Evolution des intentions de vote d’octobre à aujourd’hui

Depuis l’année dernière, les instituts de sondages multiplient les mesures d’intentions de vote pour l’élection présidentielle à venir. Dans les médias, la vision offerte de ces baromètres est souvent parcellaire, en se limitant au derniers résultats avec les évolution par rapport à la précédente enquête. Or, il est également précieux d’analyser les tendances qui se dégagent après plusieurs mesures.

Pour cet article, nous nous appuierons sur les intentions de vote de l’intention BVA, puisque c’est cet institut qui nous offre la mesure la plus récente. Les différents instituts donnent des résultats relativement proches mais nous jugeons préférable de ne pas dresser d’évolutions entre des intentions de vote provenant de plusieurs instituts de sondage, ceux-ci utilisant parfois des méthodologies différentes. Nous tenons ensuite à préciser que si des mesures antérieures à octobre existent, elles ne sont ici pas prises en compte, l’offre politique étant alors très incertaine. Depuis cette date, les instituts utilisent une liste de candidats stable. Auparavant, par exemple, était testé Jean-Louis Borloo, dont la présence à un niveau de l’ordre de 5% peut influer de manière non négligeable sur les scores de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre de l’Ecologie a retiré sa candidature au début du mois d’octobre. A l’inverse, d’autres petits candidats n’étaient pas encore testés, et bien que leur poids reste marginal, l’addition des voix qui se reporte sur eux peut faire varier à la baisse le score des « gros » candidats, surtout à droite et au centre (Christine Boutin, Corinne Lepage, Frédéric Nihous, Hervé Morin, Nicolas Dupont Aignan, Jean-Pierre Chevènement).

Les intentions pour François Hollande au plus bas en janvier, bien qu’il reste largement en tête

Juste après sa désignation aux primaires socialistes, François Hollande plafonne dans les intentions de vote en recueillant 39% des suffrages selon BVA. Il devance alors le chef de l’Etat, qui arrive en deuxième position, de 16 points. Puis, les intentions de vote pour le candidat du PS diminuent assez régulièrement et atteignent leur plus bas niveau au début du mois de janvier (28%). La dernière vague du baromètre, mi-janvier, montre une légère progression (+2 points), qui reste à confirmer par les études à venir. L’impact du discours du Bourget devra notamment être analysé.

Malgré une perte de l’ordre de dix points en deux mois, François Hollande demeure largement en tête des intentions de vote du premier tour, avec 7 points d’avance sur Nicolas Sarkozy. En outre, cette diminution doit être relativisée par ce qu’on peut désigner comme « l’effet primaires ». Avec le processus de désignation, le candidat Hollande a effectivement bénéficié d’un fort éclairage médiatique. De plus, le succès du processus même des primaires ouvertes à l’ensemble des électeurs de gauche a également sans doute rejailli en partie sur le candidat. La diminution des scores du candidat après cette séquence apparaissent plus comme un rééquilibrage que comme une véritable désaffection à  son égard.

Il est intéressant de noter que ce qui a été présenté comme des « cafouillages » à répétition, notamment autour de l’accord EELV-PS, du quotient familial ou des 60 000 postes d’enseignants, semble ne pas avoir eu d’influence sur les scores du candidat.

Les intentions de vote à venir devront être scrutées avec la plus grande attention, le candidat entrant en effet dans une phase décisive de sa campagne avec la présentation de son programme complet à la fin de semaine, après l’annonce de certaines mesures lors de son discours au Bourget hier.

Une grande stabilité dans les intentions de vote de Nicolas Sarkozy

Sur la longue période, les intentions de vote pour le président sortant varient peu, avec une amplitude constatée de 4 points. Après avoir progressé d’octobre à novembre, en passant de 23% à 27%, il se maintient depuis à un score d’environ 24% avec néanmoins une tendance qui semble être à la diminution. Cette stabilité se traduit notamment par un écart stable avec Marine Le Pen (4 points début octobre, 5 points mi-janvier).

Le Président de la République n’a pas bénéficié de la forte séquence européenne de la fin de l’année qui a débouché sur un accord le 9 décembre dernier. L’annonce d’un deuxième plan de rigueur début novembre semble avoir joué légèrement en sa faveur (il atteint son plus haut niveau, 27% dans la mesure de mi-novembre), mais cet effet a été très vite dissipé, les intentions de vote retrouvant leur niveau d’avant l’annonce des mesures dès début décembre.

Le socle électoral de Nicolas Sarkozy résiste largement à l’ascension continue de François Bayrou depuis novembre. En outre, le président profite de la diminution des intentions de vote pour le candidat socialiste, bien que l’écart atteigne toujours 7 points lors de la dernière enquête. Il demeure pour autant loin des 31% des voix qu’il avait obtenues en 2007 lors du premier tour.

Un socle solide qui se maintient pour Marine Le Pen

Depuis octobre dernier, Marine Le Pen jouit d’un score stable (amplitude de 2 points) à un haut niveau (18% en moyenne), comme si sa campagne ou les événements extérieurs n’avaient pas d’influence sur son socle électoral. Elle demeure à la troisième place sans parvenir à se rapprocher du couple en tête. Ce niveau d’intention de vote demeure exceptionnel pour la candidate du Front national, bien au-delà du score obtenu par son père en 2007.

François Bayrou, une percée flagrante

En deux mois, François Bayrou double son score auprès des électeurs, en passant de 7% d’intentions de vote à la mi-novembre à 13% à la mi-janvier. Il s’agit sans doute de l’évolution la plus intéressante en ce début de campagne. Les prochaines enquêtes permettront de savoir si ce mouvement se poursuivra et si le candidat centriste parvient encore à élargir son audience. La marge de progression jusqu’à son score réel en 2007 (18,56%) reste forte.

Jean-Luc Mélenchon, une faible progression

La tendance est également à la hausse pour Jean-Luc Mélenchon, mais de manière plus modeste. En octobre et novembre, le candidat du Front de gauche obtient de 5% à 6% d’intentions de vote : en décembre et janvier de 7% à 8%. Seul candidat de l’extrême-gauche à arriver à percer dans les études d’opinion, Jean-Luc Mélenchon reste néanmoins loin des scores qu’a pu obtenir la gauche radicale lors de l’élection présidentielle de 2002.

La candidature d’Eva Joly ne décolle pas

Depuis octobre, la candidat d’Europe Ecologie – les Verts reste relativement stable dans ces enquêtes d’intentions de vote, avec un score autour de 4%. Traditionnellement peu performants aux élections présidentielles (Dominique Voynet avait obtenu 1,57% des voix en 2007), les écologistes sont très loin des scores obtenus lors des dernières élections (régionales et européennes).

Les intentions de vote de BVA sont disponibles sur le site internet de l’institut www.bva.fr.

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Un commentaire sur “Evolution des intentions de vote d’octobre à aujourd’hui

  1. Bonjour nos félicitations pour le thème abordé par votre article. Laissez-nous vous faire découvrir les spécificités de Jean-Louis SCHUK, candidat Les Républicains aux suffrages de 2017 en région Lyonnaise, via un ensemble d’articles politiques. D’avance merci, l’équipe de campagne de Jean-Louis SCHUK.

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