Que pensent les Français du "mariage pour tous" ?

Le débat autour du projet de loi "mariage pour tous" bat son plein. Alors que les débats parlementaires sont sur le point de se terminer et la loi d’être votée définitivement par l’Assemblée nationale, l’ample mouvement de manifestation à l’encontre de ce projet reste vivace et se radicalise. Deux logiques de légitimité s’affrontent : la gauche fait valoir que la mesure, présente dans le programme de François Hollande, est validée par l’élection de ce dernier puis d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Le mouvement d’opposition fait valoir un refus majoritaire de la population et demande donc l’organisation d’un référendum.

De nombreux sondages ont été réalisé sur cette question. Que montrent-ils ? Le "retournement de l’opinion" présenté par certains membres du mouvement "manif pour tous" est-il réel ?

Les Français sont majoritairement opposés au projet de loi

Premier enseignement à tirer des sondages, les Français se montrent effectivement majoritairement opposés au projet de loi "mariage pour tous". Dans un sondage Ifop*, réalisé au début du mois d’avril, 54% des Français estiment que le projet de loi est "une mauvaise mesure" et 46% qu’il est, à l’inverse, "une bonne mesure". En outre, ce sondage montre bien le refus radical d’une partie de la population : 40% des répondants estiment que le projet de loi constitue une "très mauvaise mesure" (et 14% "une assez mauvaise"). Un quart des Français apporte un soutien absolu à la mesure (24% la considérant comme "une très bonne mesure" et 22% "assez bonne").

Ces résultats sont confirmés par un sondage BVA** réalisé quelques jours auparavant. 55% des Français s’y déclarent défavorables à l’instauration au droit au mariage et à l’adoption par les couples homosexuels et 43% favorables (2% des répondants ne se prononçant pas).

Ainsi, les Français sont bien, majoritairement, opposés au projet de loi "mariage pour tous". Celui-ci est soutenu par un peu plus de quatre Français sur dix.

L’opposition au projet de loi est portée par un refus de l’adoption, les Français étant majoritairement favorables au mariage

Le projet de loi "mariage pour tous" ouvre deux nouveaux droits aux couples homosexuels : le mariage en tant que tel et l’adoption. Ces deux versants du projet disposent d’un accueil différencié dans l’opinion.

Les Français apparaissent majoritairement favorables au mariage des couples homosexuels. Les derniers sondages parus donnent des pourcentages relativement variables (du fait de méthodologies différentes et de la possibilité ou non offerte aux répondants de ne se pas se prononcer) mais montrant tous une nette majorité approuvant l’union : 53% dans un sondage CSA début avril (contre 42% opposés),  58% pour BVA mi-avril (contre 41%), 66% pour l’Ifop en février (contre 34% opposés)***.

Ce n’est donc pas l’opposition au mariage civil qui explique le refus majoritaire du projet de loi du gouvernement, mais bien celle qui est faite à l’adoption d’enfants par les couples homosexuels. Les mêmes sondages montrent qu’une majorité tout aussi claire refuse ce versant du texte : 56% s’y opposent dans le sondage CSA (contre 41% favorables), 53% dans l’étude BVA (contre 45%) et 53% pour l’Ifop (contre 47%).

Sur la longue durée, les Français apparaissent de plus en plus favorables à l’ouverture des droits aux couples homosexuels, mais le débat sur le projet de loi provoque bien une inflexion

Les sondages démontrent que l’acceptation de l’homosexualité a très largement progressé dans la société française au cours des dernières décennies. Ainsi, alors qu’en décembre 1973, seuls 24% des Français considéraient que "homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité", ils sont 84% à le penser en mars 2012 (données TNS Sofres).

Graphique acceptabilité homosexualité

Cette tolérance accrue à l’égard de l’homosexualité s’est accompagnée d’une augmentation progressive de l’adhésion à l’égalité des droits entre couples hétérosexuels et homosexuels, à travers le mariage et l’adoption. Concernant cette dernière, TNS Sofres comptabilise 30% de Français favorables en 2001 et 53% 11 ans plus tard, en mars 2012. Le même mouvement est remarquable sur le mariage.

Si le temps long montre une approbation toujours plus forte de l’ouverture de ces droits aux couples homosexuels, le débat sur le projet de loi "mariage pour tous" a bien provoqué une inflexion de l’opinion. Tous les instituts de sondage ont enregistré un recul de l’acceptation du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels en fin d’année 2012, venant rompre une courbe en augmentation régulière depuis des années. Ainsi, en décembre 2012, le baromètre OpinionWay/CEVIPOF de la confiance en politique indique que 52% des Français considèrent que "les couples homosexuels devraient avoir le droit de se marier civilement", soit une chute de 8 points par rapport à l’année précédente. Entre les mêmes périodes, la diminution est de 5 points chez BVA, les Français favorables au mariage passant de 63% à 58%.

Cette inflexion n’engendre aucun retournement d’opinion concernant le mariage. En effet, la perte de quelques points ne parvient pas à faire basculer une opinion assez largement acquise au droit à l’union pour les couples homosexuels. Nous reprenons ci-dessous les données BVA, mais les autres instituts montrent des résultats comparables :

Graphique favorable mariageEn revanche, pour l’adoption, qui bénéficiait d’une adhésion plus limitée, ce recul de quelques points a bien entraîné, en fin d’année 2012, un revirement :

Graphique favorable adoptionLa mesure réalisée par BVA en 2011 révèlait le score le plus haut jamais obtenu en faveur de l’adoption par les couples homosexuels : 56% des Français s’y déclaraient alors favorables (contre 40% opposés). L’opposition est encore majoritaire en octobre 2012 (50% contre 47%), pour basculer en décembre de la même année : 53% des Français disent alors s’opposer à l’adoption et 43% l’approuver, scores confirmés par la dernière enquête réalisée en avril.

Le débat autour du projet de loi a donc bien fait bouger les lignes et provoqué un recul de l’adhésion à l’ouverture des droits pour les couples homosexuels, de l’ordre de 5 à 10 points. Par conséquent, le texte prévoyant le mariage et l’adoption est aujourd’hui refusé par une majorité des Français, cette opposition s’appuyant davantage sur les réticences liées à l’ouverture à l’adoption, à laquelle une majorité des Français s’oppose, qu’à celles relatives au mariage, l’union étant acceptée par plus d’un Français sur deux.

 
 
 
* Sondage Ifop pour Fiducial et Europe 1 Bilan de l’action de François Hollande un an après l’élection de 2012. Réalisé par internet et par téléphone du 11 au 15 avril 2013, auprès d’un échantillon de 1967 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
** Sondage BVA pour Le Parisien magazine Les Français et la politique menée par François Hollande. Réalisé par internet les 3 et 4 avril 2013, auprès d’un échantillon de 986 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
*** Les sondages cités sont les suivants :
- sondage CSA pour BFM TV Les Français, le mariage des couples homosexuels et l’adoption. Réalisé par téléphone les 2 et 3 avril 2013, auprès d’un échantillon de 993 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
- sondage BVA pour I-télé Mariage et adoption pour les couples homosexuels. Réalisé par internet les 18 et 19 avril 2013, auprès d’un échantillon de 1219 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
- sondage Ifop pour Atlantico Les Français et le droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Réalisé par internet du 4 au 6 février 2013, auprès d’un échantillon de 959 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

A quoi servent des intentions de vote un an après ?

L’Ifop a publié il y a quelques jours un sondage* contenant une question d’intentions de vote à l’élection présidentielle « un an après ».

IV Ifop 2013-04

Cette question a suscité de nombreuses critiques : quel intérêt puisqu’elle place les répondants dans une situation totalement fictive ? Le caractère fictif de l’hypothèse posée par la question n’est pas en doute : il n’y a pas d’élection présidentielle en vue, et même si des circonstances exceptionnelles rendaient cette hypothèse plausible, il semble hautement improbable que l’offre électorale soit identique à celle du dernier scrutin présidentiel.

Cette question n’a effectivement aucune valeur pour éclairer un prochain scrutin. Il n’est pas question d’en tirer des conclusions du type « Nicolas Sarkozy aurait gagné si l’élection avait lieu aujourd’hui », car nous ne sommes pas en campagne pour élire un président, et une campagne ferait naturellement bouger les lignes, c’est sa raison d’être. L’exercice doit être interprété bien autrement.

 

Identifier les modification du rapport de force partisane conséquentes à la déception suscitée par François Hollande

Ces résultats présentent un intérêt, dans le sens où ils permettent de mesurer quelles sont les répercussions, sur le rapport de force électoral, de la première année de présidence de François Hollande. Le différentiel de 6 points sur le score de l’actuel président entre l’intention de vote réalisé en avril 2013 (22%) et son résultat réel le 22 avril 2012 (28%) démontre l’ampleur des répercussions électorales d’un an de mandat fortement déceptif (mis en lumière par la chute vertigineuse et rapide des indicateurs de popularité de l’exécutif, notamment auprès des électeurs du président).

Ce sondage montre aussi quels sont les potentiels « gagnants » de cette déception : pas les partis sur la gauche du PS, comme on aurait pu le penser du fait des critiques de l’aile gauche du parti présidentiel et du Front de gauche sur une inflexion trop « libérale », ou en tout cas pas assez « à gauche », du président. Jean-Luc Mélenchon recueille 11 % d’intentions de vote, exactement son score réel d’avril 2012 et Nathalie Arthaud et Philippe Poutou n’augmentent pas non plus leurs résultats. Eva Joly perd même 1 point (1,5 % contre ses 2,31 % du 22 avril 2012).

François Bayrou ne bénéficie guère non plus de la déception suscitée par François Hollande. Il ne gagne qu’un point (10 % contre 9,13 % le 22 avril 2012) et reste donc loin de pouvoir concurrencer le trio de tête (Hollande, Sarkozy, Le Pen), et demeure même derrière Jean-Luc Mélenchon.

Il ne semble donc pas y avoir de mouvements massifs au sein de l’électorat de gauche. Tout porte à croire que l’électorat déçu de François Hollande, plutôt que de se reporter à gauche ou au centre, préfère se réfugier dans l’abstention. Cette situation est hautement préoccupante pour la gauche dans la perspectives des prochaines élections municipales, qu’elle ne pourra remporter si son électorat ne se mobilise pas.

Les gagnants de la première année de la présidence de François Hollande sont donc à droite : Nicolas Sarkozy, qui recueille 30 % des intentions de vote (il avait fait 27,18 % en 2012) et surtout Marine Le Pen (22 % contre 17,90%). Plus qu’à un report des voix de gauche sur la droite, c’est surtout à une mobilisation forte de ces électorats à laquelle nous devons conclure à la vue de ces résultats. Il n’est pas certain que ces deux candidats « gagnent » beaucoup de voix dans l’absolu, ils peuvent seulement bénéficier d’un différentiel de mobilisation, l’électorat de droite apparaissant donc « remonté » face à l’action gouvernementale (la mobilisation contre le « mariage pour tous » en étant une illustration). Le gain supérieur de Marine Le Pen (4 points) semble tout de même indiquer un mouvement de l’électorat vers la candidate du Front national, qui laisse penser que ce parti pourrait être l’un des gagnants des scrutins municipaux en 2014.

 

Pour conclure, nous pouvons affirmer que cette question a droit de cité dans un sondage portant sur le bilan de François Hollande, car des conclusions éclairantes peuvent en être tirées. Néanmoins, la présentation « brute » des résultats interroge et on pourra reprocher à l’Ifop de n’avoir pas assez accompagné ces chiffres, dont une reprise « primaire » était évidemment à prévoir. En outre, il aurait été intéressant que l’institut fournisse d’autres éléments pour pousser plus loin l’analyse : que répondent les personnes ayant effectivement voté pour François Hollande en avril 2012 ? Où sont passé les 6 points perdus par le président ? On peut supposer, comme nous l’avons fait ici, que c’est sans doute dans l’abstention, mais pourquoi l’institut ne pousse-t-il pas l’analyse jusque là ?

 

* Sondage Ifop réalisé par internet du 11 au 15 avril auprès d’un échantillon de 1967 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La question d’intentions de vote a été posée uniquement aux personnes inscrites sur les listes électorales.

 

Contestation des résultats du vote pour la présidence de l’UMP : quel impact sur l’image du parti et de ses dirigeants ?

Le prochain président de l’UMP devait être désigné par le vote des adhérents de l’UMP dimanche 18 novembre. Les résultats serrés ont entraînés de multiples contestations et coups de théâtre relayés par les médias. Sur toutes les chaînes, radios et dans tous les journaux, on parle du « triste spectacle » que donne de lui le principal parti d’opposition. Que révèlent les premiers sondages parus de l’impact de cette crise partisane dans l’opinion publique ?

Jean-François Copé et François Fillon sortent particulièrement écornés de ces bisbilles

Un sondage BVA réalisé « à chaud » les 22 et 23 novembre démontre que l’image des deux principaux protagonistes a été fortement endommagée par les disputes qui agitent le parti. Ce sondage prend pour point de comparaison antérieur les données de popularité de l’Ifop*, dont la dernière vague d’enquête a été réalisée en début de mois (8 et 9 novembre). Si l’on reprend les données de l’Ifop depuis le début de l’année en ajoutant les résultats par BVA, on obtient le graphique suivant :

Évolution de la popularité de François Fillon et de Jean-François Copé auprès de l’ensemble des Français ( % de « bonnes opinions »)

 

Les cotes de popularité des deux hommes subissent une forte baisse entre la mesure effectuée début novembre et celle réalisée deux semaines plus tard. Cette diminution est plus forte pour Jean-François Copé que pour François Fillon :

- Un Français sur deux (52%) continue à déclarer avoir une « bonne opinion » de François Fillon, ce qui constitue un score relativement élevé, comparable à celui obtenu par Nicolas Sarkozy en début de mois (50%) ou celui de François Hollande (49%). La diminution par rapport à l’avant-crise est néanmoins très significative (-11 points).

- La cote de popularité de Jean-François Copé, déjà plus faible, est davantage affectée par la crise à la tête de l’UMP. Seul un quart des Français (26%) déclare désormais avoir une bonne opinion de l’ancien secrétaire général de l’UMP, soit une diminution de 22 points par rapport au début du mois.

Cette plus forte chute de Jean-François Copé s’explique par le fait que celui est davantage considéré comme responsable de la crise qui agite aujourd’hui le parti de droite. Si un Français sur deux (48%) estime que les deux personnalités ont joué un rôle tout aussi important dans les déchirements au sein du parti, quand ils choisissent un responsable principal, les Français désignent largement plus Jean-François Copé (38%) que François Fillon (12%). Notons néanmoins que cette désignation peut être en partie due à la popularité préexistante des deux rivaux : Jean-François Copé disposant d’un a priori plus négatif dans l’opinion publique, les Français qui n’auraient pas suivi tous les rebondissements de cette crise de succession pourraient davantage le pointer comme le coupable en se basant sur leurs perceptions antérieures. Toutes les personnes formulant un jugement par le biais de ce sondage ne disposent évidemment pas de toutes les informations, et n’en disposeront sans doute jamais. Il est néanmoins intéressant de constater que, parmi l’ensemble de la population, c’est Jean-François Copé qui paie le plus fort tribut de cette crise, alors même qu’il a été désigné vainqueur par la COCOE.

La popularité des deux hommes chute également au sein de l’électorat UMP

Si l’on s’intéresse désormais plus précisément à l’opinion des sympathisants UMP, essentielle puisqu’ils sont le cœur de l’électorat du parti, les mêmes évolutions s’observent. La détérioration de l’image des deux principaux leaders de l’UMP affecte l’électorat du parti, et pas seulement les Français qui ne se sentent pas proches de l’UMP. Et comme parmi l’ensemble de la population, c’est Jean-François Copé qui subit la plus forte diminution de sa cote de popularité, même si l’écart entre les deux hommes est moins important au sein des sympathisants, car les responsabilités sont perçues comme plus partagées au sein de cette sous-population : 29 % des sympathisants UMP désignent Jean-François Copé comme le principal responsable de la crise, 20 % François Fillon et 49 % les deux.

Évolution de la popularité de François Fillon et de Jean-François Copé auprès des sympathisants UMP ( % de « bonnes opinions »)

 

Remarquons néanmoins que les deux hommes continuent de jouir d’un solde d’opinion nettement positif parmi les sympathisants : François Fillon recueille désormais de 76 % d’opinions favorables (-13 points par rapport aux 8 et 9 novembre) et Jean-François Copé de 64 % (-15 points).

Les sondages dont nous disposons à l’heure actuelle ne nous permettent pas de savoir si cette baisse de popularité a pu affecter d’autres dirigeants du parti, voire tous. Les prochains publications des baromètres de popularité nous permettront de constater si le discrédit est allé au-delà des deux candidats et notamment de voir dans quelle mesure leurs principaux lieutenants ont également été associés à la crise actuelle.

En revanche, l’image du parti est moins affectée

L’image globale de l’UMP apparaît également affectée, mais dans une moindre mesure. Ainsi, 36 % déclarent aujourd’hui avoir une bonne opinion de l’UMP, un recul de « seulement » 5 points par rapport au début du mois, donc plus limité que celui qui touche ses dirigeants.

Néanmoins, la « crise à l’UMP » n’est toujours pas close…

 

* La question et le mode de recueil utilisés sont identiques. Néanmoins soulignons que BVA n’a pas donné l’intégralité des données, notamment le nombre de « nsp », ce qui permettrait d’être absolument certain de la comparabilité des terrains d’enquête (ex : politique de relance des enquêteurs).

Les références du sondage cité dans cet article sont les suivantes : sondage BVA pour I-Télé réalisé par téléphone les 22 et 23 novembre 2012, auprès d’un échantillon de 976 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Le retrait des troupes d’Afghanistan : qu’en pensent les Français ?

C’est l’une des premières mesures du président Hollande, mais elle est peu mise en avant dans le bilan des premiers mois du nouvel exécutif. Pour autant, le retrait accéléré des troupes français d’Afghanistan répond à une attente forte de l’opinion publique.

Certes, cette promesse du candidat socialiste était loin d’être jugée comme la plus urgente à mettre en œuvre : juste après l’élection de François Hollande, seuls 38 % des Français souhaitaient que le retrait des troupes d’Afghanistan soit engagé dans les 100 premiers jours de mandat selon un sondage Harris interactive*, ce qui plaçait ce sujet de défense loin derrière certains sujets économiques et sociaux (54 % pour la séparation des activité de dépôt et des activités spéculatives des banques, 49 % pour le blocage des loyers, 49 % pour la suppression de la TVA sociale, 48 % la limitation des rémunérations des patrons des entreprises publiques, 45 % pour la mise en place de la tranche d’impôt à 75 %). Néanmoins, ce sujet apparaissait plus prioritaire aux yeux de l’opinion publique que l’augmentation de rentrée scolaire (28%), l’instauration du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels (21%) ou le vote des étrangers aux élections municipales (10%).

En outre, même si le président de la République n’a pas totalement tenu son engagement d’un retour de toutes les troupes à la fin de l’année 2012 et a du revoir le calendrier de retrait, déjà engagé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il peut se prévaloir d’avoir répondu à la forte réticence dont font preuve depuis plusieurs années les Français à l’égard de ce conflit. Ainsi, rappelons qu’en 2008, la décision de Nicolas Sarkozy d’augmenter le contingent de troupes dans le pays s’était heurtée à une forte opposition des Français : selon un sondage BVA**, les deux tiers des Français (68%) désapprouvaient alors l’envoi de troupes supplémentaires tandis que seuls 15 % l’approuvaient (17 % des Français ne se prononçant pas). Au-delà de cette opposition à l’envoi de nouveaux militaires sur place, les Français désapprouvaient fortement le principe même de cette guerre, 65 % des Français estimant que les États-Unis et leurs alliés avaient eu tort de s’engager dans ce conflit et seuls 17 % considérant qu’ils ont raison (18 % ne se prononçant pas). Preuve d’une forte réticence de l’opinion, le refus de l’engagement miliaire en Afghanistan s’avérait presque aussi fort que celui relatif à la guerre en Irak, où la position officielle du gouvernement français était pourtant tout autre (80 % estimant en mars 2003 que les États-Unis et leurs alliés avaient tort de s’engager, 11 % raison).

Cependant, cette opposition de principe au conflit, avec une présence des troupes françaises jugée comme illégitime, ne se traduit pas par une volonté massive de l’opinion de voir les militaires français rentrer sur le territoire national, une part de l’opinion semblant bien avoir intégré les contraintes que feraient peser sur la situation locale le départ des troupes. Ainsi, en mai 2011, juste après la mort d’Oussama Ben Laden, seule une courte majorité des Français (55%) souhaite que l’armée française se retire d’Afghanistan tandis que 43 % plaident pour qu’elle y reste***, des résultats identiques à ceux obtenus en janvier 2010 (56%-41%).

 

* Sondage Harris interactive pour l’Humanité Dimanche, réalisé du 9 au 11 mai 2012 par internet, auprès d’un échantillon de 1340 personnes, représentatif de la population français âgée de 18 ans et plus.

** Sondage BVA pour Sud Ouest, réalisé les 28 et 29 mars 2008 par téléphone, auprès d’un échantillon de 970 personnes, représentatif de la population français âgée de 18 ans et plus.

*** Sondage BVA pour 20 minutes, réalisé les 2 et 3 mai 2011 par téléphone, auprès d’un échantillon de 1045 personnes, représentatif de la population français âgée de 15 ans et plus.

Les dernières estimations des instituts pour le premier tour des élections législatives

Ipsos et CSA ont affinés leurs estimations données à 20h. Les variations son assez faibles : le PS et l’UMP perdent tous deux environ 0,5% des suffrages, qui se reportent sur des plus petits partis : le Front national gagne de 0,3% à 0,5% des voix par rapport aux estimations de 20h, Europe Ecologie les Verts de 0,3% à 0,4%, et 0,2% pour le MoDem dans l’estimation d’Ipsos.

Voici en détail les résultats des différentes estimations (en suffrages exprimés) :

Seul Ipsos a modifié sa projection en siège suite à ces nouvelles estimations :

Que disent les sondages d’intentions de vote au niveau national pour les législatives ?

Dès l’élection présidentielle terminée, les instituts de sondage ont commencé à publier des sondages d’intentions de vote pour les élections législatives au niveau national. Si ces études présentent évidemment des limites (l’offre électorale étant différente pour chacune des circonscriptions et cette élection peut être très influencée par des enjeux locaux), il reste tout de même intéressant d’observer le rapport électoral tel qu’il se dessine à quelques jours du premier tour au niveau de l’ensemble du territoire.

 

Le graphique ci-dessous regroupe toutes les études d’intentions de vote nationales parues, et dessine des lignes de tendance afin de "moyenner" les différents sondages et d’identifier les évolutions à l’œuvre depuis la fin de l’élection présidentielle :

 

Globalement, le rapport de force a peu changé en un peu plus d’un mois :

- L’UMP et ses alliés arrivent en tête des intentions de vote, du fait de l’union des forces de la droite, mais restent bien évidemment en-dessous, et nettement, du total des forces de gauche susceptibles de s’allier pour gouverner (PS, PRG, EELV et Front de gauche). Au lendemain de l’élection présidentielle, l’UMP associée au Nouveau Centre et au parti radical valoisien recueillait environ 32% des intentions de vote. La courbe de tendance montre une légère augmentation des intentions votes en faveur de la droite parlementaire, qui s’établissent désormais en moyenne à 33%.

- Le PS et le parti radical de gauche se situent légèrement en-dessous de ce niveau et connaissent également poussée, plus significative que celle de la droite. D’environ 30%, leur score dans les intentions de vote atteint désormais environ 32,5%. Et si certaines études peuvent donner le PS au-dessus de l’UMP, le graphique ci-dessous montre bien qu’en tendance sur toutes les études, il se situe de 2 points (juste après la fin de la présidentielle) à un point en dessous du parti de droite.

- Le Front national subit lui une légère érosion mais reste à un niveau très élevé : de 16% en moyenne, les intentions de vote pour le parti d’extrême se situent désormais à environ 15%. Le parti se situe donc à un niveau légèrement moindre que le score obtenu au premier tour de l’élection présidentielle mais demeure, de très loin, la troisième force politique française.

- Le Front de gauche connaît une évolution similaire à celle du Front national. Après les 11% de Jean-Mélenchon à l’élection présidentielle, le rassemblement recueille des scores légèrement plus faibles, et qui ont légèrement décru au long de la campagne, passant d’environ 9% à 8%.

- Europe Ecologie les Verts profite notamment de son alliance électorale avec le PS qui laisse le parti écologiste sans rival socialiste dans quelques circonscriptions réservées. Les intentions de vote pour EELV restent très stables sur la période, à environ 5%.

- Le MoDem connaît pour sa part une chute assez brutale. Alors qu’au lendemain des élections présidentielles, 5% des électeurs environ déclarent qu’ils voteront pour le parti centriste, ils sont désormais un peu moins de 3%, soit une perte de pratiquement la moitié de ses électeurs potentiels.

- L’extrême-gauche, qui subit la concurrence du Front de gauche affiche des scores faibles, à l’égal de ceux obtenus lors de l’élection présidentielle. Dans les différentes études d’intentions de vote, l’extrême-gauche dans son ensemble (principalement autour de LO et du NPA) attire environ 1,5% des intentions de vote.

 

Les projections en sièges des intentions de vote aux élections législatives

Trois instituts de sondage ont produit ces derniers jours des projections en siège des intentions de vote nationales relatives aux élections législatives. Si l’on construit des fourchettes resserrées à partir de ces trois estimations (TNS Sofres, Ipsos et OpinionWay), on arrive aux résultats suivants* :

- Gauche : de 310 à 345 sièges. Le PS (associé au PRG et au MRG) y disposerait de 280 à 299 sièges.

- Droite parlementaire : de 235 à 265 sièges.

- Front national : de 0 à 2 sièges.

- MoDem : de 0 à 2 sièges.

 

De manière plus détaillée, voici ce que nous pouvons retenir des résultats fournis par les instituts :

1. La gauche disposerait d’une majorité assez confortable

La majorité absolue de l’Assemblée nationale s’établit à 289 sièges. Dans toutes les projections, celle-ci est atteinte par l’ensemble de la gauche, qui obtiendrait entre 303 et 357 sièges selon les différentes projections (en écart maximal). La projection minimale d’Ipsos est la plus pessimiste (303 sièges) mais varie peu de celles des autres instituts (305 pour TNS Sofres et 310 pour OpinionWay). Au maximum, la gauche pourrait espérer conquérir jusqu’à 357 sièges (toujours selon Ipsos, dont la projection donne un écart important), 347 pour OpinionWay et 345 pour TNS Sofres.

La droite parlementaire, minoritaire au sein du Palais Bourbon, disposerait tout de même d’un nombre de députés conséquent, plus important que celui de la gauche durant la législature 2007-2012 (228 sièges). Les projections accordent en effet à la droite entre 220 et 274 sièges (projections Ipsos). Les estimations plus resserrées des autres instituts lui donne entre 230 et 267 sièges (OpinionWay) et 235 à 265 (TNS Sofres).

Ainsi, dans la pire des hypothèses posée par ces projections, la gauche disposerait de 31 sièges d’avance sur la droite, dans la meilleure de 147.

2. Au sein de cette majorité, le PS n’est pas assuré de disposer d’une majorité absolue

Si la gauche domine, le PS n’est pas assuré d’avoir à lui seule la majorité absolue et pourrait avoir à composer avec ses alliés (EELV et Front de gauche).

Dans les différentes projections, le PS associé au PRG et au MRC obtiendrait entre 265 et 311 sièges (Ipsos). OpinionWay donne une fourchette basse de projection à 272 sièges, TNS Sofres à 280. L’hypothèse la plus optimiste de ces instituts se situe respectivement à 299 et 310 sièges.

Globalement, la majorité absolue (289 sièges) apparaît plutôt dans la fourchette haute des estimations des instituts.

3. EELV, le Front de gauche et le Nouveau Centre ne sont pas assurés de disposer d’un groupe parlementaire

Europe Ecologie les Verts, qui dispose d’un accord électoral avec le PS devrait atteindre son objectif de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée selon les projections d’Ipsos (de 17 à 23 sièges) et d’OpinionWay (de 18 à 24 sièges). En revanche, TNS Sofres livre une projection plus pessimiste où le seuil de 15 députés n’est pas forcément atteint (de 12 à 17 sièges).

Concernant le Front de gauche, les mêmes constats s’imposent, avec un nombre de sièges légèrement supérieur que le parti écologiste. Si l’on en croit les projections d’Ipsos et d’OpinionWay, le parti est assuré de disposer d’un groupe à l’Assemblée nationale (entre 21 et 23 sièges pour Ipsos, entre 20 et 24 pour OpinionWay). En revanche, TNS Sofres, qui donne un plus fort poids au PS/PRG/DVG dans sa projection, considère que le Front de gauche pourrait ne pas atteindre les 15 députés nécessaires (entre 12 et 18 sièges).

Quant au Nouveau Centre, dans la seule projection qui détaille son nombre de siège (Ipsos), celui n’atteint pas le seuil fatidique avec une projection de 9 à 14 sièges. L’existence d’un groupe centriste semble donc conditionnée à l’adhésion de députés d’autres partis qui s’allierait au parti d’Hervé Morin.

4. Le MoDeM et le FN ne seront peut-être pas représentés à l’Assemblée

Toutes les projections s’accordent sur le fait que le MoDem et le FN pourraient ne gagner aucun siège à l’issue de ces élections législatives. Concernant le parti centriste, celui-ci obtiendrait au maximum 2 (TNS Sofres et OpinionWay) ou 3 sièges (Ipsos). Selon ces mêmes projections, le Front national peut au mieux en espérer 2 (OpinionWay), 3 (Ipsos) ou 5 (TNS Sofres).

 

Les projections en sièges des différents instituts sont disponibles ci-dessous :

Ipsos :

OpinionWay :

 

TNS Sofres :

 

* La fourchette resserrée a été construite en prenant la plus haute des fourchettes minimales et la plus basse des fourchettes maximales dans les projections des trois instituts.

Les intentions de vote pour les élections législatives par circonscription

A quelques jours du premier tour des élections législatives, des sondages d’intention de vote dans les différentes circonscriptions sont parus dans la presse. Nous vous en proposons un récapitulatif.

A ce jour, nous avons recensé des sondages relatifs aux circonscriptions suivantes (la couleur désignant la force politique donnée victorieuse par les sondages, avec en violet les circonscriptions incertaines) :



Note préalable : ces sondages électoraux sont généralement réalisés sur des échantillons relativement réduits (de l’ordre de 500 à 600 personnes). En conséquence, la marge d’erreur est assez élevée (de l’ordre de 4 points quand le pourcentage est proche de 50%), ce qui implique de prendre tous ces résultats avec grande prudence. Nous rappelons en outre qu’un sondage donne le rapport de force à l’instant de sa réalisation et que celui-ci peut évoluer jusqu’au dernier moment.

Aisne (02)

- 2ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 552 personnes.
A noter : circonscription de Xavier Bertrand

Au premier tour, l’ancien ministre et député de la circonscription, Xavier Bertrand, arrive nettement en tête des intentions de vote (41%). Anne Ferreira, la candidate du PS, recueille 30% des suffrages. Le Front national, représenté par Yannick Lejeune, réalise un bon score (17%) et pourrait parvenir à se maintenir au second tour. Hormis Guy Fontaine, se présentant sous l’étiquette du Front de gauche et obtenant 6% des intentions de vote, aucun autre candidat ne recueille plus de 2% au premier tour.

Xavier Bertrand arrive en tête des intentions de vote de second tour, que celui-ci prenne la forme d’un duel – dans cette hypothèse, le score du candidat UMP s’établit à 52% contre 48% pour Anne Ferreira, soit une avance relativement faible surtout si l’on considère la marge d’erreur -, ou d’une triangulaire – Xavier Bertrand obtient alors 44% des intentions de vote, Anne Ferreira 38% et Yannick Lejeune 18%.

Alpes-Maritimes (06)

- 1ère circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 505 personnes.
A noter : circonscription d’Eric Ciotti et Jacques Peyrat

La première circonscription des Alpes-Maritimes est composée d’une partie de Nice, ville fortement ancrée à droite. Le député sortant de l’ancienne première circonscription (elle est désormais agrandie suite au redécoupage électoral de 2010) ne devrait aucun mal à se faire réélire à l’Assemblée nationale.

Ainsi, le député de la droite populaire approche de la majorité absolue au premier tour en recueillant 46% des intentions de vote dans ce sondage OpinionWay. En outre, il ne souffre pas trop de la concurrence du Front national : avec 12% d’intentions de vote en sa faveur, l’ancien maire de Nice, Jacques Peyrat, est totalement distancé et n’apparaît pas en position de concourir au second tour. A gauche, Patrick Allemand, le candidat du Parti socialiste recueille 25% des voix et le Front de gauche 9%. Aucun autre candidat ne recueille plus de 2% d’intentions de vote.

Sans surprise, cette étude montre qu’Eric Ciotti l’emporte largement au second tour, avec 62% des intentions de vote contre 38% pour Patrick Allemand.

- 2ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 550 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, comme d’ailleurs dans toutes les Alpes Maritimes, le vote est également favorable à la droite. Néanmoins, si le FN parvenait à provoquer une triangulaire, il rendrait le jeu très incertain et pourrait permettre une victoire du candidat de gauche.

Au premier tour, Charles-Ange Ginesy, le représentant de l’UMP arrive en tête des intentions de vote (40%). André Aschieri, le candidat d’Europe Ecologie les Verts, soutenu par le parti socialiste, décrocherait la deuxième place avec 34%. Le candidat du Front national, Jean-Marc Degioanni obtient 18% des intentions de vote, ce qui pourrait lui permettre de se maintenir au second tour. Hors Frédérique Cattaert, la représentant du Front de gauche dans cette circonscription, qui recueille 4% des intentions de vote, aucun autre candidat ne dépasse les 1%.

Si ce second tour oppose seulement les candidats UMP et EELV, la droite l’emporte avec une avance relativement confortable (55% contre 45%). En revanche, si Jean-Marc Degioanni participait également à ce second tour, c’est le candidat de gauche qui pourrait remporter le siège. La bataille apparaît alors serrée entre Charles-Ange Ginesy, qui cumule 41% des intentions de vote et André Aschieri, qui l’emporte symboliquement dans ce sondage avec 42% d’entre elles. Le candidat frontiste réitère son score de premier tour, avec néanmoins un léger effritement (17%).

- 3ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 555 personnes.

Le candidat sortant de cette circonscription, Rudy Salles, représentant le nouveau Centre et soutenu par l’UMP, devrait également garder son siège. Au premier tour, il s’impose sans conteste, avec 40% des intentions de vote. La candidate du parti socialiste, Christine Dorejo, en deuxième position, en recueille 22%. Le candidat du Front national n’est pas loin, Gaël Nofri obtenant 18%, un score qui pourrait lui permettre de concourir au second tour. Hormis Roseline Grac pour le Front de gauche (6%) et Marie-Edith Cattet pour l’union de la droite nationale (4%), les autres candidats recueillent au maximum 2% des voix au premier tour.

En cas de duel avec la candidate du parti socialiste, le député sortant l’emporterait largement (62% d’intentions de vote contre 38%). Une triangulaire ne devrait pas non plus trop l’inquiéter : dans cette hypothèse, ce sondage lui accorde 47% des intentions de vote, contre 34% à Christine Dorejo et 19% à Gaël Nofri (qui bénéficie donc de très faible reports de voix).

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 554 personnes.

Terre de droite, la quatrième circonscription des Alpes Maritimes voit sans surprise le candidat UMP, par ailleurs député sortant, Jean-Claude Guibal, arriver en tête des intentions de vote au premier tour avec 37%. La surprise vient plutôt du deuxième : Lydia Schenardi, la candidate du Front national recueille 22% des intentions de vote et dépasse donc la candidate du parti socialiste, Pascale Gérard (18%), dont la présence au second tour n’est donc pas assurée. Autre score à deux chiffres, celui de Francis Tujague, le représentant du Front de gauche (12% des intentions de vote). Remarquons enfin le score honorable de l’entrepreneur et maire d’Eze Stéphane Cherki (divers droite) avec 7% des suffrages.

Au second tour, le député sortant l’emporte largement dans cette étude d’intentions de vote. En cas de duel avec la candidate FN, sa victoire est écrasante (70% contre 30%) même si Lydia Schenardi augmente significativement son score alors que le FN dispose généralement de très faibles reports de voix. En cas de triangulaire intégrant la candidate socialiste, Jean-Claude Guibal approche de la majorité absolue (48%) et devance Pascale Gérard (30%) et la candidate du Front national, qui n’augmente alors pas son score de premier tour (22%).

Aude (11)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 602 personnes.

Le député sortant, Yves Censi (UMP) joue un match serré dans la deuxième circonscription de l’Aude même si ce sondage le donne gagnant. Il arrive nettement en tête des intentions de vote au premier tour (40,5%). Monique Bultel-Herment, la candidate socialiste en obtient 25,5% alors qu’elle est concurrencée par Stéphane Mazars, du parti radical de gauche, qui en recueille 13%. Autres candidats de gauche, Guilhem Serieys pour le FDG réalise un bon score (8,5% des intentions de vote), tandis que le candidat Europe Ecologie les Verts Bruno Berardi n’obtient que 3% des suffrages. Enfin, le candidat du Front national, Jean-Guillaume Remise rassemble 9% des intentions de vote, ce qui tient cette circonscription à l’abri d’une triangulaire.

C’est au second tour que les choses se compliquent pour le député sortant. Opposé à la candidate socialiste, il ne l’emporte que de très peu dans ce sondage (50,5%-49,5%), ce qui rend sa victoire incertaine.

Aveyron (12)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.

Si la gauche se présente en ordre dispersé dans cette circonscription, ceci ne devrait pas l’empêcher de remporter cette circonscription déjà à gauche. Au premier tour, Michel Py, le candidat de l’UMP profite de cette division et décroche la première place (27% des intentions de vote). La candidate du parti socialiste, Marie-Hélène Fabre arrive en tête des forces de gauche (25%), avec une avance relativement nette sur Didier Codorniou, ancien soutien de Georges Frêche, se présentant sous l’étiquette du parti radical de gauche (20%).  C’est donc la candidate socialiste qui devrait représenter la gauche au second tour (la règle du désistement entre les candidats de gauche en faveur du mieux placé sera, sauf énorme surprise, respectée dans cette circonscription).

Laure-Emmanuelle Philipe, la candidate du Front national, obtient 17% des intentions de vote au second tour, un score qui pourrait lui permettre de se maintenir au second tour et de provoquer une triangulaire, même si cela n’apparaît pas comme l’hypothèse la plus probable étant donné les estimations de l’abstention. Autre score remarquable, celui de Jean-Paul Tournissa, le candidat du Front de gauche, qui rassemble 9% des intentions de vote.

Dans l’hypothèse la plus réaliste d’après ce sondage où la socialiste Marie-Hélène Fabre représenterait la gauche au second tour, elle l’emporterait largement, qu’elle soit opposée uniquement au candidat UMP (55%-45%) ou qu’une triangulaire se dessine (49% contre 31% pour Michel Py et 20% pour la candidate du Front national). Si Didier Codorniou devait emporter la "primaire" à gauche (ce qui ne peut être exclu à cette date, notamment du fait de la marge d’erreur du sondage), il l’emporterait encore plus largement : il obtiendrait 57% des voix dans l’hypothèse d’un duel, 50% dans celle d’une triangulaire (contre 32% à Michel Py et 18% à Laure-Emmanuelle Philippe).

Bouches-du-Rhône (13)

- 5ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 29 et 30 mai auprès d’un échantillon de 504 personnes.
A noter : circonscription de la ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti et Renaud Muselier

La cinquième circonscription est porteuse de forts enjeux pour ses deux principaux candidats : non réélu, Renaud Muselier apparaîtrait fortement handicapé pour prendre le relai de Jean-Claude Gaudin à la mairie de la cité phocéenne ; non élue, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapée devrait abandonner son portefeuille, en vertu des règles édictées par François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Le sondage Ifop réalisé dans cette circonscription annonce un basculement à gauche et donc le maintien au gouvernement de Marie-Arlette Carlotti. Celle-ci recueille en effet 54% des voix au second tour contre 46% à Renaud Muselier. Les deux candidats arrivent nettement en tête au premier tour (36% d’intentions de vote pour le candidat de l’UMP, 34% pour la candidate socialiste). Le Front national, représenté par Jean-Pierre Baumann obtient 13,5% d’intentions de vote, ce qui écarte l’hypothèse d’une triangulaire.  Frédéric Dutoit, le candidat du Front de gauche, rassemble 8,5% des intentions de vote des électeurs.

Charentes-Maritime (17)

- 1ère circonscription :
A noter : circonscription de Ségolène Royal

sondage Ifop réalisé du 25 au 29 mai auprès d’un échantillon de 604 personnes

Dans cette circonscription ancrée à gauche, Ségolène Royal arrive en tête des intentions de vote au premier tour avec 33% des suffrages. Elle devance d’une tête le candidat socialiste dissident Olivier Falorni (26%), fortement implanté localement et qui a présenté sa candidature contre ce qu’il considère comme un parachutage. La candidate de l’UMP, Sally Chadjaa, recueille 19,5% des intentions de vote au premier tour. Le Front national, représenté par Marie-Françoise de Lacoste Lareymondie, obtient 9% des voix, et n’apparaît donc pas aujourd’hui à même de se maintenir au second tour.

Bizarrement, l’Ifop n’a pas publié d’intentions de vote de second tour.

Sondage Ifop réalisé début du 2 au 4 juin auprès d’un échantillon de 603 personnes

Un autre sondage, réalisé une semaine et demie plus tard montre un creusement de l’écart au premier tour entre Ségolène Royal et le candidat socialiste dissident Olivier Falorni. L’ancienne candidate à la présidence de la République gagne trois points d’intentions de vote au premier tour (36%), tandis qu’Olivier Falorni en perd quatre (22%). Ceci place ce candidat à quasi-égalité avec la candidate de l’UMP, qui gagne de son côté deux points (21,5%). Ces résultats serrés pour la deuxième place ne permettent pas de distinguer qui arrivera en deuxième position du fait de la marge d’erreur, mais laissent augurer une triangulaire au second tour dans cette circonscription.

Dans cette hypothèse, Ségolène Royal remporterait l’élection avec 43% des suffrages, contre 30% pour Sally Chadjaa et 27% pour Olivier Falorni. Si la président de région devait n’affronter que la candidate de l’UMP, elle l’emporterait largement (58% contre 42%). Si le deuxième tour devait opposer Ségolène Royal et Olivier Falorni, le duel serait serré. La candidate recueille 51% des intentions de vote contre 49% pour Olivier Falorni, ce dernier disposant d’un report massif des voix de de l’UMP.

Corse-du-Sud (2A)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 502 personnes.

D’après ce sondage de l’Ifop, cette circonscription basculerait au soir du second tour des élections législatives, le député de gauche sortant, Simon Renucci, étant donné battu par le candidat UMP Laurent Marcangeli.

Simon Renucci est devancé dès le premier tour : il recueille 26% d’intentions de vote contre 32% pour son rival de l’UMP. Les voix de gauche au premier tour vont également à Paul-Antoine Luciani, le candidat du Front de gauche, qui recueille 9% des voix dans ce sondage. Le Front national recueille 11,5% des intentions de vote. Les nationalistes corses se présentent en ordre dispersés dans cette circonscription : Romain Colonna, pour Femu a Corsica obtient 13% des intentions de vote, Paul-Mathieu Leonetti, candidat nationaliste de Corsica libera, 4,5%. Les nationalistes ne devraient donc pas provoquer de triangulaire dans cette circonscription.

Au second tour, le candidat de l’UMP l’emporte selon ce sondage, avec 51,5%, une avance donc relativement limitée et comprise dans la marge d’erreur.

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 502 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, le député sortant Camille de Rocca Serra (UMP), apparaît en difficulté bien qu’il domine largement le premier tour, en recueillant 33% des intentions de vote. Au second tour, ce sondage indique qu’il affronterait Jean-Christophe Angelini, le candidat nationaliste de Femu a Corsica qui recueille 20% des intentions de vote au premier tour et se positionne donc avant le candidat soutenu par le parti socialiste, Paul-Marie Bartoli, du Parti Radical de Gauche (18%), lui-même fortement concurrencé par Dominique Bucchini, le candidat du Front de gauche (14%). Enfin, le candidat du Front national, Bernard Angelini, recueille lui aussi un score à deux chiffres dans cette étude d’intentions de vote (11%) et complète ce fort éparpillement des voix au premier tour.

Au regard de ce rapport de force, la gauche pourrait ne pas parvenir à se maintenir au second tour. Dans ce cas, le duel entre Camille de Rocca Serra et Jean-Christophe Angelini serait serré, les deux candidats étant crédités de 50% des intentions de vote. Le candidat nationaliste arrive alors à récupérer une grande partie des voix de gauche. Dans l’hypothèse d’une triangulaire intégrant le candidat radical de gauche Paul-Marie Bartoli, le candidat UMP l’emporterait avec une petite avance, 38% des intentions de vote, contre 31% à chacun de ces deux adversaires.

Haute-Corse (2B)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 500 personnes.

Ce sondage montre que le candidat de l’UMP, Sauveur Gandolfi-Scheit conserverait son mandat de député que les nationalistes corses se maintiennent ou non au second tour. Au premier tour, le député sortant domine largement avec 32% d’intentions de vote. Jean Zucarelli, le candidat du PRG soutenu par le PS, arrive au coude-à-coude avec Gilles Simeoni, le candidat de Femu a Corsica (respectivement 22,5% et 21,5% d’intentions de vote). Le Front de gauche réalise un score important (10,5%) et devance légèrement le Front national (9%).

En cas de triangulaire, Sauveur Gandolfi-Scheit l’emporterait avec 38,5% des voix, devant le candidat socialiste (34,5%), le représentant du parti nationaliste arrivant en troisième position (27%). En cas de duel "classique" entre la gauche et la droite, le député sortant l’emporte assez largement devant Jean Zucarelli (54% contre 46%)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 504 personnes.

Dans la deuxième circonscription du département, le député sortant devrait également conserver son siège. Paul Giacobbi, candidat du PRG soutenu par le PS, l’emporte en effet au second tour sur la candidate UMP, Stéphanie Grimaldi, avec 54% des intentions de vote contre 46%. Cette victoire de la gauche s’explique notamment par le fort niveau obtenu dès le premier tour par le député sortant (32%), ainsi que par la force relative du Front de gauche (7,5%). Paul Giacobbi profite également de la division des nationalistes (11% pour Saveriu Luciani, candidat de Femu a Corsica et 9% pour Petru Antone Tomasi, candidat de Corsica Libera), qui désunis, n’apparaissent pas en mesure d’accéder au second tour. Notons enfin les 10% recueillis par la candidate Front national, Estelle Massoni, dans cette étude d’intentions de vote.

Gard (30)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 4 et 5 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de Gilbert Collard

Cette circonscription compte une personnalité de notoriété nationale, Gilbert Collard, se présentant sous l’étiquette du "Rassemblement Bleu Marine" dans un territoire où le Front national a obtenu un très fort score à la présidentielle.

Au premier tour, les trois premiers candidats recueillent le même score d’intention de vote (29,5%), laissant planer la plus grande incertitude dans l’ordre d’arrivée entre Gilbert Collard, Katy Guyot, la candidate du parti socialiste et Etienne Mourrut, celui de l’UMP. Quel que soit celui-ci, les trois candidats s’affronteront au second tour dans le cadre d’une triangulaire. C’est Katy Guyot qui en tire le bénéfice : avec 37% des intentions de vote, la candidate socialiste devrait ravir cette circonscription à la droite. Le député sortant Etienne Mourrut serait même devancé par Gilbert Collard au second tour, mais leurs scores sont très proches (respectivement 31% et 32%), ce qui ne permet de préjuger avec certitude de leur ordre d’arrivée le jour du scrutin.

Gironde (33)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 30 et 31 mai auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de la ministre déléguée chargée des personnes âgées et de la dépendance, Michèle Delaunay

La ministre déléguée chargée des personnes âgées et de la dépendance, Michèle Delaunay devrait rester au gouvernement à l’issue des élections législatives selon ce sondage Ifop. Au premier tour, elle fait jeu égal (37%) avec le candidat UMP Nicolas Florian, qui la devance symboliquement (38%). Face à la prédominance des deux principales forces politiques, peu de "petits" candidats tirent leur épingle du jeu : Brigitte Comard, la candidate du Front de gauche recueille 8% des intentions de vote, Marie-Claude Noël, sous l’étiquette d’Europe Ecologie Les Verts 7% – score notablement haut au regard de la moyenne nationale -, François Jay, le représentant du Front National 6,5% – à l’inverse, score  faible comparativement aux intentions de vote nationales.

Au second tour, Michèle Delaunay recueille 55% des intentions de vote au second tour contre 45% à son adversaire de l’UMP.

Pas-de-Calais (62)

- 11ème circonscription :
A noter : circonscription de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen

Sondage Ifop réalisé du 15 au 17 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
La onzième circonscription du Pas-de-Calais est sans doute la circonscription la plus scrutée de ces élections législatives puisqu’elle voit s’affronter deux candidats à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Au premier tour, Marine Le Pen arriverait en tête. Bien implantée à Hénin-Beaumont, elle recueille un tiers des intentions de vote (34%). Le candidat du Front de gauche en obtient 29% et distance donc Philippe Kemel (18%), le candidat du parti socialiste, parti enfoncé dans les "affaires" dans cette région. Jean Urbaniak, le candidat du MoDem et soutenu par l’UMP arrive en quatrième position dans cette étude (16%). Ce dernier ne semble donc vraiment pas assuré d’obtenir les 12,5% des inscrits nécessaires pour se maintenir au second tour.

Par conséquent, cette étude laisse se profiler un second tour entre les deux "fronts", le candidat du PS, bien qu’en capacité d’atteindre le seuil de sélection, devrait en effet respecter la règle du désistement en faveur du plus fort candidat à gauche. Dans cette hypothèse, Jean-Luc Mélenchon l’emporte au second tour sur Marine Le Pen, assez nettement (55% contre 45%). Il apparaît également vainqueur dans l’hypothèse, assez improbable au regard de ce sondage, où Jean Urbaniak, le candidat MoDem/UMP, arrivait à accéder au second tour. Jean-Luc Mélenchon obtient alors 44% des intentions de vote, Marine Le Pen 36% et Jean Urbaniak 20%.

Sondage Ifop réalisé du 2 au 4 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.
Réalisé deux semaines et demie après le précédent, ce sondage Ifop permet de noter quelques évolutions dans le rapport de force :

- Tout d’abord, Marine Le Pen renforce son score au premier tour. Dans cette deuxième étude, elle y est créditée de 37% des intentions de vote, soit une augmentation de 3 points. Cette évolution accroît l’avance qu’elle possédait sur ses adversaires au premier tour.

- Jean-Luc Mélenchon apparaît en perte de vitesse. Au premier tour, il recule de 4 points par rapport au précédent sondage et obtient 25% des intentions de vote. Cette diminution du score du candidat du Front de gauche est également perceptible au second tour. Opposé à Marine Le Pen, il recueille désormais 52% des intentions de vote contre 48% à son adversaire. Il recule donc de 3 points par rapport à la mi-mai. Ainsi, alors que dans le précédent sondage, la bataille apparaissait très favorable à Jean-Luc Mélenchon, ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. D’une part,  il pourrait ne pas parvenir à représenter la gauche au premier tour. En effet, l’écart entre lui et Philippe Kemel a fondu de 11 points à la mi-mai à 3,5 points début juin. L’écart est désormais compris dans la marge d’erreur et si la dynamique observée se poursuit, c’est peut-être le candidat PS qui affrontera la présidente du Front national. D’autre part, au second tour, l’écart s’est également réduit avec Marine Le Pen, ce qui laisse augurer une bataille serrée, où la victoire est incertaine (l’écart entre les deux candidats étant également compris dans la marge d’erreur).

- Philippe Kemel réduit donc l’écart avec Jean-Luc Mélenchon au premier tour, à la faveur d’une poussée de 3,5 points en deux semaines et demie. Il obtient désormais 21,5% des intentions de vote au premier tour et pourrait donc se qualifier au détriment de Jean-Luc Mélenchon (25%). Dans cette hypothèse, il l’emporterait largement sur la candidate du Front national (57%-43%), un score stable par rapport à celui observé dans la précédente enquête.

- Dernière évolution notable, la légère diminution du score de Jean Urbaniak, le candidat MoDem bénéficiant du soutien de l’UMP, qui ne rassemble plus que 13% des intentions de vote (-3 points).

Ainsi, en quelques jours, le rapport de force a nettement évolué. La perte de vitesse de Jean-Luc Mélenchon laisse désormais envisager sérieusement une victoire de Marine Le Pen.

Sondage OpinionWay réalisé du les 4 et 5 juin auprès d’un échantillon de 561 personnes.

Troisième sondage sur la circonscription, celui d’OpinionWay. Il confirme un peu plus la chute de Jean-Luc Mélenchon, puisque dans cette étude, il est devancé au premier tour par Philippe Kemel bien que l’écart demeure très faible (24% pour le candidat du Front de gauche contre 25% pour Philippe Kemel). Néanmoins, l’écart est très faible. Ceci ne permet de conclure qu’à un rapport de force très serré entre les deux candidats, pas sur l’ordre d’arrivée. Les jeux demeurent très incertains à gauche.

Dans cette étude, Marine Le Pen recueille 32% des intentions de vote au premier tour (assez loin donc des 37% mesurés par l’Ifop quelques jours auparavant) et Jean Urbaniak 15% (soit un score comparable à celui donné par l’Ifop).

Au second tour, ce sondage d’OpinionWay confirme que le jeu serrait très serré dans l’hypothèse d’un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Le candidat du Front de gauche dispose néanmoins d’un léger avantage (51% contre 49%). Si Philippe Kemel représentait la gauche au second tour, OpinionWay annonce un rapport de force plus tendu que l’Ifop : Phillipe Kemel obtient 53% des intentions de vote contre 47% pour Marine Le Pen (57%-43% pour l’Ifop). Ces différences entrent néanmoins dans la marge d’erreur.

Pyrénées atlantiques (64)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 22 et 23 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
+ sondage OpinionWay réalisé les 22 et 23 mai auprès d’un échantillon de 530 personnes.
A noter : circonscription de François Bayrou

La circonscription du président du MoDem attire les projecteurs et deux sondages ont été réalisés dans cette circonscription. Tous deux donnent François Bayrou perdant si les candidats UMP et PS refusent de se désister en sa faveur au second tour.

Le sondage Ifop donne la candidate socialiste, Nathalie Chabanne, en tête du premier tour, avec 31% des intentions de vote.  Elle devance légèrement François Bayrou, qui avec 29% d’intentions de vote, fait 10 points de plus que son score à la présidentielle dans la circonscription (le sondage OpinionWay diffère notablement en lui accordant 24%). Eric Saubatte, le candidat UMP, obtient 23% des voix et devrait donc certainement accéder au second tour. De cette triangulaire, la candidate socialiste sort en tête avec 41% des intentions de vote. François Bayrou en recueille 33% et le candidat UMP 26% (respectivement 44%, 28% et 28% dans l’étude OpinionWay). Si le candidat UMP ne parvenait pas à se maintenir au second tour, François Bayrou est également donné perdant, mais l’écart avec la candidate socialiste est très réduit dans l’étude Ifop (et donc compris dans la marge d’erreur de +/- 4 points) : 49,5% contre 50,5%. Néanmoins, le sondage OpinionWay confirme cette défaite, et l’annonce plus cuisante (55%-45%).

Sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Réalisé deux semaines après les précédents sondages présentés, cette étude de l’Ifop montre que le rapport de force n’évolue que peu. Au premier tour, la seule différence notable concerne le candidat de l’UMP Eric Saubatte, qui perd 4 points et n’atteint plus que 19% des voix, ce qui met d’autant plus en danger sa qualification au second tour. L’écart se creuse donc avec la candidate PS Nathalie Chabanne (32%) et François Bayrou (30%).

Dans l’hypothèse d’une triangulaire entre tous ces candidats, Nathalie Chabanne l’emporterait nettement (43% contre 33% à François Bayrou et 24% à Eric Saubatte), comme le montraient les sondages précédents. Dans le cas d’un duel, l’Ifop confirme son diagnostic d’un match serré entre les deux candidats : ils recueillent chacun 50% des intentions de vote. Rien n’est donc joué dans cette circonscription.

Pyrénées orientales (66)

- 1ère circonscription : sondage Ifop réalisé du 29 mai au 2 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.
A noter : circonscription de Louis Aliot

Dans cette circonscription, la présence du Front national devrait faire échouer Daniel Mach, le député sortant (UMP), qui brigue un nouveau mandat.

Louis Aliot, le candidat frontiste dans cette circonscription, obtient en effet un très bon score au premier tour. Ce sondage lui accorde 23% des intentions de vote, ce qui le place donc en deuxième position derrière le député sortant, qui arrive assez nettement en tête (29,5%). La bataille à gauche est serrée entre Jaques Cresta, le candidat socialiste, qui obtient 20% des intentions de vote, et Jean Vila, le candidat du Front de gauche, qui en obtient 18%. Le faible écart entre ces deux candidats ne permet donc de déterminer avec certitude lequel des deux arriverait en tête de la gauche au premier tour. Avec un score de l’ordre de 20%, ce troisième quel qu’il soit devrait néanmoins parvenir à se qualifier pour le second tour, sans que cela ne soit totalement assuré cependant. Un second tour de duel entre l’UMP et le FN ne peut être totalement exclu (cette hypothèse n’est néanmoins pas testée dans ce sondage).

Les forts scores de ces quatre candidats ne laissent que peu d’espace aux autres au premier tour. Le MoDem recueille 3% des intentions de vote et EELV 2,5%. Aucun autre candidat ne recueille plus de 1%.

Au second tour, la présence du candidat FN permet à la gauche de remporter les triangulaires, que le candidat qualifié pour la représenter soit celui du PS ou du FDG. Néanmoins, l’avance du candidat de gauche reste relativement faible (surtout si elle est représentée par Jean Vila, le candidat du Front de gauche).

Dans la première hypothèse qui semble la plus probable au regard des résultats précédents, Jacques Cresta obtient 41% des intentions de vote, Daniel Mach 35% et Louis Aliot 24% – celui n’augmentant donc son score de premier tour que d’un point, ce qui met en lumière une fois de plus les faibles réserves de voix des candidats frontistes dans des triangulaires où un autre candidat de droite est présent. Dans l’hypothèse où Jean Vila se qualifiait au second tour, les résultats sont assez proches mais plus serrés : il y obtient 40% des intentions de vote, Daniel Mach 36% et Louis Aliot 24%.

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Dans la deuxième circonscription des Pyrénées orientales, le rapport de force s’avère très incertain. Les résultats du premier tour peuvent laisser augurer une triangulaire au second. Toussainte Calabrèse, la candidate socialiste arrive en tête des intentions de vote au premier tour (31%), suivie du candidat de l’UMP Fernand Siré (28%) et d’Irina Kortanek, représentante du Front national. La candidate du Front de gauche Françoise Fiter recueille 7% des intentions de suffrages, et Joseph Puig pour le MoDem, 5,5%.

Pour le second tour, deux hypothèses se dessinent selon si la candidate FN parvient ou non à dépasser le seuil de 12,5% des inscrits. Si c’est le cas, la gauche l’emporte selon ce sondage. Toussainte Calabrèse recueille alors 42% des voix, Fernand Siré 36,5% et Irina Kortanek, ne bénéficiant que de faibles reports de voix, plafonne à 21%. Dans le deuxième scénario, celui d’un duel entre la candidate du parti socialiste et celui de l’UMP, la victoire est pour le moins incertaine, les deux candidats étant crédités de 50% des voix.

- 3ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 25 et 26 mai auprès d’un échantillon de 606 personnes.

Au premier tour, la candidate du parti socialiste, Ségolène Neuville arrive en tête (32%) talonnée par le candidat UMP Jean Castex (30%). Représenté par Bruno Lemaire, le Front national fait un score important (19%) et semble pouvoir se maintenir au second tour.

La candidate socialiste l’emporterait en cas de duel ou de triangulaire, portée par un fort socle de gauche (au premier tour, le Front de gauche recueille 12% d’intentions de vote, EELV 4%, le NPA 1% et le MRC 1%). Opposée seulement au candidat UMP, Ségolène Neuville recueille 54% des intentions de vote. En cas de triangulaire, elle frôle la majorité absolue (49%), tandis que les deux autres candidats n’augmentent que très peu, voire pas du tout, leur score de premier tour (32% pour Jean Castex de l’UMP et 19% pour Bruno Lemaire du Front national).

- 4ème circonscription : sondage Ifop réalisé les 23 et 24 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.

La quatrième circonscription des Pyrénées orientales devrait participer au basculement de l’Assemblée nationale à gauche si celle-ci devait l’emporter. En effet, dans cette circonscription, la députée UMP sortante, Jacqueline Irlès, est donnée nettement battue par le candidat socialiste, Pierre Aylagas, au second tour (44% contre 56%) en cas de duel. En outre, avec 19% d’intentions de vote au premier tour, la candidate du FN, Marie-Thérèse Costa-Fesenback, impose de considérer l’hypothèse d’une triangulaire, où le candidat socialiste l’emporterait par 49% des voix, contre 33% à Jacqueline Irlès et 17% au parti d’extrême-droite.

Relevons le fort score obtenu par le Front de gauche dans cette circonscription au premier tour : Nicolas Garcia cumule en effet 14% des intentions de vote.

Rhône (69)

- 1ère circonscription :
A noter : circonscription de Philippe Meirieu

Sondage OpinionWay réalisé du 1er au 4 juin auprès d’un échantillon de 553 personnes.

Le candidat d’Europe Ecologie les Verts, Philippe Meirieu,  se présente à Lyon dans cette première circonscription réservée aux écologistes dans l’accord PS-EELV. Cependant, il doit affronter Thierry Braillard, un candidat se présentant sous l’étiquette du PRG et soutenu par le maire PS de Lyon Gérard Collomb. La "primaire" à gauche est donc un enjeu fort de cette circonscription.

Cette bataille à gauche au premier tour apparaît assez serrée selon ce sondage OpinionWay. Philippe Meirieu arrive en tête avec 24% des voix, mais Thierry Braillard, avec 21% des voix, pourrait lui disputer la première place à gauche. Cette dispersion des voix de la gauche parlementaire au premier tour profite au candidat UMP Michel Havard, qui arrive nettement en tête (30%). Parmi les autres candidats, notons les 9% d’intentions de vote du candidat du Front national André Morin et les 8% du Front de gauche représenté par Claude Lanher.

Deux hypothèses doivent être envisagées pour le second tour, selon l’identité du candidat de gauche arrivant en tête au premier, que ce sondage ne permet pas de trancher avec certitude au regard de la marge d’erreur. Selon la règle appliquée au sein de la gauche, il y aurait désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé de la part d’un deuxième candidat de gauche obtenant le seuil de 12,5% des inscrits, ce qui explique que l’hypothèse d’une triangulaire ne soit pas présente.

Si Philippe Meirieu représentait la gauche au second tour, le match serait relativement serré : il obtient en effet 52% des intentions de vote contre 48% au candidat de l’UMP. Dans la deuxième hypothèse, la victoire de la gauche apparaît davantage assurée, Thierry Braillard obtenant 54% contre 46% à Michel Havard. Le candidat radical obtient en effet de meilleurs reports de voix des électeurs de Philippe Meirieu au premier tour que l’inverse.

Sondage Ipsos réalisé les 29 et 30 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Ipsos a publié quelques jours plus tard un sondage réalisé un peu avant celui d’OpinionWay. Celui-donne des résultats très similaires : au premier tour, Michel Havard arrive en première position avec une assez nette avance (33%). Philippe Meirieu arrive en deuxième position (22%), mais avec une faible avance sur Thierry Braillard (20%).Le candidat du Front national recueille 10% d’intentions de vote et Claude Lanher, du Front de Gauche, 8%.

Pour le second tour, ce sondage Ipsos montre que, quel que soit le candidat de gauche sélectionné, il l’emporte avec 53% des voix contre 47%.

- 2ème circonscription :
Sondage OpinionWay
réalisé du 1er au 4 juin auprès d’un échantillon de 550 personnes.

L’actuel occupant du siège, Pierre-Alain Muet (PS) devrait être réélu. Au premier tour, il arrive en tête, avec 35% des intentions de vote. Il est suivi par le candidat de l’UMP Emmanuel Hamelin, qui réalise lui aussi un très bon score (32%). Aucun autre candidat ne réalise de score à deux chiffres au premier tour. Le FN se révèle particulièrement faible dans cette circonscription lyonnaise (5%), démontrant encore une fois le faible ancrage du parti frontiste dans le centre des grandes villes. Autour du candidat PS, deux candidats se distinguent : d’abord Emeline Baume, la candidate d’Europe Ecologie les Verts, qui recueille 9% des intentions de vote, un score bien au-delà de la moyenne nationale du parti, et qui lui permet de directement concurrencer  la candidate du Front de Gauche, Anne Charmasson-Creus (8%).  Enfin, en cette terre centriste qu’est Lyon, la candidate du MoDem, Fabienne Levy, signe également une performance au-delà des scores qu’obtient son parti dans les études d’intentions de vote au niveau national. Néanmoins son score reste modeste (5%). Elle pourrait néanmoins devant le FN.

Au second tour, le socialiste Pierre-Alain Muet s’impose face au candidat UMP à hauteur de 55% des intentions de vote contre 45%.

Sondage Ipsos réalisé les 29 et 30 mai auprès d’un échantillon de 608 personnes.

De la même manière que pour la circonscription précédente, Ipsos a publié un autre sondage, après celui d’OpinionWay, bien qu’il ait été réalisé quelques jours auparavant. Si cette deuxième étude confirme largement les résultats du sondage de l’institut concurrent, quelques mineures différences sont à relever :

- Emmanuel Hamelin y réalise un score notablement inférieur à celui du sondage précédent (27%), ce qui ne bouleverse pas la physionomie du premier tour, seulement un peu plus dominé par Pierre-Alain Muet.

- Emeline Baume, la candidate Europe Ecologie les Verts recueille 7% d’intentions de vote, et se place donc assez nettement derrière la candidate du Front de Gauche (10%°. L’ordre d’arrivée entre ces deux candidatures reste donc incertain au regard des sondages.

Sarthe (72)

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 1er au 4 juin auprès d’un échantillon de 505 personnes.
A noter : circonscription du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Ancienne circonscription de François Fillon

En se présentant dans l’ancienne circonscription de François Fillon, Stéphane Le Foll ne joue pas la partition la plus facile. Ce sondage montre néanmoins que le ministre de l’agriculture dispose d’un rapport de force favorable dans la Sarthe. Il arrive en tête du premier tour avec 38% des intentions de vote, contre 34% à son rival de l’UMP, Marc Joulaud. Aucun autre candidat ne semble pouvoir atteindre le seuil de 12,5% des inscrits, le Front national recueillant 13% des voix. Le Front de gauche rassemble 7% des intentions de vote et EELV 3%

Au second tour, le ministre de l’Agriculture obtient 53% des intentions de vote, contre 47% au candidat de l’UMP.

Seine-et-Marne (77)

- 6ème circonscription :
A noter : circonscription de Jean-François Copé

Sondage BVA réalisé les 30 et 31 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.
Ce sondage BVA démontre que Jean-François Copé ne devrait pas avoir de mal à retrouver son siège de député lors des prochaines élections législatives. Néanmoins, alors qu’il avait été élu avec la majorité absolue dès le premier tour en 2007, il pourrait cette fois-ci être mis en ballotage dans cette circonscription qui a subi le redécoupage électoral de 2010.

Au premier tour, le secrétaire général de l’UMP s’impose nettement et recueille 47% des intentions de vote. Il devance  Caroline Pinet (26%), la candidate d’Europe Ecologie les Verts, soutenue par le PS. Le Front national, représenté par Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du parti, obtient 14% et ne devrait donc pas être présent au second tour. Seuls deux autres candidats dépassent les 1% au premier tour : Guillaume Quercy pour le Front de gauche (8,5%) et Victor Manuel Niubo Andreu pour le MoDem (3%).

Au second tour, dans l’hypothèse d’un duel qui semble de loin la plus probable au regard de ce sondage, Jean-François Copé l’emporterait très nettement sur la candidate écologiste (60% contre 40%). L’hypothèse d’une triangulaire avec le FN ne ferait pas chuter le secrétaire général de l’UMP, qui obtient alors 48% des intentions de vote, Caroline Pinet 38% et Marie-Christine Arnautu 14% (soit le même score qu’au premier tour).

Sondage OpinionWay réalisé les 4 et 5 juin auprès d’un échantillon de 554 personnes.

OpinionWay a réalisé une semaine plus tard un sondage sur la même circonscription. Il montre un léger effritement du score de Jean-François Copé. En effet, au premier tour, celui-ci obtient désormais 42% des intentions de vote (soit -5 points par rapport au sondage BVA), et au second tour 55% en cas de duel contre Caroline Pinet (-5 points également). En cas de triangulaire, il ne perd que 2 points d’intentions de vote (46%).

En parallèle, on notera une légère augmentation des scores d’intentions de vote recueillis par Caroline Pinet : 28% au premier tour (soit +2 points), 45% au deuxième en cas de duel (+5 points) et 40% en cas de triangulaire (+2 points).

Enfin, Marie-Christine Arnautu semble également en légère progression au premier tour (16%, soit +2 points), cette évolution étant néanmoins à interpréter avec grande prudence car elle n’est pas statistiquement significative.

Var (83)

- 3ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 26 au 29 mai auprès d’un échantillon de 550 personnes.
A noter : circonscription de Bruno Gollnisch

Le Var est l’un des départements où le Front national a effectué ses meilleurs scores à l’élection présidentielle (25% sur l’ensemble du département). Ce sondage OpinionWay montre que le parti devrait également réaliser une belle performance au premier tour de l’élection législative dans la 3ème circonscription, mais demeure loin de l’emporter au second.

Le candidat UMP sortant, Jean-Pierre Giran devrait en effet garder son siège. Il arrive très largement en tête au premier tour avec 43% des intentions de vote. Le Front national, représenté par une figure nationale du parti, Bruno Gollnisch, arrive à égalité avec le PS, représenté par Joël Canapa (respectivement 23% et 22%). Aucun autre candidat ne dépasse les 5% au premier tour, ce qui traduit notamment une faible pénétration du Front de gauche dans cette circonscription (4% d’intentions de vote seulement, un score faible comparativement à la moyenne nationale donné par les sondages).

Au second tour, qui serait donc une triangulaire, Jean-Pierre Giran s’impose nettement, fort de son score de premier tour, qu’il augmente légèrement (47%). Le candidat socialiste rassemble les voix de gauche du premier tour et obtient 29% d’intentions de vote, ce qui lui permet de devancer Bruno Gollnisch (24%).

- 4ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 550 personnes.

Dans la quatrième circonscription, les scores obtenus au premier tour montrent bien la prédominance de la droite : le député sortant Jean-Michel Couve y recueille 46% des intentions de vote, soit pas loin de la majorité absolue. Pour la deuxième place, le candidat du Front national Jean-Louis Bougeureau en obtient 20%, soit autant que Jean-Laurent Felizia, le candidat de la majorité présidentielle, issu d’Europe Ecologie les Verts. Autres scores notables, celui de Jean-Marie Bernardi (6%), pour le Front de gauche et de Vincent Morisse (6%), le maire de Sainte-Maxime, exclu de l’UMP pour avoir présenté sa candidature contre le candidat officiel du parti.

C’est donc en toute vraisemblance selon ces résultats que le second tour sera une triangulaire dans cette circonscription. Jean-Michel Couve y remporte une nette majorité des voix (57%). Jean-Laurent Felizia, qui bénéficie notamment de reports de sa gauche, augmente significativement son score de premier tour et recueille 26% des intentions de vote. En revanche, Jean-Louis Bougeureau perd en partie son socle électoral du premier tour (dans un réflexe de vote utile ?) et n’obtient plus que 17% des voix.

- 7ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé les 1er et 2 juin auprès d’un échantillon de 553 personnes.

Dans la septième circonscription, Jean-Sébastien Vialatte devrait parvenir à obtenir un troisième mandat. Au premier tour, il devance nettement tous ses adversaires en recueillant 40% des intentions de vote. Ladislas Polski, candidat du MRC soutenu par le parti socialiste en obtient 22%. Quant au candidat du FN, Frédéric Boccaletti, il atteint sans surprise un score important (17%) mais ne lui assurant pas totalement une qualification au second tour. Parmi les autres candidats, notons les 8% de Christine Sampéré, la représentante du Front de gauche et les 6% d’Arthur Paecht.

Au second tour, dans le cas d’une triangulaire ou d’un duel, Jean-Sébastien Vialatte s’impose nettement : il recueille 48% d’intentions de vote dans la première hypothèse, contre 34% au candidat de gauche et 17% à celui du FN ; dans la deuxième, il l’emporte avec 62% des suffrages contre 38% à Ladislas Polski.

- 8ème circonscription : sondage OpinionWay réalisé du 24 au 26 mai auprès d’un échantillon de 505 personnes.

De la même manière que pour la troisième circonscription, le Front national obtient de très bons scores dans ce sondage sur la huitième et paraît pouvoir se maintenir sans problème au second tour et donc provoquer une triangulaire.

Au premier tour, le candidat UMP Olivier Audibert-Troin arrive en tête des intentions de vote (30%). Il devance assez nettement Bernard Clap, le candidat du parti socialiste (22%). Geneviève Blanc, la candidate du Front nationale, recueille autant d’intentions de vote que le candidat de la majorité présidentielle (22%). Joëlle Mecagni, représentante du Front de Gauche, avec 8% d’intentions de vote, réalise un score très honorable sur cette terre de droite. Notons par ailleurs les 6% de Max Piselli.

En toute vraisemblance, la 8ème circonscription du Var devrait donc connaître une triangulaire au second tour. Celle-ci ne devrait pas faire perdre de siège à la droite mais l’écart entre les deux principaux candidats est relativement serré. En effet, Olivier Audibert-Troin obtient 39% des intentions de vote dans cette hypothèse, devant le candidat du PS (36%), tandis que les reports de voix se révèlent très défavorables pour la candidate du Front national, qui n’augmente que très faiblement son score du premier tour (25%).

Essonne (91)

- 4ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 21 au 23 mai auprès d’un échantillon de 603 personnes.
A noter : circonscription de Nathalie Kosciusko-Morizet

L’ancienne ministre de l’Environnement n’est pas assurée de retrouver son siège de députée dans quelques semaines. Ce sondage Ifop donne en effet Nathalie Kosciusko-Morizet au coude-à-coude avec son adversaire socialiste Olivier Thomas au second tour (50%-50%).

Au premier tour, la candidate de l’UMP arrive pourtant largement en tête, avec 41% des intentions de vote, profitant de la faiblesse relative de l’extrême-droite dans cette circonscription (Brigitte Dupin, la candidate du SIEL soutenue par le Front national obtient 8,5%, et le candidat du parti de la France 0,5%). Distancé avec tout de même 33% des voix, le candidat socialiste profite notamment des reports du Front de gauche (7,5% des intentions de vote au premier tour) et d’EELV (3%).

Hauts-de-Seine (92)

- 2ème circonscription : sondage Ifop réalisé du 29 au 31 mai auprès d’un échantillon de 607 personnes.
A noter : circonscription de Rama Yade

Rama Yade se présente dans la deuxième circonscription des Hauts-de-Seine sous l’étiquette du parti radical, soutenue par le MoDem et le Nouveau Centre. L’UMP présente un candidat contre l’ancienne secrétaire d’Etat, en l’occurrence Manuel Aeschlimann, député sortant. Et ce combat au sein de la droite est largement remporté par ce dernier. Au premier tour, il obtient 29% d’intentions de vote et Rama Yade 19%. Elle pourrait donc ne pas franchir le seuil de 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour.

Le candidat du parti socialiste, Sébastien Pietrasant, arrive en tête du premier tour, avec 36% des intentions de vote. Il l’emporterait également au second, que Rama Yade se maintienne ou non. Dans la première hypothèse, ce sondage le crédite de 54% des voix contre 46% à Manuel Aeschlimann. En cas de triangulaire, le candidat PS atteind presque la majorité absolue avec 48% des intentions de vote, le député sortant en obtenant 33% et Rama Yade 19% – soit son score de premier tour, ce qui indique qu’elle ne bénéficierait d’aucun report de voix.

- 9ème circonscription : deux sondages ont été réalisés à plus de deux semaines de distance dans cette circonscription :
A noter : circonscription de Claude Guéant

Sondage Ifop réalisé les 14 et 15 mai auprès d’un échantillon de 605 personnes.

Candidat dans une circonscription fortement ancré à droite, Claude Guéant l’emporterait selon ce sondage. Au second tour, le candidat investi par l’UMP est crédité de 57% des intentions de vote, contre 43% à son adversaire socialiste Martine Even.

Thierry Solère, le candidat de droite dissident, exclu de l’UMP pour avoir refusé de retirer sa candidature face au "parachutage" de Claude Guéant, est nettement devancé au premier tour dans cette étude : il recueille 15% des intentions de vote contre 41% pour l’ancien ministre de l’Intérieur. La candidate socialiste recueille, quant à elle, 25% d’intentions de vote au premier tour. Autre score notable, celui de Dorothée Pineau, pour l’Alliance centriste (7%).

Sondage CSA réalisé du 1er au 2 juin auprès d’un échantillon de 604 personnes.

Réalisé plus de deux semaines après le sondage de l’Ifop, le sondage CSA donne des résultats nettement différents et laisse envisager une victoire du candidat UMP dissident Thierry Solère. Les différences constatées peuvent tenir à quatre facteurs : des évolutions au cours du temps, naturelles au long d’une campagne (sauf à croire qu’une campagne électorale n’a aucun effet) ; le jeu des marges d’erreur (sur un échantillon de 600 personnes comme c’est le cas ici, celle-ci varie de +/-2 points pour les pourcentages autour de 5% ou 95% à +/-4 points pour les pourcentages autour de 50%) ; la méthodologie (si le mode de recueil et l’échantillonnage sont identiques entre les deux sondages, il convient notamment de noter que l’Ifop n’a testé que 11 candidats sur 14 (le sondage a été réalisé avant connaissance de la liste officielle des candidats) et que Thierry Solère n’était pas présenté de la même manière dans les deux études : "divers droite" pour l’Ifop, il est présenté comme "UMP dissident" dans l’étude de CSA, ce qui peut favoriser sa meilleure identification par les répondants et donc jouer favorablement sur son score. Notons par ailleurs que cette étiquette "UMP dissident" est celle jouée par le candidat et présente sur son matériel électoral) ; la qualité des échantillons (respect des quotas notamment), que nous ne pouvons pas vérifier mais qui est sous le contrôle de la commission des sondages.

Après ces quelques précisions permettant de comprendre les différences entre les deux sondages, intéressons-nous aux résultats de l’étude de l’institut CSA.

Au premier tour, comme dans le sondage de l’Ifop, Claude Guéant arrive en tête, mais avec un score plus faible et surtout une avance bien plus réduite sur Thierry Solère, qui lui voit son score considérablement plus élevé que dans le sondage de l’Ifop : le candidat officiel de l’UMP recueille 29% des intentions de vote (soit 12 points de moins que dans le sondage Ifop) et le candidat dissident 24% (soit 9 points de plus). Thierry Solère vient donc concurrencer directement la deuxième place du premier tour à la candidate socialiste, Martine Even, qui recueille 23% des intentions de vote (un score très comparable au sondage Ifop : 25%). Ce sondage CSA confirme qu’aucun autre candidat ne dépasse les 10% d’intentions de vote : Dorothée Pineau de l’Alliance centriste en recueille 8% (+1 par rapport au sondage Ifop) et Julien Dufour, le candidat du FN 5% (+1 également). Enfin, Isabelle Goïtia, représentante du Front de gauche obtient 4% des intentions de vote (+2 points).

Ce sondage CSA laisse donc un jeu beaucoup plus ouvert pour le second tour. Si l’on considère d’abord l’hypothèse d’une triangulaire, qui somme toute est la plus probable au regard des résultats précédents, Claude Guéant gagne le siège de député avec une relativement courte avance, en recueillant 37% des intentions de vote contre 32% pour Martine Even et 31% pour Thierry Solère. Si seulement deux candidats s’affrontaient, Claude Guéant ne sortirait vainqueur que d’un combat avec la candidate du PS (et assez largement : 58% contre 42%). En revanche, si les deux candidats de droite s’affrontent, c’est Thierry Solère qui l’emporterait, avec 55% d’intentions de vote contre 45% à l’ancien ministre de l’Intérieur. Cette victoire du candidat dissident s’explique par un report massif des voix de gauche et du centre sur son nom.

Réunion (974)

Sondage Ipsos réalisé du 22 mai au 2 juin auprès d’un échantillon de 1158 personnes. Les effectifs de répondants sont très faibles pour chacune des circonscriptions  et les intentions de vote portent sur peu de répondants (certains de leur choix pour le scrutin), soit 271 personnes pour la 1ère circonscription, 274 pour la 2e et 289 pour la 3e. Par conséquent, ces résultats doivent être interprétés avec une très grande prudence (marge d’erreur maximale de +/- 6 points).

- 1ère circonscription :

Dans la première circonscription réunion, Ericka Bareigts, la candidate du parti socialiste affiche une nette avance sur ses adversaires au premier tour (38%). La deuxième place est très disputée entre Nassimah Dindar, représentant du MoDem (22%) et René-Paul Victoria, candidat de l’UMP (20%), député sortant. L’affiche du second tour apparaît donc bien incertaine : qui arrivera en deuxième dans cette circonscription ? Et le troisième parviendra-t-il à se maintenir au second tour ?

- 2ème circonscription :

Huguette Bello, la députée sortante, candidate dissidente du parti communiste réunionnais et se présentant sous l’étiquette "Pour la Réunion", l’emporterait très largement dès le premier tour avec 67,5% des intentions de vote. Son principal adversaire, Jean-Yves Langenier, candidat du parti communiste réunion n’obtient que 12,5% des intentions de vote. Laurence Lougnon, la représentante du parti socialiste recueille 7% des suffrages. La candidate de la droite, Sandra Sinimalé arrive en quatrième position dans ce sondage (5%). Les autres candidats ne dépassent pas les 4% d’intentions de vote.

- 3ème circonscription :

Dans la troisième circonscription, c’est également un candidat socialiste qui arrive en tête au premier tour : Jean-Jacques Vlody obtient 43% des intentions de vote. André Thien Ah Koon (divers droite) décroche la deuxième place, avec 30%. Il dispose donc d’une confortable avance sur le troisième, Paulet Payet, l’autre candidat de droite (divers) (16%).

Français de l’étranger

- 1ère circonscription (Amérique du Nord) : sondage CSA auprès d’un échantillon de 1717 personnes (dates de réalisation non précisées).
A noter : circonscription de Frédéric Lefebvre

La candidate de la majorité présidentielle Corinne Narassiguin, soutenue par le parti socialiste et Europe Ecologie Les Verts domine nettement au premier tour (35%) dans une circonscription où se présentent 18 candidats. Elle profite du peu d’audience des autres candidats de gauche : à part le Front de gauche, qui recueille 3% d’intentions de vote, aucun autre candidat ne dépasse 1%.

A droite, l’ancien Secrétaire d’Etat Frédéric Lefebvre, candidat officiel de l’UMP se détache, avec 19% d’intentions de vote, et devrait donc affronter Corinne Narassiguin au second tour. D’autres candidats divers droite réalisent des scores notables : Julien Balkany, le frère de Patrick (9%), Emile Servan-Schreiber, fils de Jean-Jacques (7%) et Antoine Treuille (6%).

Aucune hypothèse de second tour n’a été réalisée dans cette circonscription a priori favorable à la droite mais où l’abstention sera sans doute très forte.

Resserrement des courbes au second tour mais Hollande toujours nettement en tête

Aujourd’hui paraissent les derniers sondages d’intention de vote avant la période d’interdiction de ceux-ci. Tous, sans exception, montrent un resserrement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Voici un récapitulatif des derniers sondages parus avant le second tour (clic pour agrandir) :


Ainsi, en moyenne, les instituts donnent le rapport de force suivant : 53% pour François Hollande et 47% pour Nicolas Sarkozy. Les scores varient très peu entre les différents instituts : entre 52% et 53,3% pour le candidat socialiste et entre 46,5% et 48% pour le président sortant.

La tendance sur ces derniers jours montre que l’avance du candidat socialiste s’effrite légèrement :  le 1er mai, la moyenne des derniers sondages publiés donnait 54% pour François Hollande et 46% Nicolas Sarkozy. En quelques jours, l’écart s’est donc resserré de deux points entre les deux candidats. Faut-il pour autant en déduire que tout est possible et que Nicolas Sarkozy pourrait l’emporter le jour du scrutin ?

Si l’écart est désormais compris dans la marge d’erreur, il faut bien comprendre que la répétition de mesures donnant François Hollande en tête avec environ 53% des voix rend très fortement improbable que le rapport de force actuel soit très éloigné de ces chiffres. Il n’y a qu’une infime probabilité que la marge d’erreur des sondages, qui ne doit évidemment pas être négligée, joue toujours dans le même sens (c’est-à-dire qu’elle donne uniquement des mesures autour de 53%-47% plusieurs fois de suite alors que le rapport réel est de 50%-50%).

En outre, le niveau de certitude de l’électorat est fort, comme traditionnellement au second tour d’une élection, le choix étant plus aisé quand il est resserré. 92% des électeurs se déclarent sûrs de leur choix pour le second tour selon le dernier sondage de TNS Sofres (les autres instituts donnant des résultats comparables). Si évidemment ces 8% d’indécis peuvent numériquement faire changer le rapport de force, il faudrait que pratiquement tous ceux-ci se reportent sur Nicolas Sarkozy. Or, les études montrent que ces indécis ne se comportent pas très différemment du reste du corps électoral : ils ne présentent pas une propension à voter plus pour l’un ou l’autre candidat et devraient donc se répartir assez équitablement entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sans en favoriser un de manière décisive.

Plus que dans la marge d’erreur ou dans la proportion d’indécis, c’est dans les mouvements qui pourraient se produire dans l’électorat dans les derniers jours que peut résider l’incertitude. La mobilisation des Français inscrits sur les listes électorales constitue toujours un des éléments les plus difficiles à apprécier dans un sondage. Le niveau de participation global et la mobilisation différenciée entre différents électorats pourrait influer sur le résultat final, même s’il y a très peu de chance qu’ils arrivent à bousculer le rapport de force actuel. En outre, il faut toujours rappeler qu’un sondage donne le rapport de force au moment de sa réalisation et n’est pas une prédiction. Ainsi, des événements de campagne intervenant après les dates d’interrogation de l’échantillon peuvent venir faire bouger les lignes (il faudra notamment voir si la position annoncée de François Bayrou incitera davantage son électorat à se reporter sur François Hollande), mais seul un événement majeur semble aujourd’hui à même de renverser la vapeur.

En conclusion, si les sondages ne peuvent naturellement pas nous donner avec une certitude absolue le nom du vainqueur le 6 mai, au regard de ces différentes études, la victoire de Nicolas Sarkozy apparaît très fortement improbable.

Comment la campagne de l’entre-deux tours modifie-t-elle le rapport de force ?

Après le moment-phare de l’entre-deux tours que représente le débat entre les deux candidats restant en lice, et à quelques jours du scrutin, il est intéressant de s’interroger sur les mouvements de l’électorat entre le premier et le second tour de l’élection. Pour conclure le fameux débat, le candidat Nicolas Sarkozy a fait un clair appel du pied aux électeurs du Front national, mais également à ceux de François Bayrou et aux abstentionnistes. Les prises de position récentes du chef de l’Etat, notamment avec sa proposition d’une présomption de légitime défense pour les policiers – présente dans le programme du Front national – et un discours recentré sur les craintes de l’électorat frontiste en matière d’immigration et de mondialisation, ont déclenché de nombreuses réactions à gauche.

De son côté, le candidat socialiste rappelle qu’il tient à s’adresser à tous les Français, et notamment aux électeurs de Marine Le Pen. Il ne dévie pour autant pas de sa ligne, et semble davantage capitaliser sur son avance et sur le rejet et la déception que peut susciter Nicolas Sarkozy au sein de la population.

Dans quelle mesure cette "drague" des électeurs du Front national fonctionne-t-elle ? Permet-elle au président sortant de réduire l’écart avec le candidat socialiste ? Comment réagissent les 9% d’électeurs de François Bayrou face à cette campagne ? Autant de questions auxquelles permettent de répondre l’analyse des sondages d’intentions de vote pour le second tour.

 

Les 19% d’électeurs de Marine Le Pen : une population stratégique mais ancrée dans ses choix

Nicolas Sarkozy et ses soutiens ont largement défendu l’idée que les cartes seraient rebattues à l’orée de l’entre-deux tours et que l’avance du candidat socialiste au second tour, indiscutable dans les sondages d’intentions de vote  conduits avant le 22 avril, s’effacerait rapidement. Or, dans la réalité, l’électorat qui était déjà très déterminé sur son choix de second tour, choix par définition plus simple car l’offre est resserrée, maintient largement les positions déjà arrêtées. Les différents sondages réalisés avant le débat montre une grande constance des reports de voix, notamment ceux des électeurs du Front national, en dépit des efforts des deux candidats pour attirer à eux cet électorat stratégique.

L’évolution donnée par l’Ifop dans ses intentions de vote quotidiennes démontre cette stabilité. Ces reports de voix, à prendre avec grande prudence car ils portent sur une partie seulement de l’échantillon et donc sur des effectifs assez faibles (de l’ordre de 200 personnes), évoluent de la manière suivante depuis le 22 avril :

On le voit, les évolutions sont peu importantes : près d’un électeur sur deux (environ 45%) ayant mis un bulletin Marine Le Pen dans l’urne au premier tour, votera pour Nicolas Sarkozy au second. L’évolution au cours de l’entre-deux tours n’est pas significative au regard de la taille du sous-échantillon.

Quatre électeurs de Marine Le Pen sur dix ne se prononcent pas, déclarent qu’ils s’abstiendront ou voteront blanc ou nul. Les effets de la déclaration de la candidate lors du 1er mai, faisant part de sa décision de voter blanc à titre personnel, s’ils existent, ne seraient sans doute pas encore visibles dans les dernières vagues d’enquête. Il conviendra de regarder si davantage d’électeurs décident d’adopter la posture de leur présidente, mais cela semble relativement peu probable, eu égard à la proportion déjà forte de personnes ne choisissant aucun des candidats, et à la posture de Marine Le Pen, refusant de dicter un choix à ses électeurs. Néanmoins, un mouvement n’est pas à exclure.

Enfin, seule une faible proportion des électeurs de Marine Le Pen se tourne vers François Hollande au second tour. Elle représente toutefois près d’un de ses électeurs sur cinq. Une tendance à un léger reflux du report de voix sur le candidat socialiste apparaît, par ailleurs confirmé par les études de CSA (de 27% le 22 avril, les reports pour le candidat socialiste diminuent à 23%) et d’Ipsos (de 18% à 14%). Celle-ci semble s’effectuer davantage au profit de l’abstention et du vote blanc que du vote en faveur de Nicolas Sarkozy.

 

Les 9% d’électeurs de François Bayrou : de plus en plus séduits par Nicolas Sarkozy ?

Moins important en taille, l’électorat de François Bayrou n’en est pas moins stratégique pour les deux candidats, même s’il est apparu moins courtisé. Parmi les 9% d’électeurs du candidat du MoDem, certaines évolutions semblent se dessiner dans cette campagne d’entre-deux tours.

L’outil barométrique de l’Ifop dessine les tendances suivantes (à prendre avec encore plus de précautions que celles portant sur l’électorat de Marine Le Pen, les effectifs étant deux fois moindres) :

- En premier lieu, l’abstention et votes blanc et nul gagnent du terrain dans les intentions des électeurs. L’Ifop montre que la proportion de personnes refusant de choisir entre les deux candidats double. Néanmoins, ce résultat doit être pris avec des pincettes : les instituts CSA et Ipsos qui livrent également le report de voix de ces électeurs, infirment cette tendance.

- Ensuite, parmi l’électorat centriste, Nicolas Sarkozy semble reprendre le dessus sur François Hollande. Les résultats de l’Ifop montrent que cette inversion est plutôt à imputer à une diminution du report des voix vers le candidat socialiste qu’à un gain du candidat de l’UMP. Ipsos, qui enregistre lui aussi que Nicolas Sarkozy repasse en tête parmi l’électorat de François Bayrou, l’impute à une augmentation du report en faveur du président sortant. Quant à CSA, il démontre également cette légère poussée de Nicolas Sarkozy mais dans la dernière vague d’enquête de cet institut, François Hollande séduit toujours davantage cet électorat que Nicolas Sarkozy : dans son enquête du soir du premier tour, les électeurs de François Bayrou sont 40% à se prononcer pour le candidat socialiste et 25% pour le candidat UMP ; dans le sondage réalisé les 24 et 25 avril, ces scores passent respectivement de 42% (+2 points) pour François Hollande et à 36% (+11 points) pour Nicolas Sarkozy.

 

Conclusion : l’écart se resserre légèrement mais reste important

Au global, les intentions de vote pour les deux candidats varient peu depuis le 22 avril. Un léger resserrement est enregistré par la plupart des instituts mais le candidat socialiste reste largement en tête. Les scores les plus favorables le créditent de 53% des voix contre 47% à son adversaire.

Les derniers sondages ne nous montrent pas encore l’effet du débat d’entre-deux tours, mais l’histoire nous montre que celui-ci n’a jamais eu un effet significatif, et l’écart entre les deux candidats est tel (de l’ordre de 6 à 8 huit points selon les études), qu’on voit mal comment pourrait se retourner un rapport de force si favorable à François Hollande, d’autant plus que le candidat de droite, s’il n’a pas failli, n’a pas non plus ébloui mercredi soir.

Le léger resserrement des courbes observé ces derniers jours peut notamment être imputé à un report des voix des électeurs de François Bayrou qui devient plus favorable à Nicolas Sarkozy. Mais la faiblesse relative de cet électorat et l’évolution somme toute réduite qui s’y produit ne semble pas pouvoir annoncer un renversement de tendance entre les deux candidats. Les effets de mobilisation du corps électoral auront également une importance capitale : dans quelle mesure les électorats des candidats non qualifiés pour le second tour se mobiliseront-ils ? Et combien d’électeurs n’ayant pas participé au premier tour viendront voter au second ? L’histoire des scrutins montre que la participation est toujours plus forte au second tour : à quel candidat cette mobilisation profitera-t-elle ?

Quoiqu’il en soit, plus le second tour se rapproche, plus les études se succèdent, plus l’hypothèse d’un croisement des courbes apparaît improbable.