Que pensent les Français du « mariage pour tous » ?

Le débat autour du projet de loi « mariage pour tous » bat son plein. Alors que les débats parlementaires sont sur le point de se terminer et la loi d’être votée définitivement par l’Assemblée nationale, l’ample mouvement de manifestation à l’encontre de ce projet reste vivace et se radicalise. Deux logiques de légitimité s’affrontent : la gauche fait valoir que la mesure, présente dans le programme de François Hollande, est validée par l’élection de ce dernier puis d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Le mouvement d’opposition fait valoir un refus majoritaire de la population et demande donc l’organisation d’un référendum.

De nombreux sondages ont été réalisé sur cette question. Que montrent-ils ? Le « retournement de l’opinion » présenté par certains membres du mouvement « manif pour tous » est-il réel ? Lire la suite

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A quoi servent des intentions de vote un an après ?

L’Ifop a publié il y a quelques jours un sondage* contenant une question d’intentions de vote à l’élection présidentielle « un an après ».

IV Ifop 2013-04

Cette question a suscité de nombreuses critiques : quel intérêt puisqu’elle place les répondants dans une situation totalement fictive ? Le caractère fictif de l’hypothèse posée par la question n’est pas en doute : il n’y a pas d’élection présidentielle en vue, et même si des circonstances exceptionnelles rendaient cette hypothèse plausible, il semble hautement improbable que l’offre électorale soit identique à celle du dernier scrutin présidentiel.

Cette question n’a effectivement aucune valeur pour éclairer un prochain scrutin. Il n’est pas question d’en tirer des conclusions du type « Nicolas Sarkozy aurait gagné si l’élection avait lieu aujourd’hui », car nous ne sommes pas en campagne pour élire un président, et une campagne ferait naturellement bouger les lignes, c’est sa raison d’être. L’exercice doit être interprété bien autrement.

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Contestation des résultats du vote pour la présidence de l’UMP : quel impact sur l’image du parti et de ses dirigeants ?

Le prochain président de l’UMP devait être désigné par le vote des adhérents de l’UMP dimanche 18 novembre. Les résultats serrés ont entraînés de multiples contestations et coups de théâtre relayés par les médias. Sur toutes les chaînes, radios et dans tous les journaux, on parle du « triste spectacle » que donne de lui le principal parti d’opposition. Que révèlent les premiers sondages parus de l’impact de cette crise partisane dans l’opinion publique ?

Jean-François Copé et François Fillon sortent particulièrement écornés de ces bisbilles

Un sondage BVA réalisé « à chaud » les 22 et 23 novembre démontre que l’image des deux principaux protagonistes a été fortement endommagée par les disputes qui agitent le parti. Ce sondage prend pour point de comparaison antérieur les données de popularité de l’Ifop*, dont la dernière vague d’enquête a été réalisée en début de mois (8 et 9 novembre). Si l’on reprend les données de l’Ifop depuis le début de l’année en ajoutant les résultats par BVA, on obtient le graphique suivant :

Évolution de la popularité de François Fillon et de Jean-François Copé auprès de l’ensemble des Français ( % de « bonnes opinions »)

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Que pensent les Français d’Arnaud Montebourg ?

Arnaud Montebourg est sans conteste l’un des ministres les plus visibles du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. A la tête d’un portefeuille inédit, le « Redressement productif », il fait sien le combat contre la désindustrialisation de la France, combat apparaissant souvent relativement vain, le ministre n’ayant remporté pour l’instant aucune victoire décisive. Accueilli par un regard plutôt bienveillant des Français à sa nomination, le ministre doit maintenant subir des réactions parfois violentes des salariés dont il veut sauver les postes, ceux-ci lui reprochant son inaction et dénonçant un « ministère de la parole ». Mais quel est réellement le rapport de l’opinion à l’égard d’Arnaud Montebourg ?

Une action qui divise

Arnaud Montebourg fait parfois l’objet de critiques virulentes des médias. Celles-ci ne se retrouvent pas dans l’opinion publique, qui ne lui accorde pas pour autant un fol amour. Les Français apparaissent en effet pour le moins divisés à l’égard du ministre du Redressement productif : 37 % déclarent approuver son action et exactement la même proportion la désapprouver (26 % des personnes interrogées ne se prononçant pas). La balance n’est cependant pas parfaitement équilibrée. Si l’on s’attache au détail des résultats, il apparaît que le pôle des fortement insatisfaits, qui déclarent désapprouver « tout à fait » l’action du ministre est deux fois supérieure à celui de ses « fans », qui l’approuvent « tout à fait » (16 % contre 7%). Parmi les ouvriers, que le ministre se fait fort de défendre, le jugement ne s’écarte pas de la moyenne. Il est en revanche légèrement plus positif chez les cadres supérieurs (44 % déclarant approuver son action) et les professions intermédiaires (42%). Lire la suite

Présidence de l’UMP : François Fillon est-il réellement le « favori des sondages » ?

Le 18 novembre prochain, les militants UMP devront élire la nouvelle équipe dirigeante du principal parti d’opposition après deux défaites électorales majeures aux élections présidentielle et législatives. Plusieurs candidats sont aujourd’hui déclarés pour prendre la tête du parti, mais les médias se concentrent sur le combat entre les deux poids lourds de l’UMP, l’ancien Premier ministre François Fillon, candidat ouvertement déclaré, et le secrétaire général actuel du Parti, Jean-François Copé, qui devrait, sauf énorme surprise, annoncer sa candidature dans les semaines à venir. Les autres prétendants (notamment Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire) apparaissent, à l’heure actuelle, peu capables de réunir une majorité des militants sur leur nom.

De fait, les médias abordent généralement le combat pour devenir le futur chef de l’opposition comme un duel entre Jean-François Copé et François Fillon, ce dernier étant présenté comme le « favori des sondages ». Et effectivement, les études d’opinion montrent que François Fillon dispose d’une bien meilleure image auprès des Français que son principal adversaire. Néanmoins, si ces sondages peuvent nous renseigner sur la cote de popularité des deux hommes auprès de l’ensemble des Français et des sympathisants de l’UMP, ils ne nous livrent pas d’informations sur le rapport de force auprès du corps électoral du congrès, à savoir les militants du parti. Ces études ne peuvent en aucun cas donner avec certitude la préférence des militants, qui ne peuvent être interrogés en nombre dans des sondages auprès du grand public (l’UMP annonce disposer de 264 137 adhérents à jour de cotisation en juin 2012, soit 4 militants trouvés pour 1000 personnes interrogées). On peut supposer que l’opinion des militants ne doit pas diverger fondamentalement de celle des sympathisants, mais rien ne l’assure. Si les sondages ont globalement bien réussi à cerner les rapports de force dans le cadre de la primaire socialiste, ouverte plus largement au « peuple de gauche » qui a rassemblé plus de 2,5 millions de votants, rappelons que la primaire écologiste, où les seuls possesseurs d’une carte du parti pouvaient participer, a montré par ailleurs que l’opinion des sympathisants (qui préféraient massivement Nicolas Hulot) et des militants (qui ont désigné Eva Joly, et ceci pratiquement à la majorité absolue dès le premier tour) pouvait diverger assez nettement. Lire la suite

Le retrait des troupes d’Afghanistan : qu’en pensent les Français ?

C’est l’une des premières mesures du président Hollande, mais elle est peu mise en avant dans le bilan des premiers mois du nouvel exécutif. Pour autant, le retrait accéléré des troupes français d’Afghanistan répond à une attente forte de l’opinion publique.

Certes, cette promesse du candidat socialiste était loin d’être jugée comme la plus urgente à mettre en œuvre : juste après l’élection de François Hollande, seuls 38 % des Français souhaitaient que le retrait des troupes d’Afghanistan soit engagé dans les 100 premiers jours de mandat selon un sondage Harris interactive*, ce qui plaçait ce sujet de défense loin derrière certains sujets économiques et sociaux (54 % pour la séparation des activité de dépôt et des activités spéculatives des banques, 49 % pour le blocage des loyers, 49 % pour la suppression de la TVA sociale, 48 % la limitation des rémunérations des patrons des entreprises publiques, 45 % pour la mise en place de la tranche d’impôt à 75 %). Néanmoins, ce sujet apparaissait plus prioritaire aux yeux de l’opinion publique que l’augmentation de rentrée scolaire (28%), l’instauration du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels (21%) ou le vote des étrangers aux élections municipales (10%). Lire la suite