Dans les estimations des instituts pour les régionales, les plus fortes erreurs concernaient le FN

Cette année, pas moins de quatre instituts ont réalisé des estimations pour le premier tour des élections régionales : Ipsos pour France télévisions, Radio France et LCP / Public Sénat ; TNS Sofres pour TF1 et RTL ; OpinionWay pour BFMTV ; et l’Ifop pour iTELE, Paris Match et Sud Radio.

Leurs estimations au niveau national se révèlent très proches des résultats finaux.

Estimations des instituts au soir du premier tour des élections régionales comparées aux résultats réels
Estimations des instituts au soir du premier tour des élections régionales comparées aux résultats réels (cliquez pour agrandir)

Ipsos est l’institut qui a été le plus performant, et ceci, dès le début de la soirée. Dans son estimation de 20h, les plus forts écarts avec les résultats définitifs de l’élection ne dépassent pas 0,6 point. Ils sont, au maximum, de 0,57 point pour les listes PS et 0,53 pour le FN. Dans son estimation affinée, l’institut propose des estimations dont le plus fort écart avec les résultats finaux est de 0,35 point (listes divers gauche), alors que pour les listes de gauche et du FN, il passe sous 0,1 point.

Les autres instituts sont, à 20 heures, un peu plus éloignés de la réalité, notamment pour le score du FN. Ainsi, TNS Sofres, en indiquant que les listes FN atteignent quasiment 30% des suffrages (29,5%), surrévalue un peu la poussée frontiste (27,73 des voix au réel). L’erreur est identique pour OpinionWay. L’Ifop, qui indique que la barre des 30% est dépassée (30,6%) est encore moins proche des résultats finaux. Même les estimations affinées de cet institut surestiment toujours le FN (30%), alors que TNS Sofres, à 22h, revoit son estimation à la baisse (28,7%) et se rapproche donc de la réalité, avec un écart d’un point. Quant à OpinionWay, il réévalue encore sa surestimation à la hausse durant la soirée (29,8%). Lire la suite

Les sondages pour les municipales confrontés aux résultats réels

 

Selon notre décompte, 158 sondages ont été réalisés dans l’optique des élections municipales. Au lendemain du premier tour du scrutin, il est l’heure de confronter les études d’opinion aux résultats réels du vote.

Avant de nous lancer dans la comparaison, gardons à l’esprit qu’un sondage n’est qu’un instantané de l’opinion : un sondage réalisé entre le 10 et 11 janvier par exemple donne le rapport de force à ces dates et ne prédit pas le résultat du 23 mars. D’ailleurs, l’analyse des sondages sur certaines villes (notamment Pau ou Béziers) ont bien montré une évolution des intentions de vote durant la campagne. Pour mener notre comparaison, nous avons donc sélectionné uniquement les études les plus récentes, à savoir les 34 dont le terrain d’enquête s’est terminé après le lundi 10 mars (soit deux semaines avant le scrutin). Parmi ces 34 études, nous disposons d’une réelle diversité en termes de taille de commune (bien qu’évidemment les sondages ne sont conduit qu’à partir d’une certaine taille), de localisation géographique et d’institut (BVA, CSA, Ifop, Ipsos, TNS Sofres).

Cette comparaison montre qu’il existe, pour la plupart des sondages, de larges différences, souvent circonscrites à quelques candidats, entre les intentions de vote et les résultats réels. Celles-ci font apparaître quelques grandes tendances, sans que celles-ci se vérifient pour toutes les villes :

– une surestimation du score des listes socialistes et de leurs alliés ;
– une sous-estimation du FN ;
– une sous-estimation des listes UMP et alliés.

 

Il n’existe pas de biais systématique : dans certaines communes, les scores ont été très bien estimés alors que dans d’autres les écarts entre intentions de vote et résultats réels peuvent atteindre de 8 à 10 points. Il n’existe pas non plus de « bons instituts » et des « mauvais » : tous les instituts représentés ont réalisé des enquêtes qui correspondent bien aux résultats finaux et d’autres où les écarts enregistrés sont importants. Lire la suite

François Hollande, plus impopulaire que jamais

Les derniers sondages de popularité du président de la République montrent un nouveau recul de François Hollande dans l’opinion. Alors que la popularité du président s’était très légèrement redressée en décembre, celle-ci repart clairement à la baisse, sous l’effet d’un rejet de plus en plus fort de sa politique dans les rangs de la gauche. Ce rejet tient à deux causes principales. D’abord, un questionnement profond sur la politique menée, telle qu’incarnée par « pacte de responsabilité », trop éloigné du logiciel de gauche pour être largement accepté par la base électorale du président, surtout quand cette politique économique ne recueille aucun résultat perceptible pour l’instant. Deuxièmement, des interrogations sur la volonté du gouvernement à agir, relancées par le retrait de la loi famille. Conjointement, l’image du président a également été affectée par l’ « affaire Gayet », qui vient mettre en doute les qualités personnelles d’un président jusqu’ici considéré comme « sympathique » et « honnête ».

Tous les instituts mesurent une cote de popularité stable ou à la baisse pour le président, comme le présente le graphique ci-dessous (cliquez pour agrandir) :

Récapitulatif des sondages de popularité de François Hollande (% opinions positives)
Récapitulatif des sondages de popularité de François Hollande (% opinions positives)

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Note de lecture pour les sondages d’intentions de vote

Les sondages d’intentions de vote réalisés à l’occasion des municipales présentés sur ce site sont réalisés par des instituts qui respectent les principes déontologiques de la profession. Ils sont effectués auprès d’échantillons représentatifs et leurs résultats sont donc extrapolables à l’ensemble de la population municipale considérée. Néanmoins, comme pour tout sondage, des précautions de lecture existent, tenant principalement à la marge d’erreur et à la date de réalisation de l’enquête. En outre, nous ne devons pas perdre d’esprit que des écueils méthodologiques persistent, notamment concernant l’estimation de la participation. Si les instituts les connaissent et tentent de les appréhender, des erreurs d’appréciation ne sont pas impossibles.

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François Hollande est le président le plus impopulaire de la Cinquième République

Tous les instituts de sondage (ou presque) le notent : la cote de popularité de François Hollande atteint des records jamais enregistrés sous la Cinquième République. Les derniers sondages parus (Ipsos et OpinionWay) confirment cette chute de la popularité du président de la République au cours des dernières semaines, chute que les instituts mesurent les uns après les autres.

Les instituts de sondage posent des questions spécifiques, ce qui peut expliquer les différences de niveaux observées. Ils réalisent également leurs études à des dates différentes. L’enchaînement des parutions donne l’illusion d’une baisse soutenue et continue, alors qu’en fait tous mesurent une même baisse, la périodicité des différents baromètres étant mensuelle.

La comparaison des différents baromètres montre clairement une baisse de la popularité de François Hollande depuis septembre, celle-ci étant enregistrée dans tous les baromètres de popularité, et donc par tous les instituts de sondage :

Evolution cote popularité Hollande novembre 2013
Évolution de la cote de popularité de François Hollande selon les instituts

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Quel est le chiffre de popularité de François Hollande ?

Les différents instituts de sondage publient, chacun, un baromètre de popularité du président de la République. Au total, dix baromètres existent. Leurs chiffres sont publiés à des dates différentes. Ceci peut donner l’impression d’une baisse continue de la popularité présidentielle, alors qu’en fait, c’est la même diminution qui est mesurée par Ipsos, puis par CSA, etc. Il faut également souligner l’effet des reprises médiatiques, les journalistes ayant tendance à reprendre les évolutions les plus marquantes (baisse ou hausse significative) et à moins parler des chiffres stables. La vision des baromètres de popularité est donc bien souvent incomplète.

En outre, chaque institut propose une formulation de question différente, ce qui donne, naturellement, des résultats différents. Ainsi, certains instituts de sondage demandent à la personne interrogée si elle a une « bonne opinion » ou une « mauvaise opinion » de François Hollande (BVA notamment), d’autres si elle fait confiance ou non au Président (CSA), d’autres si elle juge favorablement ou défavorablement l’action présidentielle (Ipsos)… Si évidemment, toutes ces dimensions (confiance, satisfaction, opinion…) sont étroitement corrélées, elles ne sont pas parfaitement identiques. Lire la suite

Le FN en tête aux européennes ? Notes de lecture pour le sondage Ifop

La publication hier d’un sondage Ifop pour le Nouvel Observateur donnant le FN en tête des intentions de vote pour les prochaines élections européennes fait énormément parler de lui. Le parti de Marine Le Pen, avec 24% des suffrages, devancerait en effet l’UMP (22%) et le PS (19%). Néanmoins comme tout sondage d’intention de vote, a fortiori de longs mois avant le scrutin, ce sondage doit être interprété avec prudence.

1. Les précautions qui s’appliquent à tous les sondages d’intention de vote

On ne le répétera jamais assez, un sondage donne le pouls de l’opinion à un instant T. Autrement dit, ce sont les rapports de force actuels qui sont mesurés dans ce sondage et pas ceux qui prévaudront le jour de scrutin. Le sondage n’est pas une prédiction. Ce qu’il faut en déduire, c’est qu’aujourd’hui, le FN ferait 24% des suffrages et devancerait les deux grands partis que sont l’UMP et le PS, mais le vote n’aura lieu que dans 8 mois. D’ici là, une campagne électorale se sera déroulée, avec des partis exposant leurs programmes respectifs, et des événements politiques pourront également influencer le rapport de force, notamment les résultats aux municipales qui auront lieu en mars prochain.

De plus, ce sondage est naturellement soumis à des marges d’erreurs. Celles-ci ne permettent pas d’établir avec certitude l’ordre d’arrivée du FN, de l’UMP et du PS. D’autres études devront venir confirmer ou infirmer les résultats obtenus dans ce sondage Ifop. Lire la suite

A quoi servent des intentions de vote un an après ?

L’Ifop a publié il y a quelques jours un sondage* contenant une question d’intentions de vote à l’élection présidentielle « un an après ».

IV Ifop 2013-04

Cette question a suscité de nombreuses critiques : quel intérêt puisqu’elle place les répondants dans une situation totalement fictive ? Le caractère fictif de l’hypothèse posée par la question n’est pas en doute : il n’y a pas d’élection présidentielle en vue, et même si des circonstances exceptionnelles rendaient cette hypothèse plausible, il semble hautement improbable que l’offre électorale soit identique à celle du dernier scrutin présidentiel.

Cette question n’a effectivement aucune valeur pour éclairer un prochain scrutin. Il n’est pas question d’en tirer des conclusions du type « Nicolas Sarkozy aurait gagné si l’élection avait lieu aujourd’hui », car nous ne sommes pas en campagne pour élire un président, et une campagne ferait naturellement bouger les lignes, c’est sa raison d’être. L’exercice doit être interprété bien autrement.

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