François Hollande après le Bourget : toujours plus favori

Les voici enfin les sondages de l’après-Bourget ! Aujourd’hui, CSA et BVA publient tous les deux leur sondage permettant d’évaluer l’impact du meeting de François Hollande qui s’est tenu dimanche dernier.

Ceux-ci nous permettent en premier lieu de voir que le candidat renforce son image, déjà très positive au sein de l’opinion et qu’il s’affirme encore un peu plus dans la position de favori. Néanmoins, en termes d’intentions de vote, les répercussions restent pour l’instant faibles, même si une légère augmentation est perceptible, ce qui renforce encore la domination du candidat socialiste.

Le meeting du Bourget : une notoriété très élevée et un événement fort de la campagne

Le meeting du Bourget a bénéficié d’un fort retentissement médiatique, et par conséquent est largement connu : 88% des Français en ont entendu parler (1). Cependant, 71% ne l’ont pas vu directement puisqu’ils déclarent avoir seulement avoir été en contact avec des commentaires sur la performance du candidat socialiste. 5% des Français déclarent avoir vu le meeting en entier et 12% en partie. Naturellement, c’est parmi les sympathisants du parti socialiste que l’impact a été le plus important : 32% d’entre eux déclarent avoir vu le meeting en entier ou en partie (contre 17% en moyenne dans la population française). Lire la suite

L’inexorable chute de la popularité de Nicolas Sarkozy

A trois mois de l’élection présidentielle, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est au plus bas. Aucun président de la Ve République ne s’était soumis aux suffrages des Français avec un tel niveau d’impopularité. Aujourd’hui, seuls 32% des Français se déclarent satisfaits de Nicolas Sarkozy.

(cliquer sur l’image pour l’agrandir) Lire la suite

Marine Le Pen : un véritable changement dans l’image du Front national ?

On a beaucoup parlé ces derniers temps du changement que Marine Le Pen incarnait pour le Front national. La nouvelle présidente du parti en donnerait une image plus moderne, plus apaisée. Elle aurait « normalisé » le parti d’extrême-droite et l’aurait rendu fréquentable. Les intentions de vote, à des niveaux encore jamais atteints pour un candidat du Front national (de l’ordre de 20% depuis des mois), attesterait de cette nouvelle respectabilité du parti et de sa dirigeante. En outre, un sondage TNS Sofres (1), largement relayé et qui a fait la une du Monde, a mis en lumière que les idées du Front national n’ont jamais été aussi partagées et banalisées au sein de la société française. Ainsi, 31% des Français se déclarent en accord avec les idées du Front national, un niveau jamais observé auparavant. De surcroît, la candidate porterait désormais des valeurs moins extrémistes. Ce sondage nous apprenait ainsi que 41% des Français considèrent que Marine Le Pen est plutôt la représentante d’une droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles quand 45% jugent qu’elle incarne à l’inverse une extrême droite nationaliste et xénophobe. Ainsi, pour près d’un Français sur deux, le Front national serait devenu un parti de droite modéré.

Dans quelle mesure le Front national est-il aujourd’hui considéré comme un « parti comme les autres » ? Marine Le Pen se démarque-t-elle véritablement de son père dans l’esprit des Français ? Lire la suite

Evolution des intentions de vote d’octobre à aujourd’hui

Depuis l’année dernière, les instituts de sondages multiplient les mesures d’intentions de vote pour l’élection présidentielle à venir. Dans les médias, la vision offerte de ces baromètres est souvent parcellaire, en se limitant au derniers résultats avec les évolution par rapport à la précédente enquête. Or, il est également précieux d’analyser les tendances qui se dégagent après plusieurs mesures.

Pour cet article, nous nous appuierons sur les intentions de vote de l’intention BVA, puisque c’est cet institut qui nous offre la mesure la plus récente. Les différents instituts donnent des résultats relativement proches mais nous jugeons préférable de ne pas dresser d’évolutions entre des intentions de vote provenant de plusieurs instituts de sondage, ceux-ci utilisant parfois des méthodologies différentes. Nous tenons ensuite à préciser que si des mesures antérieures à octobre existent, elles ne sont ici pas prises en compte, l’offre politique étant alors très incertaine. Depuis cette date, les instituts utilisent une liste de candidats stable. Auparavant, par exemple, était testé Jean-Louis Borloo, dont la présence à un niveau de l’ordre de 5% peut influer de manière non négligeable sur les scores de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre de l’Ecologie a retiré sa candidature au début du mois d’octobre. A l’inverse, d’autres petits candidats n’étaient pas encore testés, et bien que leur poids reste marginal, l’addition des voix qui se reporte sur eux peut faire varier à la baisse le score des « gros » candidats, surtout à droite et au centre (Christine Boutin, Corinne Lepage, Frédéric Nihous, Hervé Morin, Nicolas Dupont Aignan, Jean-Pierre Chevènement).

Lire la suite

Le AAA : boulet pour Nicolas Sarkozy, ascenseur pour François Bayrou

Une semaine après la dégradation de la note française auprès de l’agence de notation Standard et Poor’s, l’importance du débat politique autour de cette question en fait un thème incontournable à un peu moins de 100 jours de l’élection présidentielle. Néanmoins, ses répercussions auprès de l’opinion sont nuancées : un peu plus de quatre Français sur dix y voient des conséquences faibles voire nulles pour l’économie française tandis qu’un Français sur deux (48%) se montre à l’inverse inquiet*. Venant encore relativiser la portée de l’événement auprès de l’opinion, des sondages en début de semaine** démontraient que les effets de la dégradation sont plus faiblement perçus quand il s’agit de sa situation personnelle.

Pour autant, loin de se désintéresser de cette question macroéconomique complexe, les Français l’appréhendent très différemment selon leur positionnement politique, reflétant le débat politique sur le sujet mais aussi l’importance de thèmes sous-jacents à cet événement : la financiarisation des économies mondiales et la réduction des déficits publics. Comment les candidats à l’élection présidentielle sont-ils appréhendés au regard de cette question et lequel est jugé le plus crédible pour remettre la France sur le chemin de la note maximale ? Lire la suite

Vers une relativisation de la perte du triple A ?

Après les trois sondages parus en début de semaine sur la perte du triple A français, TNS Sofres publie une nouvelle étude* sur le sujet, réalisée jeudi 19  janvier. Celle-ci montre que 48% des Français considèrent comme graves pour l’économie du pays les conséquences de la dégradation de la note française (8% « très graves » et 40% « assez graves »). A l’inverse, 43% les estiment faibles (37% « pas vraiment graves » et 6% « pas graves du tout »).

Une étude Ifop réalisée de samedi à lundi dernier** livrait des chiffres nettement différents pour une question identique : 68% des Français considéraient que les répercussions pour l’économie française étaient graves et 32% « pas graves ». Si l’absence de possibilité de ne pas se prononcer dans le sondage Ifop, alors qu’elle était offerte dans le sondage TNS Sofres, interdit de conclure à un recul de 20 points de l’inquiétude concernant les conséquences de la dégradation, ces chiffres démontrent néanmoins une perte de vitesse de cette opinion au sein de la population française. L’absence d’effets visibles à la dégradation, notamment la faiblesse des taux auxquels la France a réussi à emprunter sur les marchés durant la semaine écoulée, semble avoir relativisé la portée de cet événement. Lire la suite

Seuls quatre Français sur dix considèrent que l’opposition ferait mieux que le pouvoir actuel

L’Ifop pose tous les mois une question sur la crédibilité de l’opposition*. Malgré l’approche de la présidentielle et la victoire de la gauche à deux élections, certes pas les plus importantes (cantonales et sénatoriales), les Français accordent une confiance assez stable à la gauche tout au long de l’année 2011.

En moyenne sur la période, 43% des Français estiment que l’opposition ferait mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir. Tout au long de l’année, les évolutions sont relativement limitées. La crédibilité de la gauche augmente légèrement à partir de mars, après les élections cantonales. A la même époque, on assiste à une diminution de la cote de popularité du président de la République.

Le niveau de crédibilité de l’opposition reste ensuite stable, autour de 44%, jusqu’au mois d’octobre. Celui est marqué par deux événements d’importance pour l’opposition : la victoire aux élections sénatoriales, qui pour la première fois sous la cinquième République, donne la majorité de cette assemblée à la gauche ; la primaire socialiste, marquée par un taux de participation important, qui intronise François Hollande comme le candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle. La crédibilité de l’opposition augmente alors significativement (+5 points). Un Français sur deux (49%) estime alors que la gauche ferait mieux que la droite.L’embellie est néanmoins de courte durée puisqu’en décembre, la crédibilité de l’opposition revient à son niveau du début de l’année 2011 (40%).

Graphique : « Selon vous, l’opposition ferait-elle mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir ? »

Lire la suite

François Hollande : forces et faiblesses du candidat socialiste

A la mi-janvier, le candidat socialiste domine toujours largement dans les intentions de vote, spécialement dans celles se rapportant au second tour. Néanmoins, depuis le mois de décembre, l’avance de François Hollande se réduit. Ceci a traduit un rééquilibrage après la mise en apesanteur du candidat après sa désignation lors des primaires socialistes à la fin octobre. Cette prime dans les sondages, qui fait suite à l’annonce de la candidature, est régulièrement constatée (songeons à l’embellie qu’a connu François Bayrou suite à sa déclaration de candidature début décembre) même si elle n’est pas automatique (Hervé Morin n’en a par exemple pas profité).

Aujourd’hui, cet effet est derrière nous et les intentions de vote qui se resserrent entre les quatre premiers candidats, avec la présence du Front national à un haut niveau et l’émergence du candidat du MoDem, indiquent que rien n’est encore joué.

Dans ce contexte, interrogeons-nous sur l’image du candidat François Hollande, car celle-ci sera évidemment déterminante à l’heure du choix. L’ancien secrétaire du parti socialiste, bien qu’il possède des atouts certains, pâtit également de faiblesses non négligeables. Lire la suite

La réaction des Français après la perte du triple A : des sondages qui se suivent mais ne se ressemblent pas totalement

Après la perte de la note AAA auprès de l’agence Standard et Poor’s vendredi 13 janvier, les instituts de sondages ont réagi de concert pour nous livrer la réaction des Français face à cet événement. Ce ne sont pas moins de trois sondages qui ont été publiés en trois jours, avec des résultats assez différents….


1. Mardi matin : sondage Ipsos : 52% des Français estiment que les conséquences de la perte du triple A seront graves pour l’économie française

L’institut Ipsos est le premier à livrer des résultats sur le sujet*. Réalisé le 13 et 14 janvier, ce sondage nous apprend que 52% des Français considèrent que la perte de la note maximale auprès de Standard et Poor’s entraînera des conséquences graves pour l’économie française (9% « très graves » et 43% « assez graves »). A l’inverse, 39% des personnes interrogées estiment que les conséquences n’auront pas de réelle gravité (31% « pas vraiment graves » et 8% « pas graves du tout »).

Lire la suite

Les Français et la perte du triple A : des conséquences redoutées mais limitées

A un peu moins de 100 jours du premier tour de l’élection présidentielle, la France a perdu sa note maximale auprès de l’agence de notation Standard et Poor’s. Cette nouvelle, arrivant à point nommé un vendredi 13, a eu la dimension d’un véritable choc politique et a nourri un affrontement entre les différents candidats durant tout le week-end. Les concurrents de l’actuel président de la République se font fort de rappeler que le gouvernement, après avoir insisté lourdement sur l’importance de la préservation de cette note maximale pour l’Etat français, a fait volte-face en affirmant depuis quelques semaines que la dégradation ne constituerait pas un événement de si grande ampleur.

En attendant l’arrivée certainement éminente de nouvelles études sur la façon dont l’opinion perçoit la perte du AAA français, nous pouvons rappeler quelles étaient les perceptions des Français avant la dégradation en nous appuyant sur deux sondages réalisés en décembre dernier. Ceux-ci démontrent que malgré une inquiétude bien réelle, les Français étaient loin de considérer l’éventualité d’une dégradation comme une catastrophe économique. Lire la suite