Pourquoi les sondages n’ont-ils pas pu prédire les résultats de la primaire EELV ?

La nette victoire d’Eva Joly aux primaires d’Europe Ecologie – Les Verts, au premier tour où elle a failli de peu l’emporter à la majorité absolue (49,75% des voix) puis au second tour (58,2% des voix) a également été décrite comme la défaite des sondeurs et des médias, qui depuis des mois, présentaient Nicolas Hulot comme le favori des écolos. Comment expliquer ce décalage entre les sondages et le vote des adhérents et coopérateurs au mouvement écologiste ?

On a pu notamment évoquer que la popularité ne se traduisait pas forcément en intention de vote, et que, par conséquent, un Nicolas Hulot plus populaire qu’Eva Joly n’aurait pas du être donné si vite et selon un raisonnement si simpliste comme gagnant. Ceci est vrai. La transformation de la popularité en capital politique ne va pas de soi. Quand il se déclare candidat, Nicolas Hulot apparaît en tête des personnalités politiques françaises les plus populaires (76% de bonnes opinions avant sa déclaration en mars 2011 selon le baromètre Ifop/paris Match alors qu’Eva n’en comptait alors que 48%). Si son entrée dans la politique entame largement sa popularité – preuve que celle-ci ne se traduit pas automatiquement en soutien politique – , il reste cependant bien plus populaire qu’Eva Joly. En juillet, le Baromètre Ifop/Paris Match, réalisé entre les deux tours des primaires écologistes attribue 64% de bonnes opinions à Nicolas Hulot (-12 points par rapport à mars donc) et 50% à Eva Joly (+2 points, qui bénéficie donc d’une certaine stabilité).

Autre élément montrant que le candidat peine à acquérir une crédibilité politique, Nicolas Hulot n’atteint, dans les différentes intentions de vote publiées en vue de l’élection présidentielle, que rarement le seuil des 10%, son étiage se situant plus généralement autour des 7% d’intentions de vote. Il est donc largement devancé par des personnalités jouissant d’une cote d’opinion moins favorable et fait jeu pratiquement égal avec sa rivale Eva Joly.

Si ces explications doivent être répétées, il en reste néanmoins que quand on demandait aux sympathisants écologistes de choisir entre les deux principaux candidats à la primaire, ceux-ci s’exprimaient massivement en faveur de l’ancien présentateur télé. Ce qu’il faut bien comprendre ici pour expliquer le décalage avec les résultats, c’est que les sondages n’étaient pas effectué sur la base du corps électoral de la primaire. Et ne pouvaient pas l’être ! Lire la suite