Contestation des résultats du vote pour la présidence de l’UMP : quel impact sur l’image du parti et de ses dirigeants ?

Le prochain président de l’UMP devait être désigné par le vote des adhérents de l’UMP dimanche 18 novembre. Les résultats serrés ont entraînés de multiples contestations et coups de théâtre relayés par les médias. Sur toutes les chaînes, radios et dans tous les journaux, on parle du « triste spectacle » que donne de lui le principal parti d’opposition. Que révèlent les premiers sondages parus de l’impact de cette crise partisane dans l’opinion publique ?

Jean-François Copé et François Fillon sortent particulièrement écornés de ces bisbilles

Un sondage BVA réalisé « à chaud » les 22 et 23 novembre démontre que l’image des deux principaux protagonistes a été fortement endommagée par les disputes qui agitent le parti. Ce sondage prend pour point de comparaison antérieur les données de popularité de l’Ifop*, dont la dernière vague d’enquête a été réalisée en début de mois (8 et 9 novembre). Si l’on reprend les données de l’Ifop depuis le début de l’année en ajoutant les résultats par BVA, on obtient le graphique suivant :

Évolution de la popularité de François Fillon et de Jean-François Copé auprès de l’ensemble des Français ( % de « bonnes opinions »)

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Que pensent les Français d’Arnaud Montebourg ?

Arnaud Montebourg est sans conteste l’un des ministres les plus visibles du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. A la tête d’un portefeuille inédit, le « Redressement productif », il fait sien le combat contre la désindustrialisation de la France, combat apparaissant souvent relativement vain, le ministre n’ayant remporté pour l’instant aucune victoire décisive. Accueilli par un regard plutôt bienveillant des Français à sa nomination, le ministre doit maintenant subir des réactions parfois violentes des salariés dont il veut sauver les postes, ceux-ci lui reprochant son inaction et dénonçant un « ministère de la parole ». Mais quel est réellement le rapport de l’opinion à l’égard d’Arnaud Montebourg ?

Une action qui divise

Arnaud Montebourg fait parfois l’objet de critiques virulentes des médias. Celles-ci ne se retrouvent pas dans l’opinion publique, qui ne lui accorde pas pour autant un fol amour. Les Français apparaissent en effet pour le moins divisés à l’égard du ministre du Redressement productif : 37 % déclarent approuver son action et exactement la même proportion la désapprouver (26 % des personnes interrogées ne se prononçant pas). La balance n’est cependant pas parfaitement équilibrée. Si l’on s’attache au détail des résultats, il apparaît que le pôle des fortement insatisfaits, qui déclarent désapprouver « tout à fait » l’action du ministre est deux fois supérieure à celui de ses « fans », qui l’approuvent « tout à fait » (16 % contre 7%). Parmi les ouvriers, que le ministre se fait fort de défendre, le jugement ne s’écarte pas de la moyenne. Il est en revanche légèrement plus positif chez les cadres supérieurs (44 % déclarant approuver son action) et les professions intermédiaires (42%). Lire la suite

Les catégories modestes et François Hollande : une défiance qui s’accroît

François Hollande connaît une chute significative de sa popularité depuis son élection. Cette chute cache des disparités fortes selon les catégories de population. Si l’on s’intéresse aux plus modestes d’entre elles, qui ont largement contribué à l’élection du président de la République (en votant pour lui à 60% au second tour selon un sondage CSA*), il apparaît que le désamour est plus rapide parmi les employés et les ouvriers que dans d’autres catégories de la population.

Selon le baromètre politique de TNS Sofres, en septembre, 50% des Français déclarent faire confiance à François Hollande pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement, soit un recul de cinq points par rapport au mois de juin. Auprès des catégories populaires, ce recul est nettement plus marqué, comme le montrent les graphiques ci-dessous, qui retracent l’évolution de la confiance accordée au président spécifiquement parmi les ouvriers (premier graphique) et les employés (second graphique). Les traits en pointillés rappellent l’évolution chez l’ensemble de la population française.

 

Evolution de la confiance de ouvriers à l’égard de François Hollande (TNS Sofres)

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Une exceptionnelle chute de popularité de l’exécutif ?

Chaque nouveau sondage de popularité semble annoncer une nouvelle diminution des cotes de l’exécutif et les médias se font largement l’écho du désamour grandissant entre François Hollande et Jean-Marc Ayrault d’une part, et l’opinion publique d’autre part. Après être passé il y a quelques semaines sous le seuil symbolique des 50% de popularité, l’exécutif enchaîne des sondages où les avis négatifs l’emportent sur les positifs.

 

Cette faible popularité est particulièrement flagrante pour François Hollande. Comparé, comme il est naturel, avec son prédécesseur Nicolas Sarkozy, le président socialiste apparaît à la traîne dans les études d’opinion. Les principaux indicateurs que nous reprenons ci-dessous montrent que François Hollande accuse de 10 à 15 points d’écart avec son prédécesseur à la même période. Comme nous l’avions noté dans l’un de nos articles précédents, cet écart existait déjà en début de mandat. Ainsi, en juillet, il était environ de 10 points.

Cette comparaison fait apparaître que la chute de popularité de l’exécutif dans les premiers mois d’exercice n’est pas une spécificité du nouvel exécutif. Nicolas Sarkozy et François Fillon l’avaient également connue en 2007. Celle de François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne semble pas forcément bien plus forte, mais il est remarquable que celle-ci intervienne alors même que l’exécutif disposait dès le départ d’une moins grande confiance de l’opinion publique.

Récapitulatif des principaux indicateurs de popularité de François Hollande
(cliquez pour agrandir)

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Les deux tiers des Français sont favorables au mariage des couples homosexuels

 

Promesse de campagne de François Hollande, le mariage pour les couples homosexuels est entré dans le débat au cœur de l’été suite à la réaffirmation par l’Église catholique française de son opposition à cette mesure. Si le débat agite la sphère politique, et notamment la droite, divisée sur cette question, l’opinion publique se montre largement favorable au mariage homosexuel, 65 % estimant que les couples du même sexe devrait avoir le droit de se marier.

 

Après avoir augmenté entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, l’acceptabilité des droits des couples homosexuels reste globalement stable depuis 2004

L’acceptation du mariage homosexuel a augmenté au fil du temps (elle était de 51 % seulement en mai 1995), mais cette hausse de la proportion de Français favorables au mariage homosexuel s’est tassée déjà depuis quelques années. Ainsi, en mai 2004, 64 % des Français étaient déjà favorables à cette mesure, un score comparable à celui d’aujourd’hui. Lire la suite

Présidence de l’UMP : François Fillon est-il réellement le « favori des sondages » ?

Le 18 novembre prochain, les militants UMP devront élire la nouvelle équipe dirigeante du principal parti d’opposition après deux défaites électorales majeures aux élections présidentielle et législatives. Plusieurs candidats sont aujourd’hui déclarés pour prendre la tête du parti, mais les médias se concentrent sur le combat entre les deux poids lourds de l’UMP, l’ancien Premier ministre François Fillon, candidat ouvertement déclaré, et le secrétaire général actuel du Parti, Jean-François Copé, qui devrait, sauf énorme surprise, annoncer sa candidature dans les semaines à venir. Les autres prétendants (notamment Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire) apparaissent, à l’heure actuelle, peu capables de réunir une majorité des militants sur leur nom.

De fait, les médias abordent généralement le combat pour devenir le futur chef de l’opposition comme un duel entre Jean-François Copé et François Fillon, ce dernier étant présenté comme le « favori des sondages ». Et effectivement, les études d’opinion montrent que François Fillon dispose d’une bien meilleure image auprès des Français que son principal adversaire. Néanmoins, si ces sondages peuvent nous renseigner sur la cote de popularité des deux hommes auprès de l’ensemble des Français et des sympathisants de l’UMP, ils ne nous livrent pas d’informations sur le rapport de force auprès du corps électoral du congrès, à savoir les militants du parti. Ces études ne peuvent en aucun cas donner avec certitude la préférence des militants, qui ne peuvent être interrogés en nombre dans des sondages auprès du grand public (l’UMP annonce disposer de 264 137 adhérents à jour de cotisation en juin 2012, soit 4 militants trouvés pour 1000 personnes interrogées). On peut supposer que l’opinion des militants ne doit pas diverger fondamentalement de celle des sympathisants, mais rien ne l’assure. Si les sondages ont globalement bien réussi à cerner les rapports de force dans le cadre de la primaire socialiste, ouverte plus largement au « peuple de gauche » qui a rassemblé plus de 2,5 millions de votants, rappelons que la primaire écologiste, où les seuls possesseurs d’une carte du parti pouvaient participer, a montré par ailleurs que l’opinion des sympathisants (qui préféraient massivement Nicolas Hulot) et des militants (qui ont désigné Eva Joly, et ceci pratiquement à la majorité absolue dès le premier tour) pouvait diverger assez nettement. Lire la suite

Le retrait des troupes d’Afghanistan : qu’en pensent les Français ?

C’est l’une des premières mesures du président Hollande, mais elle est peu mise en avant dans le bilan des premiers mois du nouvel exécutif. Pour autant, le retrait accéléré des troupes français d’Afghanistan répond à une attente forte de l’opinion publique.

Certes, cette promesse du candidat socialiste était loin d’être jugée comme la plus urgente à mettre en œuvre : juste après l’élection de François Hollande, seuls 38 % des Français souhaitaient que le retrait des troupes d’Afghanistan soit engagé dans les 100 premiers jours de mandat selon un sondage Harris interactive*, ce qui plaçait ce sujet de défense loin derrière certains sujets économiques et sociaux (54 % pour la séparation des activité de dépôt et des activités spéculatives des banques, 49 % pour le blocage des loyers, 49 % pour la suppression de la TVA sociale, 48 % la limitation des rémunérations des patrons des entreprises publiques, 45 % pour la mise en place de la tranche d’impôt à 75 %). Néanmoins, ce sujet apparaissait plus prioritaire aux yeux de l’opinion publique que l’augmentation de rentrée scolaire (28%), l’instauration du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels (21%) ou le vote des étrangers aux élections municipales (10%). Lire la suite

François Hollande débute son mandat avec une popularité limitée

Les sondages de popularité rythmeront le quinquennat de François Hollande, comme ils ont accompagné celui de Nicolas Sarkozy. Depuis l’élection du nouveau président de la République et la nomination du Premier ministre il y a trois mois, les mesures de popularité des différents instituts se succèdent.

Comme pour les sondages d’intentions de vote, il n’est pas toujours facile d’y voir clair dans l’historique de ces indicateurs, les mesures des différents instituts s’entremêlant avec leur évolution mensuelle respective. Dans le cas des baromètres de popularité, une difficulté vient s’ajouter, tenant à la nature même de l’indicateur. Si dans les sondages d’intentions de vote, tous les instituts mesurent la même chose (l’intention de vote), les baromètres de popularité apportent des indicateurs variés (confiance, satisfaction, image…) avec des échelles de réponses et des modes d’administration qui ne sont pas identiques, et donc parfois des chiffres assez différents.

Que nous disent ces différents indicateurs de la popularité du nouveau président ? Le tableau ci-dessous récapitule les dernières mesures de popularité de François Hollande (réalisées au cours du mois de juillet) et leur évolution par rapport au mois précédent : Lire la suite