Comment CSA et le Ministère de l’Education nationale construisent une acceptation de la réforme des lycées par les trois quarts des Français

Vendredi, le  Ministère de l’Education nationale publiait un sondage effectué par l’institut CSA sur la réforme des lycées (voir le communiqué de presse du Ministère ici : http://www.education.gouv.fr/cid50319/sondage-les-francais-et-la-reforme-du-lycee.html). Le sondage fut largement repris par les médias, la plupart titrant sur ce chiffre emblématique : 76% des Français sont favorables à la réforme des lycées.

Néanmoins, la lecture des résultats détaillés du sondage (disponible sur le site de CSA : http://www.csa-fr.com/dataset/data2010/opi20100106-les-francais-et-la-reforme-du-lycee.pdf) incite à nuancer quelque peu ce succès de la réforme de Luc Châtel.

En premier lieu, la question introductive du sondage, qui porte sur la connaissance de la complexe réforme des lycées par les Français, montre que cette dernière est largement méconnue : seuls 16% des personnes interrogées déclarent connaître « précisément la réforme », tandis que 44% en ont entendu parler « sans savoir précisément de quoi il s’agit » et 40% affirment ne jamais en avoir entendu parler. Tirer ensuite une acceptation de l’opinion publique française sur la réforme tient alors de la malhonnêteté intellectuelle. Comment peut-on présenter un chiffre sur l’ensemble de la population alors que seuls 16% des Français connaissent les tenants et les aboutissants de la réforme ?

Certes, le sondage devient ensuite pédagogique, demandant l’adhésion des personnes interrogées sur chacun des points de la réforme, à savoir, par ordre décroissant d’acceptation par les Français :

– des stages de remise à niveau pour éviter le redoublement (considérés comme une « bonne chose » par 93% des Français) ;

– la mise en place d’un soutien scolaire de deux heures hebdomadaires pour tous les lycéens (88%) ;

– l’autonomie accordée aux équipes pédagogiques pour définir le contenu du soutien scolaire aux lycéens (88%) ;

– la mise en place d’un « tutorat à l’orientation » pour tous les lycéens (86%) ;

– un enseignement en langue par groupes de niveau (84%) ;

– la mise en place d’enseignement communs à toutes les séries de 1ere (84%) ;

– l’enseignement obligatoire de l’économie en classe de seconde (77%) ;

– la mise en place d’une épreuve anticipée du bac en histoire géographie pour les 1eres scientifiques (66%) ;

– l’instauration de 4h d’histoire géographie dans toutes les 1eres générales et le passage de cette matière en option de 2h pour les terminales scientifiques (48%).

Cette énumération du détail de la réforme démontre bien que si certains points font largement consensus, comme le soutien personnalisé aux élèves, d’autres rencontrent plus de réticences. Le point recueillant le plus de crispation, la suppression de l’enseignement d’histoire-géographie en terminale S, n’est accepté que par une minorité des Français (48%). Rappelons par ailleurs qu’un sondage Ifop pour l’Humanité mené au début du mois de décembre dernier démontrait que 69% des Français étaient hostiles à ce point de la réforme (http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=poll&id=1015). Il faut dire que la question n’était pas aussi « gentille », l’Education nationale et CSA ayant bien pris soin dans leur sondage de préciser que les terminales pourraient bénéficier d’un enseignement optionnel de 2h, alors que le sondage Ifop n’évoquait qu’une disparition pure et simple de la matière.

Ce dont il faut bien prendre conscience, c’est que cette présentation « gentille » des différentes mesures composant la réforme des lycées dans les questions suivantes est la seule information dont disposent les personnes interrogées qui déclarent d’abord ne pas connaître la réforme. A aucun moment, l’institut de sondage où le commanditaire n’ont cru bon de présenter les arguments présentés par les adversaires de la réforme, notamment les syndicats enseignants et lycéens (augmentation des horaires des professeurs par la mise en place des soutiens scolaires payés en heures supplémentaires, valorisation de certaines matières au détriment d’autres, etc.). Cette vision biaisée offerte de la réforme gonfle naturellement le résultat de son acception par l’opinion publique.

L’écart qui existe entre les personnes connaissant la réforme a priori et celles n’en sachant que ce qui était dit par le sondage démontre cette évidence : la réforme est approuvée par 80% des personnes n’ayant jamais entendu parler de la réforme auparavant contre seulement 60% de celles qui déclaraient au départ « savoir précisément » ce que cette réforme recouvrait. L’agrégation de ces deux profils (informés/non informés) amène à relativiser le chiffre présenté par l’Education nationale (76% des Français acceptent la réforme). Qu’auraient déclaré nos non-informés si on leur avait apporté un autre type d’information ?

Publicités

Un commentaire sur “Comment CSA et le Ministère de l’Education nationale construisent une acceptation de la réforme des lycées par les trois quarts des Français

  1. Messieurs,

    Je prends contact avec vous pour vous informer que les royalistes Français vont présenter un candidat à la prochaine élection présidentielle. Leur mouvement politique l’Alliance royale m’a désigné pour porter leurs couleurs et leurs propositions devant nos concitoyens. Voici le texte du communiqué de presse qui en faisait l’annonce :

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Patrick de Villenoisy, porte-parole de l’Alliance Royale, annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2012.
    Patrick de Villenoisy porte donc les couleurs du parti royaliste pour présenter à nos concitoyens la seule alternative susceptible d’entrouvrir une lueur d’espoir dans un contexte préoccupant.
    Les français sont inquiets, inquiets pour leur emploi, inquiets pour leur niveau de vie. Les jeunes en particulier craignent pour leur avenir. Nos édiles les confortent dans cette peur qui risque de les décourager et ne proposent aucune solution crédible.
    Gouverner c’est prévoir et nos concitoyens découvrent brutalement que nos politiques n’ont pas su remplir cet aspect fondamental de leur fonction.
    Patrick de Villenoisy, candidat royaliste, veut leur dire qu’au-delà de l’impéritie de certains hommes politiques et à leur décharge, c’est le régime républicain qui est responsable de cette situation.
    Les royalistes veulent démontrer au travers de cette campagne présidentielle que le retour du roi représente la seule espérance d’inscrire la politique dans le temps long, dans la responsabilité, dans la confiance retrouvée.
    Tout royaume divisé contre lui-même se perdra : Patrick de Villenoisy et les royalistes veulent proposer de réconcilier les français : condition indispensable pour sortir de la crise.
    Un chef d’État, le roi, arbitre indépendant des partis, peut transcender nos divisions et proposer les réformes indispensables dans une perspective de vraie justice sociale.
    La France est encore un pays riche qui possède les moyens de relever les défis qui se sont accumulés au-dessus d’elle à condition de faire confiance à la seule personne qui puisse y parvenir :
    Oui, le roi existe au-dessus de nos guerres civiles.

    Ils vous ont promis la lune, demandez le soleil.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s