François Hollande débute son mandat avec une popularité limitée

Les sondages de popularité rythmeront le quinquennat de François Hollande, comme ils ont accompagné celui de Nicolas Sarkozy. Depuis l’élection du nouveau président de la République et la nomination du Premier ministre il y a trois mois, les mesures de popularité des différents instituts se succèdent.

Comme pour les sondages d’intentions de vote, il n’est pas toujours facile d’y voir clair dans l’historique de ces indicateurs, les mesures des différents instituts s’entremêlant avec leur évolution mensuelle respective. Dans le cas des baromètres de popularité, une difficulté vient s’ajouter, tenant à la nature même de l’indicateur. Si dans les sondages d’intentions de vote, tous les instituts mesurent la même chose (l’intention de vote), les baromètres de popularité apportent des indicateurs variés (confiance, satisfaction, image…) avec des échelles de réponses et des modes d’administration qui ne sont pas identiques, et donc parfois des chiffres assez différents.

Que nous disent ces différents indicateurs de la popularité du nouveau président ? Le tableau ci-dessous récapitule les dernières mesures de popularité de François Hollande (réalisées au cours du mois de juillet) et leur évolution par rapport au mois précédent :

Le président dispose donc de jugements favorables de la part d’une majorité des Français sur les trois types d’indicateurs :

  • Confiance (CSA et TNS Sofres) : les deux instituts donnent des mesures très proches (mais réalisées à trois semaines d’écart : début juillet pour TNS Sofres, fin du mois pour CSA). Les Français déclarant faire confiance à François Hollande sont majoritaires (54%-55%) tandis que quatre Français sur dix déclarent à l’inverse ne pas faire confiance au nouveau Président.
  • Satisfaction (Ifop) : 56% des Français se déclarent satisfaits de François Hollande comme président de la République, 44% insatisfaits. Le niveau de satisfaction apporté au président de la République rejoint donc le niveau de confiance, les résultats des deux indicateurs étant très proches.
  • Jugement sur l’action (Ipsos) : une majorité des Français (55%) juge favorablement l’action de François Hollande comme président tandis que 37% la considèrent défavorablement. Les résultats sont donc également similaires à ceux des deux autres types d’indicateurs s’agissant des jugements positifs. Les avis négatifs sont légèrement moins nombreux du fait d’une proportion plus importante de personnes ne se prononçant pas dans le baromètre Ipsos (qui peut tenir de la formulation de la question qui interroge sur « l’action » alors que celle-ci reste encore limitée après trois mois de fonction, mais aussi de l’administration du sondage – moins d’insistance de l’enquêteur pour que la personne interrogée se prononce ?).

Les dernières mesures réalisées (CSA et Ipsos) montrent une légère augmentation de la popularité de François Hollande, alors que ceux réalisés avant le 20 juillet confirmaient une chute progressive observée depuis le début du mandat (se traduisant avant tout par un renforcement des opinions négatives, plus que par une diminution des opinions positives, les personnes ne se prononçant pas en début de mandat s’étant davantage orientée vers un jugement négatif que positif).

Somme toute, les résultats obtenus par le président de la République sont globalement positifs, ce qui est assez naturel après une scrutin où une majorité électorale a voté pour lui. Néanmoins, et cela a été souligné à de nombreuses reprises, François Hollande ne jouit d’aucun « état de grâce ». Si son électorat lui apporte son soutien, le président n’arrive guère à convaincre au-delà de celui-ci. Ses résultats de popularité apparaissent donc en net retrait par rapport à celles qu’obtenait Nicolas Sarkozy en juillet 2007, comme le montre le tableau ci-après :

Alors que Nicolas Sarkozy pouvait se prévaloir du soutien des deux tiers des Français en juillet 2007, François Hollande recueille des scores de 10 points inférieurs, et ce, depuis son élection. Reste à savoir si ce socle plus restreint lui restera fidèle plus longtemps, Nicolas Sarkozy ayant perdu près de 30 points de satisfaction entre juillet 2007 et juillet 2008…

Dernières estimations des instituts pour la future assemblée

A un peu plus de 22h, voici les dernières estimations de la future Assemblée selon les trois instituts ayant conduit une opération électorale ce soir :

 

Au cours de la soirée, les estimations ont peu varié :

- EELV ne devrait pas obtenir les 20 députés annoncés à 20h mais de 17 à 19.

- A l’inverse, les résultats ont été revus à la hausse pour le Front national, l’extrême-droite devrait en effet obtenir trois députés (Jacques Bompard pour la Ligue du Sud et Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen pour le FN), soit en moyenne un de plus que le nombre annoncé à 20h.

- Les deux députés du MoDem sont confirmés.

- Le nombre de députés accordé aux deux grands partis varie peu : la variation maximale entre les estimations de 20h et de 22h étant de 2 sièges pour TNS Sofres et CSA ; Ipsos a davantage ajusté son estimation puisque cet institut accorde désormais 8 députés de plus à la gauche parlementaire et 7 de moins à la droite parlementaire.

- Enfin, les députés du centre-droit ne sont pas assurés de constituer un groupe, Ipsos leur accordant 14 sièges et TNS Sofres 15.

 

Si l’on s’intéresse aux différences entre les estimations des instituts, on remarquera que celles-ci sont assez minimes. CSA donne légèrement plus de députés pour la gauche et donc moins pour la droite que les autres instituts, et particulièrement que TNS Sofres. Remarquons également qu’Ipsos accorde 13 sièges au Front de gauche quand les autres instituts ne lui en donnent que 10. Enfin, TNS Sofres donne deux députés écologistes de moins dans la future Assemblée que CSA et Ipsos.

Les différentes estimations de 20h pour le second tour des élections législatives

Trois instituts ont réalisé des estimations ce soir pour le second tour des élections législatives. Elles diffèrent légèrement entre elles, en voici un récapitulatif :

Si les chiffres ne sont pas exactement les mêmes selon les instituts, toutes les estimations s’accordent sur les principaux résultats de ces élections :

- le PS dispose de la majorité absolue (289 sièges), ce qui pourra le dispenser du soutien d’Europe Ecologie Les Verts et du Front de gauche, voire même de ses alliés directs le PRG et le MRC.
- la droite parlementaire dispose d’un nombre de sièges qui correspond à celui obtenu par la gauche en 2007.
- EELV disposera d’un groupe à l’Assemblée nationale alors que le Front de gauche n’atteint pas le seuil des 15 députés. A droite, les centristes ne sont pas assurés de disposer d’un groupe (14 à 15 députés).
- le MoDem dispose d’une présence dans l’hémicycle (2 sièges), tout comme le Front national.

 

Les dernières estimations des instituts pour le premier tour des élections législatives

Ipsos et CSA ont affinés leurs estimations données à 20h. Les variations son assez faibles : le PS et l’UMP perdent tous deux environ 0,5% des suffrages, qui se reportent sur des plus petits partis : le Front national gagne de 0,3% à 0,5% des voix par rapport aux estimations de 20h, Europe Ecologie les Verts de 0,3% à 0,4%, et 0,2% pour le MoDem dans l’estimation d’Ipsos.

Voici en détail les résultats des différentes estimations (en suffrages exprimés) :

Seul Ipsos a modifié sa projection en siège suite à ces nouvelles estimations :

Les estimations à 20h des instituts pour les élections législatives

Les premières estimations donnent la gauche parlementaire en tête des élections législatives avec de l’ordre de 47% des voix (35% pour le PS, le PRG et les divers gauche, 5% pour EELV et 7% pour le Front de gauche). La droite parlementaire recueille environ 35% des voix selon ces mêmes premiers résultats. Le Front national réalise un score nettement inférieur à celui obtenu lors de l’élection présidentielle (environ 13,5%).

Voici en détail les estimations de 20h des différents instituts au niveau national (en % des suffrages exprimés) :

A ces résultats correspondent ces estimations en sièges (en fourchette) :

Ainsi, le PS pourrait obtenir la majorité absolue (qui s’établit à 289 sièges), tandis que la droite parlementaire peut espérer jusqu’à 260 sièges environ. EELV n’est pas assuré de pouvoir constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée (ce qui requiert 15 sièges). Le MoDem et le Front national n’ont pas la certitude de disposer de sièges au palais Bourbon.

 

 

Les projections en sièges des intentions de vote aux élections législatives

Trois instituts de sondage ont produit ces derniers jours des projections en siège des intentions de vote nationales relatives aux élections législatives. Si l’on construit des fourchettes resserrées à partir de ces trois estimations (TNS Sofres, Ipsos et OpinionWay), on arrive aux résultats suivants* :

- Gauche : de 310 à 345 sièges. Le PS (associé au PRG et au MRG) y disposerait de 280 à 299 sièges.

- Droite parlementaire : de 235 à 265 sièges.

- Front national : de 0 à 2 sièges.

- MoDem : de 0 à 2 sièges.

 

De manière plus détaillée, voici ce que nous pouvons retenir des résultats fournis par les instituts :

1. La gauche disposerait d’une majorité assez confortable

La majorité absolue de l’Assemblée nationale s’établit à 289 sièges. Dans toutes les projections, celle-ci est atteinte par l’ensemble de la gauche, qui obtiendrait entre 303 et 357 sièges selon les différentes projections (en écart maximal). La projection minimale d’Ipsos est la plus pessimiste (303 sièges) mais varie peu de celles des autres instituts (305 pour TNS Sofres et 310 pour OpinionWay). Au maximum, la gauche pourrait espérer conquérir jusqu’à 357 sièges (toujours selon Ipsos, dont la projection donne un écart important), 347 pour OpinionWay et 345 pour TNS Sofres.

La droite parlementaire, minoritaire au sein du Palais Bourbon, disposerait tout de même d’un nombre de députés conséquent, plus important que celui de la gauche durant la législature 2007-2012 (228 sièges). Les projections accordent en effet à la droite entre 220 et 274 sièges (projections Ipsos). Les estimations plus resserrées des autres instituts lui donne entre 230 et 267 sièges (OpinionWay) et 235 à 265 (TNS Sofres).

Ainsi, dans la pire des hypothèses posée par ces projections, la gauche disposerait de 31 sièges d’avance sur la droite, dans la meilleure de 147.

2. Au sein de cette majorité, le PS n’est pas assuré de disposer d’une majorité absolue

Si la gauche domine, le PS n’est pas assuré d’avoir à lui seule la majorité absolue et pourrait avoir à composer avec ses alliés (EELV et Front de gauche).

Dans les différentes projections, le PS associé au PRG et au MRC obtiendrait entre 265 et 311 sièges (Ipsos). OpinionWay donne une fourchette basse de projection à 272 sièges, TNS Sofres à 280. L’hypothèse la plus optimiste de ces instituts se situe respectivement à 299 et 310 sièges.

Globalement, la majorité absolue (289 sièges) apparaît plutôt dans la fourchette haute des estimations des instituts.

3. EELV, le Front de gauche et le Nouveau Centre ne sont pas assurés de disposer d’un groupe parlementaire

Europe Ecologie les Verts, qui dispose d’un accord électoral avec le PS devrait atteindre son objectif de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée selon les projections d’Ipsos (de 17 à 23 sièges) et d’OpinionWay (de 18 à 24 sièges). En revanche, TNS Sofres livre une projection plus pessimiste où le seuil de 15 députés n’est pas forcément atteint (de 12 à 17 sièges).

Concernant le Front de gauche, les mêmes constats s’imposent, avec un nombre de sièges légèrement supérieur que le parti écologiste. Si l’on en croit les projections d’Ipsos et d’OpinionWay, le parti est assuré de disposer d’un groupe à l’Assemblée nationale (entre 21 et 23 sièges pour Ipsos, entre 20 et 24 pour OpinionWay). En revanche, TNS Sofres, qui donne un plus fort poids au PS/PRG/DVG dans sa projection, considère que le Front de gauche pourrait ne pas atteindre les 15 députés nécessaires (entre 12 et 18 sièges).

Quant au Nouveau Centre, dans la seule projection qui détaille son nombre de siège (Ipsos), celui n’atteint pas le seuil fatidique avec une projection de 9 à 14 sièges. L’existence d’un groupe centriste semble donc conditionnée à l’adhésion de députés d’autres partis qui s’allierait au parti d’Hervé Morin.

4. Le MoDeM et le FN ne seront peut-être pas représentés à l’Assemblée

Toutes les projections s’accordent sur le fait que le MoDem et le FN pourraient ne gagner aucun siège à l’issue de ces élections législatives. Concernant le parti centriste, celui-ci obtiendrait au maximum 2 (TNS Sofres et OpinionWay) ou 3 sièges (Ipsos). Selon ces mêmes projections, le Front national peut au mieux en espérer 2 (OpinionWay), 3 (Ipsos) ou 5 (TNS Sofres).

 

Les projections en sièges des différents instituts sont disponibles ci-dessous :

Ipsos :

OpinionWay :

 

TNS Sofres :

 

* La fourchette resserrée a été construite en prenant la plus haute des fourchettes minimales et la plus basse des fourchettes maximales dans les projections des trois instituts.

Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage "jour du vote" de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.

Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :

Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.

Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.

En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.

Les estimations des instituts à 20h : justes à quelques décimales près…

Maintenant que les résultats réels sont connus, l’heure est à la confrontation des scores donnés par les instituts dans leurs estimations avec les résultats réels du vote.

Ci-dessous, figurent deux tableaux qui conduisent cette comparaison : le premier présente les estimations fournies à 20h et le deuxième les estimations affinées fournies plus tard dans la soirée (entre 21h et 22h) :

Les estimations des instituts à 20h étaient globalement justes à quelques décimales près. L’institut CSA est celui qui se rapprochait le plus du score final avec 51,8% pour François Hollande et 48,2% pour Nicolas Sarkozy, soit seulement 0,2 point d’écart. Ipsos et Harris interactive ont fourni les mêmes estimations avec 51,9% pour le candidat socialiste et 48,1% pour le président sortant, soit un écart de 0,3 point aux résultats réels. Enfin, TNS Sofres s’éloignait le plus du résultat final, avec 52% pour François Hollande et 48% pour Nicolas Sarkozy.

Ainsi, globalement, les estimations étaient très proches des résultats effectifs du scrutin. Tous les instituts ont surestimé de quelques décimales le score du candidat socialiste (et donc sous-estimé d’autant celui de son rival), mais l’écart est très faible.

En outre, au cours de la soirée, Harris interactive et Ipsos ont diffusé des résultats affinés qui collaient à 0,1 point près avec les résultats réels connus ce matin.

Second tour de la présidentielle : les différentes estimations à 20h

Les instituts de sondage produisant des estimations donnent tous des chiffres très proches à 20h, accordant entre 51,8% et 52,0% à François Hollande et 48,0% et 48,2% pour Nicolas Sarkozy.

Pour rappel, les estimations précédentes sont diffusés dans les médias suivants :

- TNS Sofres : TF1, LCI et RTL
- Ipsos : France télévisions, Radio France et Le Monde
- CSA : BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
- Harris interactive : M6

Comparaison entre les estimations de 20h et les résultats réels du vote

Dimanche soir à 20h, la France attendait fébrilement les résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Or, à 20h, les résultats diffusés ne sont pas les résultats réels de l’élection mais des estimations fournies par les instituts de sondage. Ces estimations ne sont pas des sondages : elles ne se basent pas sur l’interrogation d’un échantillon représentatif pour déterminer les résultats du vote. Elles sont construites à partir des premiers résultats du vote, à savoir les 200 premiers bulletins dépouillés dans des bureaux de vote fermant à 18h. L’institut réalisant le dispositif reçoit ces résultats d’un échantillon de bureaux de vote, construit pour être représentatif du vote national. Tout au long de la soirée, les estimations seront affinées avec l’arrivée des résultats complets, c’est-à-dire l’ensemble des bulletins dépouillés (1).

Cette année, quatre instituts ont conduit des estimations pour différentes médias :

- TNS Sofres pour TF1, LCI et RTL
- Ipsos pour France télévisions, Radio France et Le Monde
- CSA pour BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
- Harris interactive pour M6

Ces estimations ont-elles été correctes et dans quelle mesure ? L’estimation d’Ipsos pour France télévisions fait notamment parler : à 20h, l’institut a annoncé Marine Le Pen à 20,0%, un seuil symbolique que la candidate a été pourtant assez loin d’atteindre, les résultats définitifs du ministère de l’Intérieur attribuant 17,9% des suffrages à la candidate du Front national.

Voici un résumé des estimations données à 20h par les différents instituts, classés par justesse (2). Harris interactive est l’institut qui se rapproche le plus, à 20h des résultats finaux, suivi de la TNS Sofres, puis de CSA. Ipsos est, de loin, l’institut qui présente les écarts les plus grands avec les résultats réels du scrutin.

Tous les instituts ont, à 20h, surrestimé Marine Le Pen, de manière plus ou moins importante (l’écart maximal étant donc de 2,1 points pour Ipsos). Néanmoins, comme le montre ce tableau, les écarts restent réduits et l’ordre d’arrivée des candidats a bien été estimé par tous les instituts. Revenons en détail sur leurs estimations :

L’estimation Harris interactive

L’estimation des résultats à 20h par Harris interactive ont donc été les plus proches du résultat réel. Voici les différentes estimations que l’institut a présenté tout au long de la soirée électorale :

Petit nouveau dans le monde des études d’opinion et donc dans les estimations électorales, l’institut Harris interactive a réalisé une très bonne estimation pour la chaîne M6. L’écart le plus grand concerne Marine Le Pen, dont, comme tous les instituts, Harris interactive va surestimer le score en début de soiré. Mais l’écart reste réduit (18,5% à 20 heures, soit 0,6 point d’écart avec son score réel). Pour les autres candidats les écarts ne dépasseront pas 0,4 point.

Tout au long de la soirée, l’institut va se rapprocher des scores finaux et notamment gommer la légère surestimation de Marine Le Pen

L’estimation TNS Sofres

TNS Sofres se targue d’avoir fourni les estimations les plus correctes. C’est effectivement le cas pour ces estimations affinées à 22h, indéniablement très performantes : aucun écart avec les résultats réels ne dépasse 0,2 point.

En revanche, comme nous l’avons vu, à 20h, TNS Sofres fait légèrement moins bien qu’Harris interactive. Cependant, l’estimation de cet institut se révèle aussi très fiable. L’écart le plus grand avec la réalité concerne Marine Le Pen, estimée à 19% en début de soirée (soit 1,1 points d’écart avec son résultat réel). Les autres écarts sont au maximum de 0,3 point.

L’estimation CSA

A 20h, CSA annonce sur Canal +, I-télé et BFM TV un écart relativement important entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : les deux favoris seraient séparés de plus de 3 points. Cet écart est surestimé par deux phénomènes : le score du candidat en tête est légèrement plus important que la réalité et celui du candidat en deuxième position est sous-estimé. Ainsi, le candidat socialiste est crédité de 29,3% des voix (0,7 point de plus que son score réel) et le candidat de l’UMP de 26,0% (1,2 points de moins). L’écart se réduira au cours de la soirée. Il ne sera plus que de 2,2 points dans l’estimation affinée de 22h, soit encore faiblement supérieur à celui qu’il est en réalité (1,5 points).

Sur les autres candidats, les écarts entre l’estimation de 20h et le résultat réel sont minimes. Remarquons notamment que c’est CSA qui estime le plus justement le score de Marine Le Pen à 20h (0,3 point d’écart). Les autres écarts sont de moins de 0,2 point.

Étrangement, les écarts avec la réalité sont un peu plus forts dans l’estimation de 22h, notamment pour Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, mais ils demeurent faibles (0,6 point au plus pour Marine Le Pen).

L’estimation Ipsos

Ipsos a produit les estimations les plus éloignées de la réalité. Le plus fort écart entre score effectif et estimation de 20h sera de 2,1 points pour la candidate du Front national, ce qui demeure somme toute relativement réduit, mais constitue une erreur remarquée et la plus importante de la soirée. Celle-ci n’a modifié en rien la hiérarchie d’arrivée, la candidate du Front national disposant, par chance, d’un score éloigné de ces adversaires.

L’écart le plus important va donc à Marine Le Pen, annoncée à 20,0% en début de soirée, un score symbolique encore gravé dans beaucoup d’esprits.Tout au long de la soirée, l’estimation d’Ipsos va s’affiner pour la candidate du Front national et, à 21h45, l’institut annonce 18,5% pour la candidate du Front national (soit toujours 0,6 point d’écart avec son score réel).

En parallèle, Ipsos sous-estime Nicolas Sarkozy de 1,7 points. Annoncé à 25,5% à 20h, puis 25,8% à 21h30 et 26,1% à 21h45, le président sortant rassembla en réalité 27,2% des suffrages.

Enfin, nous relèverons deux autres écarts, qui apparaissent également élevé eu égard à la performance des autres instituts : l’un concerne François Bayrou, sous-estimé de 0,6 points ; et l’autre Jean-Luc Mélenchon, surestimé dans les mêmes proportions.

Pour les autres candidats, les écarts seront au plus de 0,3 point entre l’estimation de 20h et le score réel.

(1) : Pour une explication plus complète de la méthodologie des estimations, cf notamment ce très bon article sur le site de TNS Sofres : http://www.lelab2012.com/interview.php?id=778
(2) : Nous avons mesuré cette justesse en faisant la somme des écarts (en valeur absolue) aux résultats définitifs.