François Hollande, une impopularité record après 21 mois de mandat

Ces derniers jours, François Hollande atteint de nouveau des records d’impopularité dans les enquêtes d’opinion. Ainsi, dans la dernière vague d’enquête du baromètre politique de TNS Sofres, il s’enfonce encore un peu plus dans les profondeurs sondagières. Désormais, seuls 19% des Français déclarent lui faire confiance.

A titre de comparaison, après 21 mois de mandat, Nicolas Sarkozy disposait encore de 37% d’électeurs confiants à son égard. Jacques Chirac recueillait à peu près les mêmes niveaux (35% lors de son premier mandat, 39% lors du deuxième). Et le rapprochement avec le précédent président socialiste est encore plus cruel pour François Hollande : lors du premier mandat de François Mitterrand, après 21 mois, 50% des Français faisaient encore confiance au président de la République. Lors de son second septennat, la confiance à l’égard de François Mitterrand était même nettement majoritaire : 61%.

Popularité des présidents de la République à 21 mois de mandat (TNS Sofres) Lire la suite

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A quoi servent des intentions de vote un an après ?

L’Ifop a publié il y a quelques jours un sondage* contenant une question d’intentions de vote à l’élection présidentielle « un an après ».

IV Ifop 2013-04

Cette question a suscité de nombreuses critiques : quel intérêt puisqu’elle place les répondants dans une situation totalement fictive ? Le caractère fictif de l’hypothèse posée par la question n’est pas en doute : il n’y a pas d’élection présidentielle en vue, et même si des circonstances exceptionnelles rendaient cette hypothèse plausible, il semble hautement improbable que l’offre électorale soit identique à celle du dernier scrutin présidentiel.

Cette question n’a effectivement aucune valeur pour éclairer un prochain scrutin. Il n’est pas question d’en tirer des conclusions du type « Nicolas Sarkozy aurait gagné si l’élection avait lieu aujourd’hui », car nous ne sommes pas en campagne pour élire un président, et une campagne ferait naturellement bouger les lignes, c’est sa raison d’être. L’exercice doit être interprété bien autrement.

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J-1 : Récapitulatif des dernières études d’intentions de vote de premier tour

Un jour avant le scrutin, les instituts de sondage ne peuvent plus publier aucune étude d’intentions de vote. Hier, tous les principaux instituts ont donc rendu publique la dernière vague d’enquête de leur baromètre, réalisée généralement les mercredi 18 et jeudi 19 avril.

Que montrent ces différentes études ? D’abord, que l’ordre d’arrivée des deux favoris est incertain. Si l’on reprend les résultats des huit instituts ayant publié des intentions de vote, trois placent Nicolas Sarkozy et François Hollande à égalité au premier tour (TNS Sofres, l’Ifop et OpinionWay) et cinq accordent la première place à François Hollande (Ipsos, CSA, BVA, Harris interactive et LH2). La comparaison entre les différents instituts montre donc un rapport de force au premier tour favorable au candidat socialiste mais la prudence doit rester de mise : l’écart entre le candidat de l’UMP et du PS entre dans la marge d’erreur et les sondages ne permettent pas de connaître avec certitude l’ordre d’arrivée.

Ensuite, pour la troisième place en revanche, les instituts s’accordent : c’est Marine Le Pen qui s’impose, mais elle devant Jean-Luc Mélenchon de quelques points seulement. Les jeux restent donc ouverts du fait de marge d’erreur et des mouvements qui peuvent s’effectuer dans l’électorat au cours des derniers jours de scrutin, où beaucoup d’électeurs se décident. Avec environ 10% des intentions de vote, François Bayrou semble lui distancé et devrait, selon toute vraisemblance perdre la place qu’il occupait au scrutin de 2007.

Enfin, si les instituts présentent des résultats qui divergent légèrement parfois, globalement, ils retracent les mêmes tendances lourdes et les scores en valeur attribués aux différents candidats varient peu selon l’institut, comme le montre le tableau récapitulatif en fin d’article.

Revenons sur les dernières intentions de vote des cinq principaux instituts. Lire la suite

Intentions de vote : quelles courbes se croisent ?

En cette période de campagne, les intentions de vote des différents instituts se suivent et il est parfois difficile de s’y retrouver. A entendre les médias parler de courbes qui se croisent, on pourrait croire que celles-ci ne cessent de passer l’une au-dessus ou au-dessous de l’autre. Or il en va bien autrement. Chaque institut (ou presque) a montré, l’un après l’autre, les mêmes dynamiques, à savoir que Nicolas Sarkozy prenait la tête du premier tour dans les intentions de vote (bien qu’il reste devancé au deuxième) et que Jean-Luc Mélenchon a vu sa courbe tutoyer voire croiser celles des autres candidats prétendant au titre de « troisième homme ».

Il n’est pas toujours facile d’y voir clair tant les publications des instituts se succèdent, avec des évolutions sur des périodes différentes.

Qu’en est-il réellement ? Quels sont les croisements de courbes dont on parle tant ? Lire la suite

Chiffres du jour : l’adhésion aux réformes proposées par Nicolas Sarkozy

Dimanche dernier, le président de la République a annoncé plusieurs réformes d’importance lors de son intervention télévisée. Comment ses propositions sont-elles accueillies par les Français ?

Une forte adhésion à la taxation des transactions financières et à l’encouragement de l’apprentissage

78% des Français estiment que la mise en place d’une taxe de 0,1% sur les transactions financières constitue une bonne mesure. Par ailleurs, la même proportion (78%) approuve les mesures proposées par Nicolas Sarkozy concernant l’apprentissage, qui consistent à rendre obligatoire le fait d’avoir au moins 5% d’apprentis dans les entreprises de plus de 250 salariés, sous peine de sanctions financières doublées.

Ces deux mesures se révèlent assez consensuelles puisqu’elles sont mêmes approuvées très majoritairement des sympathisants de gauche : 77% d’entre eux approuvent la taxe sur les transactions financières et 75% les mesures concernant l’apprentissage. Lire la suite

Evolution des intentions de vote d’octobre à aujourd’hui

Depuis l’année dernière, les instituts de sondages multiplient les mesures d’intentions de vote pour l’élection présidentielle à venir. Dans les médias, la vision offerte de ces baromètres est souvent parcellaire, en se limitant au derniers résultats avec les évolution par rapport à la précédente enquête. Or, il est également précieux d’analyser les tendances qui se dégagent après plusieurs mesures.

Pour cet article, nous nous appuierons sur les intentions de vote de l’intention BVA, puisque c’est cet institut qui nous offre la mesure la plus récente. Les différents instituts donnent des résultats relativement proches mais nous jugeons préférable de ne pas dresser d’évolutions entre des intentions de vote provenant de plusieurs instituts de sondage, ceux-ci utilisant parfois des méthodologies différentes. Nous tenons ensuite à préciser que si des mesures antérieures à octobre existent, elles ne sont ici pas prises en compte, l’offre politique étant alors très incertaine. Depuis cette date, les instituts utilisent une liste de candidats stable. Auparavant, par exemple, était testé Jean-Louis Borloo, dont la présence à un niveau de l’ordre de 5% peut influer de manière non négligeable sur les scores de François Bayrou et de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre de l’Ecologie a retiré sa candidature au début du mois d’octobre. A l’inverse, d’autres petits candidats n’étaient pas encore testés, et bien que leur poids reste marginal, l’addition des voix qui se reporte sur eux peut faire varier à la baisse le score des « gros » candidats, surtout à droite et au centre (Christine Boutin, Corinne Lepage, Frédéric Nihous, Hervé Morin, Nicolas Dupont Aignan, Jean-Pierre Chevènement).

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Le AAA : boulet pour Nicolas Sarkozy, ascenseur pour François Bayrou

Une semaine après la dégradation de la note française auprès de l’agence de notation Standard et Poor’s, l’importance du débat politique autour de cette question en fait un thème incontournable à un peu moins de 100 jours de l’élection présidentielle. Néanmoins, ses répercussions auprès de l’opinion sont nuancées : un peu plus de quatre Français sur dix y voient des conséquences faibles voire nulles pour l’économie française tandis qu’un Français sur deux (48%) se montre à l’inverse inquiet*. Venant encore relativiser la portée de l’événement auprès de l’opinion, des sondages en début de semaine** démontraient que les effets de la dégradation sont plus faiblement perçus quand il s’agit de sa situation personnelle.

Pour autant, loin de se désintéresser de cette question macroéconomique complexe, les Français l’appréhendent très différemment selon leur positionnement politique, reflétant le débat politique sur le sujet mais aussi l’importance de thèmes sous-jacents à cet événement : la financiarisation des économies mondiales et la réduction des déficits publics. Comment les candidats à l’élection présidentielle sont-ils appréhendés au regard de cette question et lequel est jugé le plus crédible pour remettre la France sur le chemin de la note maximale ? Lire la suite

Seuls quatre Français sur dix considèrent que l’opposition ferait mieux que le pouvoir actuel

L’Ifop pose tous les mois une question sur la crédibilité de l’opposition*. Malgré l’approche de la présidentielle et la victoire de la gauche à deux élections, certes pas les plus importantes (cantonales et sénatoriales), les Français accordent une confiance assez stable à la gauche tout au long de l’année 2011.

En moyenne sur la période, 43% des Français estiment que l’opposition ferait mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir. Tout au long de l’année, les évolutions sont relativement limitées. La crédibilité de la gauche augmente légèrement à partir de mars, après les élections cantonales. A la même époque, on assiste à une diminution de la cote de popularité du président de la République.

Le niveau de crédibilité de l’opposition reste ensuite stable, autour de 44%, jusqu’au mois d’octobre. Celui est marqué par deux événements d’importance pour l’opposition : la victoire aux élections sénatoriales, qui pour la première fois sous la cinquième République, donne la majorité de cette assemblée à la gauche ; la primaire socialiste, marquée par un taux de participation important, qui intronise François Hollande comme le candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle. La crédibilité de l’opposition augmente alors significativement (+5 points). Un Français sur deux (49%) estime alors que la gauche ferait mieux que la droite.L’embellie est néanmoins de courte durée puisqu’en décembre, la crédibilité de l’opposition revient à son niveau du début de l’année 2011 (40%).

Graphique : « Selon vous, l’opposition ferait-elle mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir ? »

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François Hollande : forces et faiblesses du candidat socialiste

A la mi-janvier, le candidat socialiste domine toujours largement dans les intentions de vote, spécialement dans celles se rapportant au second tour. Néanmoins, depuis le mois de décembre, l’avance de François Hollande se réduit. Ceci a traduit un rééquilibrage après la mise en apesanteur du candidat après sa désignation lors des primaires socialistes à la fin octobre. Cette prime dans les sondages, qui fait suite à l’annonce de la candidature, est régulièrement constatée (songeons à l’embellie qu’a connu François Bayrou suite à sa déclaration de candidature début décembre) même si elle n’est pas automatique (Hervé Morin n’en a par exemple pas profité).

Aujourd’hui, cet effet est derrière nous et les intentions de vote qui se resserrent entre les quatre premiers candidats, avec la présence du Front national à un haut niveau et l’émergence du candidat du MoDem, indiquent que rien n’est encore joué.

Dans ce contexte, interrogeons-nous sur l’image du candidat François Hollande, car celle-ci sera évidemment déterminante à l’heure du choix. L’ancien secrétaire du parti socialiste, bien qu’il possède des atouts certains, pâtit également de faiblesses non négligeables. Lire la suite