Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats
7 mai 2012 3 Commentaires
Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?
Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage "jour du vote" de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.
Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :
Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.
Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :
Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.
Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.
En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.





