François Hollande : forces et faiblesses du candidat socialiste

A la mi-janvier, le candidat socialiste domine toujours largement dans les intentions de vote, spécialement dans celles se rapportant au second tour. Néanmoins, depuis le mois de décembre, l’avance de François Hollande se réduit. Ceci a traduit un rééquilibrage après la mise en apesanteur du candidat après sa désignation lors des primaires socialistes à la fin octobre. Cette prime dans les sondages, qui fait suite à l’annonce de la candidature, est régulièrement constatée (songeons à l’embellie qu’a connu François Bayrou suite à sa déclaration de candidature début décembre) même si elle n’est pas automatique (Hervé Morin n’en a par exemple pas profité).

Aujourd’hui, cet effet est derrière nous et les intentions de vote qui se resserrent entre les quatre premiers candidats, avec la présence du Front national à un haut niveau et l’émergence du candidat du MoDem, indiquent que rien n’est encore joué.

Dans ce contexte, interrogeons-nous sur l’image du candidat François Hollande, car celle-ci sera évidemment déterminante à l’heure du choix. L’ancien secrétaire du parti socialiste, bien qu’il possède des atouts certains, pâtit également de faiblesses non négligeables.

1. La baisse du candidat Hollande, simple rééquilibrage ou chute inquiétante ?

Les récentes études d’opinion montrent toutes, sans exception, une perte de vitesse du candidat socialiste dans les intentions de vote, mais aussi en termes d’image. Les deux dimensions sont naturellement liées, mais doivent néanmoins faire l’objet d’une attention séparée, les candidats disposant de la meilleure image n’étant pas forcément ceux disposant du meilleur potentiel électoral. Ainsi, Marine Le Pen occupe depuis des mois la troisième position dans les intentions de vote pour la présidentielle, alors qu’elle est par ailleurs l’une des personnalités politiques disposant d’une image les plus négatives au sein de l’opinion publique. Néanmoins, sa capacité à se distinguer sur certains enjeux cristallisant de fortes attentes, notamment des catégories populaires ou en peur de déclassement, explique son niveau dans les intentions de vote.

Après avoir bénéficié à plein d’un « effet primaires » pendant deux mois, le candidat socialiste commence à perdre du terrain dans les intentions de vote à partir du mois de décembre et retombe graduellement à son niveau d’avant le vote des primaires. Depuis, son score reste relativement stable (exemple ci-dessous avec les intentions de vote Ifop*).

François Hollande dispose toutefois toujours d’un socle enviable (28%, légèrement au-dessus du score obtenu par Ségolène Royal, 26%). Il reste en tête des intentions de vote pour le premier tour et surtout, domine encore largement son principal rival au second tour, l’écart se recreusant même de nouveau en janvier selon l’Ifop (cette tendance n’ayant toutefois pas été confirmée à ce jour par d’autres instituts).

En parallèle, son image décline lentement, notamment sur ses points forts (proximité, incarnation du changement,…) et François Hollande a perdu, comme dans les intentions de vote au premier tour, une part de son avance sur ses concurrents, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy. Le candidat socialiste descend dans l’arène et y perd quelques plumes, après avoir été « porté aux nues » suite aux primaires, processus de désignation novateur en France de part la possibilité ouverte à chaque citoyen de gauche d’exprimer son choix. Largement considéré comme une réussite dans l’opinion, ce processus avait permis à François Hollande d’acquérir du crédit et de la hauteur, en se soumettant à un suffrage largement ouvert alors que les autres candidats restaient la proie des querelles politiciennes.

Cette perte de vitesse du candidat se comprend par le changement de position de François Hollande, qui enfile désormais ses habits de concurrent dans la course à l’Elysée e et incarne le parti socialiste dans le débat et la campagne présidentielle. Il suscite désormais des attentes fortes de la part de l’opinion, qui attend de le juger sur des propositions concrètes pour établir ou conforter son choix à l’élection. Sa forte médiatisation permet également aux Français d’affiner leur jugement sur sa personnalité, son savoir-être, ses compétences.

2. Les points forts de François Hollande : proximité, sympathie, changement, politique sociale

 Quand on analyse l’image de François Hollande, plusieurs points forts se dégagent. Néanmoins, comme il a déjà été souligné, l’image du candidat se dégrade par rapport à ce qu’elle était juste après sa désignation.

Premier point fort du candidat, sa stature sociale, ce qui n’est pas très étonnant au regard de sa couleur politique, mais la domination de François Hollande sur ce point atteint des niveaux très importants : 46% des Français estiment François Hollande est le plus capable de mener une bonne politique sociale (contre 18% pour Nicolas Sarkozy, 36% ni l’un ni l’autre**). Dans la même lignée, un sondage Ipsos*** montre que le candidat socialiste domine nettement sur les questions de sauvegarde du pouvoir d’achat, de réduction du chômage, de préservation du système de retraites et d’atténuation des inégalités sociales.

Néanmoins, comme le montre le graphique ci-dessous portant sur le sondage Ifop, même sur cette dimension sur laquelle le candidat socialiste est naturellement fort, il perd du terrain (-6 points par rapport à novembre), mais sans que cela profite à son adversaire, ce sont en effet les réponses « ni l’un, ni l’autre » qui progressent en conséquence.

Graphiques : Traits d’image comparés de François Hollande et Nicolas Sarkozy (sondage Ifop)

La proximité constitue un autre indéniable atout pour François Hollande, surtout face à un Nicolas Sarkozy particulièrement affaibli sur cette dimension sur laquelle il était pourtant performant en 2007. Alors que le lien entre le président de la République et les Français semble rompu, François Hollande semble plus à même de répondre aux préoccupations (42% contre 18% pour Nicolas Sarkozy et 40% ni l’un ni l’autre). Sur cette question, le candidat perd également des points par rapport à novembre dernier (-6 points), là encore au profit du rejet des deux candidats (« ni l’un, ni l’autre »).

Pour autant, si l’on sort de la comparaison entre les deux favoris, on s’aperçoit que François Hollande fait face à un autre concurrent de poids s’agissant de la proximité, en l’occurrence François Bayrou. En décembre dernier, dans un sondage TNS Sofres/Trielec****, 56% des Français jugeaient le président du MoDem « proches des gens comme eux », un score proche de celui de François Hollande (58%). En outre, les dynamiques semblent jouer contre le candidat socialiste : alors que celui perd 5 points entre octobre et décembre sur la dimension de proximité, François Bayrou en gagnait 6. Et le candidat centriste recueillait alors moins d’intentions de vote qu’aujourd’hui. L’image du président du MoDem a donc pu encore se bonifier depuis la réalisation de cette enquête.

Autre avantage du candidat socialiste, le changement qu’il incarne. Mais, François Hollande, très en avance en novembre quand il s’agissait d’être le plus à même de porter un projet pour la France (47% contre 29% pour Nicolas Sarkozy), fait aujourd’hui jeu égal avec le président sortant (37% contre 35%). Il s’agit du trait d’image sur lequel le candidat socialiste perd le plus de terrain en deux mois, suite sans doute aux hésitations voire contradictions sur les mesures qu’il a porté, notamment la question du quotient familial, tandis que dans le même temps, Nicolas Sarkozy a multiplié les propositions, principalement en mettant en avant la TVA sociale.

En outre, sur ce point, Marine Le Pen se tient en embuscade. Le sondage TNS Sofres montre que si 58% des Français estimaient en décembre que François Hollande « veut vraiment changer les choses », ils sont 55% à penser de même pour la présidente du Front national. De surcroît, l’étude Ipsos avance ce n’est pas le candidat socialiste qui a le plus de convictions aux yeux des Français mais bien Marine Le Pen (77% contre 70% pour François Hollande, 66% pour François Bayrou et 67% pour Nicolas Sarkozy).

La présentation du programme du candidat, à la fin du mois de janvier, aura le pouvoir de faire varier assez fortement ces deux indicateurs, qui seront donc à surveiller avec la plus grande attention. Si l’on compare l’image de François Hollande en décembre 2011 avec celle de Ségolène Royal en décembre 2006, il apparaît que les deux candidats sont à des niveaux comparables sur la dimension de proximité (« comprend les problèmes des gens comme vous ») mais que François Hollande apparaît moins porteur de changement (-6 points).

Graphiques : L’évolution des traits de personnalité de François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine et Le Pen et François Bayrou entre octobre et décembre 2011 (graphique TNS Sofres/Triélec)

Si l’on s’intéresse à la personnalité du candidat, François Hollande l’emporte largement sur le président sortant. Le sondage TNS Sofres montre ainsi qu’il est considéré comme sympathique par 64% des Français (contre 34% pour Nicolas Sarkozy). Sur cette dimension également, parmi les principaux candidats à l’élection présidentielle, François Bayou est le seul qui puisse lui faire concurrence (59%)

Par ailleurs, l’étude d’Ipsos réalisée en décembre montre que 64% des Français considèrent le candidat socialiste comme sympathique (34% pour Nicolas Sarkozy) et 61% honnête (31% pour Nicolas Sarkozy). Toutefois, de nouveau, il ne devance François Bayrou que de quelques points (59% le trouvent sympathique et 59% honnête).

3. Les points faibles de François Hollande : étoffe présidentielle, capacité à gouverner, dynamisme

Juste après la primaire, François Hollande était considéré comme le candidat ayant le plus les épaules pour endosser le costume du prochain président (62% des Français considéraient qu’il avait l’étoffe contre 57% pour Nicolas Sarkozy selon le sondage TNS Sofres). En décembre, Nicolas Sarkozy l’emporte sur cet aspect, le candidat socialiste perdant 10 points (52% pour François Hollande et 58% pour Nicolas Sarkozy). Le président sortant ne gagne pas en carrure malgré son omniprésence sur la scène internationale pour affronter la crise de l’euro. En revanche, François Hollande, qui perd davantage sur ce trait d’image que sur d’autres, semble, outre son « atterrissage post-primaires », perdre en crédibilité suite à certaines tergiversations, notamment sur l’accord PS-EELV. Avec ce score, François Hollande signe une performance identique à celle de Ségolène Royal en décembre 2006.

Par ailleurs, le sondage Ifop, qui demande aux personnes interrogées de choisir celui ayant le plus l’étoffe du président montre que l’avance de Nicolas Sarkozy sur cette dimension est encore plus forte que ne le laissent montrer les chiffres présidents. François Hollande, s’il est bien considéré comme ayant la carrure par une majorité des Français, ne peut rivaliser avec le président en exercice quand les deux candidats sont mis face-à-face : 43% des Français considèrent que Nicolas Sarkozy est celui qui a le plus l’étoffe (-4 points entre novembre et janvier) contre 23% (-2 points) estimant qu’il s’agit de François Hollande.

Le candidat socialiste apparaît relativement faible sur certains champs. En termes de politique internationale, l’avance du président sortant est importante : 43% des Français estiment que c’est Nicolas Sarkozy qui est le plus à même de défendre les intérêts de la France à l’étranger, contre 23% jugeant que c’est plutôt François Hollande. En outre, comme François Hollande bénéficiant d’une prime sur la politique sociale, Nicolas Sarkozy est jugé plus crédible en matière d’insécurité, thème largement ancré à droite. Le candidat socialiste se révèle très à la traîne sur ce domaine (19% contre 38% pour Nicolas Sarkozy), et, en outre, recule par rapport à novembre (-4 points).

Enfin, sur la question déterminante de la dette, c’est encore Nicolas Sarkozy qui l’emporte (32% contre 25% pour François Hollande), mais le président perd cinq points en deux mois, tandis que le candidat socialiste n’en perd que deux. La position « ni l’un, ni l’autre » est la plus citée par les répondants sur cette question, ce qui démontre une perte de confiance forte envers les principaux partis pour trouver des solutions pour la sortie de crise.

Graphiques : Traits d’image comparés de François Hollande et Nicolas Sarkozy (sondage Ifop)

Sur le versant de la personnalité, François Hollande possède un point faible : son dynamisme. Seuls 43% des Français qualifient de dynamique l’ancien Premier secrétaire du parti socialiste, alors que ce trait d’image est accordé à Nicolas Sarkozy par 74% des Français, à Marine Le Pen par 71% et à Jean-Luc Mélenchon par 51%.


Conclusion : Un candidat Hollande qui s’affaiblit, au profit de Nicolas Sarkozy et des « troisièmes hommes »

En deux mois, François Hollande a beaucoup perdu de son aura acquise lors de sa désignation par le processus des primaires. S’il domine encore largement dans les intentions de vote, surtout au second tour, le candidat de parti socialiste n’enthousiasme pas (ou plus) les Français. Sa personnalité, sa capacité à incarner le changement et à mener une politique efficace sont certes reconnus, mais il reste concurrencé sur de nombreux points, que ce soit par le Président sortant, ou par les « troisièmes hommes » que sont François Bayou et Marine Le Pen. Par ailleurs, à fin décembre, François Hollande dispose de scores d’image relativement équivalents, sur les principaux indicateurs, à ceux que Ségolène Royal obtenait à la même époque en 2007, ce qui relativise là encore l’idée d’un parti socialiste dont la victoire ne ferait guère de doutes.

L’avance du candidat socialiste ne doit donc pas faire croire que l’élection est jouée d’avance, d’autant plus que la perte de vitesse de François Hollande est largement ressentie dans l’opinion, ce qui peut le décrédibiliser encore un peu plus : désormais seuls 37% des Français estiment que c’est François Hollande qui est le plus à même de remporter l’élection (-10 points en deux mois), soit à peine plus que Nicolas Sarkozy (35%, +6 points). En outre, le niveau important des réponses « ni l’un, ni l’autre » et son augmentation en deux mois (28%, +4 points) rend relativement crédible l’hypothèse d’une « surprise » qui dessinerait un second tour où l’un des deux grands partis français serait exclu au profit d’un candidat du centre ou de l’extrême-droite.

Graphique : Trait d’image comparé de François Hollande et Nicolas Sarkozy (sondage Ifop)

 

A l’aube d’une séquence importante pour lui (grand discours d’orientation le 22 janvier puis présentation de son programme), le candidat François Hollande devra montrer qu’il est capable de fédérer sur sa personne et ses propositions. Pour l’instant, pour beaucoup, il demeure le plus à même de battre Nicolas Sarkozy et donc d’exprimer un rejet à l’égard du président sortant. Mais les Français ne préféreront-ils pas voter pour un candidat plutôt que de voter contre un candidat ?

Quand le PS critique les intentions de vote en Languedoc Roussillon

Depuis le début de la campagne pour les élections régionales, la région Languedoc-Roussillon attire les feux des projecteurs du fait de la personnalité controversé du président du conseil régional sortant, George Frêche et de ses relations houleuses avec la direction du parti socialiste après plusieurs déclarations aux relents racistes (« Vous êtes des sous-hommes » lancé à l’adresse de deux harkis en 2006, la polémique suite à ces propos sur la surreprésentation des Noirs en équipe de France en 2007 pour citer les deux plus célèbres). Une remarque de trop (« la tête pas très catholique » de Laurent Fabius ») décidera le 28 janvier la direction nationale du PS d’annuler son soutien à Georges Frêche pour les élections régionales en Languedoc, alors même que celui-ci avait été investi par les militants socialistes locaux en novembre 2009.

L’éclairage médiatique déclenché par ces turpitudes socialistes a entraîné la publication de trois sondages d’intentions de vote sur la région (deux sondages TNS Sofres et un sondage OpinionWay) et la diffusion d’un sondage OpinionWay commandé par Europe Ecologie (1) (mais jamais publié sur le site internet de l’institut) (2). La publication du dernier sondage en date, le 17 février par le Figaro, a suscité une réaction violente au Parti socialiste. Par la voix de Paul Alliès, porte-parole de la candidate Hélène Mandroux, le PS indiquait il y a quelques jours qu’il saisissait la commission nationale des sondages face à un sondage OpinionWay « sujet à caution ». Paul Alliès critique en premier lieu les dates de réalisation de l’étude, mais également les « étiquettes » utilisées pour décrire l’appartenance politique des candidats. Les commentateurs auront remarqué que ce sondage était particulièrement défavorable à la candidate PS, créditée de seulement 6% des voix.

La mise à disposition d’autres sondages sur cette même région permettent de comparer les résultats du sondage incriminé. Les résultats des différentes intentions de vote publiées sont présentées ci-dessous :

Le sondage mis en cause, mené du 12 au 15 février 2010, donne effectivement un score comparativement très bas à la liste d’Hélène Mandroux (6% contre 11% pour le sondage TNS-Sofres réalisé les 5 et 6 février et 11% pour le sondage OpinionWay conduit les 2 et 3 février). Plus globalement, les sondages d’OpinionWay donnent la gauche de gouvernement bien plus basse que celui de son concurrent TNS Sofres dans la configuration politique de février 2010. Dans son premier sondage, la gauche de gouvernement (d’où nous excluons le Front du gauche du fait de son alliance avec le NPA dans la région) cumule 47% des intentions de vote (35% sans Europe Ecologie) et 49% dans le 2e (37% sans EE). Pour TNS Sofres, la gauche de gouvernement est majoritaire au premier tour avec 52% (42% sans EE, soit 5 points de plus que dans l’hypothèse d’OpinionWay la plus favorable à cette force politique).

Les critiques d’OpinionWay peuvent donc arguer à loisir qu’OpinionWay montre encore une fois ses préférences droitières, et que le fait que le sondage soit publié dans le Figaro ne constitue pas un hasard… Seuls les résultats des élections pourront donner des éléments quant à l’institut qui aura fourni les estimations les plus justes quant au poids de la gauche parmi l’électorat du Languedoc-Roussillon. Les estimations des résultats de la liste d’Hélène Mandroux et de celle du Front de Gauche-NPA sont les deux seules pour lesquelles l’écart est véritablement important entre les derniers sondages des deux instituts. Mais d’où le Parti socialiste croit-il prétendre savoir quel est l’institut qui se trompe le plus ? Bizarrement celui qui donne le PS le plus bas ? Celui qui est empêtré dans des affaires de financement louche avec l’Elysée pourra-t-on également dire.

Quant à la critique sur les étiquettes également formulée dans les griefs du PS, nous constaterons que les formulations étaient presque identiques pour le sondage du même institut dont le terrain s’est déroulé les 2 et 3 février et que cela n’empêchait guère la liste d’Hélène Mandroux d’être créditée de 11% des voix. Lors du sondage mené du 12 au 15 février, l’étiquette de la liste d’Hélène Mandroux était la suivante « La liste de la Direction nationale du Parti Socialiste conduite par Hélène Mandroux » soit une formulation très proche de celle du précédent sondage de l’institut « La liste d’Hélène Mandroux soutenue par la Direction nationale du Parti Socialiste ». La TNS-Sofres, dans son dernier sondage, utilise des étiquettes plus simples : « Liste Parti socialiste conduite par Hélène MANDROUX » et « Liste Divers Gauche conduite par Georges FRÊCHE ».

L’argument présenté par la PS dans ses récriminations, selon lequel le fait d’associer Georges Frêche au PS gonflerait son résultat, ne tient pas. Dans le précédent sondage OpinionWay, le mot « socialiste » est bien accolé à l’étiquette de la liste du président du conseil régional. Pourtant, c’est le sondage qui donne le moins de potentiel à la liste de Georges Frêche (24%) ! L’importance donnée à la formulation du nom des listes dans l’argumentation du PS pour justifier sa saisine de la Commission des sondages semble largement exagérée, d’autant plus dans la région en question. En effet, tous les sondages montrent le rôle prépondérant de la personne de Georges Frêche, qui dépasse largement les clivages partisans. Sa notoriété est rêvée par plus d’un président de conseil régional (98% des habitants de la région le connaissent selon le dernier sondage TNS Sofres. Seule Ségolène Royal en Poitou-Charentes jouit d’une aussi grande notoriété de ses électeurs). Et si la personnalité est controversée, une majorité des Languedociens en a une bonne opinion (54% contre 35% une mauvaise opinion). Hélène Mandroux est également bien connue mais jouit d’une notoriété plus limitée (71%). La direction du PS sait mieux que personne qu’il ne suffit pas de donner le soutien officiel du parti à quelqu’un pour gagner les élections. L’identité des têtes de liste joue un rôle prépondérant.

D’ailleurs, pourquoi donc le PS aurait-il d’abord accepté que Georges Frêche représente le parti en Languedoc-Roussillon si ce n’était parce que le crédit du personnage lui assure une réélection facile ? Le parti socialiste a commandé des sondages pour savoir si justement le parti pouvait partir à l’aventure dans la région et espérer l’emporter en misant sur une autre tête de liste. Mais nous l’avons souligné, la popularité de Georges Frêche est indéniable et les intentions de vote, publiées ou non, montrent bien que le président sortant n’a pas besoin de se soucier de son étiquette pour l’emporter.


(1) Les résultats de ce sondage ont néanmoins été diffusés dans la presse et sont notamment disponible ici.

(2) Les méthodologies des sondages cités sont les suivantes :

- Sondage TNS Sofres pour la Fédération PS de l’Hérault, réalisé par téléphone du 11 au 13 janvier 2010 auprès d’un échantillon de 700 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.

- Sondage OpinionWay pour Europe Ecologie, réalisé par internet du 2 au 4 février 2010 auprès d’un échantillon de 988 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon inscrite sur les listes électorales. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.

- Sondage TNS Sofres / Logica pour France Bleu Hérault, France Bleu Roussillon, Midi Libre et L’Indépendant, réalisé par téléphone les 5 et 6 février 2010 auprès d’un échantillon de 700 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.

- Sondage OpinionWay pour Europe Ecologie, réalisé par téléphone du 12 au 15 février 2010 auprès d’un échantillon de 1007 personnes, représentatif de la population du Languedoc Roussillon inscrite sur les listes électorales. La représentativité a été obtenue selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession) et par stratification par département et catégorie d’agglomération.