Le PS sera-t-il au second tour de l’élection présidentielle ?

Il reste pratiquement deux ans avant la prochaine élection présidentielle, mais celle-ci est déjà dans toutes les têtes. Toujours fortement impopulaire et après avoir essuyé de larges défaites à toutes les élections intermédiaires jusqu’ici, le président de la République apparaît en grande difficulté. A l’heure actuelle, aucun des sondages publiés en vue de l’élection présidentielle ne lui laisse augurer une qualification au second tour de la prochaine élection présidentielle.

 

Aujourd’hui, François Hollande ne semble pas en mesure de se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle

Le sondage publié par l’Ifop hier ne fait pas exception. Avec des hypothèses de candidats calquées sur celles de la précédente élection (sauf pour EELV où Cécile Duflot est testée en lieu et place d’Eva Joly), François Hollande n’obtient que 20% des voix et se révèle donc distancé par le candidat des Républicains Nicolas Sarkozy (24%) et Marine Le Pen (26%), en tête des intentions de vote à l’heure actuelle.

Ces résultats sont peu encourageants pour le chef de l’État. S’il lui reste encore du temps pour tenter d’améliorer la situation (Retournement de la conjoncture économique ? Réduction des candidatures à gauche ? Effondrement de ces rivaux ?), ce score démontre que la tâche est ardue. Cependant, François Hollande semble déjà avoir accompli une partie du chemin en distançant aujourd’hui nettement François Bayrou (11% des intentions de vote), alors que celui-ci semblait en mesure de lui ravir la troisième place dans l’enquête réalisée en octobre 2014 :

intentions de vote présidentielle août 2015

Les intentions de vote pour François Hollande ont augmenté depuis le début de l’année, suivant une amélioration de sa popularité, entamée un peu avant les attentats de janvier. Dans le même temps, les intentions de vote pour Nicolas Sarkozy se sont légèrement tassées après son accession à la présidence de l’UMP (devenue les Républicains). Quant à Marine Le Pen, si elle continue pour l’instant la course en tête, elle apparaît également en perte de vitesse dans les enquêtes réalisées cet été, peut-être en conséquence du feuilleton à rebondissement de l’exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national.

 

Manuel Valls, l’alternative à François Hollande ?

Le Premier ministre, plus populaire que le président de la République, serait-il, lui, en mesure de se qualifier au second tour de l’élection présidentielle ? L’enquête de l’Ifop n’apporte pas de réponse claire à cette question puisque Manuel Valls y fait pratiquement jeu égal avec Nicolas Sarkozy (22% d’intentions de vote contre 23% pour l’ancien président de la République), un résultat qui proroge celui obtenu dans une étude réalisée en janvier (23% pour les deux hommes).

intentions de vote présidentielle août 2015 VALLSL’hypothèse Valls n’enraie pas la dynamique frontiste, Marine Le Pen recueillant la même proportion d’intentions de vote que si François Hollande se présente pour le Parti socialiste (26%). Le Premier ministre ne mord pas plus que le président sur l’électorat centriste de François Bayrou (toujours 11% d’intentions de vote), mais il ne semble pas non plus détourner massivement l’électorat plus radical vers Jean-Luc Mélenchon (10%, +1 point par rapport à l’hypothèse où François Hollande se représente) ou Cécile Duflot (2%, -1 point). 66% des électeurs ayant voté François Hollande au premier tour en 2012 se reporterait sur une candidature de Manuel Valls, alors que 65% revoteraient pour le président si celui-ci était le candidat socialiste (1). En somme, Manuel Valls n’attire guère plus de voix que le président de la République et son positionnement politique ne lui permet pas de fédérer des franges importantes de l’électorat qui échapperait, pour l’heure, à François Hollande. Néanmoins, ces deux petits points de différence pourraient permettre au PS de passer la barre du premier tour.

 

Le recours Arnaud Montebourg, un leurre ?

Dernier candidat du PS testé dans ce sondage, Arnaud Montebourg ne peut apparaître, à l’heure actuelle, comme un recours. Il ne recueille que 8% des intentions de vote et se place donc cinquième, derrière Marine Le Pen (27%), Nicolas Sarkozy (25%), François Bayrou (17%) et Jean-Luc Mélenchon (13%). Désormais éloigné de la vie politique, celui qui est réapparu il y a quelques jours à sa traditionnelle fête de la Rose en compagnie de l’ancien ministre grec des finances ne séduit pas les électeurs de gauche. Un retour de l’ancien ministre de l’économie sera complexe à mettre en œuvre, mais tout reste naturellement possible d’ici mai 2017, surtout si la politique du gouvernement n’apporte toujours aucune amélioration de la situation économique. Bien malin qui peut dire aujourd’hui qui remportera la prochaine élection présidentielle.

 

 

(1) : Pourcentages en suffrage exprimés. Les résultats fournis par l’Ifop ne permettent pas de savoir quelle proportion de cet électorat déclare se reporter vers l’abstention ou le vote blanc / nul.

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