A quoi servent des intentions de vote un an après ?

L’Ifop a publié il y a quelques jours un sondage* contenant une question d’intentions de vote à l’élection présidentielle « un an après ».

IV Ifop 2013-04

Cette question a suscité de nombreuses critiques : quel intérêt puisqu’elle place les répondants dans une situation totalement fictive ? Le caractère fictif de l’hypothèse posée par la question n’est pas en doute : il n’y a pas d’élection présidentielle en vue, et même si des circonstances exceptionnelles rendaient cette hypothèse plausible, il semble hautement improbable que l’offre électorale soit identique à celle du dernier scrutin présidentiel.

Cette question n’a effectivement aucune valeur pour éclairer un prochain scrutin. Il n’est pas question d’en tirer des conclusions du type « Nicolas Sarkozy aurait gagné si l’élection avait lieu aujourd’hui », car nous ne sommes pas en campagne pour élire un président, et une campagne ferait naturellement bouger les lignes, c’est sa raison d’être. L’exercice doit être interprété bien autrement.

 

Identifier les modification du rapport de force partisane conséquentes à la déception suscitée par François Hollande

Ces résultats présentent un intérêt, dans le sens où ils permettent de mesurer quelles sont les répercussions, sur le rapport de force électoral, de la première année de présidence de François Hollande. Le différentiel de 6 points sur le score de l’actuel président entre l’intention de vote réalisé en avril 2013 (22%) et son résultat réel le 22 avril 2012 (28%) démontre l’ampleur des répercussions électorales d’un an de mandat fortement déceptif (mis en lumière par la chute vertigineuse et rapide des indicateurs de popularité de l’exécutif, notamment auprès des électeurs du président).

Ce sondage montre aussi quels sont les potentiels « gagnants » de cette déception : pas les partis sur la gauche du PS, comme on aurait pu le penser du fait des critiques de l’aile gauche du parti présidentiel et du Front de gauche sur une inflexion trop « libérale », ou en tout cas pas assez « à gauche », du président. Jean-Luc Mélenchon recueille 11 % d’intentions de vote, exactement son score réel d’avril 2012 et Nathalie Arthaud et Philippe Poutou n’augmentent pas non plus leurs résultats. Eva Joly perd même 1 point (1,5 % contre ses 2,31 % du 22 avril 2012).

François Bayrou ne bénéficie guère non plus de la déception suscitée par François Hollande. Il ne gagne qu’un point (10 % contre 9,13 % le 22 avril 2012) et reste donc loin de pouvoir concurrencer le trio de tête (Hollande, Sarkozy, Le Pen), et demeure même derrière Jean-Luc Mélenchon.

Il ne semble donc pas y avoir de mouvements massifs au sein de l’électorat de gauche. Tout porte à croire que l’électorat déçu de François Hollande, plutôt que de se reporter à gauche ou au centre, préfère se réfugier dans l’abstention. Cette situation est hautement préoccupante pour la gauche dans la perspectives des prochaines élections municipales, qu’elle ne pourra remporter si son électorat ne se mobilise pas.

Les gagnants de la première année de la présidence de François Hollande sont donc à droite : Nicolas Sarkozy, qui recueille 30 % des intentions de vote (il avait fait 27,18 % en 2012) et surtout Marine Le Pen (22 % contre 17,90%). Plus qu’à un report des voix de gauche sur la droite, c’est surtout à une mobilisation forte de ces électorats à laquelle nous devons conclure à la vue de ces résultats. Il n’est pas certain que ces deux candidats « gagnent » beaucoup de voix dans l’absolu, ils peuvent seulement bénéficier d’un différentiel de mobilisation, l’électorat de droite apparaissant donc « remonté » face à l’action gouvernementale (la mobilisation contre le « mariage pour tous » en étant une illustration). Le gain supérieur de Marine Le Pen (4 points) semble tout de même indiquer un mouvement de l’électorat vers la candidate du Front national, qui laisse penser que ce parti pourrait être l’un des gagnants des scrutins municipaux en 2014.

 

Pour conclure, nous pouvons affirmer que cette question a droit de cité dans un sondage portant sur le bilan de François Hollande, car des conclusions éclairantes peuvent en être tirées. Néanmoins, la présentation « brute » des résultats interroge et on pourra reprocher à l’Ifop de n’avoir pas assez accompagné ces chiffres, dont une reprise « primaire » était évidemment à prévoir. En outre, il aurait été intéressant que l’institut fournisse d’autres éléments pour pousser plus loin l’analyse : que répondent les personnes ayant effectivement voté pour François Hollande en avril 2012 ? Où sont passé les 6 points perdus par le président ? On peut supposer, comme nous l’avons fait ici, que c’est sans doute dans l’abstention, mais pourquoi l’institut ne pousse-t-il pas l’analyse jusque là ?

 

* Sondage Ifop réalisé par internet du 11 au 15 avril auprès d’un échantillon de 1967 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La question d’intentions de vote a été posée uniquement aux personnes inscrites sur les listes électorales.

 

La cote de popularité de François Hollande repart à la hausse

Après des mois de chute puis de stagnation, la cote de popularité du chef de l’Etat amorce une remontée dans le dernier sondage Ifop/Paris Match (terrain les 31 janvier et 1er février). 43% des Français approuvent désormais l’action du chef de l’Etat, soit une augmentation de 6 points par rapport au mois précédent. Néanmoins, la part des opinions négatives reste toujours plus forte (57%).

Cote de popularité de François Hollande (Ifop / Paris Match)

Cote de popularité de François Hollande (Ifop / Paris Match)

Cette embellie est significative. Néanmoins, elle n’a pas été relevée dans tous les autres baromètres de popularité à ce jour. Parmi les deux réalisés ces derniers jours, l’augmentation est visible dans l’un, et pas dans l’autre (mais les questions ont des formulations différentes) :

- dans le dernier baromètre TNS Sofres, réalisé du 24 au 28 janvier, la cote de confiance de François Hollande stagne (35% de confiants) depuis novembre dernier.

- dans le baromètre BVA (24-25 janvier), l’amélioration de l’image du président est sensible : 44% des Français déclarent avoir une bonne opinion de François Hollande en tant que président de la République, soit une hausse de 4 points par rapport au mois de décembre.

Comment expliquer cette hausse ?

Le conflit engagé au Mali constitue la première explication avancée partout pour expliquer cette hausse de la popularité de François Hollande. Le baromètre Ifop/Paris Match, qui détaille l’évolution de différents aspects d’image montre bien cet effet de l’engagement des forces armées sur le continent africain. Parmi toutes les dimensions testées, seul l’item "défend bien les intérêts de la France à l’étranger" progresse, et de manière très notable (+9 points) :

Evolution des traits d'image de François Hollande

Evolution des traits d’image de François Hollande

Sur les autres dimensions, l’image de François Hollande reste inchangée et parfois sévère, surtout concernant la politique économique.

Qui François Hollande reconquiert-il ?

Le gain de popularité de François Hollande ne concerne que certaines catégories de population. Ainsi, alors qu’il gagne 6 points dans l’ensemble de la population, il n’en gagne aucun parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy au premier tour (7% d’approbation) ou chez les électeurs de Marine Le Pen (10%, -2 points). Il reconquiert une partie du centre (43%, +12 points parmi les électeurs de François Bayrou) et de sa gauche (56%, +13 points parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon). Sur son cœur d’électorat, l’effet est nul. Il faut dire que ses électeurs de premier tour le soutiennent toujours massivement (85%, -1 point).

Les deux tiers des Français sont favorables au mariage des couples homosexuels

 

Promesse de campagne de François Hollande, le mariage pour les couples homosexuels est entré dans le débat au cœur de l’été suite à la réaffirmation par l’Église catholique française de son opposition à cette mesure. Si le débat agite la sphère politique, et notamment la droite, divisée sur cette question, l’opinion publique se montre largement favorable au mariage homosexuel, 65 % estimant que les couples du même sexe devrait avoir le droit de se marier.

 

Après avoir augmenté entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, l’acceptabilité des droits des couples homosexuels reste globalement stable depuis 2004

L’acceptation du mariage homosexuel a augmenté au fil du temps (elle était de 51 % seulement en mai 1995), mais cette hausse de la proportion de Français favorables au mariage homosexuel s’est tassée déjà depuis quelques années. Ainsi, en mai 2004, 64 % des Français étaient déjà favorables à cette mesure, un score comparable à celui d’aujourd’hui.

Une majorité des Français accepte également l’adoption par les couples homosexuels (53%), bien que cette question suscite plus de réserves. Comme pour le mariage, l’acceptation de l’adoption a nettement augmenté par rapport au milieu des années 90, où elle était majoritairement rejetée (seuls 39 % des Français y étaient favorables en mai 1995 et 33 % en juin 1996). A l’instar de ce que l’on observe pour le mariage, le soutien à l’adoption pour les couples homosexuels n’a pas véritablement progressé depuis mai 2004. 49 % des Français y étaient alors favorables, un résultat à peine plus faible que celui obtenu aujourd’hui (53%). C’est en janvier 2011 que le plus haut niveau d’acceptation de la mesure a été enregistré (58 %) mais il a depuis reculé.

Pourcentage de Français favorables au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels (sondages Ifop)

L’observation de l’évolution de l’opinion sur ces sujets montre que le soutien augmente lorsque le débat public se concentre fortement sur les questions du droit des homosexuels à former une famille, ce qui a été le cas à deux occasions au cours des dernières années. Le premier événement fut le vote du PACS, en octobre 1999 après des débats passionnels. Les deux sondages conduits avant et après ce débat montrent une forte évolution de l’opinion : en juin 1996, 48 % des Français sont favorables au mariage homosexuel, ils sont 56 % en juin 2000 ; pour l’adoption, le pourcentage de Français favorables passe de 33 % à 37 %, l’effet étant donc beaucoup plus limité sur cette question, voire inexistant, le PACS orientant davantage les débats sur l’union que sur la possibilité d’élever des enfants.

Autre moment où les droits des couples homosexuels firent la une de l’actualité, le début de l’année 2004 fut marqué par les discussions autour de la célébration d’un mariage homosexuel à Bègles par Noël Mamère. En mai 2004, un sondage Ifop réalisé juste avant la cérémonie (le 5 juin) indique que 64 % des Français étaient alors favorables au mariage (soit 9 points d’augmentation par rapport à un an auparavant, en juin 2003) et 49 % à l’adoption (soit +12 points).

 

Une acceptation très différenciée selon les catégories de population

Au-delà du soutien majoritaire de la population dans son ensemble au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels, il est éclairant de distinguer la position des différentes catégories de population face à cette question, tant il est vrai que l’acceptation de ces mesures varient fortement selon plusieurs critères.

 

1. La religion

Les débats actuels ont surgi avec la volonté du clergé catholique français de réaffirmer son attachement à la famille « traditionnelle », c’est-à-dire composée d’un père et d’une mère lors des célébrations du 15 août. L’analyse détaillée des sondages permet de dire que cette prise de position contre le mariage des couples homosexuels s’inscrit en cohérence avec l’opinion de la majorité des catholiques pratiquants. En effet, ceux-ci s’opposent à 55 % au mariage et à 64 % à l’adoption. Si le fait majoritaire montre que l’Église reflète la position des pratiquants, remarquons néanmoins qu’une forte majorité d’entre eux (45%) affirment que les couples homosexuels devraient avoir le droit de se marier en France.

En outre, ce positionnement du clergé français s’oppose à l’opinion majoritaire chez les catholiques non pratiquants, qui eux, sont favorables au mariage à hauteur de 61 %. Ils se situent donc dans une position médiane entre les catholiques pratiquants et les Français se déclarant sans religion, massivement en faveur de l’ouverture du mariage aux couples homosexuels (79%).

Ainsi, l’Église, par sa réaffirmation de son opposition au mariage homosexuel, se place dans un camp où ses fidèles sont surreprésentés, mais affirme tout de même un choix contraire à celui de près d’un pratiquant sur deux et d’une nette majorité de ceux qui se sont déjà éloignés de l’Église tout en se déclarant toujours catholique. Le risque existe d’une prise de distance accrue de ces fidèles face à une institution affirmant une position apparaissant comme rétrograde.

 

2. La sympathie partisane

Si l’on analyse les résultats en termes de proximité partisane, il apparaît que les prises de position des différents partis recoupent largement l’opinion de leurs sympathisants. Ainsi, alors que les partis de gauche affichent leur soutien au mariage homosexuel, les sympathisants s’y déclarent également très majoritairement favorables (81%), et dans une moindre mesure, approuvent également largement l’adoption (68%).

Au MoDem, l’adhésion est moins franche mais tout de même largement majoritaire (66% pour le mariage, 60 % pour l’adoption).

A l’UMP, la division des sympathisants recoupe celle du parti : 46 % des sympathisants du parti de droite se déclarent favorables au mariage pour les couples homosexuels et 54 % s’y opposent. L’adoption y suscite encore une réelle défiance : seuls 38 % des sympathisants de l’UMP estiment que ce droit devrait être ouvert aux couples homosexuels et 62 % s’y opposént. Ces chiffres sont très proches de ceux obtenus auprès des sympathisants du Front national (49%-51% pour le mariage ; 38%-52 % pour l’adoption).

 

3. L’âge

Le clivage d’âge joue également particulièrement sur cette question de l’extension des droits familiaux aux couples homosexuels. Les plus jeunes sont massivement en faveur du mariage (81 % des 18-24 ans et 77 % des 25-34 ans). A l’inverse, les générations nées avant 1945 s’opposent majoritairement au mariage homosexuel (seuls 44 % des Français âgés de plus de 65 ans l’approuvent). Les 35-49 ans (69%) et les 50-64 ans (62%) y sont, quant à eux, majoritairement favorables.

De la même manière, les deux tiers des moins de 35 ans (66%) approuvent l’adoption, 56 % des 35-49 ans, 50 % des 50-64 ans et seulement 37 % des plus de 65 ans.

Ce clivage recoupe naturellement en partie les précédents, les plus âgés étant en moyenne plus à droite, plus catholiques et plus pratiquants que les plus jeunes.

Cette différence selon l’âge incite à penser que l’acception du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels continuera à croître au fil du temps.

 

4. La catégorie socioprofessionnelle

Un dernier élément mérite d’être souligné : les différences par catégorie socioprofessionnelle. Alors qu’on entend souvent dire que le mariage homosexuel constitue une mesure sociétale, encline à plaire particulièrement aux « bobos » mais pouvant éloigner les classes populaires de la gauche, les résultats de ce sondage incitent à relativiser très largement ce discours : 73 % des cadres et professions intellectuelles approuvent le mariage homosexuel, soit à peine plus que les employés (72%) et les ouvriers (69%), qui y sont donc également très majoritairement ouverts.

 

* Sondage Ifop pour la Lettre de l’opinion, réalisé par internet du 9 au 13 août 2012 auprès d’un échantillon de 2000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas : sexe, âge et profession du chef de famille après stratification par région et catégorie d’agglomération).

François Hollande débute son mandat avec une popularité limitée

Les sondages de popularité rythmeront le quinquennat de François Hollande, comme ils ont accompagné celui de Nicolas Sarkozy. Depuis l’élection du nouveau président de la République et la nomination du Premier ministre il y a trois mois, les mesures de popularité des différents instituts se succèdent.

Comme pour les sondages d’intentions de vote, il n’est pas toujours facile d’y voir clair dans l’historique de ces indicateurs, les mesures des différents instituts s’entremêlant avec leur évolution mensuelle respective. Dans le cas des baromètres de popularité, une difficulté vient s’ajouter, tenant à la nature même de l’indicateur. Si dans les sondages d’intentions de vote, tous les instituts mesurent la même chose (l’intention de vote), les baromètres de popularité apportent des indicateurs variés (confiance, satisfaction, image…) avec des échelles de réponses et des modes d’administration qui ne sont pas identiques, et donc parfois des chiffres assez différents.

Que nous disent ces différents indicateurs de la popularité du nouveau président ? Le tableau ci-dessous récapitule les dernières mesures de popularité de François Hollande (réalisées au cours du mois de juillet) et leur évolution par rapport au mois précédent :

Le président dispose donc de jugements favorables de la part d’une majorité des Français sur les trois types d’indicateurs :

  • Confiance (CSA et TNS Sofres) : les deux instituts donnent des mesures très proches (mais réalisées à trois semaines d’écart : début juillet pour TNS Sofres, fin du mois pour CSA). Les Français déclarant faire confiance à François Hollande sont majoritaires (54%-55%) tandis que quatre Français sur dix déclarent à l’inverse ne pas faire confiance au nouveau Président.
  • Satisfaction (Ifop) : 56% des Français se déclarent satisfaits de François Hollande comme président de la République, 44% insatisfaits. Le niveau de satisfaction apporté au président de la République rejoint donc le niveau de confiance, les résultats des deux indicateurs étant très proches.
  • Jugement sur l’action (Ipsos) : une majorité des Français (55%) juge favorablement l’action de François Hollande comme président tandis que 37% la considèrent défavorablement. Les résultats sont donc également similaires à ceux des deux autres types d’indicateurs s’agissant des jugements positifs. Les avis négatifs sont légèrement moins nombreux du fait d’une proportion plus importante de personnes ne se prononçant pas dans le baromètre Ipsos (qui peut tenir de la formulation de la question qui interroge sur « l’action » alors que celle-ci reste encore limitée après trois mois de fonction, mais aussi de l’administration du sondage – moins d’insistance de l’enquêteur pour que la personne interrogée se prononce ?).

Les dernières mesures réalisées (CSA et Ipsos) montrent une légère augmentation de la popularité de François Hollande, alors que ceux réalisés avant le 20 juillet confirmaient une chute progressive observée depuis le début du mandat (se traduisant avant tout par un renforcement des opinions négatives, plus que par une diminution des opinions positives, les personnes ne se prononçant pas en début de mandat s’étant davantage orientée vers un jugement négatif que positif).

Somme toute, les résultats obtenus par le président de la République sont globalement positifs, ce qui est assez naturel après une scrutin où une majorité électorale a voté pour lui. Néanmoins, et cela a été souligné à de nombreuses reprises, François Hollande ne jouit d’aucun « état de grâce ». Si son électorat lui apporte son soutien, le président n’arrive guère à convaincre au-delà de celui-ci. Ses résultats de popularité apparaissent donc en net retrait par rapport à celles qu’obtenait Nicolas Sarkozy en juillet 2007, comme le montre le tableau ci-après :

Alors que Nicolas Sarkozy pouvait se prévaloir du soutien des deux tiers des Français en juillet 2007, François Hollande recueille des scores de 10 points inférieurs, et ce, depuis son élection. Reste à savoir si ce socle plus restreint lui restera fidèle plus longtemps, Nicolas Sarkozy ayant perdu près de 30 points de satisfaction entre juillet 2007 et juillet 2008…

Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage "jour du vote" de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.

Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :

Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.

Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.

En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.

J-2 et dernières intentions de vote : l’ordre d’arrivée des deux favoris interroge

Nous sommes aujourd’hui le vendredi précédent le premier tour, dernier jour où la publication des sondages d"intentions de vote est possible. Tous les principaux instituts nous ont livré ce matin la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée hier et avant-hier (18 et 19 avril).

A trois jours du premier tour, l’ordre d’arrivée des deux favoris est plus incertain que jamais et les instituts donnent des résultats dont les tendances peuvent légèrement diverger, mais globalement comparables (cf. notamment le tableau récapitulatif en fin de cet article). L’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Passons en revue des dernières intentions de vote disponibles pour ce premier tour de scrutin.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) place Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Le candidat de l’UMP obtient 28% d’intentions de vote et devance donc François Hollande de deux points (26%).

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée. Néanmoins, l’Ifop prend à contrepied les tendances enregistrées par les autres instituts et ne montre ainsi aucune tendance à la baisse pour le président sortant. Il faut néanmoins rappeler, pour être tout à fait exact, que les dates de terrain diffèrent légèrement des autres études présentées ci dessous et réalisées les 18 et 19 avril : le terrain de l’Ifop s’étale en effet du 16 au 19 avril. La dernière vague d’enquête de l’Ifop sera présentée ce soir à 18h.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote. Le candidat du MoDem semble néanmoins voir se dessiner une légère progression ces derniers jours, mais nous l’avons vu, celle-ci n’est confirmée par aucun autre institut.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

 

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-6 : Hollande reprend-t-il la tête au premier tour ?

Dans ses intentions de vote quotidiennes (rolling), l’Ifop vient d’annoncer un nouveau croisement des courbes à moins d’une semaine du premier tour : François Hollande repasse symboliquement en tête devant Nicolas Sarkozy. CSA et TNS Sofres avaient annoncé un tel croisement en fin de semaine dernière. Le même jour, BVA avait également publié un sondage montrant que l’écart se recreusait au premier tour en faveur du candidat socialiste

On parle beaucoup ces derniers jours d’une montée de François Hollande. Qu’en est-il vraiment et que montrent les intentions de vote des instituts les plus relayés dans les médias ?

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes ce soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi matin, l’institut CSA a annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi dernier, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril (soit une semaine avant les précédentes),  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande repasse en tête, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, le candidat socialiste semble bien en progression au second tour, même si à l’heure actuelle, ceci n’est pas confirmé par tous les instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Trois instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Le rapport de force à trois semaines du premier tour

A un peu moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les études d’intentions de vote montrent des mouvements significatifs dans le rapport de force entre les candidats. Pratiquement tous les instituts de sondage (excepté BVA), s’accordent désormais à placer Nicolas Sarkozy en tête au premier tour, devançant légèrement François Hollande. Le candidat socialiste continue néanmoins à garder une solide avance pour le second tour et deux sondages parus ce matin (BVA et Ipsos) annoncent même que l’écart se creuserait de nouveau au détriment du président sortant. Cette tendance doit néanmoins être confirmée.

Les changements dans le rapport de forces ne concernent pas que le duo de tête. La question "qui est le troisième homme ?" se pose avec toujours plus d’incertitude. Les courbes de Jean-Luc Mélenchon, qui a nettement progressé dans les intentions de vote au mois de mars, et celle de Marine Le Pen, qui subit un mouvement inverse avec un léger tassement, sont très proches. Les différents instituts placent l’un ou l’autre candidat à la troisième place. Le troisième homme de 2007, François Bayrou, semble désormais distancé par ces candidats selon la plupart des instituts.

Les études d’intentions de vote se succèdent mais que disent-elles réellement et quelles sont les évolutions retracées par les différents instituts ? Cet article, qui fait suite à celui que nous avons publié il y a quelques jours, fait la synthèse des baromètres d’intentions de vote les plus relayés dans les médias.

Ipsos : Nicolas Sarkozy tutoie François Hollande, Jean-Luc Mélenchon dépasse François Bayrou

Ce matin, les radios et télévisions publiques se sont fait le relais de la nouvelle vague d’enquête de leur baromètre Ipsos, réalisée les 30 et 31 mars. Avec un décalage sur pratiquement tous les autres instituts de sondages (Ifop, CSA, TNS Sofres, OpinionWay et Harris interactive), Ipsos annonce un croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour. Le candidat de l’UMP, en gagnant deux points par rapport à la précédente étude réalisée les 23 et 24 mars, atteint désormais 29,5% et devance François Hollande qui recueille 27,5% d’intentions de vote (-0,5 points).

Après avoir placé Jean-Luc Mélenchon en quatrième place la semaine dernière, l’institut lui attribue désormais la troisième marche du podium. Avec 14,5% d’intentions de vote dans cette nouvelle enquête, le candidat du Front de gauche devance symboliquement Marine Le Pen, qui recule par rapport à la semaine dernière (14%, -2 points). Néanmoins, plus que de remarquer quel candidat est placé devant l’autre, c’est la proximité entre ces deux candidats qu’il convient de noter. Les marges d’erreurs interdisent en effet de conclure définitivement sur la place respective de chacun et chacun de ces candidats est, à l’heure actuelle, le potentiel "troisième homme" de cette campagne. Les études à venir devront confirmer si le recul de Marine Le Pen et la montée en puissance continue de Jean-Luc Mélenchon se confirment. Les différents instituts d’étude, qui annoncent l’un la candidate du Front national devant le candidat du Front de gauche, et l’autre l’inverse, posent le constat d’un duel très serré pour la troisième place à trois semaines du premier tour.


BVA : François Hollande demeure en tête du premier tour et Jean-Luc Mélenchon à la quatrième place

Une autre étude a été publiée ce matin, réalisée par l’institut BVA entre le 29 et 31 mars. Cet institut demeure le seul (avec LH2) à placer François Hollande en tête du premier tour et à n’avoir pas annoncé de croisement des courbes entre les deux principaux candidats. Néanmoins, l’écart entre eux se resserrent nettement et n’est plus que d’un point. Nous soulignerons (comme le fait d’ailleurs BVA) qu’avec les marges d’erreur, il est impossible de réellement déterminer quel candidat se trouve devant l’autre, mais il demeure que, pour cet institut, le croisement symbolique des courbes n’est pas encore d’actualité.


Pour la troisième place, la proximité des courbes observé entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se retrouve. Les deux candidats sont à un point d’écart, avec Marine Le Pen  (15%, +2 points par rapport aux 21-22 mars) repassant devant Jean-Luc Mélenchon (14%, stable), alors que la semaine dernière, les places étaient inversées. Ces changements dans la hiérarchie démontrent que les deux candidats disposent, selon BVA, de potentiels électoraux relativement égaux et qu’il apparaît aujourd’hui bien difficile de déterminer lequel devance l’autre dans le rapport de force.

François Bayrou poursuit une lente baisse et, en recueillant 11% d’intentions de vote, n’apparaît plus désormais dans les prétendants crédibles à la troisième place. Il reste néanmoins presque trois semaines de campagne et la partie n’est pas encore jouée pour le candidat du MoDem qui peut encore rêver à conserver la troisième place conquise lors de la précédente élection présidentielle, même si la dynamique est pour l’instant clairement négative.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour depuis la mi-mars, Marine Le Pen toujours à la troisième place

Le 12 mars dernier, l’Ifop était le premier institut de sondage à annoncer un croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, en hausse de 1,5 points par rapport au précédent sondage réalisé du 23 au 26 février, atteint désormais 28,5% des intentions de vote au premier tour et dépasse donc François Hollande, crédité de 27% des voix, en diminution de 1,5 points.

Le lendemain, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine), montre également ce croisement des courbes annoncé par l’autre sondage de l’institut. Du 13 au 16 mars, Nicolas Sarkozy restera en première place du premier tour selon le "rolling". Les 19, 20 et 21 mars, au moment des événements de Toulouse, les deux candidats seront à égalité (le 20, François Hollande repassera même symboliquement en tête de 0,5 point). Depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy reprend la tête sans parvenir vraiment à creuser l’écart, qui se contient entre 1 et 2 points.

Le croisement des courbes entre les deux candidats s’explique autant par la légère diminution des intentions de vote en faveur de François Hollande (de l’ordre de deux points) que par une légère augmentation de celles en faveur de Nicolas Sarkozy (de l’ordre de deux points également).

S’agissant du deuxième croisement des courbes, celui qui concerne Jean-Luc Mélenchon, il intervient le 26 mars dans les études de l’Ifop et fait suite à une dynamique ascendante du candidat du Front de gauche depuis le début du mois de mars (+6 points, soit quasiment un doublement des intentions de vote en sa faveur), ainsi qu’à un tassement plus léger de François Bayrou (environ deux points en deux semaines). Cependant, depuis une semaine, les intentions de vote pour le candidat du Front de gauche restent stables (voire tendent à décroître) et, pour l’Ifop, le troisième homme reste bien une femme, la candidate du Front national, qui dispose toujours de 2 à 3 points d’avance selon cet institut.

CSA : Sarkozy nettement au-dessus de François Hollande au premier tour, Jean-Luc Mélenchon à égalité avec François Bayrou derrière Marine Le Pen

Le lendemain de l’annonce du croisement des courbes par l’Ifop, CSA avait publié une intentions de vote confirmant la progression de Nicolas Sarkozy : l’institut annonce les deux principaux candidats à égalité avec 28% d’intentions de vote. Dans leurs deux études suivantes, le croisement des courbes est effectif : Nicolas Sarkozy, avec 30% des voix, dépasse François Hollande, pour qui les intentions de vote s’essoufflent (28% les 19-20 mars et 26% les 26-27 mars).

Concernant le candidat du Front de gauche, aucune modification n’intervient dans la hiérarchie des candidats bien que Jean-Luc Mélenchon se rapproche de François Bayrou et de Marine Le Pen. Depuis les 19 et 20 mars, CSA donne François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon à égalité. S’ils tutoyaient la candidate du Front national les 19 et 20 mars, Marine Le Pen recreuse la distance avec les "quatrièmes hommes" dans la dernière étude publiée et réalisée les 26 et 27 mars (15% d’intentions de vote, 12,5% pour François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon).

 

TNS Sofres : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Jean-Luc Mélenchon derrière Marine Le Pen

Les intentions de vote de la TNS Sofres confirment les tendances données par les autres instituts : d’une part Nicolas Sarkozy, qui augmente légèrement, défie désormais à François Hollande, en légère perte de vitesse, la première place du premier tour. Dans la dernière vague d’enquête de la TNS Sofres, réalisée les 26 et 27 mars, le croisement des courbes se produit entre les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy obtenant 29% d’intentions de vote (+3 points par rapport au 12 mars) et François Hollande 28% (-2 points).

La dynamique de Jean-Luc Mélenchon se renforce au cours des quinze derniers jours et celui-ci passe devant François Bayrou, dont le socle d’intentions de vote s’érode légèrement (13,5% pour Jean-Luc Mélenchon, +3,5 points et 10% pour François Bayrou, -1,5 points). Néanmoins, cet institut, comme l’Ifop, BVA et CSA, place toujours le candidat du Front de gauche derrière Marine Le Pen (15% d’intentions de vote).

 

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Intentions de vote : quelles courbes se croisent ?

En cette période de campagne, les intentions de vote des différents instituts se suivent et il est parfois difficile de s’y retrouver. A entendre les médias parler de courbes qui se croisent, on pourrait croire que celles-ci ne cessent de passer l’une au-dessus ou au-dessous de l’autre. Or il en va bien autrement. Chaque institut (ou presque) a montré, l’un après l’autre, les mêmes dynamiques, à savoir que Nicolas Sarkozy prenait la tête du premier tour dans les intentions de vote (bien qu’il reste devancé au deuxième) et que Jean-Luc Mélenchon a vu sa courbe tutoyer voire croiser celles des autres candidats prétendant au titre de "troisième homme".

Il n’est pas toujours facile d’y voir clair tant les publications des instituts se succèdent, avec des évolutions sur des périodes différentes.

Qu’en est-il réellement ? Quels sont les croisements de courbes dont on parle tant ?

Ifop : le premier institut à annoncer le croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour

Le 12 mars dernier, l’Ifop est le premier institut de sondage à annoncer un croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, en hausse de 1,5 points par rapport au précédent sondage réalisé du 23 au 26 février, atteint désormais 28,5% des intentions de vote au premier tour et dépasse donc François Hollande, crédité de 27% des voix, en diminution de 1,5 points.

Le lendemain, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine), montre également ce croisement des courbes annoncé par l’autre sondage de l’institut. Du 13 au 16 mars, Nicolas Sarkozy restera en première place du premier tour selon le "rolling". Les 19, 20 et 21 mars, au moment des événements de Toulouse, les deux candidats seront à égalité (le 20, François Hollande repassera même symboliquement en tête de 0,5 point). Depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy reprend la tête sans parvenir vraiment à creuser l’écart, qui se contient entre 1 et 2 points.

Le croisement des courbes entre les deux candidats s’explique autant par la légère diminution des intentions de vote en faveur de François Hollande (de l’ordre de deux points) que par une légère augmentation de celles en faveur de Nicolas Sarkozy (de l’ordre de deux points également).

S’agissant du deuxième croisement des courbes, celui qui concerne Jean-Luc Mélenchon, il intervient le 26 mars dans les études de l’Ifop et fait suite à une dynamique ascendante du candidat du Front de gauche depuis le début du mois de mars (+6 points, soit quasiment un doublement des intentions de vote en sa faveur), ainsi qu’à un tassement plus léger de François Bayrou (environ deux points en deux semaines).

 

CSA : Sarkozy nettement au-dessus de François Hollande au premier tour, Jean-Luc Mélenchon à égalité avec François Bayrou

Le lendemain de l’annonce du croisement des courbes par l’Ifop, CSA publie une intentions de vote confirmant la progression de Nicolas Sarkozy : l’institut annonce les deux principaux candidats à égalité avec 28% d’intentions de vote. Dans leurs deux études suivantes, le croisement des courbes est effectif : Nicolas Sarkozy, avec 30% des voix, dépasse François Hollande, pour qui les intentions de vote s’essoufflent (28% les 19-20 mars et 26% les 26-27 mars).

Concernant le candidat du Front de gauche, aucune modification n’intervient dans la hiérarchie des candidats bien que Jean-Luc Mélenchon se rapproche de François Bayrou et de Marine Le Pen. Depuis les 19 et 20 mars, CSA donne François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon à égalité. S’ils tutoyaient la candidate du Front national les 19 et 20 mars, Marine Le Pen recreuse la distance avec les "quatrièmes hommes" dans la dernière étude publiée (15% d’intentions de vote, 12,5% pour François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon).

 

BVA : François Hollande demeure en tête et Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Ces derniers jours, ce sont les intentions de vote de l’institut BVA qui ont fait parler : le 23 mars, l’institut a annoncé, le premier, un croisement des courbes au sein des candidats se disputant la troisième marche du podium : Jean-Luc Mélenchon, en progression de cinq points par rapport aux 15 et 16 février, avec 14% d’intentions de vote, dépassait Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (12%).

Si la progression de Jean-Luc Mélenchon est attestée par tous les instituts, ainsi que la légère perte de vitesse de François Bayrou et donc le rapprochement de ces deux candidats, en revanche, seul BVA a annoncé à ce jour un croisement des courbes entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Ceci devra être confirmé ou infirmé dans les prochains jours et par les autres instituts.

Si l’on revient au duo de tête, BVA se distingue également, en annonçant toujours François Hollande en tête, malgré un resserrement certain entre les courbes. Dans leur dernière étude, qui date des 21 et 22 mars, l’écart n’est désormais plus de 1,5 points, alors même que BVA a été, depuis le début de la campagne, l’institut donnant les plus grandes différences de scores entre les deux candidats en tête. La prochaine étude BVA sera-t-elle celle qui annoncera le croisement des courbes observé par les autres instituts ?

 

Ipsos : Nicolas Sarkozy tutoie François Hollande, Jean-Luc Mélenchon dépasse François Bayrou

Dans les études de l’institut Ipsos, il n’y a pas non plus de croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour même si, comme pour BVA, les courbes se rapprochent très nettement. Dans la dernière enquête, réalisé les 23 et 24 mars, les deux candidats ne sont plus qu’à 0,5 point d’écart.

Cette dernière publication contenait un autre changement dans la hiérarchie des candidats : Jean-Luc Mélenchon y dépassait François Bayrou. Avec 13% d’intentions de vote (+1,5 points par rapport aux 16 et 17 mars), le candidat du Front de gauche prend la quatrième place au candidat du MoDem (11,5%, -1,5 points), mais reste trois points derrière Marine Le Pen (16%).

 

TNS Sofres : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Jean-Luc Mélenchon devant Bayrou

Les intentions de vote de la TNS Sofres confirment les tendances données par les autres instituts : d’une part Nicolas Sarkozy, qui augmente légèrement, défie désormais à François Hollande, en légère perte de vitesse, la première place du premier tour. Dans la dernière vague d’enquête de la TNS Sofres, le croisement des courbes se produit entre les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy obtenant 29% d’intentions de vote (+3 points par rapport au 12 mars) et François Hollande 28% (-2 points).

La dynamique de Jean-Luc Mélenchon se renforce au cours des quinze derniers jours et celui-ci passe devant François Bayrou, dont le socle d’intentions de vote s’érode légèrement (13,5% pour Jean-Luc Mélenchon, +3,5 points et 10% pour François Bayrou, -1,5 points).

 

NB : Cet article a pris le parti, par souci de concision, de ne reprendre les intentions de vote que des cinq principaux instituts. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Seuls 31% des Français sont satisfaits du quinquennat de Nicolas Sarkozy

A l’heure où le président de la République redevient un candidat comme presque tous les autres, il apparaît particulièrement handicapé par son bilan. Seuls 31% des Français se déclarent satisfaits de l’action qu’il a mené durant ses cinq ans de présidence, une satisfaction qui se révèle, en outre, pour le moins modérée : 3% se déclarent "très satisfaits" et 28% "plutôt satisfaits"*.

Plus des deux tiers des Français se disent mécontents de l’action du président et parmi ceux-ci, 36% s’affirment même "très mécontents" (et 31% "plutôt mécontents"), ce qui démontre, au-delà de l’importance du rejet, sa force. De surcroît, il est intéressant de remarquer que ce n’est pas l’accumulation de cinq années de pouvoir qui a déçu les Français. En effet, en avril 2008, un an après l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, 72% des Français se déclaraient déjà insatisfaits de son action (42% "plutôt mécontents" et 30% "très mécontents"). Nicolas Sarkozy a donc perdu très vite le crédit qui l’a porté à la présidence et "l’état de grâce" se révéla particulièrement court (cf notamment notre article sur l’évolution de la popularité de Nicolas Sarkozy). Durant les quatre années suivantes, s’est renforcé un peu plus le pôle de ses plus forts détracteurs, la part de Français se déclarant "très mécontents" passant de 30% à 36% entre 2008 et 2012.

Il est éclairant d’observer la satisfaction à l’égard du quinquennat de Nicolas Sarkozy parmi les différents électorats qui se dessinent pour l’élection présidentielle. Premier constat, au sein des électeurs prêts à accorder un nouveau mandat au président sortant, l’enthousiasme vis-à-vis du bilan n’est pas de mise. Si, sans surprise, ceux-ci se déclarent quasi-unanimement satisfaits du quinquennat (91%), seuls 9% se disent en être "très satisfaits" et 82% "plutôt".

A gauche, sans trop de suspense non plus, le rejet est particulièrement marqué : 95% des électeurs ayant l’intention de voter pour Jean-Luc Mélenchon se déclarent mécontents (et 76% "très"), 96% de ceux de François Hollande (et 61% "très") et 91% de ceux d’Eva Joly (et 62% "très").

Au sein de l’électorat centriste, l’insatisfaction est pratiquement aussi importante qu’à gauche : 85% des électeurs potentiels de François Bayrou sont mécontents du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, il est très important de noter que ce mécontentement très majoritaire n’est pas aussi fortement ancré et que "seules" 25% des personnes ayant l’intention de voter pour le candidat du MoDem se déclarent "très mécontentes" (contre 36% des Français en moyenne). Six électeurs potentiels de François Bayrou sur dix se déclarent "plutôt mécontents" du bilan du président de la République.

Enfin, c’est parmi les électeurs potentiels de Marine Le Pen que la situation est la plus mitigée : 22% d’entre eux se déclarent satisfaits et 78% mécontents du quinquennat, soit un taux de satisfaction plus faible que la moyenne de la population (31% de satisfaits et 69% de mécontents), mais plus élevé qu’à gauche ou au centre. En revanche, une part importante des électeurs frontistes se déclarent "très mécontente" (37%, et 41% "plutôt mécontente") et affiche donc un rejet clair du président sortant.

 

Globalement, l’insatisfaction très majoritaire vis-à-vis du bilan de Nicolas Sarkozy dans tous les électorats (hormis évidemment le sien) explique largement les mauvais reports de voix qui s’effectuent pour lui dans les intentions de vote de second tour. Si le président de la République parvient à tutoyer François Hollande au premier tour, il accuse toujours un retard très conséquent au second, car il ne parvient pas à capter suffisamment le vote centriste et de l’extrême-droite.

 

* Sondage Ifop en partenariat avec Fiducial pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat, réalisé par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone du 23 au 26 février, auprès d’un échantillon de 1723 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1903 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus .

** Sondage Ifop en partenariat avec Fiducial pour Paris Match, réalisé par internet et par téléphone les 17 et 18 avril 2008 auprès d’un échantillon de 956 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.