Que pensent les Français d’Arnaud Montebourg ?

Arnaud Montebourg est sans conteste l’un des ministres les plus visibles du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. A la tête d’un portefeuille inédit, le « Redressement productif », il fait sien le combat contre la désindustrialisation de la France, combat apparaissant souvent relativement vain, le ministre n’ayant remporté pour l’instant aucune victoire décisive. Accueilli par un regard plutôt bienveillant des Français à sa nomination, le ministre doit maintenant subir des réactions parfois violentes des salariés dont il veut sauver les postes, ceux-ci lui reprochant son inaction et dénonçant un « ministère de la parole ». Mais quel est réellement le rapport de l’opinion à l’égard d’Arnaud Montebourg ?

Une action qui divise

Arnaud Montebourg fait parfois l’objet de critiques virulentes des médias. Celles-ci ne se retrouvent pas dans l’opinion publique, qui ne lui accorde pas pour autant un fol amour. Les Français apparaissent en effet pour le moins divisés à l’égard du ministre du Redressement productif : 37 % déclarent approuver son action et exactement la même proportion la désapprouver (26 % des personnes interrogées ne se prononçant pas). La balance n’est cependant pas parfaitement équilibrée. Si l’on s’attache au détail des résultats, il apparaît que le pôle des fortement insatisfaits, qui déclarent désapprouver « tout à fait » l’action du ministre est deux fois supérieure à celui de ses « fans », qui l’approuvent « tout à fait » (16 % contre 7%). Parmi les ouvriers, que le ministre se fait fort de défendre, le jugement ne s’écarte pas de la moyenne. Il est en revanche légèrement plus positif chez les cadres supérieurs (44 % déclarant approuver son action) et les professions intermédiaires (42%).

En termes de proximité politique, le ministre recueille naturellement davantage de soutiens à gauche : les deux tiers des sympathisants de ce bord politique approuvent l’action du ministre, l’approbation étant plus forte au PS (71%) et au Front de gauche (66%) que chez Europe Ecologie les Verts (61%). Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que ces derniers approuvent majoritairement l’action ministérielle d’Arnaud Montebourg, nonobstant ses propos sur « le nucléaire, filière d’avenir ». Du côté de la droite, les jugements se font fortement négatifs, surtout à l’UMP (17%), moins à l’UDI (38%). 30 % des sympathisants frontistes déclarent approuver l’action d’Arnaud Montebourg, 50 % la désapprouver, un jugement donc moins sévère qu’à l’UMP mais nettement défavorable.

L’opinion se scinde de nouveau en deux quand il s’agit de déterminer ce qu’apporte le ministre du Redressement productif au gouvernement : 24 % le considèrent comme un atout, 21 % comme un handicap. Mais l’opinion la plus partagée reste qu’il n’est ni l’un ni l’autre (38%) – une opinion d’ailleurs tout autant présente parmi les sympathisants de gauche (37%) que ceux de droite (36%) -, comme si le ministre n’apportait rien au gouvernement, et que son ministère n’était quelque part qu’une coquille vide. Cette perception a sans doute à voir avec le manque d’envergure de l’action du ministre. Celui-ci n’a, en effet, lancé aucune action de long terme, n’est porteur d’aucun grand projet de loi, et agit plutôt en tentant de fixer des sparadraps sur les plaies de l’emploi industriel. Si le manque de vision est un reproche que les Français adressent au gouvernement dans son ensemble, force est de constater que cette attaque atteint avec plus de tranchant le ministère du Redressement productif.

Le Redressement productif est-il vain ?

Parmi les raisons expliquant cette division de l’opinion à l’égard de l’action du ministre du Redressement productif, la principale reste la croyance, fortement ancrée au sein des Français, que son action restera vaine face à la logique de l’économie mondialisée, qui engendre une désindustrialisation du pays. Six Français sur dix (59%) estiment qu’Arnaud Montebourg ne parviendra pas à redresser la production industrielle française et seuls 15 % qu’il le fera. Ce sont les ouvriers qui se montrent les plus optimistes quant à la capacité d’Arnaud Montebourg à enrayer la désindustrialisation du pays (23 %).

Il ne faut pas voir dans ses résultats un jugement fortement négatif sur la politique d’Arnaud Montebourg (rappelons que celle-ci est approuvée par 37 % des Français et rejetée par 37%). Il faut plutôt mettre ce résultat au regard du fort pessimisme de l’opinion publique sur la capacité des politiques à inverser la tendance économique, et nous insistons, des politiques en général, pas spécifiquement de ce gouvernement, qui, s’il déçoit notamment sur le plan de l’emploi en ce début de mandat, fait surtout les frais d’une opinion très répandue que tout a été tenté face au chômage.

Néanmoins, dans ce pessimisme ambiant, l’idée du patriotisme économique fait surgir quelques lumières. Certes, près d’un Français sur deux (46%) considère que le patriotisme économique est une idée qui ne tient pas compte des réalités économiques. Néanmoins, plus d’un tiers (35%) estime que celui-ci constitue une solution qui peut fonctionner pour redresser l’économie, dont 58 % des sympathisants de gauche. Resterait à l’orchestrer, et les Français croyant en l’efficacité du patriotisme économique s’avèrent peu convaincus qu’Arnaud Montebourg redressera l’industrie française, même s’ils le sont deux fois plus que la moyenne (31%). L’impuissance du ministre reste donc reconnue majoritairement même de ceux qui croient en l’existence de solutions, comme si celles-ci ne pouvaient être mises en œuvre (manque de courage politique, barrières européennes, puissance des lobbies économiques ?).

Un problème avec le style Montebourg ?

Le style du ministre est souvent décrié par ses opposants. Au sein de l’opinion, les avis se révèlent, de nouveau, assez mitigés. L’attitude d’Arnaud Montebourg face aux grands patrons, qui concentre les flèches, n’est jugée excessive que par 30 % des Français. 20 % considèrent au contraire que le ministre ne va pas assez loin dans ses critiques vis-à-vis des patrons. Et 23 % estiment que son attitude convient, cette perception étant même celle de 30 % des ouvriers (27% des personnes interrogées ne se prononcent pas).

Par ailleurs, les sondages qui mesurent l’image d’Arnaud Montebourg, montrent que celui-ci reste assez apprécié dans l’opinion, même si son action en tant que ministre divise : 52 % des Français déclarent en avoir une « image plutôt positive » et seuls 34 % une image « plutôt négative » (14 % ne se prononçant pas)*. Si cette image tend à se dégrader depuis sa nomination, Arnaud Montebourg bénéficie encore d’un large crédit dans l’opinion.

 

Sauf mention contraire, tous les chiffres cités sont issus d’un sondage TNS Sofres pour CQFD, réalisé par internet le 25 octobre 2012, auprès d’un échantillon de 1013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

* Sondage CSA pour les Echos réalisé par téléphone les 2 et 3 octobre 2012, auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Une exceptionnelle chute de popularité de l’exécutif ?

Chaque nouveau sondage de popularité semble annoncer une nouvelle diminution des cotes de l’exécutif et les médias se font largement l’écho du désamour grandissant entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault d’une part, et l’opinion publique d’autre part. Après être passé il y a quelques semaines sous le seuil symbolique des 50% de popularité, l’exécutif enchaîne des sondages où les avis négatifs l’emportent sur les positifs.

 

Cette faible popularité est particulièrement flagrante pour François Hollande. Comparé, comme il est naturel, avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président socialiste apparaît à la traîne dans les études d’opinion. Les principaux indicateurs que nous reprenons ci-dessous montrent que François Hollande accuse de 10 à 15 points d’écart avec son prédécesseur à la même période. Comme nous l’avions noté dans l’un de nos articles précédents, cet écart existait déjà en début de mandat. Ainsi, en juillet, il était environ de 10 points.

Cette comparaison fait apparaître que la chute de popularité de l’exécutif dans les premiers mois d’exercice n’est pas une spécificité du nouvel exécutif. Nicolas Sarkozy et François Fillon l’avaient également connue en 2007. Celle de François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne semble pas forcément bien plus forte, mais il est remarquable que celle-ci intervienne alors même que l’exécutif disposait dès le départ d’une moins grande confiance de l’opinion publique.

Récapitulatif des principaux indicateurs de popularité de François Hollande
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NB : On pourra s’étonner que les deux indicateurs de "confiance" (CSA et TNS Sofres) présentent des résultats significativement différents. Il faut noter que les deux instituts ont effectué leurs mesures à deux semaines d’intervalle (fin août pour TNS Sofres, mi-septembre pour CSA) dans un contexte de chute de popularité de l’exécutif  soutenue.

Tous les indicateurs de popularité (confiance, jugement sur l’action ou opinion) sont clairement orientés à la baisse, et celle-ci apparaît particulièrement forte en cette rentrée. L’intervention télévisée de François Hollande sur TF1, où il a rappelé les actions entreprises par le gouvernement et précisé le calendrier des mesures, ne semble, pour l’heure, n’avoir aucun effet de ralentissement sur l’érosion des courbes. Ainsi, CSA, seul institut ayant réalisé son sondage après cette intervention, annonce toujours un résultat en diminution pour l’exécutif.

Pour autant, la comparaison avec les premiers sondages de popularité relativise l’idée d’une diminution de popularité forte et continue (juin a été choisi comme premier point de comparaison, tous les instituts n’ayant pas réalisé de mesure dès mai). Celle-ci montre que l’érosion de rentrée a été exceptionnellement plus forte que celle des premiers mois (hormis pour l’approbation de l’action de l’Ifop). Les cotes de popularité du nouvel exécutif n’avaient encore jamais enregistré de chute de l’ordre de six à 11 points, comme celle observée à la fin de l’été. Certains sondages avaient même montré une embellie de quelques points en juillet. Cette forte diminution quelques mois après la prise de fonction semble bien indiquer que de nombreux Français qui résidaient dans une position favorable et attentiste à l’égard du nouveau pouvoir élu, ont basculé dans l’insatisfaction.

 

Les indicateurs de Jean-Marc apportent globalement les mêmes enseignements.

Récapitulatif des principaux indicateurs de popularité de Jean-Marc Ayrault
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Quelques différences doivent néanmoins êtres soulignées :

- la comparaison avec François Fillon est moins offensante que celle entre les deux présidents. Si dans l’indicateur de confiance de CSA, Jean-Marc Ayrault marque la pas par rapport au précédent occupant de l’hôtel de Matignon, l’écart est bien moins grand que celui qui prévaut entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, notamment concernant les indicateurs orientés sur l’action. L’approbation de l’action mesurée par l’Ifop montre même que Jean-Marc Ayrault bénéficie d’un meilleur score que François Fillon à la même époque en 2007. Ceci ne s’explique pas tant par une performance supérieure du Premier ministre sur le président de la République dans les indicateurs d’opinion (hormis concernant l’approbation sur l’action une fois encore), mais par le fait que François Fillon disposait d’une popularité plus faible que celle de son président en début de mandat.

- Jean-Marc Ayrault se distingue par une très forte cote d’opinion (question posée : "Pour chacune des personnalités suivantes, dites-moi si vous en avez une excellente opinion, une bonne opinion, une mauvaise opinion, une très mauvaise opinion ou si vous ne la connaissez pas suffisamment ?") ; les deux tiers des Français déclarent avoir une opinion positive du Premier ministre. Si cet indicateur est également le meilleur dont jouit François Hollande, le président (60%) apparaît moins apprécié que son discret Premier ministre. De la même manière, l’approbation de l’action du Premier ministre (56%) est significativement plus élevée que celle du président (47%). Sur les autres indicateurs, les résultats des deux hommes se tiennent. Nous sommes tentés de voir ici un biais méthodologique propre au faible taux de réponse obtenu par l’Ifop (certainement du à des "relances" plus intensives de la part des enquêteurs auprès des personnes interrogées par cet institut). En effet, les indicateurs des autres instituts ne donnent à voir aucune différence significative entre les deux têtes de l’exécutif pour l’instant mais un bien plus fort taux de non-réponses concernant Jean-Marc Ayrault. Tout se passe comme si les personnes au jugement encore faiblement formé sur Jean-Marc Ayrault – encore assez nombreuses vu sa faible popularité à sa nomination et sa relative discrétion médiatique -, plus fortement incitées à répondre par l’Ifop, lui accordaient un a priori positif.

 

En conclusion, la baisse de popularité de l’exécutif si commentée n’apparaît pas si surprenante dans le sens où Nicolas Sarkozy et François Fillon avant eux avaient connu une chute conséquente dans leur popularité dans leurs premiers mois d’exercice du pouvoir (et encore avant eux Jacques Chirac et Alain Juppé en 1995). Ce qui apparaît le plus étonnant est sans doute l’assez faible soutien dont est l’objet l’exécutif à peine élu. Ainsi, pour s’en tenir au président de la République, la première mesure de TNS Sofres montre que seuls 55% des Français faisaient confiance à François Hollande quelques jours après son élection. Ce score est l’un des plus faibles enregistrés pour un nouveau président. Si Jacques Chirac quand il a été réélu en 2002 face à Jean-Marie Le Pen affichait un score plus faible (50%), François Hollande apparaît loin des 63% de Nicolas Sarkozy, des 64% de Jacques Chirac en 1995 et surtout des 74% de François Mitterrand en 1981 (et 63% en 1988). C’est fatalement ces quelques points de moins au départ qui assurent à François Hollande des chiffres aussi défavorables quatre mois après sa présidence, et pas une inédite et fulgurante baisse de popularité de l’exécutif.

Présidence de l’UMP : François Fillon est-il réellement le « favori des sondages » ?

Le 18 novembre prochain, les militants UMP devront élire la nouvelle équipe dirigeante du principal parti d’opposition après deux défaites électorales majeures aux élections présidentielle et législatives. Plusieurs candidats sont aujourd’hui déclarés pour prendre la tête du parti, mais les médias se concentrent sur le combat entre les deux poids lourds de l’UMP, l’ancien Premier ministre François Fillon, candidat ouvertement déclaré, et le secrétaire général actuel du Parti, Jean-François Copé, qui devrait, sauf énorme surprise, annoncer sa candidature dans les semaines à venir. Les autres prétendants (notamment Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire) apparaissent, à l’heure actuelle, peu capables de réunir une majorité des militants sur leur nom.

De fait, les médias abordent généralement le combat pour devenir le futur chef de l’opposition comme un duel entre Jean-François Copé et François Fillon, ce dernier étant présenté comme le « favori des sondages ». Et effectivement, les études d’opinion montrent que François Fillon dispose d’une bien meilleure image auprès des Français que son principal adversaire. Néanmoins, si ces sondages peuvent nous renseigner sur la cote de popularité des deux hommes auprès de l’ensemble des Français et des sympathisants de l’UMP, ils ne nous livrent pas d’informations sur le rapport de force auprès du corps électoral du congrès, à savoir les militants du parti. Ces études ne peuvent en aucun cas donner avec certitude la préférence des militants, qui ne peuvent être interrogés en nombre dans des sondages auprès du grand public (l’UMP annonce disposer de 264 137 adhérents à jour de cotisation en juin 2012, soit 4 militants trouvés pour 1000 personnes interrogées). On peut supposer que l’opinion des militants ne doit pas diverger fondamentalement de celle des sympathisants, mais rien ne l’assure. Si les sondages ont globalement bien réussi à cerner les rapports de force dans le cadre de la primaire socialiste, ouverte plus largement au « peuple de gauche » qui a rassemblé plus de 2,5 millions de votants, rappelons que la primaire écologiste, où les seuls possesseurs d’une carte du parti pouvaient participer, a montré par ailleurs que l’opinion des sympathisants (qui préféraient massivement Nicolas Hulot) et des militants (qui ont désigné Eva Joly, et ceci pratiquement à la majorité absolue dès le premier tour) pouvait diverger assez nettement.

Ainsi, il faut bien prendre garde à ne pas sur-interpréter les sondages dans le cadre de la compétition pour la présidence de l’UMP. Pour autant, ceux-ci nous apportent des informations très utiles, car si le futur président du parti n’est élu que par les militants, il parlera aux sympathisants et plus globalement aux Français, dont il convient donc d’interroger les perceptions. En filigrane, c’est également la future élection présidentielle qui se dessine, et l’UMP devra être capable de désigner un candidat capable de rassembler largement si elle veut voir l’alternance se dessiner en 2017.

 

François Fillon est incontestablement plus populaire auprès des Français

Auprès de l’ensemble des Français, François Fillon dispose d’une image solide. Celui-ci est apprécié, et au-delà de son propre camp. Ainsi, les deux tiers des Français (65%) déclarent avoir une bonne image de lui [1], ce qui en fait l‘une des personnalités de droite les plus appréciées des Français, derrière Christine Lagarde (68%) mais devant les autres anciens Premiers ministres de droite Alain Juppé (63%), Jean-Pierre Raffarin (57%) et Dominique de Villepin (48%).

En outre, 55 % des Français jugent favorablement son action (Baromètre Ipsos/Le Point [2]) et 41 % souhaitent qu’il joue un rôle plus important dans les mois et années à venir (Baromètre TNS Sofres/Le Figaro Magazine [3]).

Jean-François Copé est loin de pouvoir se prévaloir de telles cotes de popularité. En juillet, 49 % des Français déclaraient en avoir une bonne image (contre 65 % pour François Fillon), 35 % juger favorablement son action (contre 55%) et seuls 24 % déclarent souhaiter qu’il joue un rôle plus important à l’avenir (contre 41%). Sur tous ces indicateurs, le secrétaire général de l’UMP accuse donc un retard de l’ordre de 15 à 20 points sur François Fillon, alors que leur notoriété est comparable. En termes de popularité, Jean-François Copé atteint un résultat comparable à celui de Nicolas Sarkozy (dont 48 % des Français déclarent avoir une bonne image).

La popularité des deux leaders étudiés s’est nettement bonifiée au cours des derniers mois. Ainsi, François Fillon a connu un net redressement de sa cote d’opinion depuis qu’il n’est plus en fonction, passant de 54 % d’opinions positives dans la baromètre Ifop/Paris Match en avril, à 65 % en juillet. Si Jean-François Copé bénéficie également d’une embellie conséquente avec son passage dans l’opposition (de 41 % à 49%), celle-ci reste plus modeste et l’écart entre les deux hommes s’accroît (13 points en avril, 16 en juin et juillet), François Fillon renforçant donc encore son avantage.

 

L’évolution de la popularité de François Fillon et Jean-François Copé au cours des derniers mois auprès de l’ensemble des Français
(baromètre Ifop/Paris Match – % Bonnes opinions)

François Fillon dispose d’un avantage également auprès des sympathisants de l’UMP

Si François Fillon peut se prévaloir d’une meilleure popularité auprès de l’ensemble de la population, c’est parce que son image auprès des sympathisants de gauche est meilleure que celle de Jean-François Copé. Près d’un sympathisant de gauche sur deux (47%) affirme avoir une bonne image de l’ancien Premier ministre contre seulement 32 % concernant Jean-François Copé. Mais cette différence n’explique pas entièrement le différentiel de popularité entre les deux rivaux. François Fillon dispose également d’un avantage auprès des sympathisants UMP : 93 % déclarent en avoir une bonne opinion et 82 % pour Jean-François Copé, une différence déjà présente lorsque François Fillon était encore Premier ministre et qui perdure. En outre, François Fillon jouit également d’une image sensiblement meilleure auprès des sympathisants du Front national (57 % de bonnes opinions contre 50 % pour Jean-François Copé).

 Popularité de François Fillon et Jean-François Copé en juillet 2012
(baromètre Ifop/Paris Match – % Bonnes opinions)

Si l’on regarde l’évolution de la popularité des deux hommes auprès des sympathisants de l’UMP au cours des derniers mois comme nous l’avons fait pour l’ensemble de la population, il apparaît que celle-ci varie relativement peu et qu’aucune tendance à l’augmentation ou à la diminution ne semble émerger sur le long terme, la popularité se maintenant en dépit de quelques points de variation. L’écart entre les deux prétendants à la tête de l’UMP se maintient auprès des sympathisants du parti de droite, malgré les défaites électorales. L’évolution de la popularité auprès de l’ensemble de la population s’explique uniquement par un regard plus favorable des sympathisants de gauche sur des personnalités qui passent dans l’opposition.

L’évolution de la popularité de François Fillon et Jean-François Copé au cours des derniers mois auprès des sympathisants de l’UMP (baromètre Ifop/Paris Match – % Bonnes opinions)

 

La préférence va logiquement à François Fillon

Le fait que François Fillon dispose d’une plus forte popularité que Jean-François Copé n’induit pas forcément que l’ancien ministre soit majoritairement préférée quand les deux personnalités sont mises en compétition l’une contre l’autre (les personnes appréciant les deux pourraient en effet se tourner très majoritairement vers le secrétaire général). Néanmoins, il apparaît que quand les Français ou les sympathisants sont amenés à choisir entre les deux hommes, François Fillon l’emporte sans appel, et ce, dans tous les sondages effectués jusqu’à ce jour.

Cette préférence est globale. Quand en juin dernier, l’Ifop [4] demande « parmi ces deux personnalités, laquelle préférez-vous ? », François Fillon est désigné par 76 % des répondants et Jean-François Copé par seulement 19 % (5 % refusant de choisir). Parmi les sympathisants UMP, l’écart est tout aussi massif (79 % pour François Fillon et 21 % pour Jean-François Copé), indiquant donc que ce ne sont pas les sympathisants de gauche qui font la différence en choisissant le candidat perçu comme le plus proche du centre. La préférence existe également indéniablement parmi les personnes proches du parti.

Interrogés plus spécifiquement sur la personne la plus à même de prendre la tête de l’UMP, François Fillon s’impose également massivement. Dans un sondage Ifop [5] réalisé en juillet auprès des sympathisants de l’UMP, 62 % citent François Fillon, 21 % Jean-François Copé (11 % une autre personnalité et 6 % ne se prononçant pas). Cette préférence reste inchangée par rapport à la fin mai.

 

En conclusion, on ne peut dénier que le qualificatif de « favori des sondages » s’applique à François Fillon. Il convient simplement de rappeler que ceux-ci n’assurent pas sa victoire au congrès de l’UMP, ces sondages ne portant pas sur le corps électoral. Néanmoins, ils mettent à jour les forts avantages de l’ancien Premier ministre, et en creux, les faiblesses de son adversaire. Le nouveau député parisien dispose d’une popularité solide auprès de l’ensemble des Français et en compétition avec Jean-François Copé, François Fillon est très largement préféré, et ce, quelle que soit la sympathie partisane. Même si le secrétaire général de l’UMP peut se prévaloir de très bons indicateurs de popularité auprès des sympathisants du parti, ceux-ci restent inférieurs à ceux de son adversaire, et l’ancien Premier ministre l’emporte largement quand il est opposé à lui, même auprès de cette cible.

En somme, si les sondages sont incapables de nous renseigner avec certitude sur le rapport de force au sein des militants, ils nous indiquent en revanche que François Fillon, s’il était élu président de l’UMP, disposerait d’un a priori plus favorable dans l’opinion, ou plus spécifiquement auprès des sympathisants de droite, que son adversaire.

 

[1] Baromètre Ifop/Paris Match, juillet 2012, réalisé par téléphone les 12 et 13 juillet 2012 auprès d’un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[2]Baromètre Ipsos/Le Point, juillet 2012, réalisé par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[3]Baromètre TNS Sofres/Le Figaro Magazine, juillet 2012, réalisé en face-à-face du 29 juin au 2 juillet 2012 auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[4] Baromètre Ifop/Paris Match, juin 2012, réalisé par téléphone les 17 et 8 juin 2012 auprès d’un échantillon de 1007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[5] Sondage Ifop/Le Figaro, réalisé par internet du 10 au 19 juillet 2012 auprès de 609 sympathisants de l’UMP, extraits d’un échantillon de 2983 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Que disent les premières études d’intentions de vote pour les élections législatives ?

Les élections législatives auront lieu dans un mois et demi. Les premiers sondages d’intentions de vote pour ces élections ont été publiés le soir-même du second tour de l’élection présidentielle. Ceux-ci permettent d’appréhender le rapport de force national entre les différents partis, même si naturellement, les élections législatives, qui se déroulent circonscription par circonscription, dépendent assez largement d’éléments locaux (implantation des candidats et notoriété, enjeux locaux, sociologie électorale dans la circonscription, etc.). Et en tout état de cause, ces sondages ne permettent pas de déterminer le nombre de députés qu’obtiendra chacun des partis. Ils renseignent sur le pourcentage de voix que chaque formation obtiendrait au premier tour auprès de l’ensemble des Français, deux mois après l’élection nationale par excellence qu’est l’élection présidentielle. Cette information a évidemment une importance cruciale, notamment pour appréhender le poids de partis qui ne seront sans doute pas ou symboliquement représentés à l’Assemblée nationale du fait du mode de scrutin majoritaire.

Beaucoup d’interrogations surgissent à quelques semaines de cette élection : la victoire de François Hollande sera-t-elle confirmée par une victoire de la gauche aux élections législatives et si oui, de quelle ampleur serait cette confirmation qui s’est, pour l’heure, toujours produite sous la Cinquième République ? Quel score pour la droite après la défaite de Nicolas Sarkozy alors qu’en 2007, la droite parlementaire avait raflé près de la moitié des suffrages (45,6%) ? Comment le Front national résistera-t-il à une élection traditionnellement moins favorable à cette formation (il avait obtenu 4,3% des suffrages en 2007 après en avoir obtenu 10,44% à l’élection présidentielle) ? Quel avenir pour le Front de gauche après son score à deux chiffres à l’élection présidentielle ? Saura-t-il profiter de l’implantation des élus communistes ou le vote pour Jean-Luc Mélenchon revêtait-il une forte dimension personnelle ? Les électeurs de gauche voteront-ils "utile" dès le premier tour des élections législatives ? Quel score pour Europe Ecologie les Verts en tant que formation alors qu’elle se présente unie avec le PS dans certaines circonscriptions ? La dégringolade du MoDem se poursuivra-t-elle ?

Autant de questions auxquelles les sondages permettent d’apporter un début de réponse. Un début, car nous le rappelons encore, ces sondages donnent le rapport de force à la date de leur réalisation et ne prédisent pas les résultats du scrutin de juin. En un peu plus d’un mois, les lignes peuvent encore bouger, surtout en un contexte politique dense, marqué par les premiers pas du nouveau président.

1. Les deux principaux partis, l’UMP et le PS, au coude-à-coude, dominent largement

Les premiers sondages d’intentions de vote montrent une nette domination des deux principaux partis, qui sont par ailleurs les deux gagnants du mode de scrutin majoritaire qui prévaut lors de ces élections législatives.

La majorité des études placent l’UMP (associée à ses alliés le Nouveau Centre et le parti radical)  légèrement devant le Parti socialiste (et le parti radical de gauche). En moyenne, les six études conduites jusqu’à aujourd’hui placent le PS à 30% d’intentions de vote et l’UMP à 32%, soit pour ces deux partis, un score significativement supérieur à celui qu’ils ont obtenu au premier tour de l’élection présidentielle.

Les premiers sondages d’intentions de vote pour les élections législatives de 2012

Le parti du nouveau président obtient, dans l’étude la plus pessimiste 26% des voix (Harris interactive mais notons que cet institut propose un item "candidat divers gauche", placé ici dans notre tableau dans le "autres", non proposé par les autres instituts et qui explique en partie pourquoi le score du PS est nettement inférieur à celui mesuré par les autres instituts, mais en partie seulement car si on ajoutait ces deux scores, la somme ne serait que de 28%). Le score le plus favorable (32%) est enregistré dans la dernière étude de CSA. Notons également que dans sa précédente enquête, CSA avait placé le PS symboliquement au-dessus de l’UMP (31% contre 30%), ce qu’aucune autre étude n’a confirmé.

Quant à l’UMP, son score s’échelonne entre 30% et 33% selon ces mêmes études. Par ailleurs, CSA montre une progression de trois points en faveur du parti de droite entre ses deux enquêtes, ce que l’institut BVA, qui a réalisé ses deux enquêtes aux mêmes dates, ne confirme pas, montrant un score stable (33% puis 32,5%). Il est encore évidemment trop tôt pour savoir quelles dynamiques sont à l’oeuvre, et seules de nouvelles études peuvent nous permettre de les dessiner. En outre, nous remarquerons que les études conduites le jour du vote, du fait de leur réalisation rapide (en quelques heures) présentent, à nos yeux, une fiabilité plus faible que des études "classiques" réalisées en deux jours. En outre, certaines ont été réalisées avant la connaissance des résultats du premier tour (Ifop), et d’autres en pleine soirée électorale (BVA, CSA et Harris interactive) ce qui peut également avoir une influence non négligeable sur les résultats.Une grande prudence s’impose donc concernant les conclusions que nous pouvons en tirer.

2. Le Front de gauche en dessous de son score de l’élection présidentielle, EELV au-dessus

En moyenne le Front de gauche recueille 9% d’intentions de vote, soit un score légèrement inférieur à celui de Jean-Luc Mélenchon le 22 avril (11,1%). Le score du rassemblement de la gauche radicale varie assez fortement selon les instituts (de 7% pour Harris interactive à 10,5% pour BVA), ce qui nous rappelle par ailleurs que le score de Jean-Luc Mélenchon avait posé difficulté aux instituts de sondage lors du premier tour de l’élection présidentielle puisqu’il avait été estimé en moyenne à 14% trois jours avant le scrutin, soit le plus fort écart constaté pour un candidat entre les sondages réalisés juste avant le scrutin et les résultats réels. Si les instituts en ont évidemment pris acte, ce précédent incite à prendre avec d’autant plus de prudence le score du Front de gauche.

Après les 2,31% d’Eva Joly, EELV obtient en moyenne 4,5% d’intentions de vote (entre 4% et 5% selon les instituts), soit un score quasiment doublé. Ceci ne parait guère surprenant car les écologistes réalisent habituellement de meilleurs scores aux élections législatives qu’à l’élection présidentielle (ainsi en 2007, ils avaient obtenu 3,25% des voix contre 1,57% à l’élection présidentielle) et profitent, de surcroît, de leur accord avec le PS qui leur réserve certaines circonscriptions. Pour autant, EELV reste très en-deça des scores obtenus lors des élections européennes de 2009 (16%) ou des élections régionales de 201%0 (12%) et pâtissent de la force du PS et de la gauche radicale.

3. Le Front national en troisième position dans les intentions de vote

Au premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a rassemblé un nombre de suffrages que le Front national n’avait encore jamais atteint. Le parti d’extrême-droite semble donc en mesure, si ce n’est d’envoyer des députés à l’Assemblée nationale, de largement perturber le jeu électoral en provoquant de nombreuses triangulaires. Au niveau national, les études d’intentions de vote ne montrent, pour l’heure, qu’un faible essoufflement du Front national dans une élection qui ne lui est pourtant pas la plus favorable. En moyenne, le Front national recueille un score de 16% dans les intentions de vote, oscillant entre 12% (dernière étude CSA) et 18% (Ifop).

L’amplitude est donc forte entre les instituts, pour un parti toujours difficile à estimer précisément par les sondages. Et si BVA et surtout CSA semblent dessiner une chute de ce score dans les derniers jours, il convient d’attendre les prochaines études avant de savoir s’il s’agit là d’une réelle tendance. Cependant, un score plus faible semble parfaitement envisageable pour le FN, notamment du fait d’un taux de participation habituellement plus réduit aux élections législatives, qui pourrait jouer en défaveur du parti de Marine Le Pen.

4. Le MoDem en grande difficulté ?

Avec en moyenne 5% des voix (entre 4% et 6% selon les études), le MoDem obtient pratiquement deux fois moins d’intentions de vote que son score à l’élection présidentielle (9,1%). Le parti de François Bayrou, qui avait déjà subi un net effondrement entre les élections présidentielle et législatives en 2007 (passant de 18,6% à 7,6%), semble en passe de rejouer ce mauvais scénario, avec des scores moindres. Les élections législatives, qui favorisent par leur mode de scrutin l’UMP et le PS, apparaissent particulièrement difficiles pour le parti centriste.

Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage "jour du vote" de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

Ainsi, en moyenne, le résultat annoncé pour le candidat socialiste était de 53%, variant entre 52% et 53,5%. C’est donc le dernier sondage de l’Ifop qui se rapprochait le plus du résultat réel et donnait même le résultat effectif de dimanche quand on applique la règle de l’arrondi. A l’inverse, c’est le sondage de la TNS Sofres qui se révèle le plus éloigné des résultats réels, avec 53,5% accordés au nouveau président de la République.

Il est important de constater que le sondage de l’Ifop est celui qui a été réalisé le plus près du jour du scrutin puisque c’est le seul effectué en partie vendredi. Et il semble en effet que l’écart entre les derniers sondages parus et les résultats réels résulte d’un resserrement du rapport de force dans les derniers jours avant le scrutin, plus que d’une erreur de mesure des instituts. En effet, toutes les études ont montré un rapprochement des courbes dans l’entre-deux tours, comme le montre par exemple le baromètre de l’Ifop présenté ci-dessous :

Malgré ce resserrement des courbes, le croisement apparaissait très improbable, comme nous l’avions souligné à plusieurs reprises. En effet, les gains de Nicolas Sarkozy, certes réels (3 points entre l’après premier tour et la dernière vague d’enquête avant le second tour), restaient insuffisants. Il n’y a vraiment que dans la dernière étude qu’une réduction de l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande s’observait, le candidat UMP obtenant 48% d’intentions de vote. Le score de 47% atteint par Nicolas Sarkozy après l’entre-deux tours avait déjà été enregistré avant le premier tour et ne signait donc pas une véritable dynamique pour le président sortant. Ainsi, la pente d’augmentation de la courbe de Nicolas Sarkozy n’était pas assez forte pour permettre un croisement.

Ainsi, globalement, et malgré les nombreuses critiques qui se sont abattus sur eux, les sondages ne sont pas trompés. Si l’on peut naturellement s’attarder sur l’écart d’un à deux points entre les derniers sondages et les résultats réels (écart qui reste néanmoins compris dans la marge d’erreur), celui-ci résulte plus, à notre sens, d’une évolution du choix des électeurs dans les derniers jours qu’à une erreur dans la mesure, mais la cause de ce différentiel ne pourra naturellement jamais être déterminée avec précision.

En outre, les sondages montrent qu’ils restent essentiels dans l’évaluation des rapports de force politiques. Si certains ont voulu leur substituer d’autres analyses, à l’instar par exemple d’une prédiction du résultat de l’élection par les indicateurs économiques (www.electionscope.fr), les sondages (bien conduits et prudemment interprétés) démontrent aujourd’hui qu’ils restent des outils d’analyse pertinents.

Confrontation des derniers sondages d’intentions de vote et des premières estimations

Les premières estimations ont été diffusées à 20h. Elles accordent entre 48,0% et 48,2% pour Nicolas Sarkozy et 51,8% et 52% pour François Hollande. Ce dernier avait été invariablement donné gagnant du second tour depuis le début de la campagne par les différents sondages.

Les dernières études d’intentions de vote, réalisées quelques jours avant le scrutin, lui accordaient entre 52% et 53,5% des voix, avec une tendance au resserrement entre les deux candidats dans la dernière semaine de l’entre-deux tours.

Pour rappel, le derniers sondages parus avant l’interdiction de publication étaient les suivants (clic pour agrandir) :


Ainsi, les derniers sondages, réalisés dans leur majorité le jeudi avant le second tour, donnait un écart entre les candidats qui semble, au regard des premières estimations, un peu plus large que les résultats du vote. Cet écart reste néanmoins réduit (1,5 points au maximum, inexistant au mieux).

En outre, le resserrement entre les courbes observés tout au long de l’entre-deux tours laissait à penser que l’écart final entre les candidats serait effectivement un peu plus réduit que la moyenne donnée par ces dernières études, et il est à cet égard intéressant de remarquer que c’est l’Ifop qui semble avoir donné le score le plus proche du résultat réel, et que c’est l’étude qui a été réalisée le plus tard (terrain courant jusqu’au vendredi).

Avant de tirer des conclusions définitives, il convient néanmoins d’attendre les résultats définitifs du second tour. Une comparaison plus fine pourra alors être établie.

Les dernières intentions de vote des différents instituts à l’heure des résultats

Alors que les premières estimations ont été données à 20h, et en attendant les résultats définitifs du Ministère de l’Intérieur, voici pour rappel les dernières études d’intentions de vote des instituts (clic pour agrandir) :

Nous analyserons l’écart entre les chiffres des sondages pré-électoraux quand les résultats officiels auront été publiés mais trois conclusions s’imposent :

- Il n’y a pas de "surprise" dans le sens où les dernières intentions de vote avaient prédit l’ordre d’arrivée, et que pour la plupart des candidats, le score réel est assez proche des résultats obtenus dans les dernières enquêtes.

- Néanmoins, les instituts de sondage ont toujours des difficultés à estimer le score du Front national : après l’avoir sous-estimé en 2002 et sur-estimé en 2007, l’écart est encore important : de l’ordre de 3 à 5 points en dessous du score effectif de Marine Le Pen.

- Jean-Luc Mélenchon réalise un score notablement inférieur à celui donné dans les dernières études d’intention de vote.

 

NB : Par le jeu des arrondis, le total ne fait pas 100 pour la colonne "moyenne".

J-5 : Grande incertitude sur la tête du premier tour et l’identité du "troisième homme"

Le premier tour se rapproche. A cinq jours du scrutin, les intentions de vote montrent au premier tour un rapprochement des courbes entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, traduisant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux favoris. Au second tour, les études montrent que l’avance du candidat socialiste s’accroît encore et rendent l’hypothèse d’une réélection du président sortant toujours plus improbable.

Les parutions des instituts de sondage sont toujours plus nombreuses et rapprochées. Ce matin est parue la dernière étude d’intentions de vote d’Ipsos. Nous actualisons donc notre récapitulatif des principaux baromètres avec cette dernière enquête.

Que montrent donc les principaux instituts  dans leurs études d’intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle ?

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Marine Le Pen devance légèrement Jean-Luc Mélenchon

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, publiée ce matin, a été réalisée les 13 et 14 avril et confirme assez largement les tendances montrées par les autres instituts.

En tête du premier tour, Nicolas Sarkozy, qui dominait de peu ces dernières semaines, est désormais au coude-à-coude avec François Hollande. Les deux favoris sont tous les deux crédités de 27% des voix. Il est intéressant de noter que le "rattrapage" effectué par le candidat socialiste ne s’effectue pas par une dynamique positive. Dans cette étude, François Hollande perd du terrain au premier tour et recule de 1,5 points par rapport à la précédente enquête réalisée les 6 et 7 avril. S’il arrive à tutoyer de nouveau le président sortant dans les intentions de vote au premier tour, c’est uniquement parce que Nicolas Sarkozy subit une diminution encore plus importante de son potentiel électoral (-2 points).

Ainsi, cette nouvelle enquête montre un effritement des voix pour les deux favoris, principalement au détriment des petits candidats qui semblent bénéficier de leur exposition médiatique accrue (Eva Joly gagne un point, Philippe Poutou,  Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade 0,5). Elle confirme que le candidat de l’UMP et celui du PS jouissent d’un capital électoral de poids relativement égal, ce qui interdit de définir leur ordre d’arrivée au premier tour.


Concernant la troisième place, les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen se révèlent également très proches et se sont croisées deux fois dans les dernières semaines. Cette dernière enquête place Marine Le Pen devant Jean-Luc Mélenchon (15,5% d’intentions de vote pour la candidate frontiste contre 14,5% pour le candidat du Front de gauche). L’écart entre les deux candidat est donc très réduit (1 point) et soumis à la marge d’erreur, ce qui interdit, également pour la troisième place, de savoir avec certitude quel candidat l’emporte sur l’autre à l’heure actuelle.

François Bayrou, après être passé symboliquement sous la barre des 10% dans la dernière enquête, reste globalement stable autour de ce seuil depuis la fin mars. Il apparaît maintenant nettement distancé par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes lundi soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi dernier, l’institut CSA a été le premier à annoncer, pour le premier tour, le nouveau croisement des courbes en faveur du candidat socialiste  : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi de la semaine dernière, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

 

Quelles conclusions tirer de l’analyse de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. L’étude Ipsos confirme également l’érosion du candidat socialiste. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande devance de nouveau le président sortant, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy et pas à une progression du candidat socialiste. Néanmoins, François Hollande semble bien en progression au second tour, comme le montre la plupart des instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. La plupart des instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour et au second.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-6 : Hollande reprend-t-il la tête au premier tour ?

Dans ses intentions de vote quotidiennes (rolling), l’Ifop vient d’annoncer un nouveau croisement des courbes à moins d’une semaine du premier tour : François Hollande repasse symboliquement en tête devant Nicolas Sarkozy. CSA et TNS Sofres avaient annoncé un tel croisement en fin de semaine dernière. Le même jour, BVA avait également publié un sondage montrant que l’écart se recreusait au premier tour en faveur du candidat socialiste

On parle beaucoup ces derniers jours d’une montée de François Hollande. Qu’en est-il vraiment et que montrent les intentions de vote des instituts les plus relayés dans les médias ?

Ifop : depuis fin mars, Nicolas Sarkozy et Hollande au coude-à-coude pour la première place, Marine Le Pen troisième

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) a annoncé un croisement des courbes ce soir. Alors que depuis le 22 mars, Nicolas Sarkozy occupait la tête des intentions de vote au premier tour, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points), François Hollande reprend symboliquement la tête avec 27,5% d’intentions de vote contre 27% pour le président sortant. Si la course en tête du premier tour avait toujours été serrée (avec notamment deux autres croisements de courbes mi-mars dans ce baromètre), le candidat de l’UMP avait bien semblé prendre la tête depuis la fin mars, ce que montrait la tendance sur le nombre d’enquêtes réalisées. Ce qu’on l’on peut déduire à ce jour, c’est que les deux candidats disposent de potentiels électoraux très proches. La différence entre eux se contient dans la marge d’erreur, ce qui ne permet pas de savoir qui, à l’heure actuelle du rapport de force, est véritablement en tête.

Le passage en tête de François Hollande est néanmoins symbolique et confirme les tendances observées par d’autres instituts. En outre, au second tour, l’écart se resserre également dans les intentions de vote de l’Ifop et François Hollande, qui a toujours nettement dominé le candidat UMP dans ce duel, accroît un peu plus son avance.

Au demeurant, il faut conserver une grande prudence dans l’interprétation de ces sondages qui ne permettent en aucun cas de déduire avec certitude quel candidat sortira en tête dimanche.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Jeudi matin, l’institut CSA a annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée également jeudi dernier (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

Dans la dernière étude publiée jeudi dernier, TNS Sofres a confirmé en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, dans cette étude réalisée les 11 et 12 avril, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril (soit une semaine avant les précédentes),  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces différentes études ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, l’analyse des sondages apporte des réponses à ces questions nuancées et qui ne sont en rien définitives. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Bien que, pour le premier tour, tous les instituts semblent peu à peu s’accorder sur la première place du candidat socialiste ces derniers jours, l’écart reste soumis à la marge d’erreur : les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche et il impossible de savoir lequel est véritablement en tête à ce jour et dans l’état actuel du rapport de force. Pour le second tour en revanche, François Hollande dispose d’une avance solide, mais rien n’est encore définitivement joué à trois semaines de l’annonce du vainqueur.

2. Parler d’une progression de François Hollande au premier tour semble erroné : si le rapport de force lui est plus favorable, il ne progresse pas en valeur. Ainsi, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans les études TNS Sofres et Ifop, François Hollande repasse en tête, le changement de hiérarchie s’attribue à une chute de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, le candidat socialiste semble bien en progression au second tour, même si à l’heure actuelle, ceci n’est pas confirmé par tous les instituts.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Trois instituts annoncent même désormais une baisse des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.

J-9 : le retour en force de François Hollande ?

Depuis quelques jours, les articles sur une remontée de François Hollande dans les intentions de vote se multiplient. Les commentaires s’appuient sur les études de plusieurs instituts, notamment de CSA, qui ce matin, dans sa dernière enquête a annoncé un nouveau croisement des courbes : au premier tour, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy, qui en avait pourtant pris la tête depuis la mi-mars. Une autre enquête de l’institut BVA, parue également ce matin, montre elle aussi une progression pour le candidat socialiste au premier tour (+2 points par rapport à une précédente étude réalisée les 30 et 31 mars). Enfin, TNS Sofres, dans un sondage paru en fin d’après-midi, a également annoncé un croisement des courbes, avec François Hollande repassant en tête suite à une baisse des intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy.

Au second tour, le candidat socialiste continue de nettement dominer les intentions de vote (le rapport le plus défavorable enregistré étant de 53%-47%) et l’étude CSA de ce matin montre même une nette progression (+3 points par rapport à la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril, établissant des intentions de votes à 57% pour François Hollande et 43% pour Nicolas Sarkozy). Néanmoins, aucune autre étude n’a montré une semblable évolution du rapport de force au second tour (y compris l’étude BVA publiée ce matin).

L’augmentation de François Hollande au premier tour n’est pas corroborée par tous les instituts. Ainsi, l’Ifop, pour l’heure, ne montre aucune tendance à l’augmentation du potentiel électoral du candidat socialiste dans ses intentions de vote quotidiennes. A neuf jours du scrutin, le rapport de force au premier tour maintient un réel suspense sur le candidat qui arrivera en tête, mais également sur le "troisième homme". Qui de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen arrivera en troisième position ?

Sur toutes ces questions, que montrent réellement les différents instituts de sondage pour le premier tour du scrutin ?

CSA : François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy au premier tour, Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen

Ce matin, l’institut CSA a donc annoncé un nouveau croisement des courbes au premier tour : dans cette étude réalisée les 10 et 11 avril, François Hollande repasse devant Nicolas Sarkozy (27% contre 26% pour le candidat UMP). L’écart est donc particulièrement serré entre les deux candidats en tête, comme il l’était déjà lors de la précédente étude réalisée les 2 et 3 avril (un point d’écart également mais cette fois en faveur de Nicolas Sarkozy). A cette heure, il est impossible, avec les marges d’erreur, de déterminer quel candidat est réellement devant l’autre, mais c’est bien François Hollande qui se trouve symboliquement à la première place.

Les deux favoris apparaissent en perte de vitesse : Nicolas Sarkozy perd 4 points par rapport au début du mois et François Hollande subit une diminution plus légère, de 2 points. Le candidat UMP semble donc avoir "annulé" toute la progression construite point par point depuis son entrée en campagne : il revient au potentiel électorat mesuré au début du mois de février. Le candidat socialiste conserve plutôt le niveau moyen observé depuis deux mois.


Si l’on s’intéresse maintenant au match pour la troisième place, CSA place Jean-Luc Mélenchon en troisième position depuis le début du mois. L’écart entre lui et Marine Le Pen demeure cependant faible (2 points) et, si l’on tient compte des marges d’erreur, l’incertitude l’emporte pour l’ordre d’arrivée. Néanmoins, avec 17% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche réalise sa meilleure performance depuis le début de la campagne (et il s’agit là du plus haut score attribué tous instituts confondus), alors que Marine Le Pen affiche, quant à elle, des intentions de vote plus faibles que celles du début de l’année. François Bayrou, avec 11% d’intentions de vote, est distancé.

BVA : Nicolas Sarkozy n’a jamais pris la tête du premier tour, Marine Le Pen demeure à la troisième position

L’étude de l’institut BVA publiée ce matin (et réalisée les 11 et 12 avril) montre une progression de François Hollande au premier tour (30% d’intentions de vote, +2 points par rapport aux 30 et 31 mars), tandis que Nicolas Sarkozy reste stable à 27% d’intentions de vote. Au premier tour, l’écart se creuse donc en faveur du candidat socialiste, qui, selon cet institut (et c’est le seul avec LH2 à donner ces résultats), n’a jamais été dépassé au premier tour par Nicolas Sarkozy.


Pour la troisième place, BVA donne une tendance inverse à celle de CSA : Marine Le Pen recueille 15% d’intentions de vote et devance donc Jean-Luc Mélenchon, avec 13%. Le candidat du Front de gauche n’est passé devant la candidate du FN qu’une seule fois dans les courbes de cet institut, à la fin mars. Depuis, il ne progresse plus, alors que Marine Le Pen semble avoir stoppé la chute qu’elle connaissait depuis la fin janvier.

TNS Sofres : François Hollande repasse en tête au premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen à égalité

TNS Sofres publie ce soir une étude réalisée les 11 et 12 avril qui confirme en grande partie les tendances de l’étude CSA. D’abord, François Hollande reprend la tête du premier tour (28% contre 26% pour le candidat UMP). Ensuite, Nicolas Sarkozy subit une érosion conséquente des intentions de vote en sa faveur (26%, -3 points par rapport au 26-27 mars).  Enfin, François Holland reste stable (28%) à un niveau faible. C’est aussi ce que montre l’institut CSA sur des périodes comparables (cet institut accorde 27% d’intentions de vote à François Hollande les 10 et 11 avril et 26% les 26 et 27 mars).


Pour la troisième place, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont à égalité avec 16% d’intentions de vote. Si ce score est globalement dans la moyenne de ce qu’enregistre la candidate du Front national depuis le début novembre 2011 selon la TNS Sofres, Jean-Luc Mélenchon poursuit une impressionnante dynamique amorcée mi-mars : il gagne six points en un mois et distance définitivement François Bayrou qui repasse sous la barre des 10%.

Ifop : une grande stabilité depuis fin mars : Nicolas Sarkozy est en tête du premier tour et Marine Le Pen en troisième place

Le "rolling" de l’Ifop, c’est-à-dire les intentions de vote réalisées en continu par l’institut (un résultat présenté tous les jours de la semaine) ne montre aucune évolution significative des intentions de vote depuis la fin mars, et ne confirme donc pas les tendances données par BVA et CSA. Ainsi, Nicolas Sarkozy reste en tête du premier tour depuis le 20 mars, avec une faible avance sur le candidat socialiste (de 0,5 à 2 points). Cet écart entre donc dans la marge d’erreur mais la tendance montre, selon cet institut, le candidat UMP en tête du premier tour.

Au second tour, la stabilité est également de mise selon l’Ifop, et François Hollande domine toujours nettement le candidat UMP.

S’agissant de la troisième place, il n’y a pas non plus d’évolution sur le long terme relevée par l’outil de l’Ifop : Marine Le Pen reste en troisième position et possède une avance de l’ordre de 2 à 3 points sur Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier reste également relativement stable depuis fin mars. Il oscille désormais entre 12,5% et 14% d’intentions de vote, après une progression qui lui a permis de dépasser François Bayrou, actuellement à 10% d’intentions de vote.

Ipsos : Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen également

La dernière étude d’intentions de vote de l’institut Ipsos, réalisée les 6 et 7 avril,  montre un resserrement entre les courbes de Nicolas Sarkozy et de Français Hollande au premier tour. Néanmoins, le président de la République reste en tête, mais ne devance le candidat socialiste que d’un demi-point (29% contre 28,5%).


Les courbes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont très proche et se croisent deux fois dans les deux dernières études de l’institut, démontrant une grande incertitude sur l’ordre d’arrivée des deux deux candidats. Dans la dernière étude, c’est néanmoins Marine Le Pen qui prend la troisième place (15% contre 14,5% pour Jean-Luc Mélenchon).

François Bayrou passe symboliquement sous la barre des 10% et apparaît maintenant nettement distancé.

Que tirer de ces études divergentes ?

Qui est donc en tête du premier tour ? François Hollande ou Nicolas Sarkozy ? Qui prendra la place du troisième homme ? Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen ? A l’heure actuelle, les différentes études apportent des réponses différenciées à ces questions. S’il est facile de ne sélectionner qu’une ou deux études pour en tirer une interprétation politique allant dans le sens voulu, que devons-nous tirer de l’ensemble de ces études si nous les regardons avec objectivité ?

1. Deux candidats se détachent en tête : François Hollande et Nicolas Sarkozy. Si le rapport de force est nettement favorable au candidat socialiste, ce que montrent toutes les intentions de vote de second tour, François Hollande n’est pas pour autant assuré d’arriver en tête du premier tour. Aujourd’hui, les deux favoris sont au coude-à-coude. Le fait que certains instituts donnent un candidat en tête, et d’autre l’autre, démontre que les deux candidats disposent d’un potentiel électorat proche au premier tour.

2. Parler d’une progression de François Hollande peut apparaître prématuré, dans le sens où tous les instituts ne corroborent pas cette hypothèse. En outre, si dans l’étude de l’institut CSA, François Hollande repasse en tête donnant l’impression d’une progression, les intentions de vote en faveur du candidat diminuent. De la même manière, si dans l’étude TNS Sofres, François Hollande repasse en tête, cela n’est du qu’à une chute de Nicolas Sarkozy. La prudence doit donc rester de mise et seules les études à venir nous diront si le rapport de force évolue vraiment et si François Hollande renforce son capital au premier tour.

3. La dynamique qui a porté le candidat UMP en mars et qui lui a permis de gagner 2 à 3 points d’intentions de vote dans tous les sondages, semble bien s’être arrêtée. Depuis la fin du mois de mars, les instituts ne montrent plus de progression pour Nicolas Sarkozy. Deux instituts annoncent même aujourd’hui une baisse significative des intentions de vote en faveur du candidat UMP au premier tour, mais, ici aussi, cette tendance devra être confirmée dans les prochains jours et les prochaines études.

4. Comme pour la tête, le match pour la troisième place du premier tour est incertain. Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se disputent cette place et la hiérarchie d’arrivée n’est pas du tout assurée. Là encore, les divergences entre les études des différents instituts prouvent que le rapport de force est pour l’heure serré.

NB : Dans la lignée de notre précédent article, nous avons pris le parti, par souci de concision, d’analyser les intentions de vote de cinq instituts de sondage. Ne sont pas traitées les intentions de vote de LH2, d’OpinionWay ou d’Harris interactive, qui montrent néanmoins les mêmes tendances.