Entre Marine Le Pen et François Hollande, le coeur des ouvriers balance

En avril dernier, un gros titre tiré d’un sondage Ifop avait fait couler beaucoup d’encre : Marine Le Pen dominerait très nettement les intentions de vote des ouvriers français. Qu’en est-il aujourd’hui après l’entrée en campagne de François Hollande ? Nicolas Sarkozy a-t-il réussi à reconquérir cet électorat qu’il avait su séduire en 2007 par son « travailler plus pour gagner plus » ? Et quid de la place de Jean-Luc Mélenchon, qui affiche depuis quelques semaines son intention de disputer le vote ouvrier au Front national ?

Un sondage Ifop*, réalisé sur un échantillon de taille relativement importante (1723 personnes inscrites sur les listes électorales) permet d’analyser le vote ouvrier dans la perspective de la prochaine élection présidentielle :

Quand on analyse les intentions de vote des ouvriers, deux candidats se détachent nettement en tête : Marine Le Pen, qui recueille 28% des intentions de vote et François Hollande, avec 27%. Si les deux candidats font pratiquement jeu égal au sein de cette population, la progression du Front national y existe bel et bien. En 2007, Jean-Marie Le Pen n’arrivait qu’en troisième position chez les ouvriers, avec 19% des suffrages**. Marine Le Pen a donc su asseoir l’attractivité de son parti auprès des ouvriers. Le candidat socialiste gagne, quant à lui, peu de points par rapport à Ségolène Royal, qui avait rassemblé 25% du vote ouvrier en 2007.

Nicolas Sarkozy, en troisième position, est distancé, avec tout de même 17% des intentions de vote. Il avait recueilli 25% des suffrages ouvriers en 2007**. On peut bien parler d’un certain désamour, et cette partie de l’électorat perdue par le candidat de l’UMP semble bien s’être déportée, du moins en partie, vers la dirigeante du Front national.  Néanmoins, le président de la République séduit toujours une part conséquente des ouvriers. Il faudra surveiller, dans les semaines à venir, si son discours centré sur l’importance de la valeur travail arrivera à reconquérir cette frange de l’électorat.

Jean-Luc Mélenchon recueille 9% d’intentions de vote parmi les ouvriers, ce qui traduit une pénétration au sein de l’électorat ouvrier identique à celle qu’il possède au sein de la population française au global (8,5%). Le candidat du Parti de Gauche est devancé au sein de la population ouvrière par François Bayrou (11%).

– Enfin, il ne faut pas oublier que les ouvriers constituent une catégorie de la population particulièrement encline à l’abstention. Si malheureusement le sondage de l’Ifop ne nous donne pas le chiffre des personnes déclarant avoir l’intention de s’abstenir ou de voter blanc et nul, l’abstention pourrait bien augmenter par rapport à 2007, notamment du fait de la déception que suscite le président sortant. Elle pourrait donc être la grande gagnante chez les ouvriers.

 

* Sondage Ifop en partenariat avec Fiducial pour Europe 1, Paris Match et Public Sénat, réalisé par internet et par téléphone auprès d’un échantillon de 1723 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 1896 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

** Panel Electoral Français (2007) CEVIPOF-Ministère de l’Intérieur, réalisé par l’Ifop par téléphone auprès d’un échantillon de 1847 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. N’ont été interrogées que des personnes inscrites sur les listes électorales.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s