J-2 avant le scrutin européen : quelles sont les tendances des sondages ?

Les élections européennes auront lieu dimanche. Une multitude de sondages a été publiée par les instituts à cette occasion (BVA, CSA, Harris interactive, Ifop, Ipsos, OpinionWay et TNS Sofres). L’ensemble des données est reprise dans le graphique ci-dessous (cliquez pour agrandir) :

L'évolution des sondages d'intentions de vote pour les élections européennes en France
L’évolution des sondages d’intentions de vote pour les élections européennes en France

Cette agrégation des différentes études publiées montre des tendances très nettes et la grande cohérence de ces données. Les écarts entre les instituts de sondage sont très limités. Pour autant, la prudence à la lecture de ces études doit demeurer pour plusieurs raisons. En premier lieu, l’incertitude reste encore très forte parmi les électeurs. Une large part de ceux-ci se déterminent toujours dans les derniers jours de la campagne : ainsi dans la dernière étude de l’Ifop, 32% des électeurs affirment qu’ils peuvent encore changer d’avis d’ici à dimanche. Deuxième limite, la forte abstention qui rend l’exercice des sondages complexe, car ceux-ci peinent toujours à bien l’appréhender. D’après les dernières estimations des instituts, cette abstention pourrait atteindre un nouveau record et dépasser les 60%. Dans ce contexte, la capacité de mobilisation est déterminante et les partis dont l’électorat repose sur des catégories qui s’abstiennent plus que la moyenne pourraient être en difficulté. Ainsi, les jeunes devraient massivement rester chez eux (80% des 18-24 ont l’intention de s’abstenir selon la dernière enquête d’OpinionWay), de même que les catégories modestes (70% des employés et 71% des ouvriers déclarent qu’ils bouderont les urnes). Or, ces deux catégories de population votent plus que la moyenne pour le FN, ce qui constitue un vrai défi pour le parti de Marine Le Pen.

 

En gardant en tête ces précautions de lecture, ainsi que l’existence de la marge d’erreur, l’analyse des résultats des sondages fait ressortir les grands enjeux suivants pour le scrutin de dimanche Lire la suite

L’évolution des intentions de vote pour les élections européennes

A moins d’une semaine du scrutin européen en France, les instituts de sondage publient de multiples enquêtes d’intentions de vote. Outre les études ponctuelles, deux instituts publient des intentions de vote en « rolling », c’est-à-dire des enquêtes en continu, publiées quotidiennement (l’Ifop depuis le 10 avril et Ipsos depuis le 14 juin). Chaque jour, un tiers de l’échantillon est renouvelé et les chiffres quotidiens prennent en compte la moyenne des trois derniers jours.

Si l’on regarde les données de toutes ces enquêtes, voici l’évolution des intentions de vote pour les élections européennes en France (nous n’avons pas pris en compte les études réalisées avant le 1er janvier 2014) (cliquez sur l’image pour agrandir) :

L'évolution des sondages d'intentions de vote pour les élections européennes en France
L’évolution des sondages d’intentions de vote pour les élections européennes en France

 

Ce graphique montre que les instituts donnent des tendances comparables pour ce scrutin Lire la suite

Municipales : les intentions de vote à Rouen


Tendance des sondages : victoire de la gauche
(maire actuel : Yvon Robert, PS)

 

A Rouen, Yvon Robert devrait être réélu à la mairie. Celui qui avait été désigné premier magistrat de la ville après la nomination de Valérie Fourneyron au ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, ne pourra néanmoins pas prétendre à être élu dès le premier tour comme sa prédécesseur du fait de la multiplication des candidatures dans la capitale de la Haute-Normandie. Alors que seules 4 listes étaient en lice en 2008, ce sont aujourdd’hui 8 listes qui se présentent aux suffrages.

 

Au premier tour, la liste du maire sortant, soutenue par le Parti socialiste, le Parti communiste et le Parti radical de gauche arrive nettement en tête des intentions de vote dans le sondage Ipsos réalisé les 14 et 15 mars. Avec 38%, le maire actuel devance très nettement son principal adversaire, Jean-François Bures (UMP-MoDem), crédité de 23%. Lire la suite

Municipales : les intentions de vote à Nantes


Tendance des sondages : victoire de la gauche
(maire actuel : Patrick Rimbert, PS)

 

Nantes est le fief de Jean-Marc Ayrault. Maire de la ville depuis 1989, il l’a quittée en 2012 pour rejoindre Matignon en laissant son siège à Patrick Rimbert. Dans cette ville qui a très largement voté pour François Hollande à la dernière élection présidentielle (61,5% des voix) et qui avait réélu Jean-Marc Ayrault dès le premier tour en 2008 (55,7% des suffrages), la gauche devrait de nouveau s’imposer lors du scrutin des 23 et 30 mars prochain.

 

La liste d’union entre les socialistes, les communistes et l’UDB conduite par Johanna Rolland arrive nettement en tête des intentions de vote pour le premier tour dans le sondage réalisé par TNS Sofres début mars : avec 37%, elle devance de près de 10 points la liste de droite conduite par Laurence Garnier (26%). Malgré cette confortable avance, les socialistes sont loin de pouvoir prétendre à une victoire au premier tour cette année. Le souhait d’EELV de présenter une liste autonome au premier tour participe à ce résultat. En opposition avec les socialistes notamment sur le dossier emblématique de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les écologistes, dont la tête de liste est Pascale Chiron, sont crédités de 13% des intentions de vote. Ils s’affirment donc comme la deuxième force de gauche à Nantes, réalisant un score deux fois supérieur à celui de la liste d’union entre le parti de gauche et le NPA menée par Guy Croupy (6% des intentions de vote). La liste de Lutte Ouvrière conduite par Hélène de France est créditée de 2% des intentions de vote (1,5% en 2008). Lire la suite

Municipales : les intentions de vote à Montreuil

Mis à jour : 18 mars 2014

 

Tendance des sondages : victoire de la gauche
(maire actuel : Dominique Voynet, EELV)

 

A Montreuil, la victoire de la gauche ne fait aucun doute. C’est la composante de la gauche qui remportera la mairie qui est l’inconnue de ce scrutin. Dans la seule ville de plus de 100 000 habitants actuellement détenue par EELV, l’actuelle maire, Dominique Voynet, a jeté l’éponge de façon retentissante et renoncé à se représenter. L’ancien maire de Montreuil, Jean-Pierre Brard (PC), souhaite reprendre la place qu’il a perdue en 2008. Le PS, avec pour tête de liste Razzy Hammadi, souhaite bien profiter de la division de la gauche pour remporter la plus grande ville de Seine-Saint-Denis. Enfin, les écologistes n’ont pas renoncé à s’imposer malgré le bilan mitigé de Dominique Voynet.

 

Dans les deux sondages réalisés à Montreuil (TNS Sofres réalisé entre le 27 février et le 1er mars et Ipsos les 7 et 8 mars), la liste de Jean-Pierre Brard arrive nettement en tête du premier tour, avec de 27% à 29% des intentions de vote.

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Municipales : les intentions de vote à Perpignan

Mis à jour : 1er mars 2014
 
 
Tendance des sondages : victoire de la droite
(maire actuel : Jean-Marc Pujol, UMP)

 

La droite reste nettement dominante à Perpignan. D’après les deux sondages effectués dans la ville (TNS Sofres du 6 au 8 février et Ifop du 18 au 20 février), au premier tour, la liste du maire sortant, Jean-Marc Pujol (UMP), recueille de 33% à 35% des intentions de vote. Néanmoins, ce score reste assez loin de celui obtenu en 2009 par la liste UMP menée par Jean-Pierre Alduy (40%) dans l’élection partielle organisée après l’annulation du précédent scrutin municipal suite à la fraude dite « à la chaussette » (le président d’un bureau de vote avait été retrouvé avec des bulletins et des enveloppes dans ses poches et ses chaussettes).

Cette baisse de l’UMP peut s’expliquer par la hausse concomitante du Front national. La liste de Louis Aliot recueille en effet 28%-29% des intentions de vote au premier tour. En 2008, la liste frontiste avait obtenu 12% des voix et en 2009, 9%. Lire la suite

Que disent les sondages d’intentions de vote au niveau national pour les législatives ?

Dès l’élection présidentielle terminée, les instituts de sondage ont commencé à publier des sondages d’intentions de vote pour les élections législatives au niveau national. Si ces études présentent évidemment des limites (l’offre électorale étant différente pour chacune des circonscriptions et cette élection peut être très influencée par des enjeux locaux), il reste tout de même intéressant d’observer le rapport électoral tel qu’il se dessine à quelques jours du premier tour au niveau de l’ensemble du territoire.

 

Le graphique ci-dessous regroupe toutes les études d’intentions de vote nationales parues, et dessine des lignes de tendance afin de « moyenner » les différents sondages et d’identifier les évolutions à l’œuvre depuis la fin de l’élection présidentielle :

 

Globalement, le rapport de force a peu changé en un peu plus d’un mois :

– L’UMP et ses alliés arrivent en tête des intentions de vote, du fait de l’union des forces de la droite, mais restent bien évidemment en-dessous, et nettement, du total des forces de gauche susceptibles de s’allier pour gouverner (PS, PRG, EELV et Front de gauche). Au lendemain de l’élection présidentielle, l’UMP associée au Nouveau Centre et au parti radical valoisien recueillait environ 32% des intentions de vote. La courbe de tendance montre une légère augmentation des intentions votes en faveur de la droite parlementaire, qui s’établissent désormais en moyenne à 33%.

– Le PS et le parti radical de gauche se situent légèrement en-dessous de ce niveau et connaissent également poussée, plus significative que celle de la droite. D’environ 30%, leur score dans les intentions de vote atteint désormais environ 32,5%. Et si certaines études peuvent donner le PS au-dessus de l’UMP, le graphique ci-dessous montre bien qu’en tendance sur toutes les études, il se situe de 2 points (juste après la fin de la présidentielle) à un point en dessous du parti de droite.

– Le Front national subit lui une légère érosion mais reste à un niveau très élevé : de 16% en moyenne, les intentions de vote pour le parti d’extrême se situent désormais à environ 15%. Le parti se situe donc à un niveau légèrement moindre que le score obtenu au premier tour de l’élection présidentielle mais demeure, de très loin, la troisième force politique française.

– Le Front de gauche connaît une évolution similaire à celle du Front national. Après les 11% de Jean-Mélenchon à l’élection présidentielle, le rassemblement recueille des scores légèrement plus faibles, et qui ont légèrement décru au long de la campagne, passant d’environ 9% à 8%.

– Europe Ecologie les Verts profite notamment de son alliance électorale avec le PS qui laisse le parti écologiste sans rival socialiste dans quelques circonscriptions réservées. Les intentions de vote pour EELV restent très stables sur la période, à environ 5%.

– Le MoDem connaît pour sa part une chute assez brutale. Alors qu’au lendemain des élections présidentielles, 5% des électeurs environ déclarent qu’ils voteront pour le parti centriste, ils sont désormais un peu moins de 3%, soit une perte de pratiquement la moitié de ses électeurs potentiels.

– L’extrême-gauche, qui subit la concurrence du Front de gauche affiche des scores faibles, à l’égal de ceux obtenus lors de l’élection présidentielle. Dans les différentes études d’intentions de vote, l’extrême-gauche dans son ensemble (principalement autour de LO et du NPA) attire environ 1,5% des intentions de vote.

 

Eva Joly dans les choux ?

La candidate d’Europe Ecologie – Les Verts fait pâle figure dans les sondages d’intentions de vote à trois mois du premier tour de la présidentielle. Critiquée dans son propre camp, décrite comme manquant de sens politique, peu audible sur la scène médiatique, Eva Joly peine à séduire les Français. Son image est-elle si catastrophique dans l’opinion publique ?

Eva Joly, faible dans les intentions de vote, après une perte de vitesse en décembre

Actuellement, les sondages d’intentions de vote accordent entre 2% et 4% d’intentions de vote à la candidate écologiste. Ce score place Eva Joly loin derrière le candidat socialiste, François Hollande, crédité de 28% à 30% des voix, alors même qu’EELV avait réussi à quasiment égaler le résultat du parti socialiste lors des élections européennes de 2009 (16,28% contre 16,48% pour le PS) et avait recueilli près de 12% des suffrages lors des élections régionales de 2010 (contre 29% pour le PS). Avec ce résultat, EELV, loin de venir concurrencer au parti socialiste le titre de première force de gauche, est même rétrogradé au troisième rang, derrière le Front de gauche emmené par Jean-Luc Mélenchon, qui recueille 8% ou 9% d’intentions de vote selon les derniers sondages. Par conséquent, chez Europe Ecologie – Les Verts, la candidate et la stratégie de campagne sont largement critiquées. Certaines voix, notamment celle de Daniel Cohn-Bendit, se sont fait entendre pour dire qu’EELV n’aurait pas du présenter de candidat à l’élection présidentielle, traditionnellement peu favorable aux écologistes, d’autant plus que le parti a conclu un accord de législature avec le parti socialiste. Un faible score d’Eva Joly à l’élection présidentielle pourrait affaiblir Europe Ecologie – Les Verts face au parti socialiste, et ce dernier pourrait être tenté de réviser l’accord en la défaveur de son allié écologiste. Lire la suite

Pourquoi les sondages n’ont-ils pas pu prédire les résultats de la primaire EELV ?

La nette victoire d’Eva Joly aux primaires d’Europe Ecologie – Les Verts, au premier tour où elle a failli de peu l’emporter à la majorité absolue (49,75% des voix) puis au second tour (58,2% des voix) a également été décrite comme la défaite des sondeurs et des médias, qui depuis des mois, présentaient Nicolas Hulot comme le favori des écolos. Comment expliquer ce décalage entre les sondages et le vote des adhérents et coopérateurs au mouvement écologiste ?

On a pu notamment évoquer que la popularité ne se traduisait pas forcément en intention de vote, et que, par conséquent, un Nicolas Hulot plus populaire qu’Eva Joly n’aurait pas du être donné si vite et selon un raisonnement si simpliste comme gagnant. Ceci est vrai. La transformation de la popularité en capital politique ne va pas de soi. Quand il se déclare candidat, Nicolas Hulot apparaît en tête des personnalités politiques françaises les plus populaires (76% de bonnes opinions avant sa déclaration en mars 2011 selon le baromètre Ifop/paris Match alors qu’Eva n’en comptait alors que 48%). Si son entrée dans la politique entame largement sa popularité – preuve que celle-ci ne se traduit pas automatiquement en soutien politique – , il reste cependant bien plus populaire qu’Eva Joly. En juillet, le Baromètre Ifop/Paris Match, réalisé entre les deux tours des primaires écologistes attribue 64% de bonnes opinions à Nicolas Hulot (-12 points par rapport à mars donc) et 50% à Eva Joly (+2 points, qui bénéficie donc d’une certaine stabilité).

Autre élément montrant que le candidat peine à acquérir une crédibilité politique, Nicolas Hulot n’atteint, dans les différentes intentions de vote publiées en vue de l’élection présidentielle, que rarement le seuil des 10%, son étiage se situant plus généralement autour des 7% d’intentions de vote. Il est donc largement devancé par des personnalités jouissant d’une cote d’opinion moins favorable et fait jeu pratiquement égal avec sa rivale Eva Joly.

Si ces explications doivent être répétées, il en reste néanmoins que quand on demandait aux sympathisants écologistes de choisir entre les deux principaux candidats à la primaire, ceux-ci s’exprimaient massivement en faveur de l’ancien présentateur télé. Ce qu’il faut bien comprendre ici pour expliquer le décalage avec les résultats, c’est que les sondages n’étaient pas effectué sur la base du corps électoral de la primaire. Et ne pouvaient pas l’être ! Lire la suite