A quoi servent des intentions de vote un an après ?

L’Ifop a publié il y a quelques jours un sondage* contenant une question d’intentions de vote à l’élection présidentielle « un an après ».

IV Ifop 2013-04

Cette question a suscité de nombreuses critiques : quel intérêt puisqu’elle place les répondants dans une situation totalement fictive ? Le caractère fictif de l’hypothèse posée par la question n’est pas en doute : il n’y a pas d’élection présidentielle en vue, et même si des circonstances exceptionnelles rendaient cette hypothèse plausible, il semble hautement improbable que l’offre électorale soit identique à celle du dernier scrutin présidentiel.

Cette question n’a effectivement aucune valeur pour éclairer un prochain scrutin. Il n’est pas question d’en tirer des conclusions du type « Nicolas Sarkozy aurait gagné si l’élection avait lieu aujourd’hui », car nous ne sommes pas en campagne pour élire un président, et une campagne ferait naturellement bouger les lignes, c’est sa raison d’être. L’exercice doit être interprété bien autrement.

 

Identifier les modification du rapport de force partisane conséquentes à la déception suscitée par François Hollande

Ces résultats présentent un intérêt, dans le sens où ils permettent de mesurer quelles sont les répercussions, sur le rapport de force électoral, de la première année de présidence de François Hollande. Le différentiel de 6 points sur le score de l’actuel président entre l’intention de vote réalisé en avril 2013 (22%) et son résultat réel le 22 avril 2012 (28%) démontre l’ampleur des répercussions électorales d’un an de mandat fortement déceptif (mis en lumière par la chute vertigineuse et rapide des indicateurs de popularité de l’exécutif, notamment auprès des électeurs du président).

Ce sondage montre aussi quels sont les potentiels « gagnants » de cette déception : pas les partis sur la gauche du PS, comme on aurait pu le penser du fait des critiques de l’aile gauche du parti présidentiel et du Front de gauche sur une inflexion trop « libérale », ou en tout cas pas assez « à gauche », du président. Jean-Luc Mélenchon recueille 11 % d’intentions de vote, exactement son score réel d’avril 2012 et Nathalie Arthaud et Philippe Poutou n’augmentent pas non plus leurs résultats. Eva Joly perd même 1 point (1,5 % contre ses 2,31 % du 22 avril 2012).

François Bayrou ne bénéficie guère non plus de la déception suscitée par François Hollande. Il ne gagne qu’un point (10 % contre 9,13 % le 22 avril 2012) et reste donc loin de pouvoir concurrencer le trio de tête (Hollande, Sarkozy, Le Pen), et demeure même derrière Jean-Luc Mélenchon.

Il ne semble donc pas y avoir de mouvements massifs au sein de l’électorat de gauche. Tout porte à croire que l’électorat déçu de François Hollande, plutôt que de se reporter à gauche ou au centre, préfère se réfugier dans l’abstention. Cette situation est hautement préoccupante pour la gauche dans la perspectives des prochaines élections municipales, qu’elle ne pourra remporter si son électorat ne se mobilise pas.

Les gagnants de la première année de la présidence de François Hollande sont donc à droite : Nicolas Sarkozy, qui recueille 30 % des intentions de vote (il avait fait 27,18 % en 2012) et surtout Marine Le Pen (22 % contre 17,90%). Plus qu’à un report des voix de gauche sur la droite, c’est surtout à une mobilisation forte de ces électorats à laquelle nous devons conclure à la vue de ces résultats. Il n’est pas certain que ces deux candidats « gagnent » beaucoup de voix dans l’absolu, ils peuvent seulement bénéficier d’un différentiel de mobilisation, l’électorat de droite apparaissant donc « remonté » face à l’action gouvernementale (la mobilisation contre le « mariage pour tous » en étant une illustration). Le gain supérieur de Marine Le Pen (4 points) semble tout de même indiquer un mouvement de l’électorat vers la candidate du Front national, qui laisse penser que ce parti pourrait être l’un des gagnants des scrutins municipaux en 2014.

 

Pour conclure, nous pouvons affirmer que cette question a droit de cité dans un sondage portant sur le bilan de François Hollande, car des conclusions éclairantes peuvent en être tirées. Néanmoins, la présentation « brute » des résultats interroge et on pourra reprocher à l’Ifop de n’avoir pas assez accompagné ces chiffres, dont une reprise « primaire » était évidemment à prévoir. En outre, il aurait été intéressant que l’institut fournisse d’autres éléments pour pousser plus loin l’analyse : que répondent les personnes ayant effectivement voté pour François Hollande en avril 2012 ? Où sont passé les 6 points perdus par le président ? On peut supposer, comme nous l’avons fait ici, que c’est sans doute dans l’abstention, mais pourquoi l’institut ne pousse-t-il pas l’analyse jusque là ?

 

* Sondage Ifop réalisé par internet du 11 au 15 avril auprès d’un échantillon de 1967 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La question d’intentions de vote a été posée uniquement aux personnes inscrites sur les listes électorales.

 

Que disent les sondages d’intentions de vote au niveau national pour les législatives ?

Dès l’élection présidentielle terminée, les instituts de sondage ont commencé à publier des sondages d’intentions de vote pour les élections législatives au niveau national. Si ces études présentent évidemment des limites (l’offre électorale étant différente pour chacune des circonscriptions et cette élection peut être très influencée par des enjeux locaux), il reste tout de même intéressant d’observer le rapport électoral tel qu’il se dessine à quelques jours du premier tour au niveau de l’ensemble du territoire.

 

Le graphique ci-dessous regroupe toutes les études d’intentions de vote nationales parues, et dessine des lignes de tendance afin de "moyenner" les différents sondages et d’identifier les évolutions à l’œuvre depuis la fin de l’élection présidentielle :

 

Globalement, le rapport de force a peu changé en un peu plus d’un mois :

- L’UMP et ses alliés arrivent en tête des intentions de vote, du fait de l’union des forces de la droite, mais restent bien évidemment en-dessous, et nettement, du total des forces de gauche susceptibles de s’allier pour gouverner (PS, PRG, EELV et Front de gauche). Au lendemain de l’élection présidentielle, l’UMP associée au Nouveau Centre et au parti radical valoisien recueillait environ 32% des intentions de vote. La courbe de tendance montre une légère augmentation des intentions votes en faveur de la droite parlementaire, qui s’établissent désormais en moyenne à 33%.

- Le PS et le parti radical de gauche se situent légèrement en-dessous de ce niveau et connaissent également poussée, plus significative que celle de la droite. D’environ 30%, leur score dans les intentions de vote atteint désormais environ 32,5%. Et si certaines études peuvent donner le PS au-dessus de l’UMP, le graphique ci-dessous montre bien qu’en tendance sur toutes les études, il se situe de 2 points (juste après la fin de la présidentielle) à un point en dessous du parti de droite.

- Le Front national subit lui une légère érosion mais reste à un niveau très élevé : de 16% en moyenne, les intentions de vote pour le parti d’extrême se situent désormais à environ 15%. Le parti se situe donc à un niveau légèrement moindre que le score obtenu au premier tour de l’élection présidentielle mais demeure, de très loin, la troisième force politique française.

- Le Front de gauche connaît une évolution similaire à celle du Front national. Après les 11% de Jean-Mélenchon à l’élection présidentielle, le rassemblement recueille des scores légèrement plus faibles, et qui ont légèrement décru au long de la campagne, passant d’environ 9% à 8%.

- Europe Ecologie les Verts profite notamment de son alliance électorale avec le PS qui laisse le parti écologiste sans rival socialiste dans quelques circonscriptions réservées. Les intentions de vote pour EELV restent très stables sur la période, à environ 5%.

- Le MoDem connaît pour sa part une chute assez brutale. Alors qu’au lendemain des élections présidentielles, 5% des électeurs environ déclarent qu’ils voteront pour le parti centriste, ils sont désormais un peu moins de 3%, soit une perte de pratiquement la moitié de ses électeurs potentiels.

- L’extrême-gauche, qui subit la concurrence du Front de gauche affiche des scores faibles, à l’égal de ceux obtenus lors de l’élection présidentielle. Dans les différentes études d’intentions de vote, l’extrême-gauche dans son ensemble (principalement autour de LO et du NPA) attire environ 1,5% des intentions de vote.

 

Les intentions de vote pour les élections législatives par circonscription

A quelques jours du premier tour des élections législatives, des sondages d’intention de vote dans les différentes circonscriptions sont parus dans la presse. Nous vous en proposons un récapitulatif.

A ce jour, nous avons recensé des sondages relatifs aux circonscriptions suivantes (la couleur désignant la force politique donnée victorieuse par les sondages, avec en violet les circonscriptions incertaines) :



Note préalable : ces sondages électoraux sont généralement réalisés sur des échantillons relativement réduits (de l’ordre de 500 à 600 personnes). En conséquence, la marge d’erreur est assez élevée (de l’ordre de 4 points quand le pourcentage est proche de 50%), ce qui implique de prendre tous ces résultats avec grande prudence. Nous rappelons en outre qu’un sondage donne le rapport de force à l’instant de sa réalisation et que celui-ci peut évoluer jusqu’au dernier moment.

Aisne (02)

- 2ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 552 personnes.
A noter : circonscription de Xavier Bertrand

Au premier tour, l’ancien ministre et député de la circonscription, Xavier Bertrand, arrive nettement en tête des intentions de vote (41%). Anne Ferreira, la candidate du PS, recueille 30% des suffrages. Le Front national, représenté par Yannick Lejeune, réalise un bon score (17%) et pourrait parvenir à se maintenir au second tour. Hormis Guy Fontaine, se présentant sous l’étiquette du Front de gauche et obtenant 6% des intentions de vote, aucun autre candidat ne recueille plus de 2% au premier tour.

Xavier Bertrand arrive en tête des intentions de vote de second tour, que celui-ci prenne la forme d’un duel – dans cette hypothèse, le score du candidat UMP s’établit à 52% contre 48% pour Anne Ferreira, soit une avance relativement faible surtout si l’on considère la marge d’erreur -, ou d’une triangulaire – Xavier Bertrand obtient alors 44% des intentions de vote, Anne Ferreira 38% et Yannick Lejeune 18%.

Alpes-Maritimes (06)

- 1ère circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 505 personnes.
A noter : circonscription d’Eric Ciotti et Jacques Peyrat

La première circonscription des Alpes-Maritimes est composée d’une partie de Nice, ville fortement ancrée à droite. Le député sortant de l’ancienne première circonscription (elle est désormais agrandie suite au redécoupage électoral de 2010) ne devrait aucun mal à se faire réélire à l’Assemblée nationale.

Ainsi, le député de la droite populaire approche de la majorité absolue au premier tour en recueillant 46% des intentions de vote dans ce sondage OpinionWay. En outre, il ne souffre pas trop de la concurrence du Front national : avec 12% d’intentions de vote en sa faveur, l’ancien maire de Nice, Jacques Peyrat, est totalement distancé et n’apparaît pas en position de concourir au second tour. A gauche, Patrick Allemand, le candidat du Parti socialiste recueille 25% des voix et le Front de gauche 9%. Aucun autre candidat ne recueille plus de 2% d’intentions de vote.

Sans surprise, cette étude montre qu’Eric Ciotti l’emporte largement au second tour, avec 62% des intentions de vote contre 38% pour Patrick Allemand.

- 2ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 550 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, comme d’ailleurs dans toutes les Alpes Maritimes, le vote est également favorable à la droite. Néanmoins, si le FN parvenait à provoquer une triangulaire, il rendrait le jeu très incertain et pourrait permettre une victoire du candidat de gauche.

Au premier tour, Charles-Ange Ginesy, le représentant de l’UMP arrive en tête des intentions de vote (40%). André Aschieri, le candidat d’Europe Ecologie les Verts, soutenu par le parti socialiste, décrocherait la deuxième place avec 34%. Le candidat du Front national, Jean-Marc Degioanni obtient 18% des intentions de vote, ce qui pourrait lui permettre de se maintenir au second tour. Hors Frédérique Cattaert, la représentant du Front de gauche dans cette circonscription, qui recueille 4% des intentions de vote, aucun autre candidat ne dépasse les 1%.

Si ce second tour oppose seulement les candidats UMP et EELV, la droite l’emporte avec une avance relativement confortable (55% contre 45%). En revanche, si Jean-Marc Degioanni participait également à ce second tour, c’est le candidat de gauche qui pourrait remporter le siège. La bataille apparaît alors serrée entre Charles-Ange Ginesy, qui cumule 41% des intentions de vote et André Aschieri, qui l’emporte symboliquement dans ce sondage avec 42% d’entre elles. Le candidat frontiste réitère son score de premier tour, avec néanmoins un léger effritement (17%).

- 3ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 555 personnes.

Le candidat sortant de cette circonscription, Rudy Salles, représentant le nouveau Centre et soutenu par l’UMP, devrait également garder son siège. Au premier tour, il s’impose sans conteste, avec 40% des intentions de vote. La candidate du parti socialiste, Christine Dorejo, en deuxième position, en recueille 22%. Le candidat du Front national n’est pas loin, Gaël Nofri obtenant 18%, un score qui pourrait lui permettre de concourir au second tour. Hormis Roseline Grac pour le Front de gauche (6%) et Marie-Edith Cattet pour l’union de la droite nationale (4%), les autres candidats recueillent au maximum 2% des voix au premier tour.

En cas de duel avec la candidate du parti socialiste, le député sortant l’emporterait largement (62% d’intentions de vote contre 38%). Une triangulaire ne devrait pas non plus trop l’inquiéter : dans cette hypothèse, ce sondage lui accorde 47% des intentions de vote, contre 34% à Christine Dorejo et 19% à Gaël Nofri (qui bénéficie donc de très faible reports de voix).

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 554 personnes.

Terre de droite, la quatrième circonscription des Alpes Maritimes voit sans surprise le candidat UMP, par ailleurs député sortant, Jean-Claude Guibal, arriver en tête des intentions de vote au premier tour avec 37%. La surprise vient plutôt du deuxième : Lydia Schenardi, la candidate du Front national recueille 22% des intentions de vote et dépasse donc la candidate du parti socialiste, Pascale Gérard (18%), dont la présence au second tour n’est donc pas assurée. Autre score à deux chiffres, celui de Francis Tujague, le représentant du Front de gauche (12% des intentions de vote). Remarquons enfin le score honorable de l’entrepreneur et maire d’Eze Stéphane Cherki (divers droite) avec 7% des suffrages.

Au second tour, le député sortant l’emporte largement dans cette étude d’intentions de vote. En cas de duel avec la candidate FN, sa victoire est écrasante (70% contre 30%) même si Lydia Schenardi augmente significativement son score alors que le FN dispose généralement de très faibles reports de voix. En cas de triangulaire intégrant la candidate socialiste, Jean-Claude Guibal approche de la majorité absolue (48%) et devance Pascale Gérard (30%) et la candidate du Front national, qui n’augmente alors pas son score de premier tour (22%).

Aude (11)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 602 personnes.

Le député sortant, Yves Censi (UMP) joue un match serré dans la deuxième circonscription de l’Aude même si ce sondage le donne gagnant. Il arrive nettement en tête des intentions de vote au premier tour (40,5%). Monique Bultel-Herment, la candidate socialiste en obtient 25,5% alors qu’elle est concurrencée par Stéphane Mazars, du parti radical de gauche, qui en recueille 13%. Autres candidats de gauche, Guilhem Serieys pour le FDG réalise un bon score (8,5% des intentions de vote), tandis que le candidat Europe Ecologie les Verts Bruno Berardi n’obtient que 3% des suffrages. Enfin, le candidat du Front national, Jean-Guillaume Remise rassemble 9% des intentions de vote, ce qui tient cette circonscription à l’abri d’une triangulaire.

C’est au second tour que les choses se compliquent pour le député sortant. Opposé à la candidate socialiste, il ne l’emporte que de très peu dans ce sondage (50,5%-49,5%), ce qui rend sa victoire incertaine.

Aveyron (12)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.

Si la gauche se présente en ordre dispersé dans cette circonscription, ceci ne devrait pas l’empêcher de remporter cette circonscription déjà à gauche. Au premier tour, Michel Py, le candidat de l’UMP profite de cette division et décroche la première place (27% des intentions de vote). La candidate du parti socialiste, Marie-Hélène Fabre arrive en tête des forces de gauche (25%), avec une avance relativement nette sur Didier Codorniou, ancien soutien de Georges Frêche, se présentant sous l’étiquette du parti radical de gauche (20%).  C’est donc la candidate socialiste qui devrait représenter la gauche au second tour (la règle du désistement entre les candidats de gauche en faveur du mieux placé sera, sauf énorme surprise, respectée dans cette circonscription).

Laure-Emmanuelle Philipe, la candidate du Front national, obtient 17% des intentions de vote au second tour, un score qui pourrait lui permettre de se maintenir au second tour et de provoquer une triangulaire, même si cela n’apparaît pas comme l’hypothèse la plus probable étant donné les estimations de l’abstention. Autre score remarquable, celui de Jean-Paul Tournissa, le candidat du Front de gauche, qui rassemble 9% des intentions de vote.

Dans l’hypothèse la plus réaliste d’après ce sondage où la socialiste Marie-Hélène Fabre représenterait la gauche au second tour, elle l’emporterait largement, qu’elle soit opposée uniquement au candidat UMP (55%-45%) ou qu’une triangulaire se dessine (49% contre 31% pour Michel Py et 20% pour la candidate du Front national). Si Didier Codorniou devait emporter la "primaire" à gauche (ce qui ne peut être exclu à cette date, notamment du fait de la marge d’erreur du sondage), il l’emporterait encore plus largement : il obtiendrait 57% des voix dans l’hypothèse d’un duel, 50% dans celle d’une triangulaire (contre 32% à Michel Py et 18% à Laure-Emmanuelle Philippe).

Bouches-du-Rhône (13)

- 5ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 29 et 30 mai auprès d’un échantillon de 504 personnes.
A noter : circonscription de la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti et Renaud Muselier

La cinquième circonscription est porteuse de forts enjeux pour ses deux principaux candidats : non réélu, Renaud Muselier apparaîtrait fortement handicapé pour prendre le relai de Jean-Claude Gaudin à la mairie de la cité phocéenne ; non élue, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapée devrait abandonner son portefeuille, en vertu des règles édictées par François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Le sondage Ifop réalisé dans cette circonscription annonce un basculement à gauche et donc le maintien au gouvernement de Marie-Arlette Carlotti. Celle-ci recueille en effet 54% des voix au second tour contre 46% à Renaud Muselier. Les deux candidats arrivent nettement en tête au premier tour (36% d’intentions de vote pour le candidat de l’UMP, 34% pour la candidate socialiste). Le Front national, représenté par Jean-Pierre Baumann obtient 13,5% d’intentions de vote, ce qui écarte l’hypothèse d’une triangulaire.  Frédéric Dutoit, le candidat du Front de gauche, rassemble 8,5% des intentions de vote des électeurs.

Charentes-Maritime (17)

- 1ère circonscription :
A noter : circonscription de Ségolène Royal

sondage Ifop réalisé du 25 au 29 mai auprès d’un échantillon de 604 personnes

Dans cette circonscription ancrée à gauche, Ségolène Royal arrive en tête des intentions de vote au premier tour avec 33% des suffrages. Elle devance d’une tête le candidat socialiste dissident Olivier Falorni (26%), fortement implanté localement et qui a présenté sa candidature contre ce qu’il considère comme un parachutage. La candidate de l’UMP, Sally Chadjaa, recueille 19,5% des intentions de vote au premier tour. Le Front national, représenté par Marie-Françoise de Lacoste Lareymondie, obtient 9% des voix, et n’apparaît donc pas aujourd’hui à même de se maintenir au second tour.

Bizarrement, l’Ifop n’a pas publié d’intentions de vote de second tour.

Sondage Ifop réalisé début du 2 au 4 juin auprès d’un échantillon de 603 personnes

Un autre sondage, réalisé une semaine et demie plus tard montre un creusement de l’écart au premier tour entre Ségolène Royal et le candidat socialiste dissident Olivier Falorni. L’ancienne candidate à la présidence de la République gagne trois points d’intentions de vote au premier tour (36%), tandis qu’Olivier Falorni en perd quatre (22%). Ceci place ce candidat à quasi-égalité avec la candidate de l’UMP, qui gagne de son côté deux points (21,5%). Ces résultats serrés pour la deuxième place ne permettent pas de distinguer qui arrivera en deuxième position du fait de la marge d’erreur, mais laissent augurer une triangulaire au second tour dans cette circonscription.

Dans cette hypothèse, Ségolène Royal remporterait l’élection avec 43% des suffrages, contre 30% pour Sally Chadjaa et 27% pour Olivier Falorni. Si la président de région devait n’affronter que la candidate de l’UMP, elle l’emporterait largement (58% contre 42%). Si le deuxième tour devait opposer Ségolène Royal et Olivier Falorni, le duel serait serré. La candidate recueille 51% des intentions de vote contre 49% pour Olivier Falorni, ce dernier disposant d’un report massif des voix de de l’UMP.

Corse-du-Sud (2A)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 502 personnes.

D’après ce sondage de l’Ifop, cette circonscription basculerait au soir du second tour des élections législatives, le député de gauche sortant, Simon Renucci, étant donné battu par le candidat UMP Laurent Marcangeli.

Simon Renucci est devancé dès le premier tour : il recueille 26% d’intentions de vote contre 32% pour son rival de l’UMP. Les voix de gauche au premier tour vont également à Paul-Antoine Luciani, le candidat du Front de gauche, qui recueille 9% des voix dans ce sondage. Le Front national recueille 11,5% des intentions de vote. Les nationalistes corses se présentent en ordre dispersés dans cette circonscription : Romain Colonna, pour Femu a Corsica obtient 13% des intentions de vote, Paul-Mathieu Leonetti, candidat nationaliste de Corsica libera, 4,5%. Les nationalistes ne devraient donc pas provoquer de triangulaire dans cette circonscription.

Au second tour, le candidat de l’UMP l’emporte selon ce sondage, avec 51,5%, une avance donc relativement limitée et comprise dans la marge d’erreur.

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 502 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, le député sortant Camille de Rocca Serra (UMP), apparaît en difficulté bien qu’il domine largement le premier tour, en recueillant 33% des intentions de vote. Au second tour, ce sondage indique qu’il affronterait Jean-Christophe Angelini, le candidat nationaliste de Femu a Corsica qui recueille 20% des intentions de vote au premier tour et se positionne donc avant le candidat soutenu par le parti socialiste, Paul-Marie Bartoli, du Parti Radical de Gauche (18%), lui-même fortement concurrencé par Dominique Bucchini, le candidat du Front de gauche (14%). Enfin, le candidat du Front national, Bernard Angelini, recueille lui aussi un score à deux chiffres dans cette étude d’intentions de vote (11%) et complète ce fort éparpillement des voix au premier tour.

Au regard de ce rapport de force, la gauche pourrait ne pas parvenir à se maintenir au second tour. Dans ce cas, le duel entre Camille de Rocca Serra et Jean-Christophe Angelini serait serré, les deux candidats étant crédités de 50% des intentions de vote. Le candidat nationaliste arrive alors à récupérer une grande partie des voix de gauche. Dans l’hypothèse d’une triangulaire intégrant le candidat radical de gauche Paul-Marie Bartoli, le candidat UMP l’emporterait avec une petite avance, 38% des intentions de vote, contre 31% à chacun de ces deux adversaires.

Haute-Corse (2B)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 500 personnes.

Ce sondage montre que le candidat de l’UMP, Sauveur Gandolfi-Scheit conserverait son mandat de député que les nationalistes corses se maintiennent ou non au second tour. Au premier tour, le député sortant domine largement avec 32% d’intentions de vote. Jean Zucarelli, le candidat du PRG soutenu par le PS, arrive au coude-à-coude avec Gilles Simeoni, le candidat de Femu a Corsica (respectivement 22,5% et 21,5% d’intentions de vote). Le Front de gauche réalise un score important (10,5%) et devance légèrement le Front national (9%).

En cas de triangulaire, Sauveur Gandolfi-Scheit l’emporterait avec 38,5% des voix, devant le candidat socialiste (34,5%), le représentant du parti nationaliste arrivant en troisième position (27%). En cas de duel "classique" entre la gauche et la droite, le député sortant l’emporte assez largement devant Jean Zucarelli (54% contre 46%)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 504 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, le député sortant devrait également conserver son siège. Paul Giacobbi, candidat du PRG soutenu par le PS, l’emporte en effet au second tour sur la candidate UMP, Stéphanie Grimaldi, avec 54% des intentions de vote contre 46%. Cette victoire de la gauche s’explique notamment par le fort niveau obtenu dès le premier tour par le député sortant (32%), ainsi que par la force relative du Front de gauche (7,5%). Paul Giacobbi profite également de la division des nationalistes (11% pour Saveriu Luciani, candidat de Femu a Corsica et 9% pour Petru Antone Tomasi, candidat de Corsica Libera), qui désunis, n’apparaissent pas en mesure d’accéder au second tour. Notons enfin les 10% recueillis par la candidate Front national, Estelle Massoni, dans cette étude d’intentions de vote.

Gard (30)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 4 et 5 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de Gilbert Collard

Cette circonscription compte une personnalité de notoriété nationale, Gilbert Collard, se présentant sous l’étiquette du "Rassemblement Bleu Marine" dans un territoire où le Front national a obtenu un très fort score à la présidentielle.

Au premier tour, les trois premiers candidats recueillent le même score d’intention de vote (29,5%), laissant planer la plus grande incertitude dans l’ordre d’arrivée entre Gilbert Collard, Katy Guyot, la candidate du parti socialiste et Etienne Mourrut, celui de l’UMP. Quel que soit celui-ci, les trois candidats s’affronteront au second tour dans le cadre d’une triangulaire. C’est Katy Guyot qui en tire le bénéfice : avec 37% des intentions de vote, la candidate socialiste devrait ravir cette circonscription à la droite. Le député sortant Etienne Mourrut serait même devancé par Gilbert Collard au second tour, mais leurs scores sont très proches (respectivement 31% et 32%), ce qui ne permet de préjuger avec certitude de leur ordre d’arrivée le jour du scrutin.

Gironde (33)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 30 et 31 mai auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de la ministre déléguée chargée des personnes âgées et de la dépendance, Michèle Delaunay

La ministre déléguée chargée des personnes âgées et de la dépendance, Michèle Delaunay devrait rester au gouvernement à l’issue des élections législatives selon ce sondage Ifop. Au premier tour, elle fait jeu égal (37%) avec le candidat UMP Nicolas Florian, qui la devance symboliquement (38%). Face à la prédominance des deux principales forces politiques, peu de "petits" candidats tirent leur épingle du jeu : Brigitte Comard, la candidate du Front de gauche recueille 8% des intentions de vote, Marie-Claude Noël, sous l’étiquette d’Europe Ecologie Les Verts 7% – score notablement haut au regard de la moyenne nationale -, François Jay, le représentant du Front National 6,5% – à l’inverse, score  faible comparativement aux intentions de vote nationales.

Au second tour, Michèle Delaunay recueille 55% des intentions de vote au second tour contre 45% à son adversaire de l’UMP.

Pas-de-Calais (62)

- 11ème circonscription :
A noter : circonscription de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen

Sondage Ifop réalisé du 15 au 17 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
La onzième circonscription du Pas-de-Calais est sans doute la circonscription la plus scrutée de ces élections législatives puisqu’elle voit s’affronter deux candidats à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Au premier tour, Marine Le Pen arriverait en tête. Bien implantée à Hénin-Beaumont, elle recueille un tiers des intentions de vote (34%). Le candidat du Front de gauche en obtient 29% et distance donc Philippe Kemel (18%), le candidat du parti socialiste, parti enfoncé dans les "affaires" dans cette région. Jean Urbaniak, le candidat du MoDem et soutenu par l’UMP arrive en quatrième position dans cette étude (16%). Ce dernier ne semble donc vraiment pas assuré d’obtenir les 12,5% des inscrits nécessaires pour se maintenir au second tour.

Par conséquent, cette étude laisse se profiler un second tour entre les deux "fronts", le candidat du PS, bien qu’en capacité d’atteindre le seuil de sélection, devrait en effet respecter la règle du désistement en faveur du plus fort candidat à gauche. Dans cette hypothèse, Jean-Luc Mélenchon l’emporte au second tour sur Marine Le Pen, assez nettement (55% contre 45%). Il apparaît également vainqueur dans l’hypothèse, assez improbable au regard de ce sondage, où Jean Urbaniak, le candidat MoDem/UMP, arrivait à accéder au second tour. Jean-Luc Mélenchon obtient alors 44% des intentions de vote, Marine Le Pen 36% et Jean Urbaniak 20%.

Sondage Ifop réalisé du 2 au 4 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.
Réalisé deux semaines et demie après le précédent, ce sondage Ifop permet de noter quelques évolutions dans le rapport de force :

- Tout d’abord, Marine Le Pen renforce son score au premier tour. Dans cette deuxième étude, elle y est créditée de 37% des intentions de vote, soit une augmentation de 3 points. Cette évolution accroît l’avance qu’elle possédait sur ses adversaires au premier tour.

- Jean-Luc Mélenchon apparaît en perte de vitesse. Au premier tour, il recule de 4 points par rapport au précédent sondage et obtient 25% des intentions de vote. Cette diminution du score du candidat du Front de gauche est également perceptible au second tour. Opposé à Marine Le Pen, il recueille désormais 52% des intentions de vote contre 48% à son adversaire. Il recule donc de 3 points par rapport à la mi-mai. Ainsi, alors que dans le précédent sondage, la bataille apparaissait très favorable à Jean-Luc Mélenchon, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. D’une part,  il pourrait ne pas parvenir à représenter la gauche au premier tour. En effet, l’écart entre lui et Philippe Kemel a fondu de 11 points à la mi-mai à 3,5 points début juin. L’écart est désormais compris dans la marge d’erreur et si la dynamique observée se poursuit, c’est peut-être le candidat PS qui affrontera la présidente du Front national. D’autre part, au second tour, l’écart s’est également réduit avec Marine Le Pen, ce qui laisse augurer une bataille serrée, où la victoire est incertaine (l’écart entre les deux candidats étant également compris dans la marge d’erreur).

- Philippe Kemel réduit donc l’écart avec Jean-Luc Mélenchon au premier tour, à la faveur d’une poussée de 3,5 points en deux semaines et demie. Il obtient désormais 21,5% des intentions de vote au premier tour et pourrait donc se qualifier au détriment de Jean-Luc Mélenchon (25%). Dans cette hypothèse, il l’emporterait largement sur la candidate du Front national (57%-43%), un score stable par rapport à celui observé dans la précédente enquête.

- Dernière évolution notable, la légère diminution du score de Jean Urbaniak, le candidat MoDem bénéficiant du soutien de l’UMP, qui ne rassemble plus que 13% des intentions de vote (-3 points).

Ainsi, en quelques jours, le rapport de force a nettement évolué. La perte de vitesse de Jean-Luc Mélenchon laisse désormais envisager sérieusement une victoire de Marine Le Pen.

Sondage OpinionWay réalisé du les 4 et 5 juin auprès d’un échantillon de 561 personnes.

Troisième sondage sur la circonscription, celui d’OpinionWay. Il confirme un peu plus la chute de Jean-Luc Mélenchon, puisque dans cette étude, il est devancé au premier tour par Philippe Kemel bien que l’écart demeure très faible (24% pour le candidat du Front de gauche contre 25% pour Philippe Kemel). Néanmoins, l’écart est très faible. Ceci ne permet de conclure qu’à un rapport de force très serré entre les deux candidats, pas sur l’ordre d’arrivée. Les jeux demeurent très incertains à gauche.

Dans cette étude, Marine Le Pen recueille 32% des intentions de vote au premier tour (assez loin donc des 37% mesurés par l’Ifop quelques jours auparavant) et Jean Urbaniak 15% (soit un score comparable à celui donné par l’Ifop).

Au second tour, ce sondage d’OpinionWay confirme que le jeu serrait très serré dans l’hypothèse d’un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Le candidat du Front de gauche dispose néanmoins d’un léger avantage (51% contre 49%). Si Philippe Kemel représentait la gauche au second tour, OpinionWay annonce un rapport de force plus tendu que l’Ifop : Phillipe Kemel obtient 53% des intentions de vote contre 47% pour Marine Le Pen (57%-43% pour l’Ifop). Ces différences entrent néanmoins dans la marge d’erreur.

Pyrénées atlantiques (64)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 22 et 23 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
+ sondage OpinionWay réalisé les 22 et 23 mai auprès d’un échantillon de 530 personnes.
A noter : circonscription de François Bayrou

La circonscription du président du MoDem attire les projecteurs et deux sondages ont été réalisés dans cette circonscription. Tous deux donnent François Bayrou perdant si les candidats UMP et PS refusent de se désister en sa faveur au second tour.

Le sondage Ifop donne la candidate socialiste, Nathalie Chabanne, en tête du premier tour, avec 31% des intentions de vote.  Elle devance légèrement François Bayrou, qui avec 29% d’intentions de vote, fait 10 points de plus que son score à la présidentielle dans la circonscription (le sondage OpinionWay diffère notablement en lui accordant 24%). Eric Saubatte, le candidat UMP, obtient 23% des voix et devrait donc certainement accéder au second tour. De cette triangulaire, la candidate socialiste sort en tête avec 41% des intentions de vote. François Bayrou en recueille 33% et le candidat UMP 26% (respectivement 44%, 28% et 28% dans l’étude OpinionWay). Si le candidat UMP ne parvenait pas à se maintenir au second tour, François Bayrou est également donné perdant, mais l’écart avec la candidate socialiste est très réduit dans l’étude Ifop (et donc compris dans la marge d’erreur de +/- 4 points) : 49,5% contre 50,5%. Néanmoins, le sondage OpinionWay confirme cette défaite, et l’annonce plus cuisante (55%-45%).

Sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Réalisé deux semaines après les précédents sondages présentés, cette étude de l’Ifop montre que le rapport de force n’évolue que peu. Au premier tour, la seule différence notable concerne le candidat de l’UMP Eric Saubatte, qui perd 4 points et n’atteint plus que 19% des voix, ce qui met d’autant plus en danger sa qualification au second tour. L’écart se creuse donc avec la candidate PS Nathalie Chabanne (32%) et François Bayrou (30%).

Dans l’hypothèse d’une triangulaire entre tous ces candidats, Nathalie Chabanne l’emporterait nettement (43% contre 33% à François Bayrou et 24% à Eric Saubatte), comme le montraient les sondages précédents. Dans le cas d’un duel, l’Ifop confirme son diagnostic d’un match serré entre les deux candidats : ils recueillent chacun 50% des intentions de vote. Rien n’est donc joué dans cette circonscription.

Pyrénées orientales (66)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 29 mai au 2 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de Louis Aliot

Dans cette circonscription, la présence du Front national devrait faire échouer Daniel Mach, le député sortant (UMP), qui brigue un nouveau mandat.

Louis Aliot, le candidat frontiste dans cette circonscription, obtient en effet un très bon score au premier tour. Ce sondage lui accorde 23% des intentions de vote, ce qui le place donc en deuxième position derrière le député sortant, qui arrive assez nettement en tête (29,5%). La bataille à gauche est serrée entre Jaques Cresta, le candidat socialiste, qui obtient 20% des intentions de vote, et Jean Vila, le candidat du Front de gauche, qui en obtient 18%. Le faible écart entre ces deux candidats ne permet donc de déterminer avec certitude lequel des deux arriverait en tête de la gauche au premier tour. Avec un score de l’ordre de 20%, ce troisième quel qu’il soit devrait néanmoins parvenir à se qualifier pour le second tour, sans que cela ne soit totalement assuré cependant. Un second tour de duel entre l’UMP et le FN ne peut être totalement exclu (cette hypothèse n’est néanmoins pas testée dans ce sondage).

Les forts scores de ces quatre candidats ne laissent que peu d’espace aux autres au premier tour. Le MoDem recueille 3% des intentions de vote et EELV 2,5%. Aucun autre candidat ne recueille plus de 1%.

Au second tour, la présence du candidat FN permet à la gauche de remporter les triangulaires, que le candidat qualifié pour la représenter soit celui du PS ou du FDG. Néanmoins, l’avance du candidat de gauche reste relativement faible (surtout si elle est représentée par Jean Vila, le candidat du Front de gauche).

Dans la première hypothèse qui semble la plus probable au regard des résultats précédents, Jacques Cresta obtient 41% des intentions de vote, Daniel Mach 35% et Louis Aliot 24% – celui n’augmentant donc son score de premier tour que d’un point, ce qui met en lumière une fois de plus les faibles réserves de voix des candidats frontistes dans des triangulaires où un autre candidat de droite est présent. Dans l’hypothèse où Jean Vila se qualifiait au second tour, les résultats sont assez proches mais plus serrés : il y obtient 40% des intentions de vote, Daniel Mach 36% et Louis Aliot 24%.

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Dans la deuxième circonscription des Pyrénées orientales, le rapport de force s’avère très incertain. Les résultats du premier tour peuvent laisser augurer une triangulaire au second. Toussainte Calabrèse, la candidate socialiste arrive en tête des intentions de vote au premier tour (31%), suivie du candidat de l’UMP Fernand Siré (28%) et d’Irina Kortanek, représentante du Front national. La candidate du Front de gauche Françoise Fiter recueille 7% des intentions de suffrages, et Joseph Puig pour le MoDem, 5,5%.

Pour le second tour, deux hypothèses se dessinent selon si la candidate FN parvient ou non à dépasser le seuil de 12,5% des inscrits. Si c’est le cas, la gauche l’emporte selon ce sondage. Toussainte Calabrèse recueille alors 42% des voix, Fernand Siré 36,5% et Irina Kortanek, ne bénéficiant que de faibles reports de voix, plafonne à 21%. Dans le deuxième scénario, celui d’un duel entre la candidate du parti socialiste et celui de l’UMP, la victoire est pour le moins incertaine, les deux candidats étant crédités de 50% des voix.

- 3ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 25 et 26 mai auprès d’un échantillon de 606 personnes.

Au premier tour, la candidate du parti socialiste, Ségolène Neuville arrive en tête (32%) talonnée par le candidat UMP Jean Castex (30%). Représenté par Bruno Lemaire, le Front national fait un score important (19%) et semble pouvoir se maintenir au second tour.

La candidate socialiste l’emporterait en cas de duel ou de triangulaire, portée par un fort socle de gauche (au premier tour, le Front de gauche recueille 12% d’intentions de vote, EELV 4%, le NPA 1% et le MRC 1%). Opposée seulement au candidat UMP, Ségolène Neuville recueille 54% des intentions de vote. En cas de triangulaire, elle frôle la majorité absolue (49%), tandis que les deux autres candidats n’augmentent que très peu, voire pas du tout, leur score de premier tour (32% pour Jean Castex de l’UMP et 19% pour Bruno Lemaire du Front national).

- 4ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 23 et 24 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.

La quatrième circonscription des Pyrénées orientales devrait participer au basculement de l’Assemblée nationale à gauche si celle-ci devait l’emporter. En effet, dans cette circonscription, la députée UMP sortante, Jacqueline Irlès, est donnée nettement battue par le candidat socialiste, Pierre Aylagas, au second tour (44% contre 56%) en cas de duel. En outre, avec 19% d’intentions de vote au premier tour, la candidate du FN, Marie-Thérèse Costa-Fesenback, impose de considérer l’hypothèse d’une triangulaire, où le candidat socialiste l’emporterait par 49% des voix, contre 33% à Jacqueline Irlès et 17% au parti d’extrême-droite.

Relevons le fort score obtenu par le Front de gauche dans cette circonscription au premier tour : Nicolas Garcia cumule en effet 14% des intentions de vote.

Rhône (69)

- 1ère circonscription :
A noter : circonscription de Philippe Meirieu

Sondage OpinionWay réalisé du 1er au 4 juin auprès d’un échantillon de 553 personnes.

Le candidat d’Europe Ecologie les Verts, Philippe Meirieu,  se présente à Lyon dans cette première circonscription réservée aux écologistes dans l’accord PS-EELV. Cependant, il doit affronter Thierry Braillard, un candidat se présentant sous l’étiquette du PRG et soutenu par le maire PS de Lyon Gérard Collomb. La "primaire" à gauche est donc un enjeu fort de cette circonscription.

Cette bataille à gauche au premier tour apparaît assez serrée selon ce sondage OpinionWay. Philippe Meirieu arrive en tête avec 24% des voix, mais Thierry Braillard, avec 21% des voix, pourrait lui disputer la première place à gauche. Cette dispersion des voix de la gauche parlementaire au premier tour profite au candidat UMP Michel Havard, qui arrive nettement en tête (30%). Parmi les autres candidats, notons les 9% d’intentions de vote du candidat du Front national André Morin et les 8% du Front de gauche représenté par Claude Lanher.

Deux hypothèses doivent être envisagées pour le second tour, selon l’identité du candidat de gauche arrivant en tête au premier, que ce sondage ne permet pas de trancher avec certitude au regard de la marge d’erreur. Selon la règle appliquée au sein de la gauche, il y aurait désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé de la part d’un deuxième candidat de gauche obtenant le seuil de 12,5% des inscrits, ce qui explique que l’hypothèse d’une triangulaire ne soit pas présente.

Si Philippe Meirieu représentait la gauche au second tour, le match serait relativement serré : il obtient en effet 52% des intentions de vote contre 48% au candidat de l’UMP. Dans la deuxième hypothèse, la victoire de la gauche apparaît davantage assurée, Thierry Braillard obtenant 54% contre 46% à Michel Havard. Le candidat radical obtient en effet de meilleurs reports de voix des électeurs de Philippe Meirieu au premier tour que l’inverse.

Sondage Ipsos réalisé les 29 et 30 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Ipsos a publié quelques jours plus tard un sondage réalisé un peu avant celui d’OpinionWay. Celui-donne des résultats très similaires : au premier tour, Michel Havard arrive en première position avec une assez nette avance (33%). Philippe Meirieu arrive en deuxième position (22%), mais avec une faible avance sur Thierry Braillard (20%).Le candidat du Front national recueille 10% d’intentions de vote et Claude Lanher, du Front de Gauche, 8%.

Pour le second tour, ce sondage Ipsos montre que, quel que soit le candidat de gauche sélectionné, il l’emporte avec 53% des voix contre 47%.

- 2ème circonscription :
Sondage OpinionWay
réalisé du 1er au 4 juin auprès d’un échantillon de 550 personnes.

L’actuel occupant du siège, Pierre-Alain Muet (PS) devrait être réélu. Au premier tour, il arrive en tête, avec 35% des intentions de vote. Il est suivi par le candidat de l’UMP Emmanuel Hamelin, qui réalise lui aussi un très bon score (32%). Aucun autre candidat ne réalise de score à deux chiffres au premier tour. Le FN se révèle particulièrement faible dans cette circonscription lyonnaise (5%), démontrant encore une fois le faible ancrage du parti frontiste dans le centre des grandes villes. Autour du candidat PS, deux candidats se distinguent : d’abord Emeline Baume, la candidate d’Europe Ecologie les Verts, qui recueille 9% des intentions de vote, un score bien au-delà de la moyenne nationale du parti, et qui lui permet de directement concurrencer  la candidate du Front de Gauche, Anne Charmasson-Creus (8%).  Enfin, en cette terre centriste qu’est Lyon, la candidate du MoDem, Fabienne Levy, signe également une performance au-delà des scores qu’obtient son parti dans les études d’intentions de vote au niveau national. Néanmoins son score reste modeste (5%). Elle pourrait néanmoins devant le FN.

Au second tour, le socialiste Pierre-Alain Muet s’impose face au candidat UMP à hauteur de 55% des intentions de vote contre 45%.

Sondage Ipsos réalisé les 29 et 30 mai auprès d’un échantillon de 608 personnes.

De la même manière que pour la circonscription précédente, Ipsos a publié un autre sondage, après celui d’OpinionWay, bien qu’il ait été réalisé quelques jours auparavant. Si cette deuxième étude confirme largement les résultats du sondage de l’institut concurrent, quelques mineures différences sont à relever :

- Emmanuel Hamelin y réalise un score notablement inférieur à celui du sondage précédent (27%), ce qui ne bouleverse pas la physionomie du premier tour, seulement un peu plus dominé par Pierre-Alain Muet.

- Emeline Baume, la candidate Europe Ecologie les Verts recueille 7% d’intentions de vote, et se place donc assez nettement derrière la candidate du Front de Gauche (10%°. L’ordre d’arrivée entre ces deux candidatures reste donc incertain au regard des sondages.

Sarthe (72)

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 1er au 4 juin auprès d’un échantillon de 505 personnes.
A noter : circonscription du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Ancienne circonscription de François Fillon

En se présentant dans l’ancienne circonscription de François Fillon, Stéphane Le Foll ne joue pas la partition la plus facile. Ce sondage montre néanmoins que le ministre de l’agriculture dispose d’un rapport de force favorable dans la Sarthe. Il arrive en tête du premier tour avec 38% des intentions de vote, contre 34% à son rival de l’UMP, Marc Joulaud. Aucun autre candidat ne semble pouvoir atteindre le seuil de 12,5% des inscrits, le Front national recueillant 13% des voix. Le Front de gauche rassemble 7% des intentions de vote et EELV 3%

Au second tour, le ministre de l’Agriculture obtient 53% des intentions de vote, contre 47% au candidat de l’UMP.

Seine-et-Marne (77)

- 6ème circonscription :
A noter : circonscription de Jean-François Copé

Sondage BVA réalisé les 30 et 31 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.
Ce sondage BVA démontre que Jean-François Copé ne devrait pas avoir de mal à retrouver son siège de député lors des prochaines élections législatives. Néanmoins, alors qu’il avait été élu avec la majorité absolue dès le premier tour en 2007, il pourrait cette fois-ci être mis en ballotage dans cette circonscription qui a subi le redécoupage électoral de 2010.

Au premier tour, le secrétaire général de l’UMP s’impose nettement et recueille 47% des intentions de vote. Il devance  Caroline Pinet (26%), la candidate d’Europe Ecologie les Verts, soutenue par le PS. Le Front national, représenté par Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti, obtient 14% et ne devrait donc pas être présent au second tour. Seuls deux autres candidats dépassent les 1% au premier tour : Guillaume Quercy pour le Front de gauche (8,5%) et Victor Manuel Niubo Andreu pour le MoDem (3%).

Au second tour, dans l’hypothèse d’un duel qui semble de loin la plus probable au regard de ce sondage, Jean-François Copé l’emporterait très nettement sur la candidate écologiste (60% contre 40%). L’hypothèse d’une triangulaire avec le FN ne ferait pas chuter le secrétaire général de l’UMP, qui obtient alors 48% des intentions de vote, Caroline Pinet 38% et Marie-Christine Arnautu 14% (soit le même score qu’au premier tour).

Sondage OpinionWay réalisé les 4 et 5 juin auprès d’un échantillon de 554 personnes.

OpinionWay a réalisé une semaine plus tard un sondage sur la même circonscription. Il montre un léger effritement du score de Jean-François Copé. En effet, au premier tour, celui-ci obtient désormais 42% des intentions de vote (soit -5 points par rapport au sondage BVA), et au second tour 55% en cas de duel contre Caroline Pinet (-5 points également). En cas de triangulaire, il ne perd que 2 points d’intentions de vote (46%).

En parallèle, on notera une légère augmentation des scores d’intentions de vote recueillis par Caroline Pinet : 28% au premier tour (soit +2 points), 45% au deuxième en cas de duel (+5 points) et 40% en cas de triangulaire (+2 points).

Enfin, Marie-Christine Arnautu semble également en légère progression au premier tour (16%, soit +2 points), cette évolution étant néanmoins à interpréter avec grande prudence car elle n’est pas statistiquement significative.

Var (83)

- 3ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 26 au 29 mai auprès d’un échantillon de 550 personnes.
A noter : circonscription de Bruno Gollnisch

Le Var est l’un des départements où le Front national a effectué ses meilleurs scores à l’élection présidentielle (25% sur l’ensemble du département). Ce sondage OpinionWay montre que le parti devrait également réaliser une belle performance au premier tour de l’élection législative dans la 3ème circonscription, mais demeure loin de l’emporter au second.

Le candidat UMP sortant, Jean-Pierre Giran devrait en effet garder son siège. Il arrive très largement en tête au premier tour avec 43% des intentions de vote. Le Front national, représenté par une figure nationale du parti, Bruno Gollnisch, arrive à égalité avec le PS, représenté par Joël Canapa (respectivement 23% et 22%). Aucun autre candidat ne dépasse les 5% au premier tour, ce qui traduit notamment une faible pénétration du Front de gauche dans cette circonscription (4% d’intentions de vote seulement, un score faible comparativement à la moyenne nationale donné par les sondages).

Au second tour, qui serait donc une triangulaire, Jean-Pierre Giran s’impose nettement, fort de son score de premier tour, qu’il augmente légèrement (47%). Le candidat socialiste rassemble les voix de gauche du premier tour et obtient 29% d’intentions de vote, ce qui lui permet de devancer Bruno Gollnisch (24%).

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 550 personnes.

Dans la quatrième circonscription, les scores obtenus au premier tour montrent bien la prédominance de la droite : le député sortant Jean-Michel Couve y recueille 46% des intentions de vote, soit pas loin de la majorité absolue. Pour la deuxième place, le candidat du Front national Jean-Louis Bougeureau en obtient 20%, soit autant que Jean-Laurent Felizia, le candidat de la majorité présidentielle, issu d’Europe Ecologie les Verts. Autres scores notables, celui de Jean-Marie Bernardi (6%), pour le Front de gauche et de Vincent Morisse (6%), le maire de Sainte-Maxime, exclu de l’UMP pour avoir présenté sa candidature contre le candidat officiel du parti.

C’est donc en toute vraisemblance selon ces résultats que le second tour sera une triangulaire dans cette circonscription. Jean-Michel Couve y remporte une nette majorité des voix (57%). Jean-Laurent Felizia, qui bénéficie notamment de reports de sa gauche, augmente significativement son score de premier tour et recueille 26% des intentions de vote. En revanche, Jean-Louis Bougeureau perd en partie son socle électoral du premier tour (dans un réflexe de vote utile ?) et n’obtient plus que 17% des voix.

- 7ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 553 personnes.

Dans la septième circonscription, Jean-Sébastien Vialatte devrait parvenir à obtenir un troisième mandat. Au premier tour, il devance nettement tous ses adversaires en recueillant 40% des intentions de vote. Ladislas Polski, candidat du MRC soutenu par le parti socialiste en obtient 22%. Quant au candidat du FN, Frédéric Boccaletti, il atteint sans surprise un score important (17%) mais ne lui assurant pas totalement une qualification au second tour. Parmi les autres candidats, notons les 8% de Christine Sampéré, la représentante du Front de gauche et les 6% d’Arthur Paecht.

Au second tour, dans le cas d’une triangulaire ou d’un duel, Jean-Sébastien Vialatte s’impose nettement : il recueille 48% d’intentions de vote dans la première hypothèse, contre 34% au candidat de gauche et 17% à celui du FN ; dans la deuxième, il l’emporte avec 62% des suffrages contre 38% à Ladislas Polski.

- 8ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 505 personnes.

De la même manière que pour la troisième circonscription, le Front national obtient de très bons scores dans ce sondage sur la huitième et paraît pouvoir se maintenir sans problème au second tour et donc provoquer une triangulaire.

Au premier tour, le candidat UMP Olivier Audibert-Troin arrive en tête des intentions de vote (30%). Il devance assez nettement Bernard Clap, le candidat du parti socialiste (22%). Geneviève Blanc, la candidate du Front nationale, recueille autant d’intentions de vote que le candidat de la majorité présidentielle (22%). Joëlle Mecagni, représentante du Front de Gauche, avec 8% d’intentions de vote, réalise un score très honorable sur cette terre de droite. Notons par ailleurs les 6% de Max Piselli.

En toute vraisemblance, la 8ème circonscription du Var devrait donc connaître une triangulaire au second tour. Celle-ci ne devrait pas faire perdre de siège à la droite mais l’écart entre les deux principaux candidats est relativement serré. En effet, Olivier Audibert-Troin obtient 39% des intentions de vote dans cette hypothèse, devant le candidat du PS (36%), tandis que les reports de voix se révèlent très défavorables pour la candidate du Front national, qui n’augmente que très faiblement son score du premier tour (25%).

Essonne (91)

- 4ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 21 au 23 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
A noter : circonscription de Nathalie Kosciusko-Morizet

L’ancienne ministre de l’Environnement n’est pas assurée de retrouver son siège de députée dans quelques semaines. Ce sondage Ifop donne en effet Nathalie Kosciusko-Morizet au coude-à-coude avec son adversaire socialiste Olivier Thomas au second tour (50%-50%).

Au premier tour, la candidate de l’UMP arrive pourtant largement en tête, avec 41% des intentions de vote, profitant de la faiblesse relative de l’extrême-droite dans cette circonscription (Brigitte Dupin, la candidate du SIEL soutenue par le Front national obtient 8,5%, et le candidat du parti de la France 0,5%). Distancé avec tout de même 33% des voix, le candidat socialiste profite notamment des reports du Front de gauche (7,5% des intentions de vote au premier tour) et d’EELV (3%).

Hauts-de-Seine (92)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 607 personnes.
A noter : circonscription de Rama Yade

Rama Yade se présente dans la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine sous l’étiquette du parti radical, soutenue par le MoDem et le Nouveau Centre. L’UMP présente un candidat contre l’ancienne secrétaire d’Etat, en l’occurrence Manuel Aeschlimann, député sortant. Et ce combat au sein de la droite est largement remporté par ce dernier. Au premier tour, il obtient 29% d’intentions de vote et Rama Yade 19%. Elle pourrait donc ne pas franchir le seuil de 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour.

Le candidat du parti socialiste, Sébastien Pietrasant, arrive en tête du premier tour, avec 36% des intentions de vote. Il l’emporterait également au second, que Rama Yade se maintienne ou non. Dans la première hypothèse, ce sondage le crédite de 54% des voix contre 46% à Manuel Aeschlimann. En cas de triangulaire, le candidat PS atteind presque la majorité absolue avec 48% des intentions de vote, le député sortant en obtenant 33% et Rama Yade 19% – soit son score de premier tour, ce qui indique qu’elle ne bénéficierait d’aucun report de voix.

- 9ème circonscription : deux sondages ont été réalisés à plus de deux semaines de distance dans cette circonscription :
A noter : circonscription de Claude Guéant

Sondage Ifop réalisé les 14 et 15 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Candidat dans une circonscription fortement ancré à droite, Claude Guéant l’emporterait selon ce sondage. Au second tour, le candidat investi par l’UMP est crédité de 57% des intentions de vote, contre 43% à son adversaire socialiste Martine Even.

Thierry Solère, le candidat de droite dissident, exclu de l’UMP pour avoir refusé de retirer sa candidature face au "parachutage" de Claude Guéant, est nettement devancé au premier tour dans cette étude : il recueille 15% des intentions de vote contre 41% pour l’ancien ministre de l’Intérieur. La candidate socialiste recueille, quant à elle, 25% d’intentions de vote au premier tour. Autre score notable, celui de Dorothée Pineau, pour l’Alliance centriste (7%).

Sondage CSA réalisé du 1er au 2 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.

Réalisé plus de deux semaines après le sondage de l’Ifop, le sondage CSA donne des résultats nettement différents et laisse envisager une victoire du candidat UMP dissident Thierry Solère. Les différences constatées peuvent tenir à quatre facteurs : des évolutions au cours du temps, naturelles au long d’une campagne (sauf à croire qu’une campagne électorale n’a aucun effet) ; le jeu des marges d’erreur (sur un échantillon de 600 personnes comme c’est le cas ici, celle-ci varie de +/-2 points pour les pourcentages autour de 5% ou 95% à +/-4 points pour les pourcentages autour de 50%) ; la méthodologie (si le mode de recueil et l’échantillonnage sont identiques entre les deux sondages, il convient notamment de noter que l’Ifop n’a testé que 11 candidats sur 14 (le sondage a été réalisé avant connaissance de la liste officielle des candidats) et que Thierry Solère n’était pas présenté de la même manière dans les deux études : "divers droite" pour l’Ifop, il est présenté comme "UMP dissident" dans l’étude de CSA, ce qui peut favoriser sa meilleure identification par les répondants et donc jouer favorablement sur son score. Notons par ailleurs que cette étiquette "UMP dissident" est celle jouée par le candidat et présente sur son matériel électoral) ; la qualité des échantillons (respect des quotas notamment), que nous ne pouvons pas vérifier mais qui est sous le contrôle de la commission des sondages.

Après ces quelques précisions permettant de comprendre les différences entre les deux sondages, intéressons-nous aux résultats de l’étude de l’institut CSA.

Au premier tour, comme dans le sondage de l’Ifop, Claude Guéant arrive en tête, mais avec un score plus faible et surtout une avance bien plus réduite sur Thierry Solère, qui lui voit son score considérablement plus élevé que dans le sondage de l’Ifop : le candidat officiel de l’UMP recueille 29% des intentions de vote (soit 12 points de moins que dans le sondage Ifop) et le candidat dissident 24% (soit 9 points de plus). Thierry Solère vient donc concurrencer directement la deuxième place du premier tour à la candidate socialiste, Martine Even, qui recueille 23% des intentions de vote (un score très comparable au sondage Ifop : 25%). Ce sondage CSA confirme qu’aucun autre candidat ne dépasse les 10% d’intentions de vote : Dorothée Pineau de l’Alliance centriste en recueille 8% (+1 par rapport au sondage Ifop) et Julien Dufour, le candidat du FN 5% (+1 également). Enfin, Isabelle Goïtia, représentante du Front de gauche obtient 4% des intentions de vote (+2 points).

Ce sondage CSA laisse donc un jeu beaucoup plus ouvert pour le second tour. Si l’on considère d’abord l’hypothèse d’une triangulaire, qui somme toute est la plus probable au regard des résultats précédents, Claude Guéant gagne le siège de député avec une relativement courte avance, en recueillant 37% des intentions de vote contre 32% pour Martine Even et 31% pour Thierry Solère. Si seulement deux candidats s’affrontaient, Claude Guéant ne sortirait vainqueur que d’un combat avec la candidate du PS (et assez largement : 58% contre 42%). En revanche, si les deux candidats de droite s’affrontent, c’est Thierry Solère qui l’emporterait, avec 55% d’intentions de vote contre 45% à l’ancien ministre de l’Intérieur. Cette victoire du candidat dissident s’explique par un report massif des voix de gauche et du centre sur son nom.

Réunion (974)

Sondage Ipsos réalisé du 22 mai au 2 juin auprès d’un échantillon de 1158 personnes. Les effectifs de répondants sont très faibles pour chacune des circonscriptions  et les intentions de vote portent sur peu de répondants (certains de leur choix pour le scrutin), soit 271 personnes pour la 1ère circonscription, 274 pour la 2e et 289 pour la 3e. Par conséquent, ces résultats doivent être interprétés avec une très grande prudence (marge d’erreur maximale de +/- 6 points).

- 1ère circonscription :

Dans la première circonscription réunion, Ericka Bareigts, la candidate du parti socialiste affiche une nette avance sur ses adversaires au premier tour (38%). La deuxième place est très disputée entre Nassimah Dindar, représentant du MoDem (22%) et René-Paul Victoria, candidat de l’UMP (20%), député sortant. L’affiche du second tour apparaît donc bien incertaine : qui arrivera en deuxième dans cette circonscription ? Et le troisième parviendra-t-il à se maintenir au second tour ?

- 2ème circonscription :

Huguette Bello, la députée sortante, candidate dissidente du parti communiste réunionnais et se présentant sous l’étiquette "Pour la Réunion", l’emporterait très largement dès le premier tour avec 67,5% des intentions de vote. Son principal adversaire, Jean-Yves Langenier, candidat du parti communiste réunion n’obtient que 12,5% des intentions de vote. Laurence Lougnon, la représentante du parti socialiste recueille 7% des suffrages. La candidate de la droite, Sandra Sinimalé arrive en quatrième position dans ce sondage (5%). Les autres candidats ne dépassent pas les 4% d’intentions de vote.

- 3ème circonscription :

Dans la troisième circonscription, c’est également un candidat socialiste qui arrive en tête au premier tour : Jean-Jacques Vlody obtient 43% des intentions de vote. André Thien Ah Koon (divers droite) décroche la deuxième place, avec 30%. Il dispose donc d’une confortable avance sur le troisième, Paulet Payet, l’autre candidat de droite (divers) (16%).

Français de l’étranger

- 1ère circonscription (Amérique du Nord) : sondage CSA auprès d’un échantillon de 1717 personnes (dates de réalisation non précisées).
A noter : circonscription de Frédéric Lefebvre

La candidate de la majorité présidentielle Corinne Narassiguin, soutenue par le parti socialiste et Europe Ecologie Les Verts domine nettement au premier tour (35%) dans une circonscription où se présentent 18 candidats. Elle profite du peu d’audience des autres candidats de gauche : à part le Front de gauche, qui recueille 3% d’intentions de vote, aucun autre candidat ne dépasse 1%.

A droite, l’ancien Secrétaire d’Etat Frédéric Lefebvre, candidat officiel de l’UMP se détache, avec 19% d’intentions de vote, et devrait donc affronter Corinne Narassiguin au second tour. D’autres candidats divers droite réalisent des scores notables : Julien Balkany, le frère de Patrick (9%), Emile Servan-Schreiber, fils de Jean-Jacques (7%) et Antoine Treuille (6%).

Aucune hypothèse de second tour n’a été réalisée dans cette circonscription a priori favorable à la droite mais où l’abstention sera sans doute très forte.

Que disent les premières études d’intentions de vote pour les élections législatives ?

Les élections législatives auront lieu dans un mois et demi. Les premiers sondages d’intentions de vote pour ces élections ont été publiés le soir-même du second tour de l’élection présidentielle. Ceux-ci permettent d’appréhender le rapport de force national entre les différents partis, même si naturellement, les élections législatives, qui se déroulent circonscription par circonscription, dépendent assez largement d’éléments locaux (implantation des candidats et notoriété, enjeux locaux, sociologie électorale dans la circonscription, etc.). Et en tout état de cause, ces sondages ne permettent pas de déterminer le nombre de députés qu’obtiendra chacun des partis. Ils renseignent sur le pourcentage de voix que chaque formation obtiendrait au premier tour auprès de l’ensemble des Français, deux mois après l’élection nationale par excellence qu’est l’élection présidentielle. Cette information a évidemment une importance cruciale, notamment pour appréhender le poids de partis qui ne seront sans doute pas ou symboliquement représentés à l’Assemblée nationale du fait du mode de scrutin majoritaire.

Beaucoup d’interrogations surgissent à quelques semaines de cette élection : la victoire de François Hollande sera-t-elle confirmée par une victoire de la gauche aux élections législatives et si oui, de quelle ampleur serait cette confirmation qui s’est, pour l’heure, toujours produite sous la Cinquième République ? Quel score pour la droite après la défaite de Nicolas Sarkozy alors qu’en 2007, la droite parlementaire avait raflé près de la moitié des suffrages (45,6%) ? Comment le Front national résistera-t-il à une élection traditionnellement moins favorable à cette formation (il avait obtenu 4,3% des suffrages en 2007 après en avoir obtenu 10,44% à l’élection présidentielle) ? Quel avenir pour le Front de gauche après son score à deux chiffres à l’élection présidentielle ? Saura-t-il profiter de l’implantation des élus communistes ou le vote pour Jean-Luc Mélenchon revêtait-il une forte dimension personnelle ? Les électeurs de gauche voteront-ils "utile" dès le premier tour des élections législatives ? Quel score pour Europe Ecologie les Verts en tant que formation alors qu’elle se présente unie avec le PS dans certaines circonscriptions ? La dégringolade du MoDem se poursuivra-t-elle ?

Autant de questions auxquelles les sondages permettent d’apporter un début de réponse. Un début, car nous le rappelons encore, ces sondages donnent le rapport de force à la date de leur réalisation et ne prédisent pas les résultats du scrutin de juin. En un peu plus d’un mois, les lignes peuvent encore bouger, surtout en un contexte politique dense, marqué par les premiers pas du nouveau président.

1. Les deux principaux partis, l’UMP et le PS, au coude-à-coude, dominent largement

Les premiers sondages d’intentions de vote montrent une nette domination des deux principaux partis, qui sont par ailleurs les deux gagnants du mode de scrutin majoritaire qui prévaut lors de ces élections législatives.

La majorité des études placent l’UMP (associée à ses alliés le Nouveau Centre et le parti radical)  légèrement devant le Parti socialiste (et le parti radical de gauche). En moyenne, les six études conduites jusqu’à aujourd’hui placent le PS à 30% d’intentions de vote et l’UMP à 32%, soit pour ces deux partis, un score significativement supérieur à celui qu’ils ont obtenu au premier tour de l’élection présidentielle.

Les premiers sondages d’intentions de vote pour les élections législatives de 2012

Le parti du nouveau président obtient, dans l’étude la plus pessimiste 26% des voix (Harris interactive mais notons que cet institut propose un item "candidat divers gauche", placé ici dans notre tableau dans le "autres", non proposé par les autres instituts et qui explique en partie pourquoi le score du PS est nettement inférieur à celui mesuré par les autres instituts, mais en partie seulement car si on ajoutait ces deux scores, la somme ne serait que de 28%). Le score le plus favorable (32%) est enregistré dans la dernière étude de CSA. Notons également que dans sa précédente enquête, CSA avait placé le PS symboliquement au-dessus de l’UMP (31% contre 30%), ce qu’aucune autre étude n’a confirmé.

Quant à l’UMP, son score s’échelonne entre 30% et 33% selon ces mêmes études. Par ailleurs, CSA montre une progression de trois points en faveur du parti de droite entre ses deux enquêtes, ce que l’institut BVA, qui a réalisé ses deux enquêtes aux mêmes dates, ne confirme pas, montrant un score stable (33% puis 32,5%). Il est encore évidemment trop tôt pour savoir quelles dynamiques sont à l’oeuvre, et seules de nouvelles études peuvent nous permettre de les dessiner. En outre, nous remarquerons que les études conduites le jour du vote, du fait de leur réalisation rapide (en quelques heures) présentent, à nos yeux, une fiabilité plus faible que des études "classiques" réalisées en deux jours. En outre, certaines ont été réalisées avant la connaissance des résultats du premier tour (Ifop), et d’autres en pleine soirée électorale (BVA, CSA et Harris interactive) ce qui peut également avoir une influence non négligeable sur les résultats.Une grande prudence s’impose donc concernant les conclusions que nous pouvons en tirer.

2. Le Front de gauche en dessous de son score de l’élection présidentielle, EELV au-dessus

En moyenne le Front de gauche recueille 9% d’intentions de vote, soit un score légèrement inférieur à celui de Jean-Luc Mélenchon le 22 avril (11,1%). Le score du rassemblement de la gauche radicale varie assez fortement selon les instituts (de 7% pour Harris interactive à 10,5% pour BVA), ce qui nous rappelle par ailleurs que le score de Jean-Luc Mélenchon avait posé difficulté aux instituts de sondage lors du premier tour de l’élection présidentielle puisqu’il avait été estimé en moyenne à 14% trois jours avant le scrutin, soit le plus fort écart constaté pour un candidat entre les sondages réalisés juste avant le scrutin et les résultats réels. Si les instituts en ont évidemment pris acte, ce précédent incite à prendre avec d’autant plus de prudence le score du Front de gauche.

Après les 2,31% d’Eva Joly, EELV obtient en moyenne 4,5% d’intentions de vote (entre 4% et 5% selon les instituts), soit un score quasiment doublé. Ceci ne parait guère surprenant car les écologistes réalisent habituellement de meilleurs scores aux élections législatives qu’à l’élection présidentielle (ainsi en 2007, ils avaient obtenu 3,25% des voix contre 1,57% à l’élection présidentielle) et profitent, de surcroît, de leur accord avec le PS qui leur réserve certaines circonscriptions. Pour autant, EELV reste très en-deça des scores obtenus lors des élections européennes de 2009 (16%) ou des élections régionales de 201%0 (12%) et pâtissent de la force du PS et de la gauche radicale.

3. Le Front national en troisième position dans les intentions de vote

Au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a rassemblé un nombre de suffrages que le Front national n’avait encore jamais atteint. Le parti d’extrême-droite semble donc en mesure, si ce n’est d’envoyer des députés à l’Assemblée nationale, de largement perturber le jeu électoral en provoquant de nombreuses triangulaires. Au niveau national, les études d’intentions de vote ne montrent, pour l’heure, qu’un faible essoufflement du Front national dans une élection qui ne lui est pourtant pas la plus favorable. En moyenne, le Front national recueille un score de 16% dans les intentions de vote, oscillant entre 12% (dernière étude CSA) et 18% (Ifop).

L’amplitude est donc forte entre les instituts, pour un parti toujours difficile à estimer précisément par les sondages. Et si BVA et surtout CSA semblent dessiner une chute de ce score dans les derniers jours, il convient d’attendre les prochaines études avant de savoir s’il s’agit là d’une réelle tendance. Cependant, un score plus faible semble parfaitement envisageable pour le FN, notamment du fait d’un taux de participation habituellement plus réduit aux élections législatives, qui pourrait jouer en défaveur du parti de Marine Le Pen.

4. Le MoDem en grande difficulté ?

Avec en moyenne 5% des voix (entre 4% et 6% selon les études), le MoDem obtient pratiquement deux fois moins d’intentions de vote que son score à l’élection présidentielle (9,1%). Le parti de François Bayrou, qui avait déjà subi un net effondrement entre les élections présidentielle et législatives en 2007 (passant de 18,6% à 7,6%), semble en passe de rejouer ce mauvais scénario, avec des scores moindres. Les élections législatives, qui favorisent par leur mode de scrutin l’UMP et le PS, apparaissent particulièrement difficiles pour le parti centriste.

Que disent les sondages pour le second tour de l’élection ?

Depuis le début de la campagne présidentielle, les sondages donnent invariablement François Hollande nettement gagnant du second tour de l’élection. A quelques jours de celui-ci, que montrent véritablement les études d’intentions de vote des différents instituts ? La partie est-elle pliée pour le candidat socialiste ?

Deux grands enseignements peuvent être tirés de l’étude des différents résultats donnés par les instituts :

1. François Hollande est largement et indiscutablement en tête des intentions de vote du second tour, et ce, depuis le début de la campagne

Tous les instituts s’accordent sur ce constat, même si les différents baromètres d’intentions de vote  donnent des chiffres qui peuvent varier, comme le montre le tableau ci-dessous, qui reprend les dernières études des différents instituts (clic pour agrandir) :

En moyenne, les intentions de vote donnent 54% d’intentions de vote pour François Hollande et 46% pour Nicolas Sarkozy. L’écart entre les différents instituts (naturel, du fait de l’existence d’une marge d’erreur de l’ordre de 3 points, de par l’utilisation de méthodologies qui peuvent différer et de dates de terrain qui ne sont pas identiques) reste très contenu entre les différents instituts. Pour le candidat socialiste, le score oscille entre 53% et 55% ; pour le candidat de l’UMP entre 45% et 47%.

La similarité de ces mesures et leur répétition dans le temps incite largement à conclure que la partie est gagnée pour François Hollande. L’écart moyen entre les candidats est, de surcroît, plus important que la marge d’erreur. Naturellement, il reste encore une semaine de campagne et un retournement de situation n’est pas à exclure. Il semble pour autant très improbable, et le débat de l’entre-deux tours n’a historiquement jamais permis une telle inversion des courbes.

2. La tendance montre un écart entre les deux favoris qui se resserre, sans que cela ne remette en cause le rapport de force

L’analyse des évolutions des intentions de vote de second tour montre un léger resserrement des courbes depuis l’annonce des résultats du premier tour, mesuré par la plupart des instituts de sondage, mais pas par tous.

Lors de l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le 15 février, le rapport de force était très largement défavorable au candidat sortant. En moyenne, il était crédité de 43% des voix pour 57% pour le candidat du parti socialiste. Juste avant le second tour, l’écart s’était resserré sans pour autant que le candidat de l’UMP ne puisse venir disputer la première place à François Hollande : les dernières intentions de vote publiées avant le 22 avril donnaient en moyenne, pour le second tour, 54,5% à François Hollande et 45,5% pour Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, l’écart moyen s’est encore légèrement resserré (54%-46%). Les intentions de vote de l’Ifop, quotidiennes, montrent bien ce resserrement : ainsi, juste après le premier tour, l’Ifop créditait François Hollande de 55% des voix et Nicolas Sarkozy de 45%. La dernière vague d’enquête parue le 1er mai indique que le rapport de force est désormais de 53,5% contre 46,5%.

Ce resserrement des courbes est également accrédité par Ipsos (54%-46% le soir du 22 avril et 53%-47% les 27 et 28 avril), CSA (56%-44% le soir du 22 avril et 54%-46% les 24 et 25 avril). Néanmoins, pour ces instituts, le resserrement des courbes s’effectue dès la première semaine de l’entre-deux tours, alors que pour l’Ifop, il n’intervient que durant le week-end et en début de deuxième semaine. En outre, LH2 et OpinionWay, qui n’ont pour l’heure réalisé qu’une mesure d’entre-deux tours, montrent également que les courbes se resserrent par rapport aux mesures faites juste avant le premier tour.

En revanche, les résultats de l"institut BVA annoncent au contraire un renforcement de l’avance de François Hollande. Alors que le candidat socialiste recueillait 53% d’intentions de vote pour le second tour au soir du 22 avril selon cet institut, dans sa dernière étude (réalisée les 24 et 25 avril), il obtient 54,5% des suffrages. Harris interactive montre une tendance similaire : de 54%-46% le soir du 22 avril, l’écart passe à 55%-45% dans leur dernière étude réalisée les 25 et 26 avril.

Enfin, TNS Sofres montre une stabilité du rapport de force avec 55% pour François Hollande et 45% pour Nicolas Sarkozy  (étude menée les 24-25 avril), soit exactement les chiffres mesurés juste avant le premier tour.

Ces évolutions légèrement différentes permettent néanmoins de dresser deux constats : le rapport de force varie finalement peu et si la tendance globale semble plutôt au resserrement, la marge d’erreur doit inciter à la plus grande prudence concernant ces évolutions. C’est d’ailleurs sans doute celle-ci qui explique pourquoi les tendances divergent entre les instituts, les évolutions n’excédant jamais 2 points (alors que la marge d’erreur est de l’ordre de trois points). Deuxièmement, quelle que soit l’évolution, aucun basculement ne se produit : François Hollande reste nettement en tête du second tour dans les sondages d’intentions de vote.

Les instituts de sondage se sont-ils trompés ?

Maintenant que nous disposons des résultats réels de l’élection, nous pouvons conduire une comparaison entre les dernières intentions de vote et les résultats réels du scrutin.

Hier soir, les sondages ont été beaucoup critiqués, parce que les premières estimations laissaient entrevoir un Front national pouvant recueillir environ 19% des voix et que les commentaires se sont très naturellement beaucoup attachés à ce score historiquement haut du parti d’extrême-droite. Les résultats réels montrent que Marine Le Pen a obtenu 17,9% des suffrages et l’écart entre les sondages et le résultat du scrutin n’est donc pas si important que décrié.

Nous vous présentons ci-dessous une comparaison entre la moyenne des dernières études réalisées par les instituts avant le scrutin et les résultats définitifs (hors Français de l’étranger) dont nous disposons ce matin :

Ce tableau montre que globalement, les dernières études se rapprochaient fortement du résultat obtenu dimanche et que les écarts sont minces. Si naturellement, certains instituts ont été plus proches du résultat réel que d’autres, la profession des sondeurs ne semble pas devoir mériter les accusations faciles qui ont plu sur elle hier. La correspondance n’est évidemment pas parfaite mais cela reste inhérent à l’outil : les sondages ne sont pas une science exacte et la mesure reste complexe, soumise aux marges d’erreurs, et des mouvement mineurs peuvent se produire dans l’électorat la veille et l’avant-veille du scrutin (les sondages ont été réalisés entre lundi et vendredi dernier). Malgré ces nombreuses difficultés, les sondages se révèlent très proches du vote des Français.

Il faut néanmoins noter quelques différences :

- C’est le score de Jean-Luc Mélenchon qui est le plus éloigné de la moyenne des instituts et pas celui de Marine Le Pen. Le candidat du Front de gauche a été sur-estimé de 1 à 5 points par les différents instituts (en moyenne 3 points d’écart). C’est Harris interactive qui a livré dans sa dernière étude le résultat le plus proche du score réel de Jean-Luc Mélenchon (12%). OpinionWay et TNS Sofres lui avait accordé 13%. A l’inverse, les plus forts écarts entre la réalité et les scores des sondages concernent LH2 (15%) et CSA (14,5%).

- Marine Le Pen a été, pour sa part, sous-estimée par tous les instituts. En moyenne, l’écart reste néanmoins faible (2 points). Notons que dans sa dernière étude, TNS Sofres avait placé Marine Le Pen à 17% et que la plupart des instituts l’avaient placé à 16%. Les instituts les plus éloignés de la réalité sont BVA (14%, qui plaçait donc Marine Le Pen à égalité avec Jean-Luc Mélenchon) et dans une moindre mesure LH2 (15,5%).

- Enfin, autres différences avec la moyenne des instituts mais beaucoup moins fortes et entrant dans les marges d’erreur, François Bayrou a été sur-estimé d’environ 1 point et Nicolas Sarkozy sous-estimé dans les mêmes proportions. Pour les autres candidats, les écarts sont de l’ordre de 0,5 points ou moins, et donc ne prêtent pas le flanc à la critique.

 

NB : Par le jeu des arrondis, le total ne fait pas 100 pour la colonne “moyenne”.

J-1 : Récapitulatif des dernières études d’intentions de vote de premier tour

Un jour avant le scrutin, les instituts de sondage ne peuvent plus publier aucune étude d’intentions de vote. Hier, tous les principaux instituts ont donc rendu publique la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée généralement les mercredi 18 et jeudi 19 avril.

Que montrent ces différentes études ? D’abord, que l’ordre d’arrivée des deux favoris est incertain. Si l’on reprend les résultats des huit instituts ayant publié des intentions de vote, trois placent Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour (TNS Sofres, l’Ifop et OpinionWay) et cinq accordent la première place à François Hollande (Ipsos, CSA, BVA, Harris interactive et LH2). La comparaison entre les différents instituts montre donc un rapport de force au premier tour favorable au candidat socialiste mais la prudence doit rester de mise : l’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Ensuite, pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Enfin, si les instituts présentent des résultats qui divergent légèrement parfois, globalement, ils retracent les mêmes tendances lourdes et les scores en valeur attribués aux différents candidats varient peu selon l’institut, comme le montre le tableau récapitulatif en fin d’article.

Revenons sur les dernières intentions de vote des cinq principaux instituts.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

Ifop : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) plaçait jusqu’à jeudi soir Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Dans la dernière livraison de ce baromètre, les deux favoris sont placés à égalité avec 27% des suffrages.

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré selon l’Ifop. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et, avec 16% des suffrages, possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 13% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-2 et dernières intentions de vote : l’ordre d’arrivée des deux favoris interroge

Nous sommes aujourd’hui le vendredi précédent le premier tour, dernier jour où la publication des sondages d"intentions de vote est possible. Tous les principaux instituts nous ont livré ce matin la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée hier et avant-hier (18 et 19 avril).

A trois jours du premier tour, l’ordre d’arrivée des deux favoris est plus incertain que jamais et les instituts donnent des résultats dont les tendances peuvent légèrement diverger, mais globalement comparables (cf. notamment le tableau récapitulatif en fin de cet article). L’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Passons en revue des dernières intentions de vote disponibles pour ce premier tour de scrutin.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) place Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Le candidat de l’UMP obtient 28% d’intentions de vote et devance donc François Hollande de deux points (26%).

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée. Néanmoins, l’Ifop prend à contrepied les tendances enregistrées par les autres instituts et ne montre ainsi aucune tendance à la baisse pour le président sortant. Il faut néanmoins rappeler, pour être tout à fait exact, que les dates de terrain diffèrent légèrement des autres études présentées ci dessous et réalisées les 18 et 19 avril : le terrain de l’Ifop s’étale en effet du 16 au 19 avril. La dernière vague d’enquête de l’Ifop sera présentée ce soir à 18h.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote. Le candidat du MoDem semble néanmoins voir se dessiner une légère progression ces derniers jours, mais nous l’avons vu, celle-ci n’est confirmée par aucun autre institut.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

 

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-4 : Quel est le rapport de force au premier tour ?

Nous sommes désormais à quatre jours du scrutin. Les intentions de vote se succèdent mais ne se ressemblent pas toujours. Deux études parues ce matin, l’une de l’institut CSA, l’autre de BVA, montre des tendances assez divergentes même si elles s’accordent sur la hiérarchie d’arrivée.

A l’heure actuelle, que montrent les principaux instituts pour le premier tour de l’élection ?

CSA : François Hollande creuse l’écart avec Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen repasse devant Jean-Luc Mélenchon

Ce matin, CSA nous a livré sa dernière étude d’intentions de vote, réalisée les 16 et 17 avril, et celle-ci montre des évolutions significatives du rapport au force au premier tour. D’abord, François Hollande regagne du terrain (29%, +2 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 10 et 11 avril). Cette progression permet au candidat socialiste de retrouver son niveau moyen depuis le début de l’année. Le président sortant connaît un mouvement inverse : il perd deux points par rapport à la semaine dernière et avec 24% d’intentions de vote, il réalise son plus bas score depuis le début de l’année ! En deux semaines, Nicolas Sarkozy perd six points dans les intentions de vote de l’institut CSA. Tout le crédit lentement accumulé depuis son entrée en campagne est reperdu.

En outre, les intentions de vote au second tour dessinent un desserrement significatif entre les deux candidats : 58%-42% en faveur du candidat socialiste cette semaine, 57%-43% la semaine dernière, 54%-46% il y a deux semaines. La tendance dessinée par l’institut CSA est clairement celle d’un effondrement de Nicolas Sarkozy. François Hollande dispose d’une avance solide, au premier comme au second tour.

Ainsi, cette étude pose un rapport de force clairement en faveur de François Hollande, notamment au premier tour. Néanmoins, cette tendance est loin d’être celle affichée par tous les instituts comme le montre la suite de cet article.

Concernant le match pour la troisième place, CSA plaçait Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. Cette nouvelle enquête voit les courbes se croiser de nouveau : Marine Le Pen repasse devant le candidat du Front de gauche (17% contre 15%). Elle gagne deux points quand Jean-Luc Mélenchon en perd deux. L’institut CSA donne désormais un ordre d’arrivée partagé par tous les autres instituts (hormis TNS Sofres qui place les deux candidats au même niveau). Pour autant, la prudence s’impose, l’écart restant compris dans la marge d’erreur.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

L’autre étude publiée ce matin et également réalisée les 16 et 17 avril, mais par l’institut BVA, livre des enseignements assez différents. Certes, la hiérarchie reste la même au premier tour : François Hollande puis Nicolas Sarkozy, puis Marine Le Pen, puis Jean-Luc Mélenchon. Néanmoins, les tendances et les écarts ne sont pas les mêmes.

Selon BVA, François Hollande recueille 29,5% d’intentions de vote au premier tour, soit un score relativement comparable à celui de l’institut CSA (29%). Comme CSA, BVA montre une certaine stabilité dans le niveau des intentions de vote pour le candidat socialiste sur les dernières semaines. En revanche, quand on observe les scores de Nicolas Sarkozy, des différences apparaissent : dans le baromètre de BVA, le candidat sortant reste, comme François Hollande, à des niveaux très stables sur ces dernières semaines. Selon cet institut (et rappelons qu’il est le seul à avoir annoncé de tels résultats), le candidat de l’UMP n’a jamais pris la tête du premier tour dans les intentions de vote. Le score recueilli par Nicolas Sarkozy dans l’étude BVA se révèle cependant notablement plus élevé que dans l’étude CSA (27,5% contre 24%). Par conséquent, l’écart entre les deux favoris est nettement plus réduit que dans l’étude de CSA : BVA annonce deux points d’écart quand CSA en annonce cinq. Si ces différences peuvent naturellement s’expliquer par la marge d’erreur, elles méritent néanmoins d’être relevées. Avec cet écart de deux points et donc l’annonce d’un rapport de force serré, BVA colle davantage aux résultats des autres instituts. Il ne confirme pas la diminution de Nicolas Sarkozy annoncée par CSA et montre au contraire que le candidat de l’UMP reste plutôt dans des niveaux d’intentions de vote plus élevés qu’au début de l’année.

Au second tour, et en cohérence avec les résultats du premier tour, BVA annonce également un rapport de force stable et un écart en faveur de François Hollande, certes important, mais plus réduit que l’institut CSA : 56% d’intentions de vote pour François Hollande, 44% pour Sarkozy, des scores inchangés la toute fin du mois de mars.

Pour la troisième place, BVA montre que les jeux sont largement ouverts. Les trois candidats y prétendant recueillent des scores assez serrés et donc contenus dans la marge d’erreur. Selon cette dernière étude, l’écart entre eux sembleraient même se resserrer : Marine Le Pen obtient 14% d’intentions de vote, Jean-Luc Mélenchon 13% et François Bayrou 12%.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) montre que l’écart entre les deux favoris est très réduit. Ces derniers jours, ils ont été successivement en tête des intentions de vote du premier tour.

Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy dominait les intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), lundi, François Hollande a repris symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Hier, Nicolas Sarkozy repassait symboliquement en première place avec 27,5% d’intentions de vote contre 26,5% pour François Hollande.

Ces croisements répétitifs et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré entre les deux principaux candidats. Si le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées, aujourd’hui, la plus grande incertitude existe quant à l’ordre d’arrivée dans le baromètre de l’Ifop. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur et la tendance dessinée par les dernières vagues d’enquête n’est pas claire, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos a été réalisée les 13 et 14 avril, soit trois jours avant les précédentes. Elle livre les résultats suivants :

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude par TNS Sofres et réalisée les 11 et 12 avril,  François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Le candidat socialiste reste ainsi stable à un niveau faible. Nicolas Sarkozy, quant à lui, subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude dans toutes les études (hormis celle de CSA). Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur. Les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur et affiche des niveaux d’intentions de vote globalement stables. Si dans la plupart des études, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien creuser l’écart au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche, l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur pour décrocher la troisième place.

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-5 : Grande incertitude sur la tête du premier tour et l’identité du "troisième homme"

Le premier tour se rapproche. A cinq jours du scrutin, les intentions de vote montrent au premier tour un rapprochement des courbes entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, traduisant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux favoris. Au second tour, les études montrent que l’avance du candidat socialiste s’accroît encore et rendent l’hypothèse d’une réélection du président sortant toujours plus improbable.

Les parutions des instituts de sondage sont toujours plus nombreuses et rapprochées. Ce matin est parue la dernière étude d’intentions de vote d’Ipsos. Nous actualisons donc notre récapitulatif des principaux baromètres avec cette dernière enquête.

Que montrent donc les principaux instituts  dans leurs études d’intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle ?

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, publiée ce matin, a été réalisée les 13 et 14 avril et confirme assez largement les tendances montrées par les autres instituts.

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes lundi soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi dernier, l’institut CSA a été le premier à annoncer, pour le premier tour, le nouveau croisement des courbes en faveur du candidat socialiste  : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi de la semaine dernière, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

 

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. L’étude Ipsos confirme également l’érosion du candidat socialiste. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande devance de nouveau le président sortant, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien en progression au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.