Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage “jour du vote” de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.

Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :

Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.

Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.

En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.

Intentions de vote : des dissonances entre les instituts

A deux mois du premier tour de l’élection présidentielle, les médias se font l’écho de nombreux sondages d’intentions de vote, réalisé par différents instituts. Ce matin était diffusé par de nombreuses sources (France télévisions, Radio France, Le Monde) un sondage réalisé par l’institut Ipsos les 17 et 18 février*, soit juste après la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy. L’enseignement principal de ce sondage étant que l’entrée en campagne du président de la République n’avait eu aucune conséquence dans les intentions de vote, Nicolas Sarkozy recueillant toujours 25% d’intentions de vote (comme au début du mois) et son principal adversaire, François Hollande, toujours 32%.

Or, il n’aura pas échappé aux observateurs qui suivent la parution des différents sondages, que deux études , réalisées sur des périodes proches voire identiques (OpinionWay réalisée également les 17 et 18 février** et Ifop réalisée du 16 au 20 février***), donnent des résultats légèrement différents, bien que la hiérarchie entre les candidats ne varie pas.

1. D’une part ces deux instituts observent une légère augmentation des intentions de vote pour Nicolas Sarkozy suite à sa déclaration de candidature, contrairement à Ipsos. Ainsi, OpinionWay constate une augmentation de 1,5 points par rapport au 8 février. Pour l’Ifop, l’augmentation est même de trois points depuis cette date.

2. L’écart entre les deux principaux candidats varie assez nettement. Le sondage Ipsos donne un très large écart au premier tour entre Français Hollande (32%) et Nicolas Sarkozy (25%) : 7 points. Pour OpinionWay et l’Ifop, cet écart n’est que de deux points ! (29% pour François Hollande et 27% pour Nicolas Sarkozy).

Ipsos
(17-18 février)
OpinionWay
(17-18 février)
Ifop
(16-20 février)
Nathalie Arthaud 0,5 0,5 0,5
Philippe Poutou 0,5 0,5 0
Jean-Luc Mélenchon 9 8 9
François Hollande 32 29 29
Eva Joly 3 2 2,5
François Bayrou 11 13 11
Corine Lepage 1 0,5 1
Dominique de Villepin 1,5 2 2
Nicolas Sarkozy 25 27 27
Frédéric Nihous 0 0,5 0
Nicolas Dupont-Aignan 0,5 0,5 0,5
Marine Le Pen 16 16,5 17,5

Par ailleurs, cette différence dans les niveaux d’intentions de vote se retrouve également au deuxième tour :

Ipsos
(17-18 février)
OpinionWay
(17-18 février)
Ifop
(16-20 février)
François Hollande 59 56 56
Nicolas Sarkozy 41 44 44

Une différence majeure apparaît entre ces deux groupes de sondages (Ifop et OpinionWay d’une part et Ipsos d’autre part) : le mode de recueil de l’information. Alors que les deux premiers sont réalisés via internet, l’étude Ipsos utilise le téléphone. Aujourd’hui, au niveau national, les intentions de vote par internet sont aussi courantes, voire davantage que celles par téléphone, parce qu’elles sont moins coûteuses. On dit souvent que les études par internet seraient moins fiables. Rien n’est moins vrai. En réalité, les études par téléphone, comme celles par internet, ont leur défauts (leurs biais), qu’il faut connaître – et qui sont particulièrement bien connus des professionnels dans les instituts. Par internet, il est plus difficile d’interroger les catégories les plus modestes, tant au niveau de leur revenu que de leur capital culturel (car elles disposent moins que la moyenne d’un accès à internet et se connectent moins régulièrement). Mais par téléphone, certaines catégories de population sont également plus difficiles à contacter : les actifs (plus rarement chez eux) et les jeunes, notamment parce que ceux-ci ne disposent plus d’une ligne téléphone fixe. Bien que la plupart des instituts interrogent désormais également les personnes sur leur portable voire sur des numéros dégroupés (opérateurs alternatifs, offre “triple play”), les sondages téléphoniques sont également porteurs de biais et il ne faut donc pas croire qu’un sondage par téléphone serait automatiquement plus fiable qu’un sondage réalisé par internet. En outre, un sondage par internet permet à la personne interrogée de s’exprimer sans fard, puisqu’aucun enquêteur n’est présent, ce qui peut permettre à certaines personnes d’être plus sincères et de déclarer sincèrement des votes qui peuvent encore être perçus comme “honteux”, notamment le vote Front national, même si cette “honte” tend à s’estomper au fil des années et le FN à gagner en respectabilité.

Pour autant, cette différence de méthodologie suffit-elle à expliquer les écarts constatés ? Elle pourrait en tout cas l’expliquer en partie. En outre, ne l’oublions pas, ces sondages restent soumis à une marge d’erreur, inhérente à la théorie statistique, qui justifie que tous les instituts ne donnent pas exactement les mêmes chiffres. Quant aux souvent invoquées “recettes de redressement” qui expliqueraient toutes les erreurs des sondages, nous rappellerons simplement que tous les instituts redressent leurs résultats à partir de la reconstitution des votes antérieurs (c’est-à-dire en vérifiant que l’échantillon reproduit bien les résultats réels de l’élection présidentielle de 2007 notamment) et utilisent peu ou prou les mêmes méthodes pour disposer, au final, d’un échantillon représentatif sur le plan politique.

Il nous semble intéressant de souligner les différences entre ces études, car l’exploitation des sondages dans les médias est généralement parcellaire, remplaçant un sondage par un autre, trop souvent sans offrir d’analyse approfondie mais seulement en énonçant des chiffres, qui seront remplacés le lendemain par ceux d’un autre sondage. Loin de nous l’idée de vilipender un institut au détriment des autres. Nous ne prétendons pas savoir lequel produit les meilleures intentions de vote et lequel se rapproche le plus de la réalité. Il faut observer les études produites dans leur diversité et en prenant le temps de relever leurs similitudes et différences, ainsi que les évolutions dans le temps. C’est de cette confrontation que naîtront les seules analyses pertinentes.

A nos yeux, ces différentes études restent des outils indispensables pour analyser le rapport de force entre les différents candidats, mais des outils dont l’interprétation doit être prudente et intelligente. Les sondages restent soumis aux effets de contexte, à la méthodologie choisie, à la marge d’erreur. Il convient donc de les interpréter avec un regard avisé sans tomber dans un rejet stérile de ces outils. Car malgré leurs différences dans les résultats, ceux-ci nous apportent tous le même constat :  le rapport de force est clairement, à ce jour, en faveur de François Hollande, qui reste en tête des intentions de vote au premier tour même s’il semble perdre de son avance, et qui, surtout, distance toujours très nettement le président sortant au second.

* Sondage Ipsos pour France télévisions, Radio France et Le Monde, réalisé par téléphone les 17 et 18 février 2012, auprès d’un échantillon de 969 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les intentions de vote sont établies uniquement auprès des personnes inscrites sur les listes électorales, certaines d’aller voter.

** Sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI, réalisé par internet les 17 et 18 février 2012 auprès d’un échantillon de 975 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 1045 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

*** Sondage Ifop en partenariat avec Fiducial pour Paris Match, réalisé par internet du 16 au février 2012, auprès d’un échantillon de 872  personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 926 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Eva Joly et François Bayrou ont des électorats peu structurés

S’il est intéressant de regarder les intentions de vote et leur évolution, afin de savoir quel est le poids relatif des candidats, il ne faut oublier de jauger leur potentiel électoral à la lumière de la “solidité” de leur électorat. En d’autres termes, parmi les électeurs qui aujourd’hui déclarent avoir l’intention de voter pour un candidat, combien sont sûrs de leur choix et combien peuvent encore changer d’avis ?

L’analyse des dernières intentions de vote de l’institut OpinionWay nous permet de connaître cette donnée pour les principaux candidats. Et il apparaît que la sûreté du choix des électeurs varie très significativement selon les candidats.

Eva Joly et François Bayrou : des électorats peu structurés

L’incertitude se révèle particulièrement importante au sein des électorats d’Eva Joly et de François Bayrou. Moins d’une personne déclarant avoir l’intention de voter pour la candidate d’EELV sur deux se déclare sûre de son choix (46%). Pour Français Bayrou, la proportion d’électeurs certains de leur vote est à peine minoritaire (52%). Ceci démontre la fragilité évidente des électorats de ces deux candidats. Dans les semaines à venir, il faudra savoir si Eva Joly et François Bayrou réussissent à convaincre définitivement ces personnes de voter pour eux, ou si ceux-ci se reportent vers un autre candidat (ou vers l’abstention ou le vote blanc ou nul). Plus que jamais, ces deux prétendants à la présidence de la République doivent faire leurs preuves pour renforcer leur socle électoral.

Les électeurs de François Hollande et Nicolas Sarkozy se disent très massivement sûrs de leur choix

Les électorats les plus structurés sont ceux des deux candidats qui occupent la tête des sondages, ce qui vient conforter un peu plus leur domination : 79% des personnes déclarant avoir l’intention de voter pour le candidat socialiste au premier tour se déclarent sûres de ce choix et 80% concernant Nicolas Sarkozy. Il s’agit des degrés de certitudes les plus élevés parmi les principaux candidats.

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen : deux tiers des électeurs déclarent qu’ils ne changeront pas d’avis

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se trouvent dans une situation médiane : 69% des personnes ayant l’intention de voter pour le représentant du Front de gauche et 71% de celles ayant l’intention de voter pour la candidate du Front national se déclarent certaines de leur choix. Il s’agit d’une proportion légèrement supérieure à la moyenne (67% des répondants se déclarant sûrs de leur choix).

 

Ainsi, cet indicateur nous montre que les deux mois qui nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle peuvent encore réserver bien des surprises. Mais cette incertitude des électeurs, qui se maintient à des niveaux comparables à ceux qui prévalaient en 2007 à la même époque, peut-elle, en se réduisant, faire changer les tendances ? Là est toute la question.

 

* Sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI, réalisé par internet les 17 et 18 février 2012 auprès d’un échantillon de 975 personnes inscrites sur les listes électorales, issu d’un échantillon de 1045 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 

Les degrés de certitude concernant les intentions de vote pour les autres candidats que ceux cités dans cet article ne sont pas connus (effectifs trop faibles dans l’échantillon).

Quand le PS critique les intentions de vote en Languedoc Roussillon

Depuis le début de la campagne pour les élections régionales, la région Languedoc-Roussillon attire les feux des projecteurs du fait de la personnalité controversé du président du conseil régional sortant, George Frêche et de ses relations houleuses avec la direction du parti socialiste après plusieurs déclarations aux relents racistes (« Vous êtes des sous-hommes » lancé à l’adresse de deux harkis en 2006, la polémique suite à ces propos sur la surreprésentation des Noirs en équipe de France en 2007 pour citer les deux plus célèbres). Une remarque de trop (« la tête pas très catholique » de Laurent Fabius ») décidera le 28 janvier la direction nationale du PS d’annuler son soutien à Georges Frêche pour les élections régionales en Languedoc, alors même que celui-ci avait été investi par les militants socialistes locaux en novembre 2009.

L’éclairage médiatique déclenché par ces turpitudes socialistes a entraîné la publication de trois sondages d’intentions de vote sur la région (deux sondages TNS Sofres et un sondage OpinionWay) et la diffusion d’un sondage OpinionWay commandé par Europe Ecologie (1) (mais jamais publié sur le site internet de l’institut) (2). La publication du dernier sondage en date, le 17 février par le Figaro, a suscité une réaction violente au Parti socialiste. Par la voix de Paul Alliès, porte-parole de la candidate Hélène Mandroux, le PS indiquait il y a quelques jours qu’il saisissait la commission nationale des sondages face à un sondage OpinionWay « sujet à caution ». Paul Alliès critique en premier lieu les dates de réalisation de l’étude, mais également les « étiquettes » utilisées pour décrire l’appartenance politique des candidats. Les commentateurs auront remarqué que ce sondage était particulièrement défavorable à la candidate PS, créditée de seulement 6% des voix.

La mise à disposition d’autres sondages sur cette même région permettent de comparer les résultats du sondage incriminé. Les résultats des différentes intentions de vote publiées sont présentées ci-dessous :

Le sondage mis en cause, mené du 12 au 15 février 2010, donne effectivement un score comparativement très bas à la liste d’Hélène Mandroux (6% contre 11% pour le sondage TNS-Sofres réalisé les 5 et 6 février et 11% pour le sondage OpinionWay conduit les 2 et 3 février). Plus globalement, les sondages d’OpinionWay donnent la gauche de gouvernement bien plus basse que celui de son concurrent TNS Sofres dans la configuration politique de février 2010. Dans son premier sondage, la gauche de gouvernement (d’où nous excluons le Front du gauche du fait de son alliance avec le NPA dans la région) cumule 47% des intentions de vote (35% sans Europe Ecologie) et 49% dans le 2e (37% sans EE). Pour TNS Sofres, la gauche de gouvernement est majoritaire au premier tour avec 52% (42% sans EE, soit 5 points de plus que dans l’hypothèse d’OpinionWay la plus favorable à cette force politique).

Les critiques d’OpinionWay peuvent donc arguer à loisir qu’OpinionWay montre encore une fois ses préférences droitières, et que le fait que le sondage soit publié dans le Figaro ne constitue pas un hasard… Seuls les résultats des élections pourront donner des éléments quant à l’institut qui aura fourni les estimations les plus justes quant au poids de la gauche parmi l’électorat du Languedoc-Roussillon. Les estimations des résultats de la liste d’Hélène Mandroux et de celle du Front de Gauche-NPA sont les deux seules pour lesquelles l’écart est véritablement important entre les derniers sondages des deux instituts. Mais d’où le Parti socialiste croit-il prétendre savoir quel est l’institut qui se trompe le plus ? Bizarrement celui qui donne le PS le plus bas ? Celui qui est empêtré dans des affaires de financement louche avec l’Elysée pourra-t-on également dire.

Quant à la critique sur les étiquettes également formulée dans les griefs du PS, nous constaterons que les formulations étaient presque identiques pour le sondage du même institut dont le terrain s’est déroulé les 2 et 3 février et que cela n’empêchait guère la liste d’Hélène Mandroux d’être créditée de 11% des voix. Lors du sondage mené du 12 au 15 février, l’étiquette de la liste d’Hélène Mandroux était la suivante « La liste de la Direction nationale du Parti Socialiste conduite par Hélène Mandroux » soit une formulation très proche de celle du précédent sondage de l’institut « La liste d’Hélène Mandroux soutenue par la Direction nationale du Parti Socialiste ». La TNS-Sofres, dans son dernier sondage, utilise des étiquettes plus simples : « Liste Parti socialiste conduite par Hélène MANDROUX » et « Liste Divers Gauche conduite par Georges FRÊCHE ».

L’argument présenté par la PS dans ses récriminations, selon lequel le fait d’associer Georges Frêche au PS gonflerait son résultat, ne tient pas. Dans le précédent sondage OpinionWay, le mot « socialiste » est bien accolé à l’étiquette de la liste du président du conseil régional. Pourtant, c’est le sondage qui donne le moins de potentiel à la liste de Georges Frêche (24%) ! L’importance donnée à la formulation du nom des listes dans l’argumentation du PS pour justifier sa saisine de la Commission des sondages semble largement exagérée, d’autant plus dans la région en question. En effet, tous les sondages montrent le rôle prépondérant de la personne de Georges Frêche, qui dépasse largement les clivages partisans. Sa notoriété est rêvée par plus d’un président de conseil régional (98% des habitants de la région le connaissent selon le dernier sondage TNS Sofres. Seule Ségolène Royal en Poitou-Charentes jouit d’une aussi grande notoriété de ses électeurs). Et si la personnalité est controversée, une majorité des Languedociens en a une bonne opinion (54% contre 35% une mauvaise opinion). Hélène Mandroux est également bien connue mais jouit d’une notoriété plus limitée (71%). La direction du PS sait mieux que personne qu’il ne suffit pas de donner le soutien officiel du parti à quelqu’un pour gagner les élections. L’identité des têtes de liste joue un rôle prépondérant.

D’ailleurs, pourquoi donc le PS aurait-il d’abord accepté que Georges Frêche représente le parti en Languedoc-Roussillon si ce n’était parce que le crédit du personnage lui assure une réélection facile ? Le parti socialiste a commandé des sondages pour savoir si justement le parti pouvait partir à l’aventure dans la région et espérer l’emporter en misant sur une autre tête de liste. Mais nous l’avons souligné, la popularité de Georges Frêche est indéniable et les intentions de vote, publiées ou non, montrent bien que le président sortant n’a pas besoin de se soucier de son étiquette pour l’emporter.


(1) Les résultats de ce sondage ont néanmoins été diffusés dans la presse et sont notamment disponible ici.

(2) Les méthodologies des sondages cités sont les suivantes :

- Sondage TNS Sofres pour la Fédération PS de l’Hérault, réalisé par téléphone du 11 au 13 janvier 2010 auprès d’un échantillon de 700 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.

- Sondage OpinionWay pour Europe Ecologie, réalisé par internet du 2 au 4 février 2010 auprès d’un échantillon de 988 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon inscrite sur les listes électorales. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.

- Sondage TNS Sofres / Logica pour France Bleu Hérault, France Bleu Roussillon, Midi Libre et L’Indépendant, réalisé par téléphone les 5 et 6 février 2010 auprès d’un échantillon de 700 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.

- Sondage OpinionWay pour Europe Ecologie, réalisé par téléphone du 12 au 15 février 2010 auprès d’un échantillon de 1007 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon inscrite sur les listes électorales. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.