Contestation des résultats du vote pour la présidence de l’UMP : quel impact sur l’image du parti et de ses dirigeants ?

Le prochain président de l’UMP devait être désigné par le vote des adhérents de l’UMP dimanche 18 novembre. Les résultats serrés ont entraînés de multiples contestations et coups de théâtre relayés par les médias. Sur toutes les chaînes, radios et dans tous les journaux, on parle du « triste spectacle » que donne de lui le principal parti d’opposition. Que révèlent les premiers sondages parus de l’impact de cette crise partisane dans l’opinion publique ?

Jean-François Copé et François Fillon sortent particulièrement écornés de ces bisbilles

Un sondage BVA réalisé « à chaud » les 22 et 23 novembre démontre que l’image des deux principaux protagonistes a été fortement endommagée par les disputes qui agitent le parti. Ce sondage prend pour point de comparaison antérieur les données de popularité de l’Ifop*, dont la dernière vague d’enquête a été réalisée en début de mois (8 et 9 novembre). Si l’on reprend les données de l’Ifop depuis le début de l’année en ajoutant les résultats par BVA, on obtient le graphique suivant :

Évolution de la popularité de François Fillon et de Jean-François Copé auprès de l’ensemble des Français ( % de « bonnes opinions »)

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Le profond fossé entre les citoyens et leurs représentants

L’enquête* réalisée par la TNS Sofres pour le compte du CEVIPOF (Centre d’étude de la vie politique française de Sciences Po, Paris) intitulé « Baromètre de la confiance politique » dévoile un constat effrayant pour notre démocratie d’une confiance plus que légère des citoyens envers leurs représentants. Cette crise de confiance est loin d’être nouvelle ; elle constitue même malheureusement l’un des enseignements de base de la science politique. Alors que la campagne pour les élections régionales prend son envol, cette enquête permet de rappeler que la majorité des citoyens français affiche un désenchantement réel envers la politique.

La crise de confiance à l’égard des représentants politiques est indéniable : les partis politiques apparaissent comme l’institution dans laquelle les Français ont le moins confiance (76% déclarant ne pas leur faire confiance), juste avant les médias (72%) qui assurent généralement le relai entre la parole du personnel politique et le citoyen. En outre, 68% des Français déclarent ne pas faire confiance au gouvernement, 65% à l’institution présidentielle et 64% à l’assemblée nationale. Le manque de confiance s’atténue légèrement vis-à-vis de l’Union européenne même si la défiance demeure majoritaire (55%). En revanche, la confiance est de mise concernant les pouvoirs locaux : 69% des Français affichent leur confiance envers les conseils municipaux, 65% à l’encontre des conseils généraux et 64% vis-à-vis des conseils régionaux. Néanmoins, résultat édifiant, seuls 2% des Français citent les élus politiques et 1% les partis politiques comme l’acteur dans lequel ils ont le plus confiance pour défendre leurs intérêts. Les personnes interrogées comptent avant tout… sur elles-mêmes (70%). Lire la suite