L’inexorable chute de la popularité de Nicolas Sarkozy

A trois mois de l’élection présidentielle, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est au plus bas. Aucun président de la Ve République ne s’était soumis aux suffrages des Français avec un tel niveau d’impopularité. Aujourd’hui, seuls 32% des Français se déclarent satisfaits de Nicolas Sarkozy.

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Une incroyable chute en un an après un court état de grâce

Plus encore que les records d’impopularité qu’il va recueillir, c’est la vitesse avec laquelle Nicolas Sarkozy tombe dans l’impopularité qui impressionne. Largement élu en mai 2007 avec 53% des voix, Nicolas Sarkozy démarre son mandat avec une forte popularité (de 65% jusqu’à 69% en août 2009). L’ « état du grâce » du président est de courte durée et la chute sera rapide. Entre août 2008 et février 2009, la popularité de Nicolas Sarkozy est divisée par deux, et passe de 69% à 38%.

Le style du nouveau président bouscule les Français. Bien que le passage sur le yacht de son ami Vincent Bolloré, souvent évoqué pour expliquer ce désamour soudain, ait été « excusé » (il a lieu en mai, avant la chute de popularité), la mise en scène de la vie privée du président, son côté bling-bling, des réformes très clivantes (bouclier fiscal notamment) atteignent chaque mois davantage l’image du président.

De février à mai 2008, la chute se ralentit mais se poursuit toujours régulièrement. Un an après son élection, seuls 35% des Français se déclarent satisfaits du président de la République.

2008-2009 : une certaine amélioration avant un nouveau déclin

De mai à octobre 2008, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy remonte de près de 10 points. Elle se stabilise ensuite à 44% jusqu’au début de l’année 2009. La fin de l’année 2008 est marquée par les débuts retentissants de la crise économique et financière. Le président de la République se montre alors réactif, intervient sur la scène européenne, met en place un plan de sauvetage des banques puis un plan de relance de l’économie française. Août 2008, c’est également la guerre en Géorgie, où Nicolas Sarkozy se donnera un rôle clé et fera signer le traité de paix entre les deux partis. Enfin, au second semestre 2008, la France prend la présidence de l’Union européenne. Sur le plan de la communication, Nicolas Sarkozy  commence à se donner une posture plus présidentielle, plus apaisée.

A partir de février 2009, alors que les Français sont de plus en plus inquiets face à la crise, une nouvelle baisse de la popularité du président intervient et sa cote rejoint les bas niveaux observé au début de l’année 2008. Elle s’améliore de nouveau d’avril à août 2009, au moment des élections européennes et du remaniement gouvernemental. 45% des Français se déclarent satisfaits du président deux ans après le début de son mandat, en août 2009. La popularité du président de la République n’atteindra jamais de nouveau un tel niveau.

2010-2011 : Les tréfonds

La cote de popularité de Nicolas Sarkozy reprend sa chute à partir de la rentrée 2009. Elle atteint un niveau dramatiquement bas en mars 2010 (30%). Si elle remonte ensuite légèrement jusqu’à l’été (atteignant 36% en août), Nicolas Sarkozy semble ensuite payer pour trois forts événements de son quinquennat, survenant durant l’été 2010 : la réforme des retraites, le déclenchement de l’affaire Woerth-Bettencourt qui conduira à l’éviction du ministre du Budget porteur de cette réforme emblématique, et le discours de Grenoble, qui affirme une radicalisation sur le thème de l’insécurité. En outre, la stratégie de repli médiatique opérée par le Président ne porte pas ses fruits. Le flou entretenu autour de la nomination éventuelle de Jean-Louis Borloo à Matignon pour ensuite maintenir François Fillon non plus. En octobre 2010, la cote de popularité de Nicolas passe sous la barre des 30% (29%). En avril 2011, elle enregistre son plus bas niveau historique, avec seulement 28% de Français se déclarant satisfaits de l’action de leur président. 

Un faible regain depuis l’été 2011

Les derniers mois de l’année 2011 montrent un certain regain, bien que la popularité de Nicolas Sarkozy demeure à des niveaux très faibles : en moyenne depuis juillet 2011, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy s’établit à 33%. D’octobre 2010 à juin 2011, cette moyenne était de 30%. Il est notamment intéressant de remarquer que l’annonce des plans de rigueur ne se traduit pas par une dégradation de la cote du président, mais pas non plus par une progression très significative.

L’image de Nicolas Sarkozy reste donc gravement abîmée dans l’opinion. Le futur candidat à l’élection présidentielle parviendra-t-il à reconquérir les électeurs malgré la faible satisfaction qu’il suscite ?

Cet article s’appuie sur les cotes de popularité de l’Ifop pour le Journal du Dimanche. Ces sondages sont réalisés chaque mois par téléphone auprès d’un échantillon d’environ 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Advertisements

Un commentaire sur “L’inexorable chute de la popularité de Nicolas Sarkozy

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s