L’analyse sociologique du vote au second tour : quels clivages socio-économiques ?

Après avoir analysé le vote en fonction de l’âge et du sexe, nous nous intéressons désormais aux caractéristiques socio-économiques : quels candidats ont choisi les Français au second tour de l’élection présidentielle selon leur position face à l’emploi ?

Des inactifs qui ont voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy et des actifs majoritairement pour François Hollande

La première différence à remarquer est celle qui oppose actifs et inactifs : les premiers votent plus que la moyenne pour François Hollande et lui ont accordé 54% de leurs voix (soit deux points de plus que la moyenne nationale) tandis que les inactifs placent en tête Nicolas Sarkozy, avec 51% des voix contre 49% seulement à son adversaire.

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon le statut professionnel (sondage OpinionWay)

Cette constatation rejoint naturellement le clivage par âge que nous avions remarqué dans notre article précédent : les inactifs sont majoritairement composés de retraités, donc de la frange la plus âgée de la population, une des seules à avoir voté majoritairement pour le candidat sortant. L’analyse du détail par catégorie d’inactifs rejoint effectivement largement les constats effectués par âge :

Le vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon la catégorie d’inactifs (sondage OpinionWay)

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Que disent les premières études d’intentions de vote pour les élections législatives ?

Les élections législatives auront lieu dans un mois et demi. Les premiers sondages d’intentions de vote pour ces élections ont été publiés le soir-même du second tour de l’élection présidentielle. Ceux-ci permettent d’appréhender le rapport de force national entre les différents partis, même si naturellement, les élections législatives, qui se déroulent circonscription par circonscription, dépendent assez largement d’éléments locaux (implantation des candidats et notoriété, enjeux locaux, sociologie électorale dans la circonscription, etc.). Et en tout état de cause, ces sondages ne permettent pas de déterminer le nombre de députés qu’obtiendra chacun des partis. Ils renseignent sur le pourcentage de voix que chaque formation obtiendrait au premier tour auprès de l’ensemble des Français, deux mois après l’élection nationale par excellence qu’est l’élection présidentielle. Cette information a évidemment une importance cruciale, notamment pour appréhender le poids de partis qui ne seront sans doute pas ou symboliquement représentés à l’Assemblée nationale du fait du mode de scrutin majoritaire.

Beaucoup d’interrogations surgissent à quelques semaines de cette élection : la victoire de François Hollande sera-t-elle confirmée par une victoire de la gauche aux élections législatives et si oui, de quelle ampleur serait cette confirmation qui s’est, pour l’heure, toujours produite sous la Cinquième République ? Quel score pour la droite après la défaite de Nicolas Sarkozy alors qu’en 2007, la droite parlementaire avait raflé près de la moitié des suffrages (45,6%) ? Comment le Front national résistera-t-il à une élection traditionnellement moins favorable à cette formation (il avait obtenu 4,3% des suffrages en 2007 après en avoir obtenu 10,44% à l’élection présidentielle) ? Quel avenir pour le Front de gauche après son score à deux chiffres à l’élection présidentielle ? Saura-t-il profiter de l’implantation des élus communistes ou le vote pour Jean-Luc Mélenchon revêtait-il une forte dimension personnelle ? Les électeurs de gauche voteront-ils « utile » dès le premier tour des élections législatives ? Quel score pour Europe Ecologie les Verts en tant que formation alors qu’elle se présente unie avec le PS dans certaines circonscriptions ? La dégringolade du MoDem se poursuivra-t-elle ?

Autant de questions auxquelles les sondages permettent d’apporter un début de réponse. Un début, car nous le rappelons encore, ces sondages donnent le rapport de force à la date de leur réalisation et ne prédisent pas les résultats du scrutin de juin. En un peu plus d’un mois, les lignes peuvent encore bouger, surtout en un contexte politique dense, marqué par les premiers pas du nouveau président. Lire la suite

L’analyse sociologique du vote au second tour : selon l’âge et le sexe

Les résultats définitifs du second tour sont désormais connus : 51,62% pour François Hollande et 48,38% pour Nicolas Sarkozy. Sous ce résultat d’ensemble, des disparités fortes se cachent selon les catégories de population. Comment les Français ont-ils voté au second tour selon leurs caractéristiques socio-démographiques ?

Le vote selon l’âge : plus complexe que la formule « les jeunes pour Hollande, les plus âgés pour Sarkozy »

L’âge apparaît comme un facteur assez discriminant lors du vote. Il est d’ailleurs bien établi en sociologie électorale que les jeunes sont davantage portés à voter à gauche, tandis que les personnes les plus âgées tendent plus vers la droite. Néanmoins, l’analyse du vote lors de ce second tour apporte des nuances importante à l’idée que plus on serait âge, plus on voterait à droite.

Vote au second tour de l’élection présidentielle de 2012 selon les tranches d’âge (sondage OpinionWay)

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Les derniers sondages pour le second tour prévoyaient un écart légèrement plus important entre les deux candidats

Sans exception, tous les sondages ont donné, tout au long de la campagne, François en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais comment ces sondages résistent-ils à la confrontation avec les résultats réels du vote ?

Pour conduire cette comparaison, il faut d’intéresser aux derniers sondages publiés avant l’interdiction courant durant le week-end du scrutin. Rappelons en effet que les sondages ne sont pas une prédiction du résultat mais mesurent un rapport de force à un instant donné. La confrontation doit donc se faire avec les sondages conduits au plus près de l’échéance électorale, d’autant plus qu’il existe toujours une proportion d’électeurs décidant de leur vote au dernier instant. Si ceux-ci sont nettement minoritaires, d’autant plus pour un second tour où l’offre est restreinte et donc le choix plus aisé, ils représentent tout de même une part conséquente du corps électoral. Selon le sondage « jour du vote » de CSA, 10% des électeurs ont fait leur choix le jour-même et 17% dans l’entre-deux tours.

Les derniers sondages réalisés par les instituts donnaient les scores suivants aux deux candidats (clic pour agrandir) :

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Les estimations des instituts à 20h : justes à quelques décimales près…

Maintenant que les résultats réels sont connus, l’heure est à la confrontation des scores donnés par les instituts dans leurs estimations avec les résultats réels du vote.

Ci-dessous, figurent deux tableaux qui conduisent cette comparaison : le premier présente les estimations fournies à 20h et le deuxième les estimations affinées fournies plus tard dans la soirée (entre 21h et 22h) :

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Confrontation des derniers sondages d’intentions de vote et des premières estimations

Les premières estimations ont été diffusées à 20h. Elles accordent entre 48,0% et 48,2% pour Nicolas Sarkozy et 51,8% et 52% pour François Hollande. Ce dernier avait été invariablement donné gagnant du second tour depuis le début de la campagne par les différents sondages.

Les dernières études d’intentions de vote, réalisées quelques jours avant le scrutin, lui accordaient entre 52% et 53,5% des voix, avec une tendance au resserrement entre les deux candidats dans la dernière semaine de l’entre-deux tours.

Pour rappel, le derniers sondages parus avant l’interdiction de publication étaient les suivants (clic pour agrandir) :


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Second tour de la présidentielle : les différentes estimations à 20h

Les instituts de sondage produisant des estimations donnent tous des chiffres très proches à 20h, accordant entre 51,8% et 52,0% à François Hollande et 48,0% et 48,2% pour Nicolas Sarkozy.

Pour rappel, les estimations précédentes sont diffusés dans les médias suivants :

– TNS Sofres : TF1, LCI et RTL
– Ipsos : France télévisions, Radio France et Le Monde
– CSA : BFM TV, Canal + , I-télé, RMC et 20 minutes
– Harris interactive : M6

Comparaison entre les taux de participation à 12h et 17h et la participation finale

Les jours d’élection, dès 12h, le ministère de l’Intérieur livre le taux de participation partiel au scrutin. S’ensuit alors un jeu de comparaison pour essayer d’estimer le taux de participation final (et souvent des suppositions pour savoir quel candidat est avantagé par cette baisse ou hausse de la participation).

Pour ce second tour de l’élection présidentielle, le taux de participation était de 30,66% à 12h et de 71,96%à 17h, soit des scores supérieurs au premier tour, mais nettement inférieurs à ceux de 2007 (respectivement 34,11% et 75,11%).

Voici un rappel des taux de participation partiels et finaux en France métropolitaine pour l’élection présidentielle depuis 1981 (clic pour agrandir) :

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Resserrement des courbes au second tour mais Hollande toujours nettement en tête

Aujourd’hui paraissent les derniers sondages d’intention de vote avant la période d’interdiction de ceux-ci. Tous, sans exception, montrent un resserrement des courbes entre Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Voici un récapitulatif des derniers sondages parus avant le second tour (clic pour agrandir) :


Ainsi, en moyenne, les instituts donnent le rapport de force suivant : 53% pour François Hollande et 47% pour Nicolas Sarkozy. Les scores varient très peu entre les différents instituts : entre 52% et 53,3% pour le candidat socialiste et entre 46,5% et 48% pour le président sortant. Lire la suite

Comment la campagne de l’entre-deux tours modifie-t-elle le rapport de force ?

Après le moment-phare de l’entre-deux tours que représente le débat entre les deux candidats restant en lice, et à quelques jours du scrutin, il est intéressant de s’interroger sur les mouvements de l’électorat entre le premier et le second tour de l’élection. Pour conclure le fameux débat, le candidat Nicolas Sarkozy a fait un clair appel du pied aux électeurs du Front national, mais également à ceux de François Bayrou et aux abstentionnistes. Les prises de position récentes du chef de l’Etat, notamment avec sa proposition d’une présomption de légitime défense pour les policiers – présente dans le programme du Front national – et un discours recentré sur les craintes de l’électorat frontiste en matière d’immigration et de mondialisation, ont déclenché de nombreuses réactions à gauche.

De son côté, le candidat socialiste rappelle qu’il tient à s’adresser à tous les Français, et notamment aux électeurs de Marine Le Pen. Il ne dévie pour autant pas de sa ligne, et semble davantage capitaliser sur son avance et sur le rejet et la déception que peut susciter Nicolas Sarkozy au sein de la population.

Dans quelle mesure cette « drague » des électeurs du Front national fonctionne-t-elle ? Permet-elle au président sortant de réduire l’écart avec le candidat socialiste ? Comment réagissent les 9% d’électeurs de François Bayrou face à cette campagne ? Autant de questions auxquelles permettent de répondre l’analyse des sondages d’intentions de vote pour le second tour. Lire la suite