François Hollande après le Bourget : toujours plus favori

Les voici enfin les sondages de l’après-Bourget ! Aujourd’hui, CSA et BVA publient tous les deux leur sondage permettant d’évaluer l’impact du meeting de François Hollande qui s’est tenu dimanche dernier.

Ceux-ci nous permettent en premier lieu de voir que le candidat renforce son image, déjà très positive au sein de l’opinion et qu’il s’affirme encore un peu plus dans la position de favori. Néanmoins, en termes d’intentions de vote, les répercussions restent pour l’instant faibles, même si une légère augmentation est perceptible, ce qui renforce encore la domination du candidat socialiste.

Le meeting du Bourget : une notoriété très élevée et un événement fort de la campagne

Le meeting du Bourget a bénéficié d’un fort retentissement médiatique, et par conséquent est largement connu : 88% des Français en ont entendu parler (1). Cependant, 71% ne l’ont pas vu directement puisqu’ils déclarent avoir seulement avoir été en contact avec des commentaires sur la performance du candidat socialiste. 5% des Français déclarent avoir vu le meeting en entier et 12% en partie. Naturellement, c’est parmi les sympathisants du parti socialiste que l’impact a été le plus important : 32% d’entre eux déclarent avoir vu le meeting en entier ou en partie (contre 17% en moyenne dans la population française).

Il s’agit de scores très forts, à prendre néanmoins avec toute la précaution nécessaire, puisqu’il s’agit là de résultats déclaratifs.

Par ailleurs, ce meeting, largement attendu et commenté, nourrit l’intérêt pour la campagne. L’institut CSA (2) enregistre une augmentation de 7 points de l’intérêt des Français en deux semaines. 73% d’entre eux se déclarent désormais intéressées par la campagne électorale. L’institut souligne que la progression de l’intérêt est particulièrement notable parmi les catégories modestes (67%, +9 points parmi les employés et les ouvriers), ce qui fait dire à Jérôme Sainte-Marie, directeur du département Opinion de CSA qu’« il semblerait donc que nous soyons au moment où s’effectue la politisation pré-électorale, avec l’entrée en lice des catégories populaires ». Le meeting du Bourget pourrait donc bien s’affirmer comme un tournant dans cette campagne.

Un impact très positif sur l’image du candidat, même si l’enthousiasme n’est pas de mise

Une majorité des Français a trouvé le candidat socialiste convaincant lors de sa prestation, même si l’enthousiasme n’est pas de mise, 41% l’ayant trouvé « plutôt » convaincant et seulement 15% « tout à fait » convaincant. François Hollande a néanmoins particulièrement convaincu son camp (89% des sympathisants socialistes dont 35% « tout à fait convaincant »). Son discours, ancré à gauche avec la dénonciation du « monde de la finance » a séduit également les deux tiers des sympathisants de la gauche de la gauche (68%) et 72% des sympathisants d’Europe Ecologie – les Verts. Une majorité des sympathisants du MoDem se déclarent également convaincus par le discours du candidat socialiste. L’appréciation du discours du candidat est donc très importante. François Hollande renforce son image suite à ce meeting, majoritairement considéré comme réussi.

Les bénéfices d’image pour le candidat socialiste sont importants. Certes, un Français sur deux (exposé au meeting ou à ses commentaires) déclare que l’image qu’il se fait de François Hollande n’a pas été modifiée suite au meeting du Bourget. Mais 44% déclarent que cette image s’est améliorée, et seuls 3% font part d’un ressenti négatif et évoquent une dégradation de l’image du candidat dans leur esprit. Ainsi, le meeting a effectivement permis à François Hollande de séduire davantage, et plus particulièrement les électeurs de gauche dans leur ensemble : 69% des sympathisants socialistes déclarent avoir désormais une meilleure image de l’ancien premier secrétaire du PS, 66% des sympathisants de la gauche de la gauche et 61% des sympathisants d’Europe Ecologie – les Verts. Au MoDem, le gain est plus modeste (34%), le discours ayant certainement eu une tonalité trop à gauche pour séduire largement cette frange de l’électorat.

Le positionnement de François Hollande est apprécié. Une majorité des Français (54%) le juge à gauche « juste comme il faut » (2), 23% « pas assez à gauche » et 18% « trop à gauche ». Parmi les sympathisants socialistes, ce jugement est, sans surprise, plus favorable : 76% considèrent son positionnement adéquat mais tout de même 20% ne le trouvent « pas assez à gauche ». En revanche, plus à gauche, la capacité de François Hollande à séduire reste encore relative malgré sa dénonciation du monde de la finance. Après son discours du Bourget, 70% des sympathisants de la gauche de la gauche estiment que le candidat n’est pas assez à gauche, un sentiment également bien présent quoique minoritaire chez les sympathisants d’Europe Ecologie – les Verts (36% pour 58% trouvant son positionnement « comme il faut »). Ainsi, François Hollande, malgré l’inflexion de son discours avec une critique marquée des « puissances financières » reste toujours relativement au centre pour les Français. D’ailleurs, les sympathisants du MoDem approuvent très largement son positionnement (à 69%).

Plus globalement, 60% des Français estiment que François Hollande effectue une bonne campagne (2), contre 32% qui pensent l’inverse. Néanmoins, comme les chiffres précédents le montraient, parler d’enthousiasme serait exagéré : seuls 6% des Français évoquent une « très bonne campagne ». Par ailleurs, la capacité à convaincre du candidat socialiste reste limitée. Le seul domaine où le candidat socialiste est considéré comme massivement convaincant est la réduction des inégalités sociales (52% contre 43% le jugeant « pas convaincant »), ce qui ne constitue pas un changement par rapport à l’avant meeting, ce sujet étant un des points forts du candidat. Remarquons notamment que François Hollande n’est considéré convaincant que par un tiers des Français sur les deux sujets qu’ils jugent les plus importants à l’approche de la campagne : le pouvoir d’achat (38% contre 56% ne l’estimant pas convaincant) et l’emploi (37% contre 57%). Enfin, bien qu’il en ait fait un de ses principaux marqueurs politiques, François Hollande suscite peu d’adhésion sur la question des déficits publics (33% le trouvant convaincant contre 61%). L’annonce du programme détaillé du candidat aujourd’hui pourra peut-être faire bouger ces lignes, qui restent assez fixes depuis sa désignation comme candidat du parti socialiste.

Néanmoins, l’impact du meeting demeure réel et positif. Reste à savoir si cette amélioration de l’image du candidat sera durable et se traduit dans les intentions de vote.

Une légère amélioration dans les intentions de vote

L’amélioration de l’image du candidat se traduit également par l’augmentation du sentiment que celui-ci va gagner l’élection. François Hollande renforce sa position de favori : 43% des Français estiment qu’il va gagner l’élection présidentielle à venir, une augmentation de 3 points par rapport à début janvier (2). Plus des deux tiers des sympathisants de gauche anticipent la victoire du candidat socialiste (69%). C’est surtout la baisse de Nicolas Sarkozy qui est remarquable : seuls 23% des Français considèrent qu’il fera un deuxième mandat contre 31% au début du mois de janvier.

Dans les intentions de vote à proprement dit, l’amélioration existe, mais elle reste faible. L’institut CSA enregistre une progression du score du candidat socialiste de 2 points par rapport au début du mois de janvier, mais l’écart par rapport à Nicolas Sarkozy progresse, le président reculant d’un point. François Hollande devance donc désormais encore plus nettement tous les autres candidats au premier tour (31% contre 25% pour Nicolas Sarkozy, 17% pour Marine Le Pen et 15% pour François Bayrou).

Si l’on regarde l’évolution par catégorie de population (à prendre avec prudence du fait des faibles effectifs), le discours du Bourget semble avoir permis à François Hollande de progresser auprès des sympathisants d’extrême-gauche et des catégories populaires. En revanche, l’institut CSA note une diminution auprès des sympathisants socialistes (74%, -6 points par rapport à deux semaines auparavant).

Enfin, il convient de remarquer que la gauche de la gauche connaît également une embellie, tout comme le MoDem dans cette nouvelle étude. La progression de François Hollande ne rogne donc pas sur l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, qui gagne 2 points par rapport au début du mois et recueille son plus fort score d’intentions de vote depuis le début de la campagne (9%). De la même manière, François Bayrou poursuit sa progression est n’est pas gêné par l’augmentation dont bénéficie François Hollande. Le président du MoDem obtient 15% d’intentions de vote dans ce nouveau sondage (+2 points). Eva Joly reste stable à un très faible niveau (2%). Il n’y a donc pas de rééquilibrage à gauche vers le candidat socialiste : la gauche augmente globalement son score au détriment de la droite.

Ces tendances devront être confirmées dans d’autres études. L’Ifop note également une progression de François Hollande dans les intentions de vote, mais plus faible, le candidat passant de 26,5% avant son meeting à 27,5% mercredi 25 janvier. Par conséquent, l’écart avec Nicolas Sarkozy, qui reste stable, augmente dans la même mesure (de 3,5 points à 4,5 points).

Ainsi, bien que l’impact en termes d’image soit important pour François Hollande, il n’est que limité dans les intentions de vote. La deuxième partie de la semaine, pendant laquelle le candidat présentera son programme et débattra avec Alain Juppé en prime-time sur France 2 aura-t-elle un effet plus significatif dans les intentions de vote ?

(1) Sondage BVA pour Orange, la presse régionale et RTL, réalisé par internet les 24 et 25 janvier 2012, auprès d’un échantillon  de 1185 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

(2) Sondage CSA pour BFM TV, 20 minutes, RMC et CSC, réalisé par téléphone les 23 et 24 janvier 2012, auprès d’un échantillon  de 1011 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les intentions de vote sont réalisées auprès des personnes inscrites sur les listes électorales, soit 898 individus.

(3) Sondage Ifop avec Fiducial pour Europe 1, réalisé par internet. Les intentions de vote sont réalisées auprès d’un échantillon d’environ 1200 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et inscrite sur les listes électorales. Il s’agit d’intentions de vote en continu : quotidiennement 300 à 350 électeurs sont interrogés. La vague du jour est cumulée avec celle des deux jours précédents.

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