Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage “jour du vote” de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.

Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :

Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.

Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.

En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.

Les estimations des instituts à 20h : justes à quelques décimales près…

Maintenant que les résultats réels sont connus, l’heure est à la confrontation des scores donnés par les instituts dans leurs estimations avec les résultats réels du vote.

Ci-dessous, figurent deux tableaux qui conduisent cette comparaison : le premier présente les estimations fournies à 20h et le deuxième les estimations affinées fournies plus tard dans la soirée (entre 21h et 22h) :

Les estimations des instituts à 20h étaient globalement justes à quelques décimales près. L’institut CSA est celui qui se rapprochait le plus du score final avec 51,8% pour François Hollande et 48,2% pour Nicolas Sarkozy, soit seulement 0,2 point d’écart. Ipsos et Harris interactive ont fourni les mêmes estimations avec 51,9% pour le candidat socialiste et 48,1% pour le président sortant, soit un écart de 0,3 point aux résultats réels. Enfin, TNS Sofres s’éloignait le plus du résultat final, avec 52% pour François Hollande et 48% pour Nicolas Sarkozy.

Ainsi, globalement, les estimations étaient très proches des résultats effectifs du scrutin. Tous les instituts ont surestimé de quelques décimales le score du candidat socialiste (et donc sous-estimé d’autant celui de son rival), mais l’écart est très faible.

En outre, au cours de la soirée, Harris interactive et Ipsos ont diffusé des résultats affinés qui collaient à 0,1 point près avec les résultats réels connus ce matin.

Second tour de la présidentielle : les différentes estimations à 20h

Les instituts de sondage produisant des estimations donnent tous des chiffres très proches à 20h, accordant entre 51,8% et 52,0% à François Hollande et 48,0% et 48,2% pour Nicolas Sarkozy.

Pour rappel, les estimations précédentes sont diffusés dans les médias suivants :

- TNS Sofres : TF1, LCI et RTL
- Ipsos : France télévisions, Radio France et Le Monde
- CSA : BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
- Harris interactive : M6

Comparaison entre les estimations de 20h et les résultats réels du vote

Dimanche soir à 20h, la France attendait fébrilement les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Or, à 20h, les résultats diffusés ne sont pas les résultats réels de l’élection mais des estimations fournies par les instituts de sondage. Ces estimations ne sont pas des sondages : elles ne se basent pas sur l’interrogation d’un échantillon représentatif pour déterminer les résultats du vote. Elles sont construites à partir des premiers résultats du vote, à savoir les 200 premiers bulletins dépouillés dans des bureaux de vote fermant à 18h. L’institut réalisant le dispositif reçoit ces résultats d’un échantillon de bureaux de vote, construit pour être représentatif du vote national. Tout au long de la soirée, les estimations seront affinées avec l’arrivée des résultats complets, c’est-à-dire l’ensemble des bulletins dépouillés (1).

Cette année, quatre instituts ont conduit des estimations pour différentes médias :

- TNS Sofres pour TF1, LCI et RTL
- Ipsos pour France télévisions, Radio France et Le Monde
- CSA pour BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
- Harris interactive pour M6

Ces estimations ont-elles été correctes et dans quelle mesure ? L’estimation d’Ipsos pour France télévisions fait notamment parler : à 20h, l’institut a annoncé Marine Le Pen à 20,0%, un seuil symbolique que la candidate a été pourtant assez loin d’atteindre, les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur attribuant 17,9% des suffrages à la candidate du Front national.

Voici un résumé des estimations données à 20h par les différents instituts, classés par justesse (2). Harris interactive est l’institut qui se rapproche le plus, à 20h des résultats finaux, suivi de la TNS Sofres, puis de CSA. Ipsos est, de loin, l’institut qui présente les écarts les plus grands avec les résultats réels du scrutin.

Tous les instituts ont, à 20h, surrestimé Marine Le Pen, de manière plus ou moins importante (l’écart maximal étant donc de 2,1 points pour Ipsos). Néanmoins, comme le montre ce tableau, les écarts restent réduits et l’ordre d’arrivée des candidats a bien été estimé par tous les instituts. Revenons en détail sur leurs estimations :

L’estimation Harris interactive

L’estimation des résultats à 20h par Harris interactive ont donc été les plus proches du résultat réel. Voici les différentes estimations que l’institut a présenté tout au long de la soirée électorale :

Petit nouveau dans le monde des études d’opinion et donc dans les estimations électorales, l’institut Harris interactive a réalisé une très bonne estimation pour la chaîne M6. L’écart le plus grand concerne Marine Le Pen, dont, comme tous les instituts, Harris interactive va surestimer le score en début de soiré. Mais l’écart reste réduit (18,5% à 20 heures, soit 0,6 point d’écart avec son score réel). Pour les autres candidats les écarts ne dépasseront pas 0,4 point.

Tout au long de la soirée, l’institut va se rapprocher des scores finaux et notamment gommer la légère surestimation de Marine Le Pen

L’estimation TNS Sofres

TNS Sofres se targue d’avoir fourni les estimations les plus correctes. C’est effectivement le cas pour ces estimations affinées à 22h, indéniablement très performantes : aucun écart avec les résultats réels ne dépasse 0,2 point.

En revanche, comme nous l’avons vu, à 20h, TNS Sofres fait légèrement moins bien qu’Harris interactive. Cependant, l’estimation de cet institut se révèle aussi très fiable. L’écart le plus grand avec la réalité concerne Marine Le Pen, estimée à 19% en début de soirée (soit 1,1 points d’écart avec son résultat réel). Les autres écarts sont au maximum de 0,3 point.

L’estimation CSA

A 20h, CSA annonce sur Canal +, I-télé et BFM TV un écart relativement important entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : les deux favoris seraient séparés de plus de 3 points. Cet écart est surestimé par deux phénomènes : le score du candidat en tête est légèrement plus important que la réalité et celui du candidat en deuxième position est sous-estimé. Ainsi, le candidat socialiste est crédité de 29,3% des voix (0,7 point de plus que son score réel) et le candidat de l’UMP de 26,0% (1,2 points de moins). L’écart se réduira au cours de la soirée. Il ne sera plus que de 2,2 points dans l’estimation affinée de 22h, soit encore faiblement supérieur à celui qu’il est en réalité (1,5 points).

Sur les autres candidats, les écarts entre l’estimation de 20h et le résultat réel sont minimes. Remarquons notamment que c’est CSA qui estime le plus justement le score de Marine Le Pen à 20h (0,3 point d’écart). Les autres écarts sont de moins de 0,2 point.

Étrangement, les écarts avec la réalité sont un peu plus forts dans l’estimation de 22h, notamment pour Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, mais ils demeurent faibles (0,6 point au plus pour Marine Le Pen).

L’estimation Ipsos

Ipsos a produit les estimations les plus éloignées de la réalité. Le plus fort écart entre score effectif et estimation de 20h sera de 2,1 points pour la candidate du Front national, ce qui demeure somme toute relativement réduit, mais constitue une erreur remarquée et la plus importante de la soirée. Celle-ci n’a modifié en rien la hiérarchie d’arrivée, la candidate du Front national disposant, par chance, d’un score éloigné de ces adversaires.

L’écart le plus important va donc à Marine Le Pen, annoncée à 20,0% en début de soirée, un score symbolique encore gravé dans beaucoup d’esprits.Tout au long de la soirée, l’estimation d’Ipsos va s’affiner pour la candidate du Front national et, à 21h45, l’institut annonce 18,5% pour la candidate du Front national (soit toujours 0,6 point d’écart avec son score réel).

En parallèle, Ipsos sous-estime Nicolas Sarkozy de 1,7 points. Annoncé à 25,5% à 20h, puis 25,8% à 21h30 et 26,1% à 21h45, le président sortant rassembla en réalité 27,2% des suffrages.

Enfin, nous relèverons deux autres écarts, qui apparaissent également élevé eu égard à la performance des autres instituts : l’un concerne François Bayrou, sous-estimé de 0,6 points ; et l’autre Jean-Luc Mélenchon, surestimé dans les mêmes proportions.

Pour les autres candidats, les écarts seront au plus de 0,3 point entre l’estimation de 20h et le score réel.

(1) : Pour une explication plus complète de la méthodologie des estimations, cf notamment ce très bon article sur le site de TNS Sofres : http://www.lelab2012.com/interview.php?id=778
(2) : Nous avons mesuré cette justesse en faisant la somme des écarts (en valeur absolue) aux résultats définitifs.

J-2 et dernières intentions de vote : l’ordre d’arrivée des deux favoris interroge

Nous sommes aujourd’hui le vendredi précédent le premier tour, dernier jour où la publication des sondages d”intentions de vote est possible. Tous les principaux instituts nous ont livré ce matin la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée hier et avant-hier (18 et 19 avril).

A trois jours du premier tour, l’ordre d’arrivée des deux favoris est plus incertain que jamais et les instituts donnent des résultats dont les tendances peuvent légèrement diverger, mais globalement comparables (cf. notamment le tableau récapitulatif en fin de cet article). L’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Passons en revue des dernières intentions de vote disponibles pour ce premier tour de scrutin.

TNS Sofres : François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier tour, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points

La dernière étude TNS Sofres place François Hollande et Nicolas Sarkozy à égalité au premier avec 27% des intentions de vote. Il s’agit, pour le candidat socialiste, d’un certain reflux de son potentiel électoral : ce score apparaît en effet comme le plus bas qu’il ait enregistré dans les études conduites par TNS Sofres depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste. Cette légère chute de l’ordre de 3 points depuis mars est sans doute à imputer en partie à la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon à la même période.

Pour le candidat de l’UMP, ce score de 27% correspond à la moyenne des résultats qu’il a pu enregistrer depuis le début de la campagne. Après un pic à 29% observé fin mars, il retrouve les niveaux obtenus lorsqu’il est entré officiellement en campagne.

Pour la troisième place, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de 4 points. La candidate recueille 17% d’intentions de vote, un score dans la moyenne haute des résultats obtenus depuis le début de la campagne. Le candidat du Front de gauche, après un pic à 16% la semaine dernière, apparaît en perte de vitesse (13%, -3 points en une semaine). Quant à François Bayrou, avec 10% d’intentions de vote, il a perdu la quatrième place qu’il occupait jusque fin mars. Ses intentions de vote stagnent et régressent même légèrement par rapport à ces scores entre fin janvier et mi-mars. Il apparaît donc distancé par un Jean-Luc Mélenchon qui connaît une dynamique forte à partir de cette date. Néanmoins, là encore, l’écart entre les deux candidats demeure compris dans la marge d’erreur.

Ipsos : François Hollande progresse et prend la tête du premier tour à un Nicolas Sarkozy en perte de vitesse, Marine Le Pen devance Jean-Luc Mélenchon de deux points

La semaine dernière, l’institut Ipsos plaçait les deux favoris à égalité dans son baromètre d’intentions de vote. Dans sa dernière vague d’enquête, Ipsos montre un rapport de force qui a nettement évolué. D’une part, François Hollande progresse. Avec 29% d’intentions de vote, il gagne 2 points par rapport à la semaine dernière. Il repasse nettement devant Nicolas Sarkozy, qui avec un score de 25,5% apparaît en perte de vitesse certaine. Il perd 1,5 points par rapport à la semaine dernière et surtout 4 points depuis la fin mars. Toute la progression acquise par le candidat de l’UMP depuis son entrée en campagne est perdue, et il retrouve des niveaux d’intentions de vote égaux à ceux de mi-février.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen restent proches (deux points d’écart) après d’être croisées deux fois dans les dernières semaines.  C’est néanmoins Marine Le Pen qui semble prendre l’avantage. Avec 16% d’intentions de vote, elle progresse faiblement mais régulièrement depuis la fin mars (2 points gagnés), alors que les intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon stagnent depuis cette date. La candidate frontiste renoue avec les scores qu’elle obtenait en février.

François Bayrou reste globalement stable autour du seuil des 10% depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Il a perdu de l’ordre de 2 à 3 points depuis février.

CSA : François Hollande toujours devant Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen reste Jean-Luc Mélenchon

La semaine dernière, l’institut CSA annonçait un creusement important de l’écart en faveur de François Hollande au premier tour. Leur dernière étude, malgré un léger resserrement des courbes entre les deux favoris, place toujours le candidat socialiste assez nettement devant le candidat de l’UMP. François Hollande obtient ainsi 28% des intentions de vote, ce qui correspond à la moyenne des scores obtenus depuis le mois d’avril. Nicolas Sarkozy, avec 25% d’intentions de vote, et même s’il regagne un point par rapport à la semaine dernière, reste à la peine : il s’agit d’un des plus faibles scores enregistré par le président sortant depuis janvier.

Concernant le match pour la troisième place, Marine Le Pen est, également pour CSA, devant Jean-Luc Mélenchon mais l’écart apparaît faible : seuls 1,5 points séparent les deux candidats (écart donc soumis à la marge d’erreur qui interdit de dresser un ordre d’arrivée avec certitude). Marine Le Pen obtient 16% et cela correspond, comme dans le baromètre Ipsos, à un niveau plus haut que celui qui prévalait ces dernières semaines, mais néanmoins légèrement plus faible que ceux obtenus en janvier.  Plus en cohérence avec la TNS Sofres cette fois, Jean-Luc Mélenchon connaît, dans le baromètre CSA, un tassement de ses intentions de vote au cours des dernières semaines : il perd 2,5 points par rapport à la mi-avril où il culminait avec 17% d’intentions de vote. François Bayrou obtient environ 10% d’intentions de vote et le léger recul observé depuis mi-mars est également confirmé par CSA.

BVA : L’écart se contient entre les deux favoris,  la troisième position est très disputée

Seul institut à n’avoir jamais placé Nicolas Sarkozy en tête du premier tout, BVA confirme, dans sa dernière étude, l’avance du candidat socialiste au premier tour : François Hollande obtient 30% des intentions de vote contre 26,5% pour Nicolas Sarkozy. L’institut mesure une certaine stabilité depuis le début du mois mais montre tout de même un léger creusement de l’écart entre les deux favoris au premier tour dans les deux dernières semaines.

En troisième position, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon obtiennent tous deux 14% d’intentions de vote. François Bayrou obtient 10% des intentions de suffrage, le plus faible score obtenu dans ce baromètre depuis janvier.

Si BVA confirme bien la diminution du candidat du MoDem montrée par les autres instituts, en revanche, la tendance qu’il dessine pour Jean-Luc Mélenchon diverge légèrement. A l’instar de ce que l’on observe dans les études Ipsos, les courbes de BVA n’indiquent aucune baisse de régime pour le candidat du Front de gauche. Néanmoins, avec 14% d’intentions de vote, il obtient les mêmes scores que dans les baromètres des autres instituts. Si BVA n’enregistre aucune diminution, c’est parce que l’institut n’a pas enregistré une poussée mi-avril comme l’ont fait CSA et la TNS Sofres.

Concernant Marine Le Pen, les scores démontrent une relative stabilité de la candidat frontiste, et en cohérence avec tous les instituts, à des niveaux plus faibles qu’en début d’année. BVA place la candidate frontiste à 14% d’intentions de vote, le score le plus faible en comparaison des autres instituts.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Marine Le Pen troisième

A rebours des autres instituts, le “rolling” de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) place Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote du premier tour. Le candidat de l’UMP obtient 28% d’intentions de vote et devance donc François Hollande de deux points (26%).

Les croisements répétitifs des courbes des deux favoris et l’écart toujours conscrit entre 0,5 et 2 points  depuis la mi-mars démontrent un rapport de force très serré. Si , dans ce baromètre, le candidat de l’UMP semble bien prendre la tête depuis cette date sur la durée, François Hollande arrive ponctuellement symboliquement à repasser en tête au premier tour. En outre, l’écart actuel est naturellement soumis à la marge d’erreur et interdit de déterminer avec certitude l’ordre d’arrivée. Néanmoins, l’Ifop prend à contrepied les tendances enregistrées par les autres instituts et ne montre ainsi aucune tendance à la baisse pour le président sortant. Il faut néanmoins rappeler, pour être tout à fait exact, que les dates de terrain diffèrent légèrement des autres études présentées ci dessous et réalisées les 18 et 19 avril : le terrain de l’Ifop s’étale en effet du 16 au 19 avril. La dernière vague d’enquête de l’Ifop sera présentée ce soir à 18h.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à environ 10% d’intentions de vote. Le candidat du MoDem semble néanmoins voir se dessiner une légère progression ces derniers jours, mais nous l’avons vu, celle-ci n’est confirmée par aucun autre institut.

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives, même à deux jours du premier tour. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour et désormais la plupart des instituts pour le premier tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver premier dimanche.  L’écart reste soumis à la marge d’erreur et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Dimanche, les deux candidats peuvent obtenir des scores très serrés, tout comme l’un pourrait l’emporter sur l’autre avec plusieurs points d’écart. Si l’hypothèse d’une arrivée en tête de François Hollande au premier tour est la plus partagée par les instituts aujourd’hui et semble donc la plus probable, elle n’est pas assurée.

2. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Si tous les instituts s’accordent à placer Marine Le Pen devant le candidat du Front de gauche (hormis BVA les plaçant à égalité), l’écart entre les candidats demeure compris dans la marge d’erreur et les difficultés toujours réelles pour estimer la candidate du Front national incitent à rester d’autant plus prudents, même si le rapport de force semble en sa faveur.

3. Pour le deuxième tour, François Hollande reste en tête de toutes les intentions de vote sans exception. Crier victoire trop tôt serait néanmoins imprudent. Si le candidat socialiste est naturellement le grand favori, une campagne peut toujours révéler des surprises et plus de deux semaines s’écouleront encore avant la proclamation du nom du nouveau président de la République.

 

Tableau récapitulatif des dernières intentions de vote au premier et second tours


NB : Dans la lignée de nos précédents articles, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-6 : Hollande reprend-t-il la tête au premier tour ?

Dans ses intentions de vote quotidiennes (rolling), l’Ifop vient d’annoncer un nouveau croisement des courbes à moins d’une semaine du premier tour : François Hollande repasse symboliquement en tête devant Nicolas Sarkozy. CSA et TNS Sofres avaient annoncé un tel croisement en fin de semaine dernière. Le même jour, BVA avait également publié un sondage montrant que l’écart se recreusait au premier tour en faveur du candidat socialiste

On parle beaucoup ces derniers jours d’une montée de François Hollande. Qu’en est-il vraiment et que montrent les intentions de vote des instituts les plus relayés dans les médias ?

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le “rolling” de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes ce soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi matin, l’institut CSA a annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir “annulé” toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi dernier, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril (soit une semaine avant les précédentes),  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande repasse en tête, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, le candidat socialiste semble bien en progression au second tour, même si à l’heure actuelle, ceci n’est pas confirmé par tous les instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Trois instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Que feront les électeurs de Marine Le Pen au second tour ?

Les intentions de vote montrent aujourd’hui que Nicolas Sarkozy et François Hollande seront, à moins d’une énorme surprise (et qui sait ce que peut nous réserver une campagne présidentielle ?), les candidats sélectionnés pour le second tour. Depuis le début de la campagne, François Hollande apparaît nettement en tête des intentions de vote de second tour, et aujourd’hui, les instituts n’ont pas encore annoncé de rapport de force plus défavorable qu’un 53% en faveur du candidat socialiste contre un 47% pour le président sortant. Le candidat du PS, s’il dispose toujours pour l’heure d’une avance favorable, a néanmoins vu le candidat de l’UMP se rapprocher de lui. Alors que,  pour le second tour de l’élection, les intentions de vote pour Nicolas Sarkozy oscillaient, durant le mois de février, entre 55% et 58% (selon les instituts et les vagues d’enquête), aujourd’hui l’écart s’est significativement resserré. Les dernières études montrent que les résultats pour l’actuel président de la République se situent désormais entre 53% et 55% (toujours en fonction des instituts).

Les intentions de vote pour Nicolas Sarkozy ont également augmenté pour le premier tour (entre 24% et 27% en février, entre 27% et 30% dans les dernières études), alors que dans le même temps, le candidat socialiste subit un léger effritement de son capital électoral. Cette progression du candidat UMP au premier tour s’explique notamment par le resserrement de l’offre à droite (Hervé Morin, Frédéric Nihous, Corinne Lepage et Dominique de Villepin ont abandonné la compétition présidentielle). En outre, l”entrée en campagne du candidat et l’intensification des débats a certainement entraîné une remobilisation des électeurs de droite. Si cette remobilisation peut également expliquer la progression de Nicolas Sarkozy au second tour, sa progression est également le fait d’un meilleur report des voix du centre, mais surtout de l’extrême droite sur sa candidature.

Dans sa dernière étude d’intentions de vote, Ipsos* nous montre l’évolution du comportement des électeurs potentiels de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection :

Depuis octobre, les intentions de vote des personnes déclarant avoir l’intention de voter pour Marine Le Pen au premier tour se modifient singulièrement : fin octobre, mais également encore mi-janvier, ces électeurs se répartissent en trois camps d’égale importance : ceux qui ont l’intention de s’abstenir/qui n’expriment pas d’intentions de vote, ceux qui déclarent qu’ils voteront pour Nicolas Sarkozy, et ceux qui se reportent vers le candidat socialiste. A partir de mi janvier, le candidat de l’UMP s’impose plus largement et le candidat socialiste voit les reports de voix des électeurs du Front national s’amenuiser : ainsi, mi-février, 19% des personnes déclarant avoir l’intention de voter Front national au premier tour s’orientent, au second tour, vers François Hollande et 35% vers Nicolas Sarkozy. Entre fin février et mi-mars, alors que le candidat UMP vient de rentrer en campagne, François Hollande regagne légèrement du crédit auprès des électeurs potentiels du Front national, mais reste devancé par Nicolas Sarkozy au sein de cette population.

Depuis mi-mars, ce qui correspond à la période à partir de laquelle Nicolas Sarkozy voit sa courbe dans les sondages progresser, au premier comme au second tour, le candidat UMP distance nettement François Hollande dans les reports de voix. Un électeur de Marine Le Pen sur deux déclare désormais avoir l’intention de voter pour l’actuel président de la République au second tour (contre seulement un peu plus d’un tiers jusqu’à la fin mars). Cette progression se fait au détriment de François Hollande, qui recule, mais également grâce à une diminution significative des électeurs qui refusaient d’exprimer une intention de vote au second tour.

Il demeure aujourd’hui un tiers des électeurs potentiels de Marine Le Pen au premier tour qui refusent d’exprimer un choix au second. Est-ce que ceux-ci finiront par se tourner vers le candidat UMP comme veulent le croire certains conseillers du président de la République ? Cela ne serait-il pas un peu vite oublier le rejet parfois profond que suscite le président de la République, la déception qu’il a pu faire naître chez ces électeurs depuis 2007 ? En outre, les études dessinent une abstention en augmentation par rapport à  la précédente élection présidentielle, et la tentation de ne pas se rendre aux urnes pourrait particulièrement toucher un électorat souvent désabusé par le politique et qui ne croit plus en son pouvoir de changer les choses.

* Sondage Ipsos en partenariat avec Logica Business Consulting pour Radio France, France télévisions et Le Monde, réalisé par téléphone les 6 et 7 avril 2012 auprès d’un échantillon de 955 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les questions d’intentions de vote ne portent que sur les personnes inscrites sur les listes électorales et certaines d’aller voter.

Le rapport de force à trois semaines du premier tour

A un peu moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les études d’intentions de vote montrent des mouvements significatifs dans le rapport de force entre les candidats. Pratiquement tous les instituts de sondage (excepté BVA), s’accordent désormais à placer Nicolas Sarkozy en tête au premier tour, devançant légèrement François Hollande. Le candidat socialiste continue néanmoins à garder une solide avance pour le second tour et deux sondages parus ce matin (BVA et Ipsos) annoncent même que l’écart se creuserait de nouveau au détriment du président sortant. Cette tendance doit néanmoins être confirmée.

Les changements dans le rapport de forces ne concernent pas que le duo de tête. La question “qui est le troisième homme ?” se pose avec toujours plus d’incertitude. Les courbes de Jean-Luc Mélenchon, qui a nettement progressé dans les intentions de vote au mois de mars, et celle de Marine Le Pen, qui subit un mouvement inverse avec un léger tassement, sont très proches. Les différents instituts placent l’un ou l’autre candidat à la troisième place. Le troisième homme de 2007, François Bayrou, semble désormais distancé par ces candidats selon la plupart des instituts.

Les études d’intentions de vote se succèdent mais que disent-elles réellement et quelles sont les évolutions retracées par les différents instituts ? Cet article, qui fait suite à celui que nous avons publié il y a quelques jours, fait la synthèse des baromètres d’intentions de vote les plus relayés dans les médias.

Ipsos : Nicolas Sarkozy tutoie François Hollande, Jean-Luc Mélenchon dépasse François Bayrou

Ce matin, les radios et télévisions publiques se sont fait le relais de la nouvelle vague d’enquête de leur baromètre Ipsos, réalisée les 30 et 31 mars. Avec un décalage sur pratiquement tous les autres instituts de sondages (Ifop, CSA, TNS Sofres, OpinionWay et Harris interactive), Ipsos annonce un croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour. Le candidat de l’UMP, en gagnant deux points par rapport à la précédente étude réalisée les 23 et 24 mars, atteint désormais 29,5% et devance François Hollande qui recueille 27,5% d’intentions de vote (-0,5 points).

Après avoir placé Jean-Luc Mélenchon en quatrième place la semaine dernière, l’institut lui attribue désormais la troisième marche du podium. Avec 14,5% d’intentions de vote dans cette nouvelle enquête, le candidat du Front de gauche devance symboliquement Marine Le Pen, qui recule par rapport à la semaine dernière (14%, -2 points). Néanmoins, plus que de remarquer quel candidat est placé devant l’autre, c’est la proximité entre ces deux candidats qu’il convient de noter. Les marges d’erreurs interdisent en effet de conclure définitivement sur la place respective de chacun et chacun de ces candidats est, à l’heure actuelle, le potentiel “troisième homme” de cette campagne. Les études à venir devront confirmer si le recul de Marine Le Pen et la montée en puissance continue de Jean-Luc Mélenchon se confirment. Les différents instituts d’étude, qui annoncent l’un la candidate du Front national devant le candidat du Front de gauche, et l’autre l’inverse, posent le constat d’un duel très serré pour la troisième place à trois semaines du premier tour.


BVA : François Hollande demeure en tête du premier tour et Jean-Luc Mélenchon à la quatrième place

Une autre étude a été publiée ce matin, réalisée par l’institut BVA entre le 29 et 31 mars. Cet institut demeure le seul (avec LH2) à placer François Hollande en tête du premier tour et à n’avoir pas annoncé de croisement des courbes entre les deux principaux candidats. Néanmoins, l’écart entre eux se resserrent nettement et n’est plus que d’un point. Nous soulignerons (comme le fait d’ailleurs BVA) qu’avec les marges d’erreur, il est impossible de réellement déterminer quel candidat se trouve devant l’autre, mais il demeure que, pour cet institut, le croisement symbolique des courbes n’est pas encore d’actualité.


Pour la troisième place, la proximité des courbes observé entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se retrouve. Les deux candidats sont à un point d’écart, avec Marine Le Pen  (15%, +2 points par rapport aux 21-22 mars) repassant devant Jean-Luc Mélenchon (14%, stable), alors que la semaine dernière, les places étaient inversées. Ces changements dans la hiérarchie démontrent que les deux candidats disposent, selon BVA, de potentiels électoraux relativement égaux et qu’il apparaît aujourd’hui bien difficile de déterminer lequel devance l’autre dans le rapport de force.

François Bayrou poursuit une lente baisse et, en recueillant 11% d’intentions de vote, n’apparaît plus désormais dans les prétendants crédibles à la troisième place. Il reste néanmoins presque trois semaines de campagne et la partie n’est pas encore jouée pour le candidat du MoDem qui peut encore rêver à conserver la troisième place conquise lors de la précédente élection présidentielle, même si la dynamique est pour l’instant clairement négative.

 

Ifop : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour depuis la mi-mars, Marine Le Pen toujours à la troisième place

Le 12 mars dernier, l’Ifop était le premier institut de sondage à annoncer un croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, en hausse de 1,5 points par rapport au précédent sondage réalisé du 23 au 26 février, atteint désormais 28,5% des intentions de vote au premier tour et dépasse donc François Hollande, crédité de 27% des voix, en diminution de 1,5 points.

Le lendemain, le “rolling” de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine), montre également ce croisement des courbes annoncé par l’autre sondage de l’institut. Du 13 au 16 mars, Nicolas Sarkozy restera en première place du premier tour selon le “rolling”. Les 19, 20 et 21 mars, au moment des événements de Toulouse, les deux candidats seront à égalité (le 20, François Hollande repassera même symboliquement en tête de 0,5 point). Depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy reprend la tête sans parvenir vraiment à creuser l’écart, qui se contient entre 1 et 2 points.

Le croisement des courbes entre les deux candidats s’explique autant par la légère diminution des intentions de vote en faveur de François Hollande (de l’ordre de deux points) que par une légère augmentation de celles en faveur de Nicolas Sarkozy (de l’ordre de deux points également).

S’agissant du deuxième croisement des courbes, celui qui concerne Jean-Luc Mélenchon, il intervient le 26 mars dans les études de l’Ifop et fait suite à une dynamique ascendante du candidat du Front de gauche depuis le début du mois de mars (+6 points, soit quasiment un doublement des intentions de vote en sa faveur), ainsi qu’à un tassement plus léger de François Bayrou (environ deux points en deux semaines). Cependant, depuis une semaine, les intentions de vote pour le candidat du Front de gauche restent stables (voire tendent à décroître) et, pour l’Ifop, le troisième homme reste bien une femme, la candidate du Front national, qui dispose toujours de 2 à 3 points d’avance selon cet institut.

CSA : Sarkozy nettement au-dessus de François Hollande au premier tour, Jean-Luc Mélenchon à égalité avec François Bayrou derrière Marine Le Pen

Le lendemain de l’annonce du croisement des courbes par l’Ifop, CSA avait publié une intentions de vote confirmant la progression de Nicolas Sarkozy : l’institut annonce les deux principaux candidats à égalité avec 28% d’intentions de vote. Dans leurs deux études suivantes, le croisement des courbes est effectif : Nicolas Sarkozy, avec 30% des voix, dépasse François Hollande, pour qui les intentions de vote s’essoufflent (28% les 19-20 mars et 26% les 26-27 mars).

Concernant le candidat du Front de gauche, aucune modification n’intervient dans la hiérarchie des candidats bien que Jean-Luc Mélenchon se rapproche de François Bayrou et de Marine Le Pen. Depuis les 19 et 20 mars, CSA donne François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon à égalité. S’ils tutoyaient la candidate du Front national les 19 et 20 mars, Marine Le Pen recreuse la distance avec les “quatrièmes hommes” dans la dernière étude publiée et réalisée les 26 et 27 mars (15% d’intentions de vote, 12,5% pour François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon).

 

TNS Sofres : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Jean-Luc Mélenchon derrière Marine Le Pen

Les intentions de vote de la TNS Sofres confirment les tendances données par les autres instituts : d’une part Nicolas Sarkozy, qui augmente légèrement, défie désormais à François Hollande, en légère perte de vitesse, la première place du premier tour. Dans la dernière vague d’enquête de la TNS Sofres, réalisée les 26 et 27 mars, le croisement des courbes se produit entre les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy obtenant 29% d’intentions de vote (+3 points par rapport au 12 mars) et François Hollande 28% (-2 points).

La dynamique de Jean-Luc Mélenchon se renforce au cours des quinze derniers jours et celui-ci passe devant François Bayrou, dont le socle d’intentions de vote s’érode légèrement (13,5% pour Jean-Luc Mélenchon, +3,5 points et 10% pour François Bayrou, -1,5 points). Néanmoins, cet institut, comme l’Ifop, BVA et CSA, place toujours le candidat du Front de gauche derrière Marine Le Pen (15% d’intentions de vote).

 

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Intentions de vote : quelles courbes se croisent ?

En cette période de campagne, les intentions de vote des différents instituts se suivent et il est parfois difficile de s’y retrouver. A entendre les médias parler de courbes qui se croisent, on pourrait croire que celles-ci ne cessent de passer l’une au-dessus ou au-dessous de l’autre. Or il en va bien autrement. Chaque institut (ou presque) a montré, l’un après l’autre, les mêmes dynamiques, à savoir que Nicolas Sarkozy prenait la tête du premier tour dans les intentions de vote (bien qu’il reste devancé au deuxième) et que Jean-Luc Mélenchon a vu sa courbe tutoyer voire croiser celles des autres candidats prétendant au titre de “troisième homme”.

Il n’est pas toujours facile d’y voir clair tant les publications des instituts se succèdent, avec des évolutions sur des périodes différentes.

Qu’en est-il réellement ? Quels sont les croisements de courbes dont on parle tant ?

Ifop : le premier institut à annoncer le croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour

Le 12 mars dernier, l’Ifop est le premier institut de sondage à annoncer un croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour de l’élection présidentielle. Nicolas Sarkozy, en hausse de 1,5 points par rapport au précédent sondage réalisé du 23 au 26 février, atteint désormais 28,5% des intentions de vote au premier tour et dépasse donc François Hollande, crédité de 27% des voix, en diminution de 1,5 points.

Le lendemain, le “rolling” de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine), montre également ce croisement des courbes annoncé par l’autre sondage de l’institut. Du 13 au 16 mars, Nicolas Sarkozy restera en première place du premier tour selon le “rolling”. Les 19, 20 et 21 mars, au moment des événements de Toulouse, les deux candidats seront à égalité (le 20, François Hollande repassera même symboliquement en tête de 0,5 point). Depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy reprend la tête sans parvenir vraiment à creuser l’écart, qui se contient entre 1 et 2 points.

Le croisement des courbes entre les deux candidats s’explique autant par la légère diminution des intentions de vote en faveur de François Hollande (de l’ordre de deux points) que par une légère augmentation de celles en faveur de Nicolas Sarkozy (de l’ordre de deux points également).

S’agissant du deuxième croisement des courbes, celui qui concerne Jean-Luc Mélenchon, il intervient le 26 mars dans les études de l’Ifop et fait suite à une dynamique ascendante du candidat du Front de gauche depuis le début du mois de mars (+6 points, soit quasiment un doublement des intentions de vote en sa faveur), ainsi qu’à un tassement plus léger de François Bayrou (environ deux points en deux semaines).

 

CSA : Sarkozy nettement au-dessus de François Hollande au premier tour, Jean-Luc Mélenchon à égalité avec François Bayrou

Le lendemain de l’annonce du croisement des courbes par l’Ifop, CSA publie une intentions de vote confirmant la progression de Nicolas Sarkozy : l’institut annonce les deux principaux candidats à égalité avec 28% d’intentions de vote. Dans leurs deux études suivantes, le croisement des courbes est effectif : Nicolas Sarkozy, avec 30% des voix, dépasse François Hollande, pour qui les intentions de vote s’essoufflent (28% les 19-20 mars et 26% les 26-27 mars).

Concernant le candidat du Front de gauche, aucune modification n’intervient dans la hiérarchie des candidats bien que Jean-Luc Mélenchon se rapproche de François Bayrou et de Marine Le Pen. Depuis les 19 et 20 mars, CSA donne François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon à égalité. S’ils tutoyaient la candidate du Front national les 19 et 20 mars, Marine Le Pen recreuse la distance avec les “quatrièmes hommes” dans la dernière étude publiée (15% d’intentions de vote, 12,5% pour François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon).

 

BVA : François Hollande demeure en tête et Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Ces derniers jours, ce sont les intentions de vote de l’institut BVA qui ont fait parler : le 23 mars, l’institut a annoncé, le premier, un croisement des courbes au sein des candidats se disputant la troisième marche du podium : Jean-Luc Mélenchon, en progression de cinq points par rapport aux 15 et 16 février, avec 14% d’intentions de vote, dépassait Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (12%).

Si la progression de Jean-Luc Mélenchon est attestée par tous les instituts, ainsi que la légère perte de vitesse de François Bayrou et donc le rapprochement de ces deux candidats, en revanche, seul BVA a annoncé à ce jour un croisement des courbes entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Ceci devra être confirmé ou infirmé dans les prochains jours et par les autres instituts.

Si l’on revient au duo de tête, BVA se distingue également, en annonçant toujours François Hollande en tête, malgré un resserrement certain entre les courbes. Dans leur dernière étude, qui date des 21 et 22 mars, l’écart n’est désormais plus de 1,5 points, alors même que BVA a été, depuis le début de la campagne, l’institut donnant les plus grandes différences de scores entre les deux candidats en tête. La prochaine étude BVA sera-t-elle celle qui annoncera le croisement des courbes observé par les autres instituts ?

 

Ipsos : Nicolas Sarkozy tutoie François Hollande, Jean-Luc Mélenchon dépasse François Bayrou

Dans les études de l’institut Ipsos, il n’y a pas non plus de croisement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande au premier tour même si, comme pour BVA, les courbes se rapprochent très nettement. Dans la dernière enquête, réalisé les 23 et 24 mars, les deux candidats ne sont plus qu’à 0,5 point d’écart.

Cette dernière publication contenait un autre changement dans la hiérarchie des candidats : Jean-Luc Mélenchon y dépassait François Bayrou. Avec 13% d’intentions de vote (+1,5 points par rapport aux 16 et 17 mars), le candidat du Front de gauche prend la quatrième place au candidat du MoDem (11,5%, -1,5 points), mais reste trois points derrière Marine Le Pen (16%).

 

TNS Sofres : Nicolas Sarkozy en tête du premier tour, Jean-Luc Mélenchon devant Bayrou

Les intentions de vote de la TNS Sofres confirment les tendances données par les autres instituts : d’une part Nicolas Sarkozy, qui augmente légèrement, défie désormais à François Hollande, en légère perte de vitesse, la première place du premier tour. Dans la dernière vague d’enquête de la TNS Sofres, le croisement des courbes se produit entre les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy obtenant 29% d’intentions de vote (+3 points par rapport au 12 mars) et François Hollande 28% (-2 points).

La dynamique de Jean-Luc Mélenchon se renforce au cours des quinze derniers jours et celui-ci passe devant François Bayrou, dont le socle d’intentions de vote s’érode légèrement (13,5% pour Jean-Luc Mélenchon, +3,5 points et 10% pour François Bayrou, -1,5 points).

 

NB : Cet article a pris le parti, par souci de concision, de ne reprendre les intentions de vote que des cinq principaux instituts. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

Les sondeurs sont-ils mauvais ? L’exemple de la précédente élection présidentielle

Alors que les sondages s’enchaînent dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, les critiques à leur égard se font de plus en plus visibles du fait des écarts observés entre les études publiées par les différents instituts ces derniers jours.

L’exercice des intentions de vote est toujours complexe, mais ne s’apparente pas aux « magouilles sondagières » que l’on décrit souvent. Les redressements effectués ne le sont pas « au bon nez » du sondeur et s’appuient sur des données solides (votes antérieurs notamment), même si, il ne faut le nier non plus, entre parfois en jeu une légère part de subjectivité, le sondeur se reposant également sur l’expérience passée et sur ses connaissances en sciences politiques. Si l’on veut bien sortir du discours caricatural et dénonciateur des sondages, on retiendra que plusieurs difficultés, bien réelles, doivent être surmontées par les professionnels et que celles-ci peuvent expliquer les différences constatées entre les différents instituts de sondage, qui y apportent des réponses parfois différenciées :

 

Les « menteurs »

Quand on parle des redressements des sondages d’intentions de vote, on évoque souvent plus particulièrement la difficulté à estimer le vote pour le Front national. Si les débats autour des redressements sont centrés sur cette question, c’est que le Front national a très longtemps été la principale « victime » d’un phénomène bien décrit par les sciences politiques, la « désirabilité sociale ». Il s’agit, pour l’interviewé, de déclarer voter pour un autre candidat que celui pour lequel il a l’intention de réellement voter, parce qu’il nourrit une honte à avouer son véritable choix. Le répondant ment donc pour se rendre plus acceptable, plus “désirable” aux yeux de l’enquêteur ou de la personne qui lira les résultats.

Le vote pour l’’extrême-droite est le plus sous-déclaré. Plus généralement, le vote pour la gauche (plus facile à assumer socialement) est légèrement sur-déclaré. Notons que ce phénomène joue aussi concernant l’abstention et que les Français ont parfois du mal à avouer qu’ils ne se rendront pas aux urnes lors d’une élection, surtout quand il s’agit d’une élection nationale importante comme l’élection présidentielle.

Le biais de « désirabilité sociale » est plus important quand la personne interrogée soumet ses réponses à un enquêteur (lorsqu’il est interrogé en face-à-face ou par téléphone). Dans les sondages par internet, où le répondant est seul face à son ordinateur, ce phénomène est moins fort mais existe cependant.

Ce biais est corrigé a posteriori par le redressement de l’échantillon à partir des votes antérieurs. Ainsi, si dans l’échantillon interrogé, on trouve 28% de personnes ayant déclaré avoir voté pour Ségolène Royal en 2007, on fait en sorte que ces personnes ne représentent que le poids qu’elles devraient avoir (26%, le score réel obtenu en 2007). On donne donc dans l’échantillon à chacune de ces personnes un poids de 0,93 (et les électeurs de candidats « sous-déclarés » auront, eux, un poids supérieur à 1).

Concernant plus spécifiquement le vote Front national, ces dernières années sont marquées par une plus grande facilité pour les répondants à se dire électeurs du parti d’extrême-droite. Le redressement introduit donc un moins grand écart entre le chiffre brut et le chiffre corrigé qu’il n’a pu l’être auparavant.

 

Les hésitants

Les sondages d’intentions de vote commencent à être conduits bien avant l’élection. Or, beaucoup d’électeurs se déterminent dans les derniers jours avant le scrutin. Comme le montre le graphique ci-dessous, lors la précédente élection présidentielle française en 2007, 17% des votants déclaraient s’être décidés au dernier moment, 18% les derniers jours et 21% au cours des dernières semaines.


Cette volatilité de l’électorat est une donnée à prendre en compte quand on analyse les sondages d’intention de vote, au global, mais aussi par candidat. Il apparaît en effet, que les « hésitants » sont plus représentés dans certains électorats. En l’occurrence, pour l’élection présidentielle qui s’annonce, les hésitants sont particulièrement présents au sein de l’électorat de François Bayrou et d’Eva Joly, alors que d’autres candidats disposent de socles électoraux bien plus solides, comme François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Ces électeurs hésitants, dont le choix peut varier d’un jour sur l’autre, apportent une difficulté supplémentaire au sondeur, qui conduit généralement ses intentions de vote de manière régulière. Or les mesures publiées par un même institut de sondage doivent rester cohérente dans le temps et ne peuvent pas varier trop fortement en raison de ces électeurs dont le choix n’est pas encore fixé (mais qui oscille généralement entre un nombre limité de candidats). Ceci peut inciter un professionnel à modérer un écart, entre deux mesures d’intentions de vote, qui serait trop important pour un candidat dont l’électorat est fortement hésitant, afin de ne pas surestimer un potentiel électoral dont la solidité est faible. Ceci ne signifie pas qu’un candidat dont l’électorat serait majoritairement hésitant ne peut voir son score augmenter (ou diminuer) dans les sondages, mais seulement que les professionnels gardent à l’esprit la volatilité de l’électorat. Ils restent plus prudents quant aux évolutions constatées pour les candidats qui disposent de nombreux électeurs “hésitants”, quitte à avoir parfois la tentation de “lisser” des évolutions constatées qui leur sembleraient pouvoir tenir plus du biais que d’un véritable mouvement de l’opinion.

De manière systématique, les sondeurs interrogent les personnes composant leur échantillon sur leur certitude de choix.

 

La qualité de l’échantillon

Pour construire des intentions de vote, et plus généralement un sondage,  la qualité de l’échantillon est essentielle. En France, les échantillons sont construits par la méthode des quotas, c’est-à-dire que dans l’échantillon, sera interrogé une proportion déterminée d’hommes et de femmes, d’urbains et de ruraux, etc. pour que ces proportions correspondent à ce qu’elles sont dans la population réelle. Généralement, les instituts imposent des quotas de sexe, d’âge, de profession, de région et de « catégorie d’agglomération » (échelle permettant de différencier les territoires ruraux et urbain)

On critique parfois les échantillons construits selon cette méthode. Et en effet, la théorie statistique pose que la représentativité de l’échantillon est assurée par un tirage aléatoire, donc sans définition de quotas, avec un hasard d’interrogation pur. Mais dans les faits, la mise en place des conditions théorique est tout simplement impossible. Ces conditions posent en effet que chaque Français possède la même probabilité d’être interrogé. Or des raisons pratiques évidentes s’y opposent  : parce qu’il n’existe aucune liste de numéros de téléphones ou de courriels comprenant toute la population (pour les enquêtes par téléphone ou internet), parce qu’il est impossible d’aller sonner à toutes les portes (digicodes et autres restrictions d’accès aux domiciles…) (pour les enquêtes en face-à-face), mais aussi parce que les gens s’absentent de chez eux, parce que certaines personnes refusent de répondre, etc.. Ainsi, les conditions de compositions d’un échantillon aléatoire ne peuvent être réunies de manière empirique. Un échantillon construit selon la méthode dite “aléatoire” sous-représenterait obligatoirement certaines catégories de population selon les biais mentionnés ci-dessus (actifs moins présents chez eux notamment). Par conséquent, les professionnels des sondages ont adopté une autre méthode, permettant de construire des échantillons représentatifs malgré toutes ces contraintes. En France, a été fait le choix de la méthode par quotas, qui a su faire ses preuves.

La qualité de l’échantillon se mesure au respect des quotas, mais également à d’autres critères. Ainsi, par exemple, pour un sondage téléphonique, il faudra veiller à rappeler plusieurs fois une personne indisponible, ou à varier les horaires d’appels, afin notamment que les personnes les plus « actives » et donc les moins présentes à leur domicile, soit bien représentées dans l’échantillon. De la même manière, pour un sondage par internet, on veillera à un temps d’interrogation permettant de recueillir l’opinion des personnes qui ne sont pas forcément connectées plusieurs fois par jour. Chaque méthodologie (interrogation par internet ou téléphone puisque ce sont généralement les deux utilisées concernant les intentions de vote) possède ses qualités et ses défauts, que les instituts de sondages connaissent (et qu’il serait malheureusement trop long de détailler ici). Les précautions décrites ci-dessous participent à réduire ces biais, et on considère que ces deux méthodologies permettent d’obtenir des échantillons représentatifs de la population française.

Une fois toutes les personnes interrogées, et donc l’échantillon constitué, les sondeurs opèrent un redressement. Celui-ci, selon le principe décrit ci-dessous, doit permettre à l’échantillon de présenter les mêmes caractéristiques que la population réelle, en termes socio-démographiques (si les quotas n’ont pas été parfaitement respectés, or il existe généralement un léger écart sur au moins un critère car il faut toujours conjuguer rapidité de constitution de l’échantillon et respect des quotas. Mais les éventuels écarts sont légers, car la qualité de l’échantillon est essentielle, et aucun sondeur digne de ce nom ne se permettrait d’avoir un échantillon trop « distordu »), mais aussi en termes politiques, et sur ce plan, le redressement est absolument nécessaire car aucun quota politique n’est fixé lors de la constitution de l’échantillon.

On évoque souvent la différence entre les chiffres bruts et les chiffres redressés dans le cas des intentions de vote. Les chiffres bruts sont complètement dépendants de la qualité de l’échantillon interrogé. Si celle-ci est au rendez-vous, les écarts sur les votes antérieurs sont généralement peu importants, mais existent. Ils ne sont pas dus uniquement à la qualité de l’échantillon, mais également aux phénomènes de sous ou sur-déclaration évoqués ci-dessous. Ils s‘expliquent également par les marges d’erreurs, autre donnée dont les sondeurs doivent tenir compte.

 

Les marges d’erreurs

Les marges d’erreurs demeurent un impondérable des sondages, posée par la théories statistiques. Les marges d’erreur varient selon la taille de l’échantillon, mais aussi selon le pourcentage considéré, ce qu’on oublie souvent. Ainsi, pour un échantillon de 1000 personnes, la marge d’erreur (avec un intervalle de confiance de 95%) est de 3,1 points pour un pourcentage égal à 50% et de 1,4 points pour un pourcentage égal à 5%.

 

L’épreuve de la réalité : le jour du vote

Face à toutes ces difficultés, comment les sondeurs s’en sont-ils sortis lors de la précédente élection présidentielle ?

Le tableau ci-dessous compare les  intentions de vote avec les résultats réels de l’élection pour l’élection de 2007. Nous avons pris pour comparaison avec les résultats réels du vote les dernières intentions de vote*, car il faut encore et toujours le rappeler, les sondages d’intentions de vote ne sont pas une prédiction des résultats électoraux. Par définition, ils servent à cerner les mouvements de l’opinion, en donnant un rapport de force à un instant t. Les sondages réalisés en février donnent le rapport de force de février, qui sera potentiellement modifié par la campagne électorale, pas le résultat du scrutin qui a lieu fin avril. Il n’y a donc de sens à ne comparer les résultats qu’avec les intentions de vote conduites le plus près possible du scrutin.

Des écarts existent, notamment concernant le vote pour Jean-Marie Le Pen, surestimé par les instituts, souvent au détriment du vote pour Nicolas Sarkozy. Néanmoins, il s’avère que les estimations des instituts se sont révélées plutôt proches des résultats réels de l’élection, surtout quand on garde à l’esprit la marge d’erreur à laquelle ces sondages sont soumis.

 

Conclusion : les sondeurs infaillibles ?

Cet article ne cherche pas à encenser les sondages. En tant que professionnels des études, nous sommes également les fins connaisseurs de leurs limites et de leurs biais. Leurs connaissances est d’ailleurs, à notre sens, une condition sine qua non de la bonne interprétation des sondages.

Les sondages sont loin d’être un instrument infaillible. La théorie statistique nous dit qu’ils seront toujours soumis aux marges d’erreurs. Les phénomènes sociologiques tels que la désirabilité sociale, la complexité effective à atteindre certaines catégories de population par les différents modes de recueil utilisés, posent que par construction, les sondages sont porteurs d’imperfections. Il n’empêche qu’on ne peut les rejeter parce qu’ils n’ont pas toujours permis de tout prévoir. Effectivement, aucun institut de sondage n’a, en 2002, donné la véritable affiche du second tour. Même si les sondeurs avancent des explications valables à cet événement (tendances au croisement des courbes de Lionel Jospin et de Jean-Marie Le Pen, détermination tardive des électeurs…), cette élection présidentielle reste le preuve vivace que la prudence dans l’interprétation doit rester de mise, que nous devons nous plier à une observation des évolutions dans le temps et à une comparaison intelligente entre les études des différents instituts de sondage.

Dans la majorité des cas néanmoins, la comparaison entre sondages d’intentions de vote et résultats de l’élection démontrent que ces outils sont pertinents et qu’ils apportent une information précieuse sur les rapports de force. En outre, ils demeurent à ce jour le seul moyen permettant de mesurer l’opinion, et par conséquent, ils ne sont pas prêts de disparaître.

 

*Les intentions de vote présentées sont les dernières réalisées par les instituts avant le scrutin de 2007 :

Sondage TNS Sofres en partenariat avec Unilog Groupe LogicaCMG pour Le Figaro, RTL et LCI, réalisé par téléphone les 18 et 19 avril 2007, auprès d’un échantillon de 1000 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/530C971BB1E84260AA2AFEF6D3238977.aspx

Sondage Ipsos en partenariat avec Dell pour SFR et Le Point, réalisé par téléphone les 19 et 20 avril 2007, auprès d’un échantillon de 1598 personnes, représentatif de la population française inscrite sur les listes électorales. http://www.ipsos.fr/presidentielle-2007/index.php

Sondage CSA en partenariat avec Cisco pour Le Parisien/aujourd’hui en France, réalisé par téléphone le 20 avril 2007, auprès d’un échantillon de 1002 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2007/opi20070420-intentions-de-vote-a-l-election-presidentielle-de-2007-vague-27.htm

Un sondage Ifop a également été réalisé juste avant le scrutin mais les résultats ne sont pas disponibles de manière intégrale sur le site de l’institut.