élections précédentes, n’est confirmée par aucune autre étude de sociologie de l’électorat à ce jour. Les autres instituts de sondage relèvent une légère prime au candidat de l’UMP parmi les femmes. Ainsi, selon CSA, 50% d’entre elles auraient voté pour le candidat sortant, 49% pour TNS Sofres et l’Ifop.

 

Sondage OpinionWay pour le Figaro, réalisé par internet le 6 mai 2012 auprès d’un échantillon de 9582 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales, ayant voté au second tour de l’élection présidentielle.
Parmi les nombreux sondages d’analyse d’électorat du second tour conduits, nous avons préféré celui d’OpinionWay car il offre la plus grande taille d’échantillon, et semble donc le plus fiable pour conduire une analyse par sous-catégories.

Les autres études mentionnées dans cet article sont les suivantes :

- TNS Sofres en partenariat avec Sopra Group pour Sciences Po Bordeaux, Grenoble et Paris : étude réalisée le 6 mai par téléphone auprès d’un échantillon de  1521 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.
- CSA pour BFM TV, 20 minutes et RMC : étude réalisée le 6 mai par internet auprès d’un échantillon de  2612 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.
- Ifop en partenariat avec Fiducial pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat : étude réalisée le 6 mai par internet auprès d’un échantillon de  1968 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus inscrite sur les listes électorales.


Resserrement des courbes au second tour mais Hollande toujours nettement en tête

Aujourd’hui paraissent les derniers sondages d’intention de vote avant la période d’interdiction de ceux-ci. Tous, sans exception, montrent un resserrement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Voici un récapitulatif des derniers sondages parus avant le second tour (clic pour agrandir) :


Ainsi, en moyenne, les instituts donnent le rapport de force suivant : 53% pour François Hollande et 47% pour Nicolas Sarkozy. Les scores varient très peu entre les différents instituts : entre 52% et 53,3% pour le candidat socialiste et entre 46,5% et 48% pour le président sortant.

La tendance sur ces derniers jours montre que l’avance du candidat socialiste s’effrite légèrement :  le 1er mai, la moyenne des derniers sondages publiés donnait 54% pour François Hollande et 46% Nicolas Sarkozy. En quelques jours, l’écart s’est donc resserré de deux points entre les deux candidats. Faut-il pour autant en déduire que tout est possible et que Nicolas Sarkozy pourrait l’emporter le jour du scrutin ?

Si l’écart est désormais compris dans la marge d’erreur, il faut bien comprendre que la répétition de mesures donnant François Hollande en tête avec environ 53% des voix rend très fortement improbable que le rapport de force actuel soit très éloigné de ces chiffres. Il n’y a qu’une infime probabilité que la marge d’erreur des sondages, qui ne doit évidemment pas être négligée, joue toujours dans le même sens (c’est-à-dire qu’elle donne uniquement des mesures autour de 53%-47% plusieurs fois de suite alors que le rapport réel est de 50%-50%).

En outre, le niveau de certitude de l’électorat est fort, comme traditionnellement au second tour d’une élection, le choix étant plus aisé quand il est resserré. 92% des électeurs se déclarent sûrs de leur choix pour le second tour selon le dernier sondage de TNS Sofres (les autres instituts donnant des résultats comparables). Si évidemment ces 8% d’indécis peuvent numériquement faire changer le rapport de force, il faudrait que pratiquement tous ceux-ci se reportent sur Nicolas Sarkozy. Or, les études montrent que ces indécis ne se comportent pas très différemment du reste du corps électoral : ils ne présentent pas une propension à voter plus pour l’un ou l’autre candidat et devraient donc se répartir assez équitablement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sans en favoriser un de manière décisive.

Plus que dans la marge d’erreur ou dans la proportion d’indécis, c’est dans les mouvements qui pourraient se produire dans l’électorat dans les derniers jours que peut résider l’incertitude. La mobilisation des Français inscrits sur les listes électorales constitue toujours un des éléments les plus difficiles à apprécier dans un sondage. Le niveau de participation global et la mobilisation différenciée entre différents électorats pourrait influer sur le résultat final, même s’il y a très peu de chance qu’ils arrivent à bousculer le rapport de force actuel. En outre, il faut toujours rappeler qu’un sondage donne le rapport de force au moment de sa réalisation et n’est pas une prédiction. Ainsi, des événements de campagne intervenant après les dates d’interrogation de l’échantillon peuvent venir faire bouger les lignes (il faudra notamment voir si la position annoncée de François Bayrou incitera davantage son électorat à se reporter sur François Hollande), mais seul un événement majeur semble aujourd’hui à même de renverser la vapeur.

En conclusion, si les sondages ne peuvent naturellement pas nous donner avec une certitude absolue le nom du vainqueur le 6 mai, au regard de ces différentes études, la victoire de Nicolas Sarkozy apparaît très fortement improbable.

Que disent les sondages pour le second tour de l’élection ?

Depuis le début de la campagne présidentielle, les sondages donnent invariablement François Hollande nettement gagnant du second tour de l’élection. A quelques jours de celui-ci, que montrent véritablement les études d’intentions de vote des différents instituts ? La partie est-elle pliée pour le candidat socialiste ?

Deux grands enseignements peuvent être tirés de l’étude des différents résultats donnés par les instituts :

1. François Hollande est largement et indiscutablement en tête des intentions de vote du second tour, et ce, depuis le début de la campagne

Tous les instituts s’accordent sur ce constat, même si les différents baromètres d’intentions de vote  donnent des chiffres qui peuvent varier, comme le montre le tableau ci-dessous, qui reprend les dernières études des différents instituts (clic pour agrandir) :

En moyenne, les intentions de vote donnent 54% d’intentions de vote pour François Hollande et 46% pour Nicolas Sarkozy. L’écart entre les différents instituts (naturel, du fait de l’existence d’une marge d’erreur de l’ordre de 3 points, de par l’utilisation de méthodologies qui peuvent différer et de dates de terrain qui ne sont pas identiques) reste très contenu entre les différents instituts. Pour le candidat socialiste, le score oscille entre 53% et 55% ; pour le candidat de l’UMP entre 45% et 47%.

La similarité de ces mesures et leur répétition dans le temps incite largement à conclure que la partie est gagnée pour François Hollande. L’écart moyen entre les candidats est, de surcroît, plus important que la marge d’erreur. Naturellement, il reste encore une semaine de campagne et un retournement de situation n’est pas à exclure. Il semble pour autant très improbable, et le débat de l’entre-deux tours n’a historiquement jamais permis une telle inversion des courbes.

2. La tendance montre un écart entre les deux favoris qui se resserre, sans que cela ne remette en cause le rapport de force

L’analyse des évolutions des intentions de vote de second tour montre un léger resserrement des courbes depuis l’annonce des résultats du premier tour, mesuré par la plupart des instituts de sondage, mais pas par tous.

Lors de l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le 15 février, le rapport de force était très largement défavorable au candidat sortant. En moyenne, il était crédité de 43% des voix pour 57% pour le candidat du parti socialiste. Juste avant le second tour, l’écart s’était resserré sans pour autant que le candidat de l’UMP ne puisse venir disputer la première place à François Hollande : les dernières intentions de vote publiées avant le 22 avril donnaient en moyenne, pour le second tour, 54,5% à François Hollande et 45,5% pour Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, l’écart moyen s’est encore légèrement resserré (54%-46%). Les intentions de vote de l’Ifop, quotidiennes, montrent bien ce resserrement : ainsi, juste après le premier tour, l’Ifop créditait François Hollande de 55% des voix et Nicolas Sarkozy de 45%. La dernière vague d’enquête parue le 1er mai indique que le rapport de force est désormais de 53,5% contre 46,5%.

Ce resserrement des courbes est également accrédité par Ipsos (54%-46% le soir du 22 avril et 53%-47% les 27 et 28 avril), CSA (56%-44% le soir du 22 avril et 54%-46% les 24 et 25 avril). Néanmoins, pour ces instituts, le resserrement des courbes s’effectue dès la première semaine de l’entre-deux tours, alors que pour l’Ifop, il n’intervient que durant le week-end et en début de deuxième semaine. En outre, LH2 et OpinionWay, qui n’ont pour l’heure réalisé qu’une mesure d’entre-deux tours, montrent également que les courbes se resserrent par rapport aux mesures faites juste avant le premier tour.

En revanche, les résultats de l"institut BVA annoncent au contraire un renforcement de l’avance de François Hollande. Alors que le candidat socialiste recueillait 53% d’intentions de vote pour le second tour au soir du 22 avril selon cet institut, dans sa dernière étude (réalisée les 24 et 25 avril), il obtient 54,5% des suffrages. Harris interactive montre une tendance similaire : de 54%-46% le soir du 22 avril, l’écart passe à 55%-45% dans leur dernière étude réalisée les 25 et 26 avril.

Enfin, TNS Sofres montre une stabilité du rapport de force avec 55% pour François Hollande et 45% pour Nicolas Sarkozy  (étude menée les 24-25 avril), soit exactement les chiffres mesurés juste avant le premier tour.

Ces évolutions légèrement différentes permettent néanmoins de dresser deux constats : le rapport de force varie finalement peu et si la tendance globale semble plutôt au resserrement, la marge d’erreur doit inciter à la plus grande prudence concernant ces évolutions. C’est d’ailleurs sans doute celle-ci qui explique pourquoi les tendances divergent entre les instituts, les évolutions n’excédant jamais 2 points (alors que la marge d’erreur est de l’ordre de trois points). Deuxièmement, quelle que soit l’évolution, aucun basculement ne se produit : François Hollande reste nettement en tête du second tour dans les sondages d’intentions de vote.

J-4 : Quel est le rapport de force au premier tour ?

Nous sommes désormais à quatre jours du scrutin. Les intentions de vote se succèdent mais ne se ressemblent pas toujours. Deux études parues ce matin, l’une de l’institut CSA, l’autre de BVA, montre des tendances assez divergentes même si elles s’accordent sur la hiérarchie d’arrivée.

A l’heure actuelle, que montrent les principaux instituts pour le premier tour de l’élection ?

CSA : François Hollande creuse l’écart avec Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen repasse devant Jean-Luc Mélenchon

Ce matin, CSA nous a livré sa dernière étude d’intentions de vote, réalisée les 16 et 17 avril, et celle-ci montre des évolutions significatives du rapport au force au premier tour. D’abord, François Hollande regagne du terrain (29%, +2 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 10 et 11 avril). Cette progression permet au candidat socialiste de retrouver son niveau moyen depuis le début de l’année. Le président sortant connaît un mouvement inverse : il perd deux points par rapport à la semaine dernière et avec 24% d’intentions de vote, il réalise son plus bas score depuis le début de l’année ! En deux semaines, Nicolas Sarkozy perd six points dans les intentions de vote de l’institut CSA. Tout le crédit lentement accumulé depuis son entrée en campagne est reperdu.

En outre, les intentions de vote au second tour dessinent un desserrement significatif entre les deux candidats : 58%-42% en faveur du candidat socialiste cette semaine, 57%-43% la semaine dernière, 54%-46% il y a deux semaines. La tendance dessinée par l’institut CSA est clairement celle d’un effondrement de Nicolas Sarkozy. François Hollande dispose d’une avance solide, au premier comme au second tour.

Ainsi, cette étude pose un rapport de force clairement en faveur de François Hollande, notamment au premier tour. Néanmoins, cette tendance est loin d’être celle affichée par tous les instituts comme le montre la suite de cet article.

Concernant le match pour la troisième place, CSA plaçait Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. Cette nouvelle enquête voit les courbes se croiser de nouveau : Marine Le Pen repasse devant le candidat du Front de gauche (17% contre 15%). Elle gagne deux points quand Jean-Luc Mélenchon en perd deux. L’institut CSA donne désormais un ordre d’arrivée partagé par tous les autres instituts (hormis TNS Sofres qui place les deux candidats au même niveau). Pour autant, la prudence s’impose, l’écart restant compris dans la marge d’erreur.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

L’autre étude publiée ce matin et également réalisée les 16 et 17 avril, mais par l’institut BVA, livre des enseignements assez différents. Certes, la hiérarchie reste la même au premier tour : François Hollande puis Nicolas Sarkozy, puis Marine Le Pen, puis Jean-Luc Mélenchon. Néanmoins, les tendances et les écarts ne sont pas les mêmes.

Selon BVA, François Hollande recueille 29,5% d’intentions de vote au premier tour, soit un score relativement comparable à celui de l’institut CSA (29%). Comme CSA, BVA montre une certaine stabilité dans le niveau des intentions de vote pour le candidat socialiste sur les dernières semaines. En revanche, quand on observe les scores de Nicolas Sarkozy, des différences apparaissent : dans le baromètre de BVA, le candidat sortant reste, comme François Hollande, à des niveaux très stables sur ces dernières semaines. Selon cet institut (et rappelons qu’il est le seul à avoir annoncé de tels résultats), le candidat de l’UMP n’a jamais pris la tête du premier tour dans les intentions de vote. Le score recueilli par Nicolas Sarkozy dans l’étude BVA se révèle cependant notablement plus élevé que dans l’étude CSA (27,5% contre 24%). Par conséquent, l’écart entre les deux favoris est nettement plus réduit que dans l’étude de CSA : BVA annonce deux points d’écart quand CSA en annonce cinq. Si ces différences peuvent naturellement s’expliquer par la marge d’erreur, elles méritent néanmoins d’être relevées. Avec cet écart de deux points et donc l’annonce d’un rapport de force serré, BVA colle davantage aux résultats des autres instituts. Il ne confirme pas la diminution de Nicolas Sarkozy annoncée par CSA et montre au contraire que le candidat de l’UMP reste plutôt dans des niveaux d’intentions de vote plus élevés qu’au début de l’année.

Au second tour, et en cohérence avec les résultats du premier tour, BVA annonce également un rapport de force stable et un écart en faveur de François Hollande, certes important, mais plus réduit que l’institut CSA : 56% d’intentions de vote pour François Hollande, 44% pour Sarkozy, des scores inchangés la toute fin du mois de mars.

Pour la troisième place, BVA montre que les jeux sont largement ouverts. Les trois candidats y prétendant recueillent des scores assez serrés et donc contenus dans la marge d’erreur. Selon cette dernière étude, l’écart entre eux sembleraient même se resserrer : Marine Le Pen obtient 14% d’intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon 13% et François Bayrou 12%.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) montre que l’écart entre les deux favoris est très réduit. Ces derniers jours, ils ont été successivement en tête des intentions de vote du premier tour.

Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy dominait les intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), lundi, François Hollande a repris symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Hier, Nicolas Sarkozy repassait symboliquement en première place avec 27,5% d’intentions de vote contre 26,5% pour François Hollande.

Ces croisements répétitifs et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré entre les deux principaux candidats. Si le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées, aujourd’hui, la plus grande incertitude existe quant à l’ordre d’arrivée dans le baromètre de l’Ifop. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur et la tendance dessinée par les dernières vagues d’enquête n’est pas claire, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos a été réalisée les 13 et 14 avril, soit trois jours avant les précédentes. Elle livre les résultats suivants :

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude par TNS Sofres et réalisée les 11 et 12 avril,  François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Le candidat socialiste reste ainsi stable à un niveau faible. Nicolas Sarkozy, quant à lui, subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude dans toutes les études (hormis celle de CSA). Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur. Les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur et affiche des niveaux d’intentions de vote globalement stables. Si dans la plupart des études, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien creuser l’écart au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche, l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur pour décrocher la troisième place.

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-5 : Grande incertitude sur la tête du premier tour et l’identité du "troisième homme"

Le premier tour se rapproche. A cinq jours du scrutin, les intentions de vote montrent au premier tour un rapprochement des courbes entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, traduisant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux favoris. Au second tour, les études montrent que l’avance du candidat socialiste s’accroît encore et rendent l’hypothèse d’une réélection du président sortant toujours plus improbable.

Les parutions des instituts de sondage sont toujours plus nombreuses et rapprochées. Ce matin est parue la dernière étude d’intentions de vote d’Ipsos. Nous actualisons donc notre récapitulatif des principaux baromètres avec cette dernière enquête.

Que montrent donc les principaux instituts  dans leurs études d’intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle ?

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, publiée ce matin, a été réalisée les 13 et 14 avril et confirme assez largement les tendances montrées par les autres instituts.

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes lundi soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi dernier, l’institut CSA a été le premier à annoncer, pour le premier tour, le nouveau croisement des courbes en faveur du candidat socialiste  : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi de la semaine dernière, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

 

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. L’étude Ipsos confirme également l’érosion du candidat socialiste. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande devance de nouveau le président sortant, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien en progression au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-9 : le retour en force de François Hollande ?

Depuis quelques jours, les articles sur une remontée de François Hollande dans les intentions de vote se multiplient. Les commentaires s’appuient sur les études de plusieurs instituts, notamment de CSA, qui ce matin, dans sa dernière enquête a annoncé un nouveau croisement des courbes : au premier tour, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy, qui en avait pourtant pris la tête depuis la mi-mars. Une autre enquête de l’institut BVA, parue également ce matin, montre elle aussi une progression pour le candidat socialiste au premier tour (+2 points par rapport à une précédente étude réalisée les 30 et 31 mars). Enfin, TNS Sofres, dans un sondage paru en fin d’après-midi, a également annoncé un croisement des courbes, avec François Hollande repassant en tête suite à une baisse des intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy.

Au second tour, le candidat socialiste continue de nettement dominer les intentions de vote (le rapport le plus défavorable enregistré étant de 53%-47%) et l’étude CSA de ce matin montre même une nette progression (+3 points par rapport à la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril, établissant des intentions de votes à 57% pour François Hollande et 43% pour Nicolas Sarkozy). Néanmoins, aucune autre étude n’a montré une semblable évolution du rapport de force au second tour (y compris l’étude BVA publiée ce matin).

L’augmentation de François Hollande au premier tour n’est pas corroborée par tous les instituts. Ainsi, l’Ifop, pour l’heure, ne montre aucune tendance à l’augmentation du potentiel électoral du candidat socialiste dans ses intentions de vote quotidiennes. A neuf jours du scrutin, le rapport de force au premier tour maintient un réel suspense sur le candidat qui arrivera en tête, mais également sur le "troisième homme". Qui de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen arrivera en troisième position ?

Sur toutes ces questions, que montrent réellement les différents instituts de sondage pour le premier tour du scrutin ?

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Ce matin, l’institut CSA a donc annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée ce matin (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

TNS Sofres publie ce soir une étude réalisée les 11 et 12 avril qui confirme en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ifop : une grande stabilité depuis fin mars : Nicolas Sarkozy est en tête du premier tour et Marine Le Pen en troisième place

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) ne montre aucune évolution significative des intentions de vote depuis la fin mars, et ne confirme donc pas les tendances données par BVA et CSA. Ainsi, Nicolas Sarkozy reste en tête du premier tour depuis le 20 mars, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points). Cet écart entre donc dans la marge d’erreur mais la tendance montre, selon cet institut, le candidat UMP en tête du premier tour.

Au second tour, la stabilité est également de mise selon l’Ifop, et François Hollande domine toujours nettement le candidat UMP.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas non plus d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril,  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces études divergentes ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, les différentes études apportent des réponses différenciées à ces questions. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Le fait que certains instituts donnent un candidat en tête, et d’autre l’autre, démontre que les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche au premier tour.

2. Parler d’une progression de François Hollande peut apparaître prématuré, dans le sens où tous les instituts ne corroborent pas cette hypothèse. En outre, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans l’étude TNS Sofres, François Hollande repasse en tête, cela n’est du qu’à une chute de Nicolas Sarkozy. La prudence doit donc rester de mise et seules les études à venir nous diront si le rapport de force évolue vraiment et si François Hollande renforce son capital au premier tour.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Deux instituts annoncent même aujourd’hui une baisse significative des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Qui veut vraiment l’élection de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy ?

Au-delà de l’exercice convenu des intentions de vote, certains sondages permettent de mesurer l’adhésion réelle aux candidats qui concourent à l’élection présidentielle. Car il existe une différence entre l’intention de voter pour un candidat et la volonté réelle que celui-ci occupe la fonction suprême. Combien ne votent que par défaut, pour contrer un candidat plutôt qu’en réelle faveur de l’autre ? Quel engouement suscite d’un côté un président sortant qui a déçu par ses actions et irrité par son style, de l’autre côté un candidat socialiste choisi une fois le "champion" Dominique Strauss-Kahn écarté de la course, un candidat souvent décrié comme trop "mou" et trop consensuel ?

Un sondage Ipsos nous renseigne sur l’attitude des Français à l’égard des deux principaux candidats à l’élection présidentielle.

 

Seuls 14% des Français souhaitent réellement la victoire de François Hollande, et la même proportion celle de Nicolas Sarkozy

Le "champion des sondages", qui domine largement les intentions de vote au second tour, ne suscite l’adhésion pleine et entière que de 14% des Français, qui déclarent que "c’est vraiment lui que [je] veux voir élu". Et, de la même manière, 14% des Français souhaitent réellement la victoire du président sortant.

Ainsi, les candidats des deux principaux partis n’enthousiasment qu’une faible partie des électeurs, ce qui vient accréditer la théorie d’une campagne qui ne suscite que peu de passion.

 

Le choix "par défaut" domine chez les électeurs des deux principaux candidats

Il apparaît donc, que parmi les électeurs souhaitant la victoire respective de ces candidats, le choix se fait plus souvent par défaut, parce qu’à leurs yeux, il vaut mieux qu’un candidat soit élu qu’un autre. Ainsi, sur les 52% de Français souhaitant la victoire de Français Hollande, 38% le soutiennent en préférence à Nicolas Sarkozy (et 14% vraiment pour lui-même donc). Autrement dit, parmi les soutiens du candidat socialiste, seul un quart adhère véritablement à sa candidature, et trois quarts s’y rangent "par défaut", pour faire barrage au président sortant.

S’agissant de Nicolas Sarkozy, ce phénomène est légèrement moins accentué, mais certainement avant tout parce que le président de la République dispose de moins de soutiens. Parmi les 34% de Français qui déclarent souhaiter sa victoire, 14% le font parce qu’ils veulent vraiment que Nicolas Sarkozy effectue un second mandat, et 20% parce qu’ils ne veulent pas d’une victoire du candidat socialiste (soit une proportion de deux tiers de soutiens "par défaut" et d’un tiers par adhésion véritable).

 

Le rejet de Sarkozy est majoritaire (insurmontable ?)

Même si l’engouement suscité par les deux candidats peut apparaître également faible dans les deux camps, une différence de taille apparaît entre les candidats. L’ampleur du rejet suscité par le candidat de l’UMP n’a pas de commune mesure avec celle qui touche le candidat du parti socialiste.  37% des Français déclarent souhaiter "vraiment que François Hollande soit battu". Concernant Nicolas Sarkozy, cette proportion est largement majoritaire (57%), ce qui explique naturellement que le président sortant soit nettement devancé dans les intentions de vote au second tour par son rival socialiste. Cet handicap majeur qui persiste, à un peu moins de deux mois du scrutin, fait largement douter de la capacité de Nicolas Sarkozy à l’emporter. Mais il sonne également pour un défi pour François Hollande puisque ce sondage accrédite l’idée que le candidat socialiste serait davantage élu sur le rejet de Nicolas Sarkozy que sur ses propres propositions. S’il est élu, le candidat socialiste réussira-t-il à imposer son programme et à convaincre les Français du bien-fondé de ses solutions ?

 

Sondage Ipsos  en partenariat avec Logica Business Consulting pour France télévisions, Radio France et le Monde, réalisé par téléphone les 24 et 25 février 2012 auprès d’un échantillon de 959 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.